APN_2240Eh bien voilà le moment tant attendu. Les moteurs sont huilés, les projecteurs sont en place, les lumières brillent de tous leurs feux… la grosse machine est en route avec la toute première journée de répétitions. Aujourd’hui, les huit premiers candidats de la 1ère demi-finale ont répété sur la grande scène de la Wiener Stadthalle. Et, ordre de passage oblige, c’est une des chansons que vous aimez le moins qui s’y colle en premier.

MOLDAVIE

22, v’là la Moldavie ! Ce n’est pas pour vous faire fuir devant la chanson, mais pour vous prévenir que les flics débarquent sur la scène de l’Eurovision. Sauf que ceux-là ne sont pas là pour faire régner l’ordre et portent des uniformes pas très réglementaires. Au contraire, ils se trémoussent derrière un Eduard Romanyuta tout de cuir vêtu. Il semble donc que le Moldave d’adoption (on rappelle qu’en fait il est ukrainien) ait tenu à reproduire le même thème que son clip vidéo. Vocalement, le chanteur tient la note

C’est sexy, mais comme souvent dans les prestations des pays de l’Est, c’est un peu “too much”, limite ridicule. Les policiers et policières et le coupable évoluent dans un décor rouge et argent. Ça bouge beaucoup, les spots de lumières partent dans tous les sens… visuellement du déjà vu à l’Eurovision.

Un début d’Eurovision très désordonné.

 ARMÉNIE

La chanson arménienne résonne comme une douce mélodie à nos oreilles après le brouillon moldave. On en revient à l’essence même du Concours, à savoir la chanson. Pas d’artifice pour l’Arménie et son groupe spécialement conçu pour l’Eurovision. Un décor simple, aux couleurs pourpres, avec parfois des formes géographiques et parfois un arbre qui se plie face à la tempête, mais qui ne se déracine pas. Un symbole.

Vocalement, il n’y a rien à redire, c’est parfait et nous avons là six professionnels triés sur le volet pour l’Arménie. Reste à savoir maintenant si la chanson va plaire ou non aux téléspectateurs et aux jurys européens… enfin mondiaux plutôt (n’oublions pas qu’il y a l’Australie qui participe et vote).

BELGIQUE

La Belgique est en noir et blanc. Loïc en noir et la scène en blanc. Bon, notre choupinet s’est un peu planté au démarrage en ne se plaçant pas au bon endroit à la fin de son exécution. Mais au moins, il est poli et s’est excusé. Ce petit incident lui a provoqué une salve d’applaudissements et de rire dans le centre de presse. Loïc est accompagné par cinq choristes chanteurs et l’interprète est souvent séparé de l’autre ensemble. Loïc danse aussi bien qu’il chante. Le décor est très lumineux. La Belgique reste vraiment dans la course à une finale cette année.

PAYS-BAS

Petite question : qu’allons-nous remarquer en tout premier lorsque la candidate hollandaise va entrer en scène. Le décor très rouge ? Non. La mélodie de la chanson, alors ? Non. La qualité vocale de la chanteuse ? Vous n’y êtes toujours pas. Non, ce que l’on remarquera à coup sûr, c’est sa robe qui est loin, mais alors très loin, de passer inaperçue. Il s’agit d’une robe noire, à priori très classe, mais qui semble avoir été découpée en son milieu par un ciseau géant. Ce qui fait que l’artiste de 42 printemps avance ce qu’elle soutient.

Vocalement, c’est une pro, donc elle sait chanter.  Le problème, c’est qu’elle arbore un look vraiment très bizarre. La chanson invite à la danse et pourtant, elle reste très statique sur la scène de Vienne, donnant l’impression qu’elle n’aime pas la chanson qu’elle interprète. Il faudra revoir tout ça pour la seconde répétition.

 FINLANDE

On a dit ce qu’on avait à dire sur la chanson. Passons donc maintenant à la répétition. PKN est égal à lui-même et n’a pas changé d’un iota la prestation qu’ils ont fait à l’UMK. Côté vocal, aucun changement non plus. Côté scène, c’est assez simple. Un décor simple et froid, avec des spots en forme de croix et surtout beaucoup… beaucoup de fumée. Les PKN sont bien ancrés dans leur univers.

GRECE

On ne doutait pas du talent de Maria-Elena depuis qu’on l’a écoutée à la finale Grecque. Elle prouve encore une fois sur la scène de Vienne qu’elle sait chanter et qu’elle possède un charisme indéniable. La chanson bénéficiera aussi du fait qu’elle passe juste après l’ouragan finlandais, avec un changement de style pour le moins violent.

Côté scène, une forme circulaire fait à partir de spots de lumière assure un bel effet.

ESTONIE

L’Estonie est un des pays favoris pour la victoire le 23 mai. Leur première répétition était donc très attendue. Le couple évolue dans un décor noir et blanc. On leur a construit une ville (en LED bien sûr) où ils évoluent avec aisance sous un ciel étoilé. Si l’Estonie veut remporter la victoire, elle ne pourra le faire qu’avec le jeu d’acteurs entre les deux chanteurs. Sur ce plan, c’est réussi. Ils nous racontent leur histoire. Et Stig étonne lorsqu’il quitte la scène avant la fin de la chanson. Donc oui, l’Estonie reste dans les favoris.

REPUBLIQUE DE MACEDOINE

C’est la bonne surprise de la journée. On parle souvent d’une chanson moyenne, mais Daniel, et son groupe de RnB Merj (des Blackstreet) ont su la mettre en valeur. Les concepteurs du décor également. Car si l’on a construit une ville aux Estoniens, on a érigé une sorte de temple grec pour la Macédoine, avec des feuilles d’automne (c’est le thème de la chanson) qui ne tombent pas, mais s’envolent. On peu espérer voir cette chanson en finale.

En résumé

De bonnes répétitions, pas trop de couacs et des décors plutôt sympa. Même si à ce niveau on aurait préféré quelque chose de plus original de la part des autrichiens. Parce que les effets LED mélangés aux effets lumières, c’est un peu toujours la même chose depuis quelques années maintenant (hormis la Norvège en 2010 qui avait innové) et ça commence à lasser. Il faudrait peut-être penser à passer à une autre conception visuelle.

Au programme demain

Demain, deuxième jour des répétitions avec cette fois la première de la Serbie, Hongrie, Bélarus, Russie, Danemark, Albanie, Roumanie et Géorgie.