- Pourquoi ? 

De la longueur de mon porte-cigarettes, je tirais une taffe, faisant tomber la cendre sur le sol en marbre.

- Pourquoi être si corrompue ? 

Je me levais, tirais la chasse d’eau des water, et redescendais mon peignoir de soie tout en finissant ma coupe de champagne d’un trait sec et d’un rot brut.

Générique.

Avril 2020, 02:00, villa de Davidna

Chambre de la maîtresse de maison. Pendant que les D-Angels s’agitaient dans leur dortoir, bruyants à en faire péter le plafond, j’équipais mes oreilles d’air-pods et tombais le peignoir pour me retrouver nue et transparente de vérité face au miroir, aussi libre que lorsque je traversais les allées du village naturiste du Cap d’Agde à sa grande époque, dont j’étais une éternelle nostalgique, me surprenant parfois à enchaîner les 400 mètres en course dans mon jardin sans le moindre habit, sous les yeux ébahis de mon personnel qui ne comprenait rien à une telle transgression. Branchée sur un tuto de Hadise, je m’entraînais à des mouvements de danse orientale. J’avais beau vaquer à d’autres activités, son retour ne parvenait toutefois pas à me sortir de la tête.

Il avait donc osé. Comme une fleur, il était revenu, sans même daigner prévenir après six douloureuses années d’absence. “A-bi-bi nous serons réunis” m’avait-il chanté sur une terrasse de l’Alfama, alors que nous dégustions un plat de morue en écoutant du fado un soir de printemps. Dire qu’il n’a même pas daigné m’envoyer un message en tant d’années …

Septembre 2013, 08:30, rue des Martyrs, Paris 9ème

À la faveur de l’automne, je prenais mon café noir sur le balconnet de mon loft du neuvième arrondissement, privilégiant le toit terrasse pour les grandes occasions. Encore auréolée de mon inimitable bronzage qui rendait jalouse l’Espagne entière jusqu’à Ceuta et Melilla, j’arborais comme tous les jours mon précieux mégaphone et offrais un délicieux réveil musical à mes voisins. Gina G. n’y changeait rien : je me prenais un nouveau seau d’eau glacée de mes foutus voisins insensibles à la musique. Je croquais dans mon Krispolls nappé de confiture d’airelles rouges, préparé par Kostas au terme d’une nuit magique de dur labeur, et répondais d’un doigt d’honneur à mon porc de mon voisin qui n’avait de cesse de me siffler en mimant des gestes obscènes. J’avais pourtant prévenu une mara exilée en France par l’intermédiaire d’un repenti, mais ils n’avaient pas bougé le petit doigt.

C’est alors que j’entendis les premières notes d’une drôle de sérénade à la guitare, tandis qu’une banderole à mon effigie se déroulait sur l’immeuble d’en face.

Viens danser avec moi me chantait Rui depuis l’étal du primeur d’en bas, et en espagnol s’il vous plaît, langue dans laquelle j’excellais selon les patrons de cette petite bodega du cinquième qui avaient le bon goût de reconnaître mon talent, bien que leur rémunération restait trop modeste à mon goût. Mais comme me le rappelle régulièrement ma mère, “Le petit rien qu’on t’offre aujourd’hui sera le tout de demain, ainsi soit-il“, conséquence des préceptes confucéens dont l’abreuve sa mystérieuse voisine chinoise, originaire de Wuhan. Ancienne enseignante en géomorphologie eurasiatique à l’université selon ses dires, elle aurait abandonné son poste au profit de l’activité de diseuse de bonnes aventures dans un pressing du deuxième, régulièrement visitée par l’esprit de 75 Cents qui l’enjoignait à augmenter ses tarifs. Comme si les quatre-vingt balles les trente-cinq minutes qu’elle extorquait à la plèbe n’étaient déjà pas suffisants.

Ven a bailar conmigo. Come dance with me tonight. Rui n’avait peur de rien. Je ne comptais plus les messages, les appels en pleine nuit, les courriers recommandés, ou encore l’intervention d’un célèbre agent de la DDGSE qui me retint une nuit durant dans une étroite pièce du sous-sol de Mortier avec à peine de quoi me sustenter. Ne manquait plus que Capri, c’est fini, et j’étais vraiment finie. Il me demanda de descendre, mais lui ordonnai de monter, car Rui Andrade or not Rui Andrade, Juliette n’avait pas à descendre au bas de l’échelle pour rejoindre Roméo, standing oblige. Évidemment, il accepta de se plier à mes règles, et moi, faible que j’étais, j’envoyais Kostas acheter du baume du tigre dans le treizième, tandis que je fondais devant le charme lusitanien, l’esprit soudain à Vérone.

Avril 2020, 02:30, villa de Davidna

Lassée de mon entraînement, toujours en proie à ma satanée insomnie, j’essayais de faire taire mes Anges qui prolongeaient leur nuit à m’en épuiser les tympans d’un coup de manche à balai au plafond, qui fit tomber un tas de poussière sur mon lit à baldaquins d’inspiration mauricienne, cadeau de l’ancienne présidente de l’île lorsque je lui fis la surprise d’un private show pour sa soirée d’anniversaire dont je partageais l’affiche avec Severina. Échec. J’enfilais mon peignoir de soi motif panthère des neiges et m’emparais d’un chandelier, décidée à aller faire un tour au rez-de-chaussée histoire de me sortir Rui l’esprit et de pouvoir réfléchir à ma vie pour une fois que Dieu me le permettait. Je passais devant le fridge et fouinais à l’intérieur. Des légumes ? Je digère difficilement le poivron vert, et puis le végétarianisme m’ennuie. De la dinde ? Hors de question, ça me faisait pitié de voir la pauvre escalope et je n’avais pas le courage de lancer le Thermomix à cette heure-ci. C’est si dur d’appuyer sur un bouton… Du cheesecake ? En dépit de mes efforts, le meilleur était indéniablement celui que Teo m’avait préparé lors de mon séjour à Minsk – je doutais donc de la supériorité de celui qui gisait depuis plus de soixante-douze heures dans le fridge. Oh ! Mais que vois-je ? Des restes de canard laqué ! Miam miam ! Ni une, ni deux, ma tête fonçait, telle un doberman affamé, sur le généreux morceau de reste. C’est alors que le drame se produisit.

Il suffit souvent d’un détail. Aveuglé par la toute-puissance de ses collègues (et probablement enivré), Farid avait omis de décongeler la pauvre bête gisante avant de la remettre au fridge, l’imbécile heureux. Dommage que deux de mes prémolaires ne s’en soient rendues compte qu’au dernier moment, et ce jusqu’à la pulpe de mes gencives déjà irritées par le ras el-hanout dont Markus avait généreusement arrosé le savoureux couscous dont je repris deux parts supplémentaires pour compenser mes exercices d’abdos quotidiens avec Cesar (Sampson, l’autrichien, et personne d’autre que lui, standing oblige).

Surgit alors un cri dans la nuit qui réveilla jusqu’au sixième continent, le fantôme de Frida Boccara me faisant même la surprise d’une visite au son d’Un jour, un enfant accompagnée des squelettiques fantômes du Titanic qui assuraient les choeurs en guatémaltèque. Je loupais de peu l’infarctus. À peine vêtus, les Anges accoururent et constatèrent tristement l’étendue des dégâts, qui dépassait largement celle du supportable.

Rampant sur le sol telle une momie tout droit sortie des Contes de la Crypte, entièrement recouverte du cheesecake et de divers fluides alimentaires que j’avais emportés dans ma spectaculaire chute (durant laquelle j’avais manqué de foutre le feu à la baraque), je hurlais, hurlais, hurlais jusqu’à la mort, hurlais jusqu’à en perdre la raison. Farid s’alarmait :

"- Davidna ! Mais qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Vous avez failli mettre le feu à la cuisine en plus, oh la la !"

Toujours le mot qu’il faut, Farid. Plus perspicace tu meurs. Rui débarqua sur moi et tenta de forcer mon passage buccal afin d’inspecter l’étendue des dégâts. Refusant pareille vicissitude, je le mordais prestement, lui extorquant une insulte gratuite, et par pure vengeance, il m’écartela encore plus afin de constater le carnage, ce qui se lit sur son visage décomposé, tandis que Farid – encore lui – hurlait de frayeur et fut obligé de se soulager l’estomac dans l’évier en granit. Du sang gicla alors de ma bouche, et je m’évanouis, suivie de Vaidas, dont l’hématophobie n’était un secret pour personne.

Je me réveillais plus tard dans mon lit fiévreuse de douleur, comme possédée tellement je souffrais. Davidna était devenue Dolorès. au martyre pire que celui de Jeanne d’Arc. Une heure trente durant, mes Anges se sont relayés en esquissant de multiples tentatives de traitement: tapotements à l’éponge d’eau glacée, arrosage à la vodka, free hugs, … claques dans la gueule, étourdissement à coups de poêle, saignée … Rien n’y faisait, mon état empirait et le compte à rebours était lancé. Finir de la sorte, quelle sombre destinée … A. (pour Anton Edwald) avait beau contacter tous les dentistes de la Nouvelle Aquitaine, comment trouver un “professionnel” qui daignerait me soigner sans crainte de choper le covid, qui plus en pleine nuit et dans le désert médical dans lequel nous nous trouvions ? Les joies de la cambrousse … Et puis, imaginez si nous devions faire le trajet de nuit jusqu’à Guéret admettons, comment aurais-je survécu à tant de transport dans mon piteux état ? Voyant la Faucheuse des Sims approcher à grands pas, j’envisageais de me reconvertir au bouddhisme, mais préférais implorer l’aide conjointe de Céline et de Walter Andreas Schwarz, pendant que Frida se lançait dans une reprise new wave de Wild Dances, … Mon esprit s’envolait dans une autre dimension, où Davidna devenait Rodinco Diano, homme sandwich pour une grande marque de friteuses dans les rues de Lima chantonnant On Again, Off Again en langue maya, et j’imaginais déjà mes gars organiser une messe païenne devant mes pauvres restes sur le parvis de l’Ericsson Globe, un bouquet de jonquilles et une boîte de kanelbullar qu’ils auraient dévoré en chemin coursés par les rennes de la garde royale. Sombre destin. Seules leurs petites cantates eurovisionesques parvenaient à réchauffer mon coeur, celles-là même que j’écoutais en boucle afin de tomber dans les bras de Morphée. Drôle d’oraison funèbre que de s’envoler au son de Walter & Kazha ou de Virginie Pouchain : autant m’achever au plus vite.

Le calvaire n’en finissait plus, à tel point que Farid et Markus menacèrent de me jeter dans l’Atlantique si je refusais d’être raisonnable. Facile à dire, ils ne venaient de dire adieu à deux de leurs prémolaires, eux … Quelle drôle de façon de remercier celle qui les avait libérés de leurs oppressions respectives, bande d’ingrats. Ils se permettaient de rire aux éclats pendant que j’étais à deux doigts de décéder à cause de deux dents fracturées par un un foutu canard chinois à coup sûr trouvé sur l’Île de Ré. J’étais outrée, scandalisée, mais je n’avais pas la force de les corriger comme je savais si bien le faire d’habitude. Les clauses de licenciement étaient-elles si souples que me l’avait signifié mon expert-comptable ? C’est vrai qu’ils n’avaient pas de contrat de travail … C’est alors que débarquant comme une furie dans ma chambre, la chemise ouverte et en sueur #WhatAFeeling, Anton nous annonça la bonne nouvelle : il avait trouvé un dentiste !!! Les cris égayèrent la pièce, tandis que mes larmes de douleur se faisaient joie et espoir, impatiente de la délivrance et voyant l’horizon s’éclaircir. J’allais enfin pouvoir ressusciter comme un phoenix, par le truchement de Sainte Conchita Saucisse.

Rui se proposa spontanément pour m’accompagner en voiture. Je m’y opposais catégoriquement. La salle paniqua. “- Mais allez Davidna ! Faites un effort, il en va de votre vie !” me répétaient mes Anges devant mon refus obstiné, “N’oubliez pas que vous pouvez convulser à tout moment”. Ils insistaient, je redoublais de refus tandis que Farid descendait dans ma bouche la bouteille de vodka ramenée de mon dernier séjour biélorusse. Seul Vaidas trouvais les mots “- Après tout Davidna, si vous voulez crever la gueule ouverte et dire adieu à votre carrière à l’Eurovision, c’est votre choix …”. Je doutais subitement pendant que Markus chuchotait “- Ce n’est qu’une histoire de dents…” mais Rui chuchota : “- Querida, nous tenons tous à toi – lui seul osait le tutoiement -, et nous ne voulons pas te voir disparaître pour une si sombre affaire. Si tu veux être sauvée, il serait peut-être temps de passer l’éponge sur il y a six ans …” À ces mots, je ne pus retenir d’irritation la vodka que contenait ma bouche, et arrosais généreusement la face de Rui.

Telle Cléopâtra se levant de son tombeau et retrouvant le chemin de la vie dans son Palais d’Alexandrie, je trouvais alors l’énergie de me lever d’un coup sec, redoublant mon acte d’un coup bien placé à l’encontre du lâche, qui n’y résista pas, et tendit les bras, avec lesquels je voletais à la manière d’un oiseau revigoré par des restes de salade grecque laissés par un couple de touristes sur une terrasse du bord de mer à Paros. D’un regard noir à mes gars, je le laissais se débrouiller, avant d’annoncer la douloureuse d’un applaudissement à la GaGa, qui me coûtait au moins tout autant que l’état piteux de ma dentition. L’Oréal, parce que vous le valez bien, je donnais un coup de cheveux, et délivrais le verdict.

"- Préparez la Mercedes, je vous prie, Rui et moi partons ensemble chez le dentiste."

Intermède musical.

04:10, bassin d’Arcachon

À nouveau parée de mon tailleur de Sestre, doublée d’un masque en tissu rouge assorti (Markus m’avait déconseillé celui inspiré d’Hatari au nom d’intrigantes raisons diplomatiques – je savais bien que le letton était conformiste, mais pas à ce point assommant d’ennui), nous étions dans le cabriolet de location que je n’avais jamais restitué à l’agence Hertz de la rua Santa Catarina de Porto. Comment auraient-ils pu vérifier vu que je leur avais fourni de faux papiers, parce que le permis à points et moi … Mercedes … C’est elle qui avait servi au tournage de notre clip dans le somptueux décor de la Vallée du Douro, quelques années auparavant, lui au volant, comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma, et moi reine de l’empire colonial portugais, chevelure au vent ceinte d’un foulard que ce dernier me déroba notre folle course durant, saluant mes sujets à la mode de l’Angleterre victorienne dans un environnement à proprement parlé désert de vies humaines. Calmée d’un puissant anti-douleur et de quelques alcools sur lesquels n’aurait point craché Apollinaire, je lançais alors les hostilités et remontais le fil de l’histoire. Il était environ cinq heures du matin. Il m’avait humiliée : à son tour de passer le pire quart d’heure de sa vie.

Festival da Cançao 2014, Lisbonne

Il m’avait promis la lune. Ma carrière était certes au beau fixe, les clubs des capitales européennes se battaient pour m’avoir. Mon titre électro dance alternatif Be Hot, Be Strong cartonnait partout à travers l’Europe – je venais de remporter un disque d’or en Azerbaïdjan, ce dont peu de personnes peuvent se targuer, pas même Patricia Kaas – et je croulais sous les propositions, mais il me manquait encore l’étoile suprême.

Be Hot, Be Strong text och music : Davidna Lamburosco

– explicit text –

Take a look at you 
You're a mere shadow
Of your former self


Take a look at it
This is a mirage
Of the nightmare gone

Take a shame on you
You're a silly guy
Feel the darkroom vibes

(Refrain)

Be Hot, Be Strong, you go along
Before prolong, Show how it's long
Night will be short, I live it all
Please don't retrain, let's f*** away


Reveal your vices
Take out the snake

Make it a dance

Reveal the chains

Become a slave
Next step is quake

Reveal your loss

Handcuff your hands
Let's jerk it there

(Refrain)

Be Hot, Be Strong, you go along

Before prolong, Show how it's long
Night will be short, I live it all
Please don't retrain, let's f*** away


(Intermède)

We are the kingdom of insanity
Sex is our limitless landscape

Dov'è la piscina degli libertini
In modo che la repubblica possa godere

Auf Wiedersehen Puritaner Amerika
Wir sind die Spitzenkandidaten des Oralsex

Quiero ir contigo, Consuelo mi amor
Te sigo en el paradiso de los fluidos de la vida

ты должен сказать какую-то фигню на русском
холодная война только начинается

Vingt euros s'il vous plaît pour la potence
L'heure des dépravés a sonné

Three, two, one
Révolution

(Pont musical électro)


(Refrain x4)

Be Hot, Be Strong, you go along

Before prolong, Show how it's long
Night will be short, I live it all
Please don't retrain, let's f*** away

Il m’avait promis la lune : une sélection pour le festival – et en solo s’il vous plaît, Davidna n’étant pas du genre à s’abaisser à faire des duos avec le premier venu et il l’avait très bien compris -, une tournée promotionnelle à travers tout le pays, des tréfonds du Minho-Lima à l’archipel des Açores, l’enregistrement de l’album A madonna das miragens (La madonne des mirages) à même de faire de moi la nouvelle star du Portugal, et ainsi gagner haut la main la sélection nationale avec un score digne de la réélection du président turkmène. Rui, si populaire auprès de la production, devait m’assurer, que dis-je me garantir une place sur la scène du Festival da Cançao, il l’avait juré sur mon piano-bar. “- Foi de volaille, je leur en parlerai, I swear it by Kati Wolf” n’avait-il de cesse de me répéter entre deux vapeurs de chicha aux fruits exotiques que nous absorbions en regardant au loin le pont Vasco de Gama surplomber le Tage, entourant une barquette de houmous que m’avait préparé ma concierge trois semaines avant, qu’un chien s’évertuait à consommer au mépris des lois de la jungle.

Il m’avait promis la lune, pour ne pas dire monts et merveilles. J’avait tout pour remporter le précieux sésame et mettre plus bas que terre mon ennemie toute désignée, cette Suzy que tout le monde s’arrachait, mais dont j’étais la seule à voir qu’elle n’était pas même digne de jouer à la sous-choriste de ma stand-in rehearsal du pilote de 1in360. Inutile de préciser que, face à moi, elle ne faisait pas le poids : un tel manque d’élégance et de distinction me révoltait au plus profond de moi-même et je le lui fis comprendre, à elle qui me prenait de si haut alors que sa carrière n’était rien face à la mienne. Et pourtant, ils s’extasiaient tous. À croire que je suis la seule à avoir du goût dans cette société si formatée … La production avait certes omis de souligner ma présence sur la setlist auprès des médias, mais qu’importe puisque la surprise de ma présence, like a cherry on the cake, n’en aurait été que plus belle. C’est pourtant le caniveau que j’allais connaître.

Conquérante, fière de la singularité que j’allais enfin apporter au si convenu et lusitano-portugais Festival da Cançao, je franchissais les portes du Covento do Beato à la grande surprise de deux pauvres vigiles non-prévenus de ma venue, que j’esquivais d’un coup de krav maga dont j’acquis les bases lors de mon stage de perfectionnement en chant à Tel-Aviv. Alors que j’atteignais la scène, Rui accourut à ma rencontre, étonnamment mal à l’aise. “- Davidna ? Mais que fais-tu ici, nous sommes en répétition !”. Je n’eus même pas le temps de répondre que, furieux, le producteur débarqua et me demanda de quitter les lieux sur le champ, au nom de ma prétendue absence du programme. “- Are you talking to me ? lui dis-je Vous foutez de ma gueule ? Je suis Davidna Lamburosco et je suis attendue sur scène, alors je vous prierai de dégager le passage”. Le ton haussait et Rui devint livide. C’est alors que j’appris la vaste supercherie que ce dernier avant monté contre moi.

Oui, Rui avait bien soumis ma candidature au comité de sélection, mais sans efforts et sans convictions. Oui, elle avait bien été rejetée depuis plus de trois mois par le dit comité et j’en tombais des nues. Je pourrissai d’ailleurs copieusement le responsable de cette erreur monumentale, dont le Portugal ferait d’ailleurs les frais trois plus tard à Copenhague, se faisant sortir dès les demis du fait de mon absence, HAHA. Sauf que … Rui était au courant et ne m’avait rien dit. J’étais sous le choc. Fragilisée, mais digne, j’alignais les preuves irréfutables, mais le producteur ne voulut rien entendre. J’insistais, et les accusations à mon encontre fusèrent : harcèlement, mythomanie, absence de talent, … J’en passe, car en réalité mon monde s’effondrait, et je me vénérais d’autant plus, tentant de ne laisser la moindre chance aux sanglots d’éclater.

C’est alors que du haut de sa scène, la Suzy me pointa du doigt d’un rire narquois et humiliant. “- Tu t’es bien vue ma pauvre fille ? me dit-elle Tu te prends pour qui pour venir ficher en l’air ma répète ? Tu crois que c’est open bar ou quoi ?”. Elle allait voir du pays. Ni une, ni deux, la tornade Davidna s’abattit sur eux. Heureusement que Rui me retint, sinon ç’aurait pu prendre une tournure tragique, mais je ne me laissais pas faire. From the phoenix … Bam ! Je m’emparais de mon propulseur préhistorique et neutralisais le producteur, qui ne fut atteint qu’au niveau de l’une de ses précieuses ridicules que les médecins parvinrent à sauver sans séquelle. Quant à Suzy, ni une ni deux, je profitais de l’air distrait de son garde du corps à qui je sortis mes plus beaux restes de kung-fu et grimpais sur la scène à sa poursuite, me jetant sur elle comme une lionne enragée à qui le zoo de Knokke-le-Zoutte aurait imposé une intolérable grève de la faim. Reconvertie en choriste, Pépita, ex-comparse de Marie-Ange Nardi dans Qui est qui ? tenta de délivrer sa patronne, mais comme c’était moi, la patronne, je la balançais hors de la scène sans ménagement pour mieux m’acharner sur Suzy, que j’étranglais de toutes mes forces. Dommage qu’il s’agissait en réalité de sa choriste, la lâche ayant préféré fuir dans les coulisses pour prévenir la police portugaise. Je vous épargne la suite : je l’ignore moi-même, hashtag black-out total, hormis que je me réveillais deux heures plus tard assommée dans un caddie de supermarché, devant le hall 2 de l’aéroport de Lisbonne, prise en selfie par des touristes russes en transit depuis Rio de Janeiro. Sans un mot de soutien de Rui. Seule et abandonnée.

Avril 2020, 04:55, trajet entre le bassin d’Arcachon et Pissos

Comment voulez-vous que je passe l’éponge là-dessus ? Rui n’avait pas réagi. Pire, il m’avait trahi, et s’était par la suite détourné complètement de moi. Plus un mot, pas même un message personnel, alors que j’espérais seulement qu’il courre à en perdre haleine pour venir me retrouver et s’excuser de sa grave faute. Je mis des mois à m’en remettre, mon été au Negresco m’ayant beaucoup aidé à surmonter cette épreuve entre deux virées en jet-ski sur les rives de la riviera cannoise. Heureusement que Kostas était là pour assurer le service après-vente … Dommage qu’il ait préféré repartir en Grèce et m’attaquer aux prud’hommes. Dans la voiture, je lui rappelais les faits comme je le pus, avec ma mâchoire à moitié défoncée, tandis que lui me jouait la carte de la comedia dell’arte, pleurant à chaudes larmes sur sa culpabilité et la honte qui le terrassait depuis. Je manquais à mon tour de verser une larme d’émotion, hésitant même à partager un Facebook Live avec mes fans néo-zélandais chez lesquels je concurrence Ru Paul. Ridicule. Les hommes sont ridicules lorsqu’on les pousse dans leurs retranchements et qu’ils se voient révéler leur faiblesse. Il se confondait en excuses, et redoublait de plaintes et gémissements devant ma froideur supérieure à celle du marbre de Carrare. Paroles, paroles, paroles … Je profitai de l’endormissement temporaire de ma douleur pour lui dire ses quatre vérités, et je n’y allai pas de main morte, vous vous en doutez fort. Arrivés devant le cabinet, il se mit alors à genoux en plein milieu de la route des Lacs de Pissos, saisissant un calice pour se repentir de ses péchés. C’est alors que je saisis qu’il n’avait que son âme pour parler de moi. De pitié, j’expiais ses maux d’une main sur la tête, telle une reine thaumaturge (ça avait fonctionné avec ce cher Engelbert lorsqu’il se plaignit de ses calculs vésiculaires peu avant son passage au Baku Crystal Hall). L’Internationale nous enjoint à faire du passé table rase : ainsi soit-il, nous nous réconciliions autour d’un cul sec de rhum brun. On tapa alors à la vitre.

“- Madame Lamburosco ?” me demande un individu à l’accent turc équipé d’une tenue médicale de combat, charlotte, masque et visière en plexi à l’appui.

06:15 – 2h15 après le début de la résurrection de Davidna, cabinet dentaire de Pissos

Seule dans le cabinet baigné de musique pop turque, ayant demandé à Rui de garder le véhicule par sécurité, j’étais allongée depuis bientôt une heure et demie sur le fauteuil du chirurgien-dentiste que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam. Au moins avait-il le mérite d’être prolixe, me racontant sa vie en long, en large et à travers, tandis que je tendais le dos à chaque mise en marche de la turbine dentaire.

À travers la lumière aveuglante du spot, je le voyais agiter avec dextérité ses pinces et ses alicates, retirant morceau par morceau les restes de feu mes prémolaires qu’il me proposait gentiment de remplacer illico presto, afin de ne pas présenter un sourire édenté aux yeux du monde entier confiné, ce pour un tarif défiant toute concurrence. Je l’invitais poliment à se contenter de prothèses provisoires, le temps de retrouver un véritable professionnel de santé à Paris … et d’assurer les dates de ma tournée quasi entièrement annulée.

A vue d’oeil quinquagénaire, mon homme arrivait tout droit d’Istanbul Il effectuait depuis six ans des remplacements dans notre pays, ainsi qu’en l’Allemagne voisine, après tant et d’années de bons et loyaux services pour son pays dans lequel il travaillait également pour la télévision, et avec lequel il ne sentait politiquement plus en phase depuis la nuit des temps. Bien qu’anesthésiée, je pouvais désormais articuler quelques mots, questionnant la double vie de mon nouvel ami. J’étais littéralement subjuguée par son parcours épatant : chirurgien-dentiste d’un jour, producteur du second, animateur télé du troisième, et organisateur dans l’évènementiel le quatrième. J’étais aux anges. Je m’empressais de lui révéler ma condition d’artiste-interprète de renom, espérant secrètement réengager la Turquie sur la voix de l’Eurovision dans le premier rôle, telle une Sibel Tüzün, mais sans trop me dévoiler pour l’instant, histoire de saisir au mieux ses intentions.

L’homme s’arrêta net, et me coupa. Jamais je ne vis un regard autant pétiller de ma vie. Sans la moindre hésitation, il réalisa son coming-out : lui aussi était chanteur professionnel. Si ce n’était le corona, nous serions tombés dans les bras l’un de l’autre depuis des millénaires, heureux d’une telle coïncidence, voire plus si affinités sur un malentendu woodstockien. Quoi de plus beau pour un artiste que de retrouver par surprise l’un de ses pairs inconnus, sur le chemin duquel une force supérieure nommée Céline vous a ostensiblement placée, comme la vie avait jadis placé Rui sur ma route pour mieux se jouer de moi. La joie de vivre me faisait rayonner, et il en était de même pour mon médecin, que dis-je, mon nouvel ami, qui, comme moi, vivait fort mal son confinement, éploré comme jamais. Ensemble, notre discussion vibrait au rythme de la musique tandis qu’il poursuivait son travail sur ma dentition. Il vantait le talent de ses stars locales, de Sezen Aksu à Barış Manço, en passant par Rafet El Roman et Bengü, je lui révélais en retour mon vif intérêt pour la scène musicale européenne dans sa diversité, vibrant aussi bien au son de la scène pop française, d’Ophélie Winter aux Pirouettes que des inimitables schläger de Francine Jordi, sans parler de ma dévorante passion pour Alcazar.


Bien sûr, j’écoutais quand même bien d’autres choses, car ma diversité fait de moi une femme de goût. Que vous dire, il faut bien se mettre à la mode, et ça me connaît la mode, foie (le -e final est volontaire) de Davidna. Et vas-y que je te bouffe du Thérapie Taxi, en veux-tu en voilà, d’ailleurs le prochain hit sale il est pour moi, héhé, que je me gargarise quotidiennement au son d’Angèle et Roméo Elvis, cette belle famille que devraient envier Frank Lambert et Carole Foster, que j’enchaîne les exercices de fitness et de renfo au son de Clara Luciani et de Vitaa feat Slimane, sans parler de mes inimitables chorégraphies sur la meilleure, the best, celle-là même pour laquelle je me damnerais ou presque, tout simplement parce que JE SUIS ELLE, évidemment je parle de Christine And The Queens ! CHRIIIIS ! Action ! Certes, elle reste en-dessous de mon génie, je vous l’accorde, et puis je me sens quand même plus proche de la grandeur d’une Mylène Farmer, telle la déesse extatique que je suis, mais il faut avouer que son audace est tout de même très largement inférieure à la mienne. L’élève a dépassé depuis fort longtemps la maîtresse, et tôt ou tard, je lui en donnerai les preuves.

Bref. Nous échangions sur nos carrières respectives, découvrant que notre homme comptait vingt-trois ans de carrière (j’avais quelques longueurs d’avance, Thanks Gode) et neuf singles (LOL, j’en compte le nonuple), ce qui est relativement admirable pour une personne de sa condition, enchaînant des tâches et des missions aussi variées que les siennes par intermittence, statut auquel il n’avait pas droit dans son pays s’agissant du spectacle. Je me délectais déjà des grandes choses que nous pourrions faire ensemble, surtout pour moi, bien entendu, sentant déjà depuis un moment que j’étais la nouvelle Oum Kalthoum (bien qu’elle ne soit pas turque, mais on s’en fout, n’est pas la fille spirituelle d’Oum qui veut).

C’était une évidence : j’avais affaire à un partner in crime (il faut bien que le titre de l’Estonie 2007 porte ce titre pour que j’ose le réécouter, foie de Davidna) de force et de convictions, qui serait à même de convaincre la Radio-Télévision de Turquie (Türkiye Radyo Televizyon Kurumu) sans même que je n’aie besoin d’emporter un bakchich dans les bagages. Je m’imaginais déjà atterrir à Sofia (car les vols sont moins chers pour cette destination depuis Paris) et traverser la Bulgarie, la Grèce et la Turquie en 4×4 pour signer le grand retour du pays au concours, avec mon nouvel impresario.

Je découvrais notamment qu’il avait publié un titre en France, qui connut le succès dans les Dance Charts de France et de ses voisins européens. Je lui révélais mon succès international avec Macarena de los Andes et Pépita Davidna, qu’il me fit la surprise de connaître. J’étais déjà à deux doigts du malaise, lorsqu’il me révéla l’existence de duos avec Viktor Lazlo et l’artiste méconnue dont le son commençait à résonner dans le cabinet …

HELENA !!!!

Mon coeur bondit hors de ma poitrine, et le dentiste manqua d’emporter une canine.

- Helena ? Vous connaissez Helena ?
- Évidemment que je la connais ! I am an eurofan baby !

Je me révélais spontanément.

Il s’arrêta tout net. Il revivait.

- Sérieux ? Vous êtes une fan de l'Eurovision ?
- Puisque je vous le dis !
- Mais ... c'est magnifique ! Figurez-vous que moi aussi !
- Ce n'est pas vrai ? Notre rencontre est un signe docteur !
- C'est tellement incroyable !
- Surtout que ... Bon à vous je peux le dire, parce que je vous fais confiance.
- Aie confiance mon petiiit, nous parlons sous couvert du secret médical.
- Voilà docteur ...

Soufflerie dans la bouche, je lui expliquais alors mon désir de participer au concours. C’est alors qu’il consentit à me révéler l’insoupçonnable secret qui manqua de m’emporter d’une improbable crise d’apoplexie. Car derrière le masque du dentiste se dissimulait … un ancien candidat au concours !

- Amir ? C'est toi ?

Hélas non.

Le jour de gloire de Davidna Lamburosco était toutefois enfin arrivé. Les épreuves sont décidément une bénédiction. Je me rappelais alors ses origines turques et refaisais l’histoire de la participation du pays au concours. Un dentiste qui aurait donc représenté la Turquie au concours. Can Bonomo ? Yüksek Sadakat ? Harun Tekin ? Kenan Doğulu ? Tous trop jeunes, d’une manière ou d’une autre, fut-ce de dix ou vingt ans. Frère Özoğuz 1 ou 2 ? Idem, et ni assez rock, ni assez roux. Kayahan ? C’était hélas une étoile au firmament, paix à son âme. J’avais beau remonter les années 80 et 90, comme Axelle Red, je cherchais et je ne trouvais pas.

… Sertab Erener ? Really ? La reine Sertab, chirurgienne-dentiste ?

Devant mon air perplexe, il précisa que son pays ne participant plus au concours depuis sept ans, il s’était vu obligé de pratiquer l’émigration eurovisionesque. Le coquin m’avait perdue. J’ai beau avoir la science infuse s’agissant du concours, il me laissait coite. Qui était donc ce dentiste mystère ?

- Mmmh, me dit-il, c'est vrai que je ne me suis pas présenté, excusez-moi, Dr. Ahmet Serhat Hacıpaşalıoğlu, enchanté.

Pardon?

- C'est un peu dur à comprendre, je sais, c'est pour ça qu'on m'appelle aussi Serhat.
- Enchanté Dr. Serhat, oh mais quelle coïncidence, vous parlez le même nom que le type qui a représenté Saint-Marin en 2016 et 2019.

J’entendis un léger rire sous le masque. J’éclatais de rire à mon tour.

Il redoublait de rires. Et moi avec. La situation devenait extrêmement gênante. Puis l’étincelle.

Non

Impossible. Et il riait ce con.

- Ma chère Davidna ...

Il commença à baisser son masque.

- Il faut toujours se méfier des apparences, Davidna.

Il retira complètement son masque.

NON !!!!

- Ça va Davidna ? Vous n'avez pas l'air bien !

Je fus prise de tremblements.

- Vous voulez un verre d'eau ?

Je le regardai. Puis rebelotte.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!

14 mai 2019, rue des Martyrs, Paris 9ème

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!

Un séisme d’une ampleur inédite secouait l’immense loft de la rue des Martyrs. Première demi-finale du concours 2019, que je passais exceptionnellement seule et en France avant mon départ pour Tel-Aviv le lendemain. Un suspense insoutenable. Huit premiers qualifiés acceptables, voire dignes pour certains (Astrid, si tu m’entends). Le monde entier était suspendu à la bouche de Bar Rafaeli et d’Erez Tal. La maisonnée entière n’avait d’yeux que pour Conan Osiris, en dépit de la difficile histoire qui me liait au Portugal. C’est alors que …

J’avais mal entendu.

Parlez-vous français ?

J’esquissais un petit fou rire nerveux. Puis …

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!! !!!!

Moi sur le canapé devant la table basse recouverte d’antipasti :

Je m’effondrais à genoux sur le tapis, hurlant d’horreur, mains sur la tête, commençant à convulser de tous mes membres et à littéralement péter les plombs. Je HURLAIS, HURLAIS, HURLAIS, HURLAIS toujours plus fort, littéralement hystérique de ce scandale sans précédents, mes nerfs ne résistaient plus, pire, je sortais de mon propre corps, je n’étais plus Davidna, j’étais Xénia la Guerrière. Tout ce que je trouvais sous la main, je le balançais sur l’écran et partout ailleurs dans le deux cents mètres carrés, les bouteilles de Prosecco, les antipasti, les chips, les magazines, mes disques d’or, et ça ne me suffisait plus ! Alors, dans un élan de fureur manifeste, j’avançais dans le vestibule (oui, j’ai un vestibule dans mon appartement et je vous emm****), je défonçais à coups de poing la porte du placard que je décrochais de ses gonds et là, et là …

Je m’emparais de la masse qui m’avait servie à démonter la Smart de la meuf de Sakis lorsqu’il me répudia, et BAM, déchaînée comme un charognard sur son cadavre, j’explosais littéralement tout, TOUT. Rien n’échappait à la colère d’Aphrodite, je défonçais la baraque à coups de masse, et BAM la table basse en marbre, et BAM la table de séjour en verre de Murano, et BAM la bibliothèque et l’Oscar factice ramené de chez Madame Tussauds London, et BAM mon kakémono de Mans Zelmerlöw, et BAM la cuisine équipée IKÉA que je devais de toute façon rénover pour passer à un standing digne du mien, et BAM le réfrigérateur et la cassolette de choucroute de reste, et BAM le Thermomix, et BAM le téléviseur, et BAM le voisin relou qui sonnait à ma porte pour menacer d’appeler police secours, et BAM l’écran LED qui faillit m’électrocuter la tronche, et BAM BAM BAM ! Une fois défoulée, je m’effondrais en larme, constatant le champ de ruines, et réalisant l’eurodrama : Saint-Marin en finale. J’éclatais en sanglots de manière interrompue. Comment diable allais-je justifier tout ça auprès de ma compagnie d’assurances ? Je verrais ça plus tard, ce n’était qu’un problème secondaire, car ma mission première était la suivante : aller mettre Tel Aviv On Fire pour leur faire remonter le scandale. Jon Ola ne serait pas sourd, cet escroc. Un coup monté de la CIA à tous les coups.

Ne voilà t-il pas alors que j’entendis retentir la chanson du drame devant ma porte à laquelle un invité surprise semblait frapper. Je sortis faire taire le malotru, ouvrait la porte et la claquait au nez. C’est alors que je m’arrêtais.

Je rouvrais la porte. Fatih était au seul. Je le traînai à l’intérieur. La porte claquait à nouveau.

06:45, route des Lacs, Pissos.

Espérant fuir à mon ravisseur, je courrais en hurlant, traînant derrière moi le fauteuil dentaire auquel j’étais rattachée via ma dentition.

- DAVIDNA !!! Mais revenez !

Serhat me poursuivait.

- AU SECOURS !!!!!
- Grimpez Davidna ! Vite !

Rui démarra la voiture comme une trombe, j’y montais, traînant toujours le fauteuil en train de détruire le pare-choc arrière.

- Ne parte pas Davidna ! C'est un malentendu ! Mais .... Mon fauteuil ! On m'a volé mon fauteuil, et puis ... mon pognon ! Je veux mon pognon ! Rends l'argent DAVIDNAAAAAA !!!!!

Rui me lança un couteau suisse pour me libérer de mes chaînes, tandis que Serhat courrait derrière nous. Sa course fut arrêtait par le fauteuil qui, avec la force cynégétique, atterrit sur lui.

Générique de fin.

(Suite au prochain épisode)