Chaussez vos lunettes de soleil, la sélection nationale ukrainienne s’en revient samedi vous éblouir. Vous assisterez à sa grande finale, spectacle qui vous en mettra plein les mirettes… Dans l’attente, examinons au microscope musical les six finalistes de ce Vidbir 2019 et confrontons nos opinions à leur sujet.

LES LOREEN

Commençons par mon avis personnel sur la question. Bien entendu, cela n’est que mon opinion subjective. Si vous différez en la matière, exprimez-vous dans les commentaires.

Loreen est subjuguée… Les sélections ukrainiennes tiennent toujours le haut du pavé, mais cette édition 2019 surclasse les précédentes et mériterait bien la médaille d’or de la Saison. L’Eurovision dans ce qu’il a de meilleur…

Freedom Jazz – Cupidon

Complètement, totalement, absolument irrésistible. Trois minutes de tube européen, trois minutes de quintessence eurovisionesque et pourtant, trois minutes typiquement ukrainiennes. Génie de cette proposition. A le potentiel pour catapulter Ukraine tout en haut du classement final. Vocalement impeccable. Scéniquement imparable. Immédiatement marquant. Répondra aux attentes des lambda qui regardent l’Eurovision une fois l’an. A la subtilité d’être rétro et contemporain, de rappeler des tubes antérieurs, tout en demeurant frais à l’oreille. Choix potentiel majeur.

Yuko – Galyna Guliala

Très ukrainien. Très très ukrainien. Limite, expérimentation musicale. Intéressant, belle découverte. Composition inventive et innovante. L’on sent la recherche et la crédibilité musicale. Laisse un peu dubitatif en version studio, mais prend fort bien vie en direct. Yuko, artiste talentueuse et prometteuse. À l’aise et démonstrative sur scène. Pourrait être une alternative intéressante. Les férus de musique pointue salueront le choix. Le téléspectateur lambda risque en revanche de rester sur le bord de la route. Très bien pour finale du Vidbir. Moins pour Eurovision. Yuko devrait retenter sa chance avec proposition un brin plus accessible.

Maruv – Siren Song

Tout ce quoi doit être une contribution ukrainienne à l’Eurovision. Un morceau affûté, taillé pour la compétition, mémorable à bien des égards et dès la première écoute. Une composition diablement moderne, non linéaire, qui s’incruste dans l’oreille et la ravit. Un petit “bang” récurrent du plus bel effet. Point le temps de s’ennuyer. Le tout servi par une interprète professionnelle, extravagante et excentrique. Un personnage haut en couleurs. Et surtout, présenté de manière mémorable, avec chorégraphie acrobatique du périnée et vraie-fausse improvisation. Eurovisionesque à mort. Bémol tout de même : vocalement, ce n’est guère exigeant et ce n’est guère renversant. Peut se travailler. Mais surtout, ne toucher à rien d’autre.

Brunettes Shoot Blondes – Houston

Typiquement morceau que l’on découvre par hasard sur YouTube ou Spotify. Très représentatif de production musicale indépendante actuelle. Les amateurs du genre adoreront. Les autres s’ennuieront. Bien produit, musicalement et vocalement crédible. Mais linéaire et ne ménageant aucun suspense, aucune surprise, aucune attente. Devient long vers la fin. Vaut surtout pour étrange piano-orchestre de prestation en direct. Instrument inédit à retenir. D’un autre côté, comme il fonctionne en play-back… Bref, plutôt à réserver pour playlist générée spontanément par algorithme impénétrable que l’on écouterait en musique de fond lors d’un voyage en train. Perspective réduite à l’Eurovision.

Kazka – Apart

Autre proposition de choix parmi cette sélection. Bon morceau, bien produit, alliant sons traditionnels et contemporains, comme seuls les Ukrainiens savent le faire. Ensemble final réussi et très illustratif du dynamisme de la scène musicale ukrainienne. Prend nouvelle dimension dans les conditions du direct. Excellente prestation vocale. Aurait écrasé toute concurrence dans n’importe quelle autre sélection nationale 2019. Sauf qu’ici, hélas pour Kazka, il y a mieux. Dommage. Groupe aura tout intérêt à revenir une année prochaine, avec chanson dans la même veine.

Anna Maria – My Road

Encore une proposition de haut niveau. Très bon morceau, susceptible de connaître le succès en dehors de l’Euromonde. Trace son chemin entre classique et contemporain, sans verser dans le cliché musical. Un peu trop de “whoo, ho, ho” à mon goût. Mais seul reproche. Porté par deux interprètes de classe internationale. Vocalement au sommet. Scéniquement, intéressant. Jeu sur la gémellité intelligent et ménageant surprise et intérêt. À réécouter sans modération. Reste qu’encore une fois, il y a meilleur encore, plus mémorable et plus eurovisionesque. Duo devant impérativement revenir à l’avenir.

Quelle sélection, mes aïeux ! Rien que du bon et du très bon ! Nos amis Ukrainiens ne pourront faire de mauvais choix. À titre personnel, mon cœur se partage entre Freedom Jazz et Maruv. L’un ou l’autre et je serais un Eurofan comblé. Et comme l’Ukraine passe dans la même demi-finale que la Belgique, je saurais déjà pour qui voter le 14 mai…

Soulignons tout de même le surréalisme à l’oeuvre au Concours : des diffuseurs publics ruinés de pays en guerre parviennent à organiser de meilleures sélections que des diffuseurs publics puissants de pays siégeant au G7. Preuve qu’à l’Eurovision, les résultats dépendent plus souvent d’une bonne vision artistique que de moyens financiers…

LE SONDAGE

À votre tour à présent de vous exprimer ! Donnez-nous votre avis.

Sur ce, rendez-vous samedi pour la grande finale !