Toute la Saison 2017, vous avez voté sur notre site, avec méthode et conscience. Vous avez même répondu à une flopée de questions subsidiaires aussi idiotes que mal fichues. Chaque mercredi, jusqu’à la rentrée, nous reprenons l’une d’entre elles et revenons sur les dernières éditions de l’Eurovision. C’est le « Vainqueur du Mercredi » !

La semaine passée, vous aviez couronné Elina Born et Stig Rästa comme votre duo estonien préféré du Concours. Aujourd’hui, entrons dans des univers parallèles. Quatrième dimension et science-fiction, nous voilà ! En date du 28 février dernier, vous étiez 65% à penser que Triana Park ne passerait pas inaperçu à Kiev.

Là-dessus, question subsidiaire ! Vous avez été plus de 120 à vous exprimer sur le monde merveilleux des sélections nationales.

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29% d’entre vous sont formels. C’est notre dernier vainqueur du mercredi et il n’y a pas de quoi pavoiser : l’Espagne !

Ces dix-sept secondes suffisent largement à résumer le problème. Bref, selon vous, de tous les pays participants, c’est l’Espagne qui a le plus intérêt à jeter sa sélection aux oubliettes et à repartir d’une page blanche. Votre appel se comprend, après la catastrophe industrielle que fut Objetivo Eurovision. Vous vous êtes déjà exprimés sur les torts de cette sélection, réfléchissons à l’avenir.

Quels sont les pays participants à avoir touché le fond et rebondi l’année suivante, en faisant tabula rasa du passé ? Huit noms viennent à l’esprit :

  • l’Estonie : en 2009, après cinq éliminations consécutives, ETV remplace l’Eurolaul par l’Eesti Laul. Exit la pop commerciale industrielle, place au meilleur de la scène musicale estonienne. Les résultats demeurent fluctuants (cinq qualifications sur neuf participations), mais le niveau musical reste remarquable et l’Eesti Laul, l’un des moments marquants de la Saison ;
  • la Hongrie : en 2012, après deux éliminations, un retrait et un retour remarqué, MTv crée de toutes pièces A Dal. Pré-requis : être un artiste professionnel. Les résultats sont parfaits : six qualifications en six participations. Le niveau musical touche le nirvana et A Dal donne le ton en matière de sélection ;
  • les Pays-Bas : en 2013, après huit éliminations consécutives, un record absolu, AVROTROS laisse les mains libres à Anouk. À elle-seule, la chanteuse remet l’Eurovision au centre de la carte musicale néerlandaise. Les résultats sont saisissants : quatre qualifications en cinq participations. Les Pays-Bas sont passés dans la catégorie des poids lourds du Concours et participer à l’Eurovision est désormais un honneur couru pour les artistes néerlandais ;
  • la Belgique : en 2013, après quatre éliminations en quatre participations, la RTBF change son fusil d’épaule. Elle profite de sa nouvelle émission, The Voice, pour renouveler son processus de sélection. Désormais, la chaîne puisera dans le vivier de ses talents. Les résultats sont sans appel : trois qualifications en trois participations, avec deux quatrièmes places. Les chansons retenues deviennent des tubes et les maisons de disque se pressent au portillon. De son côté, la VRT se cherche encore et doit confirmer sa dixième place de 2016 ;
  • la Lettonie : en 2014, après six éliminations consécutives, dont trois dernières places, LTV remplace le Dziesma par le Supernova. Le niveau des chansons s’élève et une star naît : Aminata Savadogo. S’ensuivent deux qualifications d’affilée et un prestige retrouvé… pour un temps. Cette année, la Lettonie est retournée aux Enfers. À ausculter pour l’avenir ;
  • Israël : en 2015, après quatre éliminations consécutives, l’IBA s’en remet à un concept clé en main, l’HaKoKhav HaBa, version originale de Rising Star. La couveuse de talents s’accompagne d’une sélection stricte de la chanson représentante. Mouche : trois qualifications en trois participations. Israël a repris son rang des pays qui comptent ;
  • la Croatie : en 2016, après quatre éliminations consécutives et deux ans de retrait, la HRT revient aux affaires, avec une formule similaire à celle de la RTBF. La chaîne profite elle-aussi de son émission The Voice, pour choisir ses représentants. Si les opinions sont partagées sur les dits représentants, les résultats sont clairs : deux qualifications en deux participations. Décidément, une formule gagnante ;
  • la France : en 2016, après une longue plongée dans les abymes, France Télévisions se reprend enfin. L’arrivée d’Edoardo Grassi change la donne. Les maisons de disque sont sollicitées en priorité. Warner se lance et y gagne tout. Amir et Alma ramènent leur pays dans les hauteurs du classement et enthousiasment fans et observateurs. La France brille à nouveau et les deux artistes voient leur carrière lancée ;
  • la Bulgarie : en 2016, après six éliminations consécutives et deux ans de retrait, la BNT voit enfin la lumière. Elle opte pour une sélection interne, avec l’aide des maisons de disque. Les résultats sont extraordinaires : non seulement, deux qualifications en deux participations, mais deux records de place consécutifs, quatrième en 2016, deuxième en 2017. La victoire est désormais à portée de main.

Vous le voyez : il faut avoir l’audace de changer, cela paye toujours ! Espérons que les responsables de la télévision espagnole passeront sur notre site, liront cet article et suivront vos judicieux conseils. Car une bonne sélection, ce sont avant tout de bons responsables, qui ont à la fois un oeil sur le Concours et un oeil sur leur scène musicale nationale, et surtout, qui ont l’oreille des maisons de disque…

Sur ce, nous nous quittons ! C’est sur ce treizième numéro que se conclut notre série estivale. Je vous remercie infiniment pour votre fidélité et vos commentaires. J’espère que vous avez tous passé d’excellentes vacances et que l’Eurovision a vécu dans vos coeurs, grâce à notre site. Restez avec nous : les festivités reprendront sous peu ! Oui, oui : bientôt l’ouverture de la Saison 2018, bientôt les premières sélections, bientôt Lisbonne !