12 jours !! Le compte à rebours est désormais enclenché avant la grande finale de l’Eurovision 2026, alors que les festivités viennoises démarreront en réalité dès dimanche avec la cérémonie d’ouverture et le Turquoise Carpet. L’heure est venue de faire un point sur l’orga.
Retour à l’ancien format d’annonce pour les finalistes ?
C’est une exclusivité de nos confrères d’ESC Discord : il semblerait que l’UER revienne cette année au format traditionnel d’annonce des qualifiés lors des demi-finales – à savoir l’annonce de chaque qualifié par les présentateurs, un par un, dans un ordre aléatoire, comme c’était le cas jusqu’en 2024. Ce serait donc un retour à la case départ après le changement contesté de l’année dernière, où les neufs premiers tickets de finalistes étaient dévoilés en faisant apparaître à chaque fois un groupe de trois pays à l’écran, le futur finaliste et deux autres qui devaient ensuite attendre un nouveau passage dans un groupe de trois pour voir s’ils allaient obtenir leur qualification ou pas. Le dixième et dernier finaliste était ensuite annoncé parmi les ultimes pays en lice. Ce changement avait suscité la polémique pour son manque de lisibilité : il semblerait donc que l’UER ait entendu les critiques de l’année dernière et fait preuve de bon sens. Parfois, on se perd en effet à vouloir innover pour le plaisir d’innover…
Le directeur du concours s’exprime

Dans une interview au programme de télévision néerlandais Nieuwsuur, Martin Green s’est exprimé quant à la situation du concours à quelques jours de la célébration de la 70ème édition. Il regrette l’absence des pays qui ont préféré jouer la carte du retrait face à la participation d’Israël : l’Espagne, l’Irlande, l’Islande, les Pays-Bas et la Slovénie – trois d’entre eux ayant d’ailleurs carrément choisi de ne pas diffuser le concours. Le directeur de l’Eurovision espère les voir revenir sur la scène de l’Eurovision 2027 et a déjà engagé des discussions avec les Pays-Bas à ce sujet.
Martin Green a également évoqué les tensions liés au vote, en écho à un télévote de plus en plus contesté de par le poids de la géopolitique et aux révélations d’un média d’investigation quant au rôle d’une agence gouvernementale israélienne dans la promotion de la candidature de Yuval Raphael en 2025, en lien direct avec le Premier Ministre. Le directeur du concours a déclaré qu’en cas d’opérations de publicité disproportionnées, l’organisation ne tolèrerait pas ce genre de procédé et sévirait. Il a d’ailleurs reconnu que l’UER n’avait pas été assez stricte à ce sujet les années précédentes.
Il a également répondu à certains acteurs de l’euromonde qui demandent une exclusion du concours des pays en situation de guerre (à savoir Israël et l’Ukraine). Une idée formellement rejetée par Martin Green, qui refuse toute mesure impliquant une éventuelle exclusion de l’Ukraine. Lorsqu’on dresse le parallèle entre la situation de la Russie (exclue du concours en 2022 suite à la guerre en Ukraine) et celle d’Israël (toujours dans le concours malgré la guerre à Gaza), le directeur du concours met en avant le manque de consensus des télédiffuseurs participants quant à la participation israélienne (là où celle de la Russie avait fait l’unanimité contre elle).
Qui a acheté le plus de billets ?

Comme chaque année, l’UER a dévoilé de plus ample informations sur l’origine des acheteurs de billets pour l’Eurovision 2026. À noter que 95 000 places ont été mises à la vente cette année pour l’ensemble des neuf shows, soit 50% de plus qu’à Bâle en 2025.
Sans surprise, c’est le pays hôte qui se place en pôle position, puisque c’est d’Autriche que viennent la majorité des acheteurs de billets, désireux de participer à la grande célébration à domicile. C’était déjà le cas pour les suisses à Bâle l’année dernière et, à croire que l’accueil de l’Eurovision a créé une nouvelle dynamique dans le pays, puisque les voisins helvétiques sont les quatrièmes plus gros acheteurs cette année. Voici le top 10 des pays ayant acheté le plus de billets pour l’Eurovision :
- Autriche
- Allemagne
- Royaume-Uni
- Suisse
- Etats-Unis
- France
- Australie
- Tchéquie
- Slovaquie
- Pays-Bas
On retrouve sans surprise les voisins allemands à la deuxième position, le Royaume-Uni (plus grosse communauté d’eurofans au monde) en troisième position et la France à la sixième position. Plus surprenant, la Tchéquie (où l’Eurovision a une faible assise) et la Slovaquie (qui ne participe plus depuis 2013) se retrouvent dans ce top 10, sans doute en leur qualité de voisins de l’Autriche : de quoi motiver le télédiffuseur slovaque à un retour prochain au concours ? L’éloignement géographique ne semble pas constituer un frein, puisque les Etats-Unis et l’Australie se retrouvent également dans ce top des ventes, clos par les Pays-Bas. Malgré le retrait batave, les eurofans néerlandais – qui constituent l’un des principaux vivier de l’euromonde – semblent s’être tout de même mobilisés, dans de moindres proportions que d’habitude.
Dans le détail, les acheteurs de billets viennent de plus de 70 pays dans le monde, du Brésil à la Nouvelle-Zélande, en passant par le Japon, Hong Kong, les Emirats Arabes Unis, l’Afrique du Sud ou encore le Mexique. De quoi ravir Martin Green, directeur du concours : « C’est une véritable source de joie de savoir que des gens du monde entier se réuniront à Vienne pour célébrer la musique, la culture et les liens qui nous unissent. L’Eurovision n’est pas seulement regardé dans le monde entier, il est vécu dans le monde entier, et cette année, Vienne sera véritablement au cœur de cet événement. »
Un engouement moindre ?
C’est la théorie avancée par un média suédois face à la chute libre des prix des hôtels dans la capitale autrichienne et au nombre de places à la vente et à la revente dans la salle. L’une des hypothèses est l’impact du retrait de cinq pays, parmi lesquels l’Espagne et les Pays-Bas, qui forment deux des plus grosses communautés d’eurofans au monde. Autant dire que cela a dû avoir un impact considérable sur la fréquentation des spectateurs venus de ces deux pays, même si les Pays-Bas restent dans le top 10 des pays où se sont achetés le plus de billets pour le concours. Autrement dit aussi : c’est l’occasion ou jamais de choper des nuits dans un 4 étoiles à des prix défiant toute concurrence !
D’autres chiffres semblent aller dans ce sens, si l’on voit le nombre de points échangés sur My Eurovision Scoreboard, en baisse de 40% par rapport à 2025, ou encore le nombre de streamings des chansons de l’édition 2026, là aussi en forte baisse. Le véritable marqueur à surveiller sera toutefois l’audience de cette édition, qui devrait assurément connaître une baisse puisque les 5 pays retirés représentaient 9,5 millions de téléspectateurs en 2025. Qu’en sera t-il chez les autres participants ? L’engouement pour l’Eurovision sera t-il inférieur aux autres années ? Réponse après le concours.
La fête a (déjà) commencé à Vienne
Lundi dernier, ce sont 3 000 drones qui ont illuminé le ciel du château de Schönbrunn pour faire vivre un moment de magie aux spectateurs présents et lancer comme il se doit l’Eurovision 2026. Une performance artistique inédite, puisqu’il s’agit de l’un des plus grands spectacles de drones jamais réalisés en Europe, aux couleurs, aux formes et au son de l’Eurovision. On vous laisse apprécier dans la vidéo publiée sur la chaîne YouTube officielle de l’Eurovision.
Pour le reste, Vienne s’est elle aussi mise aux couleurs du concours, des tramways en circulation aux banderoles arborant la ville. La capitale autrichienne semble particulièrement enthousiaste à l’idée d’accueillir la 70ème édition, qui plus est si l’on en croit l’impressionnant programme de side events et deviewing parties prévus pendant la semaine de l’Eurovision. La (longue) liste des événements annexes officiels et officieux est disponible sur la page dédiée sur le site touristique de la ville.
Le programme de l’EuroVillage dévoilé (et celui de l’EuroClub qui s’étoffe)



L’UER a dévoilé le programme de la scène de l’Eurovision Village (situé sur la Ratahausplatz pour rappel) dans le guide à destination des médias accrédités. Si les dates et horaires des prestations des artistes de l’édition 2026 n’ont pas été révélées à ce jour (ils disposeront toutefois de créneaux en après-midi), plusieurs eurostars fouleront cette scène gratuitement accessible à des milliers de viennois et d’eurofans du monde entier. Ainsi nous retrouverons Erika Vikman (Finlande 2025), Lordi (Finlande 2006 – gagnants), Tommy Cash (Estonie 2025) et Senhit (Saint-Marin 2011, 2020, 2021 et 2026) le mercredi soir pendant le Jury Show de la demi-finale 2. Zoë (Autriche 2016) montera quant à elle sur la scène de l’EuroVillage juste avant la viewing party de la finale le samedi soir. Pour le reste, les après-midi seront parsemées de nombreux événements, parmi lesquels des best of thématiques des 70 ans de l’Eurovision (car oui, chaque journée aura aussi sa thématique), des shooting, des karaokés, des quizz, des DJ sets ou encore divers types de shows (dont un autour de la mode).
Côté euroclub, la liste des invités s’étoffe également puisque, outre les noms déjà annoncés dans le précédent point infos, nous retrouverons également un line up très autrichien avec de précédents représentants du pays au concours : Thomas Forstner (1989), Nadine Beiler (2011), Lukas Plöchl du duo Trackshittaz (2012), Nathan Trent (2017), Cesar Sampson (2018), Vincent Bueno (2020, 2021) et Kaleen (2024). Outre les anciens candidats du pays hôte, Abor & Tynna (Allemagne 2025) et Erika Vikman (Finlande 2025) ont également confirmé leur présence, ainsi que Kristy Spiteri (Malta Eurovision Song Contest 2025) et Silke (Melodi Grand Prix 2026). À noter également que la soirée du mercredi sera consacrée aux participants de l’édition 2026.
Pour le reste, on vous donne rendez-vous sur l’Eurovision au Quotidien pour continuer de suivre les répétitions de cette édition 2026, et on vous donne rendez-vous à Vienne pour vivre les 70 ans de l’Eurovision en direct depuis le Wiener Stadthalle ! Mais avant ça, regardez la petite vidéo préparée par l’UER à l’occasion de cet anniversaire événement.
Crédits couverture : eurovision-quotidien.com – tous droits réservés









Enfin ! J’avoue que je trouvais le format d’annonce de l’année dernière très cruel car il donnait de faux-espoirs à tous les éliminés en devenir alors que la procédure habituelle était beaucoup plus neutre à leur égard en n’affichant à l’écran que celles et ceux qui se qualifiaient.
Pour ce qui est des propos de Martin Green, je pense que l’UER est vraiment dans une impasse en ce qui concerne la participation de la KAN au concours. Légalement, l’organisation ne peut pas lui imposer de se retirer ou de le bannir. Il faut qu’une décision de retrait vienne du télédiffuseur même. Mais en plus de ça, il faut aussi prendre en compte que se débarrasser du télédiffuseur israélien par un ban entraînerait le retrait d’autres télédiffuseurs tout aussi importants que la RTVE. Si je me rappelle bien, il me semble qu’il était dit dans un des articles du Petit Journal que la RAI et la SWR menaçeraient de se retirer en cas de bannissement du télédiffuseur israélien. Dans cette situation, on gagnerait le retour des 5 pays qui boycottent l’Eurovision cette année mais on perdrait 2 autres membres du Big 5 (une perte encore plus lourde je pense) ainsi que la KAN mais aussi potentiellement d’autres télédiffuseurs (même si je ne vois pas lesquels). L’UER a donc fait le choix de limiter la casse je pense. Mais je n’ai pas l’impression que ça fonctionne complètement. À voir ce qu’il va se passer à l’avenir. J’espère juste que le concours arrivera à revenir à une situation stable. C’est tout ce que je souhaite.