Les répétitions individuelles se poursuivent du côté de Vienne et, pendant ce temps, la rédaction continue d’échanger avec les candidats de l’Eurovision 2026. Au tour de Satoshi, le représentant moldave, de s’installer aujourd’hui dans la salle d’interview de l’EAQ !
Ils étaient 16 finalistes, mais c’est sans coup férir que Satoshi s’est imposé lors de la Finala națională 2026, remportant à la fois les votes du jury national, des jurés internationaux et du public. Surtout, en décrochant près de 70% des voix au télévote, il a réalisé un véritable record dans cette saison des sélections ! C’est dire à quel point son Viva Moldova! a fait l’unanimité en Moldavie. C’est ainsi avec ce titre entièrement écrit et composé par ses soins que Vlad Sabajuc (de son état civil) signera le grand retour de son pays à l’Eurovision après un an d’absence. De quoi lui offrir par la même occasion un retour en finale ? Pas impossible ! En attendant, au lendemain de sa première répétition individuelle, Satoshi a livré ses impressions à la rédaction de l’EAQ dans une interview que vous pouvez retrouver en vidéo (en anglais) sur notre chaîne YouTube et en version écrite (en français).
L’Eurovision au Quotidien – Vous êtes à présent à Vienne, le rêve de l’Eurovision devient réalité. Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?
Satoshi – Aujourd’hui, c’est une journée de détente, car nous avons déjà eu la première répétition. Cela nous a en quelque sorte libérés d’une grande partie du stress, vous voyez, parce qu’on a pu voir la vraie scène, les vrais supports, les accessoires, et tester tout ce qu’on n’avait fait qu’imaginer avant. Cela nous a permis de passer un après-midi tranquille hier (samedi). Du coup, en ce moment, je suis plus que serein pour plusieurs raisons, notamment grâce au beau temps dont nous profitons ici à Vienne.
Comment se sont justement déroulées ces premières répétitions ? Êtes-vous satisfait ?
Bien sûr que oui. C’est un privilège d’être le premier à passer en répétitions, même si ce n’est pas très confortable parce qu’il faut se lever très tôt le matin. Mais, en même temps, tout le monde à la salle est encore frais et dispos, l’esprit vif, donc ils ont encore le temps de nous transmettre assez d’énergie. Qu’y avait-il d’autre à ce sujet ? Tout était si frais – les idées, les accessoires… – et bien préparé, donc on a été les premiers à chanter dans les micros, à tout tester, et c’était bien.
Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans l’aventure du concours ?
J’ai pris cette décision parce que j’étais à un moment de mon évolution personnelle, artistique et professionnelle où j’avais essayé beaucoup de choses différentes : sortir des albums, partir en tournée, participer à des collaborations et m’impliquer dans des projets intéressants. C’était donc à la fois l’occasion de mûrir, d’en apprendre davantage sur moi-même, et en même temps, j’étais en train de réfléchir à qui je suis en tant que moldave et que personne originaire de mon pays. Donc, ces deux dernières années, je me suis plongé dans mes racines, dans mon identité, et je l’ai fait à travers la musique, à travers différents événements et campagnes sociales. J’ai essayé de faire quelque chose de plus que de la simple musique, peut-être pour transmettre un message, poser et soulever des questions. L’Eurovision était la prochaine étape dans cette démarche visant à découvrir qui je suis et à donner de la force à mon peuple, celle qui s’est imposée comme la plus authentique, même si elle est bien plus importante que tout ce que j’avais connu auparavant en termes de temps, de production, de stress et de tout le reste. Mais c’est comme la prochaine étape de mon cheminement, à la fois en tant que musicien et en tant qu’être humain.
Vous portez les couleurs de la Moldavie avec la chanson Viva Moldova!. Pouvez-vous nous la présenter en quelques mots ?
Laissez-vous vous dire ça comme ça. C’est la description que j’utilise ces derniers temps. Viva Moldova! rime avec l’Eurovision ou est synonyme de l’Eurovision, car elle parle de diversité culturelle et de fête. Qu’en pensez-vous ?
Je suis d’accord. Quand on écoute la chanson, on a l’impression d’entendre un hommage à la Moldavie, tout d’abord, mais aussi à l’Europe. Pourquoi avez-vous décidé de partager ce message avec l’Europe ? Je pense plus particulièrement au contexte local et européen en Moldavie.
Oui, bien sûr, c’est un hommage. Et merci d’avoir souligné qu’il s’agit d’un hommage à ces deux aspects. D’une part, à notre propre culture et à notre état d’esprit en tant que nation, pour célébrer tout ce que nous avons, la beauté de notre peuple. D’ailleurs, cette année, notre pays fête ses 35 ans. C’est donc un autre anniversaire pour nous, la moitié de l’âge de l’Eurovision. D’autre part, c’est également un hommage à tout ce qui est européen. Je suis un homme aux multiples centres d’intérêt et je suis très attaché à l’histoire, à la géographie et à la culture. Je voyage beaucoup, j’adore rencontrer des gens. Depuis mon adolescence, j’ai participé à de nombreux festivals en tant que danseur, puis en tant que musicien dans le cadre de divers échanges inter-culturels internationaux. J’étais donc très impliqué dans tout ce qui touche à l’international et au niveau européen depuis mon adolescence. Cela m’a toujours intéressé. Ce n’est donc pas quelque chose de fortuit pour moi, mais bien sûr, c’est la première fois que j’ai décidé de le faire dans une chanson, dans un contexte musical. Imaginez-moi en train de chanter Viva Moldova! tout le temps. Mais, vous savez, en dehors du contexte musical, je suis comme ça. Je rencontre beaucoup de gens. Vous pouvez me le demander,mes amis peuvent le confirmer : je peux parler avec n’importe qui. J’essaie de créer des liens pour partager la culture.
On le ressent pleinement sur scène et à travers votre chanson, que vous avez choisi très accrocheuse à l’oreille. Était-ce important pour vous de partager ce message avec le public européen via une forme d’hymne ?
Oui, parce que je pense que chaque édition de l’Eurovision doit avoir, à un moment donné, sa chanson emblématique. C’est donc quelque chose qui me correspond davantage, simplement d’un point de vue musical. J’aime ce genre de chanson énergique et entraînante. C’est le genre de musique que j’écoute le plus souvent et je voulais proposer un véritable hymne de stade, un titre qui tape fort (banger).
You avez logiquement choisi de chanter en roumain. C’est intéressant parce que, même si on ne parle pas la langue, on peut comprendre facilement les paroles du refrain.
Merci, c’est merveilleux !
Nous disions plus tôt que vos premières répétitions se sont déroulées samedi. Nous en avons vu les premières images : pourriez-vous nous expliquer davantage la scénographie ?
Je vais vous dire une chose : c’est nous qui sommes la mise en scène. Au bout du compte, c’est l’artiste et tout ce qu’il possède qui constituent la plus grande mise en scène qui soit. Bien sûr, il existe de grandes et magnifiques productions, un travail considérable est nécessaire pour différentes représentations. Je ne cherche donc pas à minimiser ces différents types de production. Mais pour nous, ça fonctionne ainsi : l’énergie intérieure et l’intention sont la meilleure mise en scène qui soit.
La mise en scène recèle également des éléments de la culture japonaise, que je vous sais apprécier. Qu’est-ce que vous aimez dans cette culture ?
Le contraste. Le contraste entre tant de choses. Elles sont tellement complexes et allient des éléments très technologiques. Imaginez, par exemple, une Hello Kitty et un samouraï. Et imaginez des plats accompagnés de voitures de luxe, de sport. Tout cela, c’est typiquement japonais. Ces voitures colorées, associées aux dessins animés et aux magnifiques écritures en hiragana. Tout est tellement coloré et différent à sa manière, différent de nous, que cela ne peut pas vous laisser indifférent.
Je suppose que vous avez écouté les autres chansons en compétition dans cet Eurovision 2026. Avez-vous des favoris et quels sont-ils ?
J’adore plusieurs chansons de cette année, bien sûr, pour plusieurs raisons. Par exemple, j’aime la chanson albanaise pour la profondeur de son sens et pour la sincérité avec laquelle elle est interprétée. J’adore celle du Danemark pour sa fraîcheur et son approche musicale originale. C’est exactement le son que j’aime. J’adore la voix d’Alexandra Căpitănescu sur Choke Me, elle me rappelle la chanteuse des Guano Apes, un groupe allemand du début des années 2000. Qu’est-ce que j’aime d’autre ? Laissez-moi réfléchir… C’est difficile de choisir.
Un dernier mot pour nos lecteurs et nos abonnés ?
(En français dans le texte) Je m’appelle Satoshi. Merci beaucoup pour votre attention. Je vous aime et je vous embrasse !
Satoshi sera le premier à vous donner rendez-vous sur la scène de l’Eurovision mardi prochain, puisqu’il ouvrira cette édition 2026 avec Viva Moldova ! lors de la demi-finale 1.
Un grand merci à Satoshi pour cette interview accordée depuis Vienne et à Eric Lehmann, responsable médias pour la délégation moldave.
Crédits image : UER









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