A Little Bit More met décidément les bouchées doubles cette année, puisque les eurostars de la promotion 2026 vous offrent non pas une, mais au moins deux reprises !
Le projet né en 2023 prend cette année de l’ampleur à l’occasion des 70 ans du concours et, après une première playlist dédiée aux covers d’eurotubes des précédentes éditions (pour la plupart), voilà la playlist du jour dédiée aux reprises faites par les participants de leurs propres chansons de l’Eurovision 2026. Pour l’occasion, chaque représentant(e) y est allé(e) de sa propre inspiration, voire de son grain de folie, pour revisiter les titres avec lesquels ils tenteront de décrocher le Micro de Cristal cette année.
Les versions symphoniques
De quoi est composé un orchestre symphonique (ou philharmonique) ? C’est très simple : des trois famille d’instruments – cordes, instruments à vent (bois et cuivres) et percussions. Dans le cadre de leurs reprises, deux candidats ont opté pour cet accompagnement au sublime inégalable : Lavina (Serbie) et le duo Linda Lampenius/Pete Parkkonen (Finlande). Pour les serbes, l’instrumentation symphonique vient apporter une nouvelle lecture singulière au métal progressif Kraj mene, sans rien ôte à l’identité originale du titre. Quant aux finlandais, déjà portés par le violon de la star Linda Lampenius, l’accompagnement symphonique vient juste décupler la puissance de ce titre eurovisionesque.
Les versions orchestrales
Les plus anciens s’en souviennent avec nostalgie, là où les plus jeunes ne l’ont pas connu : l’orchestre. Après avoir accompagné les artistes pendant de longues années, il a été supprimé en 1999 par souci d’économies, obligeant dès lors les artistes à utiliser des playback instrumentaux, y compris lorsque des instruments sont présents sur scène. Autant dire que cette décision a été loin de faire l’unanimité à l’époque et que certains puristes plaident encore aujourd’hui pour son retour sur la scène du concours. Alors que Lucio Corsi a été le premier à jouer d’un instrument en direct depuis plus de vingt-cinq ans à Bâle (et quid de Linda Lampenius et de son violon ?), plusieurs eurostars de la promotion 2026 ont choisi de s’accompagner d’un orchestre pour les reprises de leurs propres titres. Ainsi en est-il de Tamara Živković (Monténégro), Jonas Lovv (Norvège) et Lion Ceccah (Lituanie). Trois artistes, trois univers, pour trois versions orchestrales qui apportent inévitablement un autre relief aux versions originales. Autrement dit : ça en jette !
Les versions acoustiques
Puisqu’on parle d’instruments, il suffit parfois de peu pour offrir au public de véritables moments d’intimité sur scène. Voilà la force de l’acoustique : quelques instruments dénués d’électronique ou de toute amplification du genre, et nous voici embarqués dans un tête-à-tête avec l’artiste, tel un moment suspendu et tout en grâce. Là aussi, trois salles, trois ambiances avec la pureté de la reprise d’Atvara (Lettonie), le système plus calme et posé de Felicia (Suède) et la toujours pétillante Senhit, accompagnée de Boy George (Saint-Marin).
Les remix
C’est un classique de tout titre participant à l’Eurovision : le remix. Plus généralement, il vise à rendre clubbing compatible un titre qui ne l’est pas forcément de prime abord. Pour ce faire, rien de tel que d’ajouter une touche d’électro ou de techno, et ce n’est pas Delta Goodrem (Australie), Satoshi (Moldavie) ou Akylas (Grèce) qui diront le contraire. De quoi parfois décupler parfois la force et la puissance d’une chanson… ou pas d’ailleurs !
Les versions en anglais
Depuis l’instauration de leur liberté d’utilisation en 1998, le débat sur les langues fait rage à l’Eurovision, de nombreux observateurs dénonçant une main mise de l’anglais sur le concours. Les langues nationales opèrent cependant un retour en force depuis quelques années, même si certains vainqueurs de sélection se questionnent sur la pertinence de la langue à choisir pour le concours : la vérité et l’authenticité de la langue nationale ou la facilité et l’internationalité de l’anglais ? Lavina (Serbie) et Tamara Živković (Monténégro) ont fait le premier choix et vous proposent aujourd’hui la version anglaise de leurs titres : à comparaison, ont-ils eu raison d’y privilégier respectivement le serbe et le monténégrin ? Ici, on dit un grand JA !
Les versions chorales
Pour renforcer l’intensité d’une chanson, rien de tel pour son interprète que d’être accompagné par une polyphonie de voix. C’est ainsi que certains participants de l’édition ont choisi de s’entourer d’une chorale pour revisiter les titres qu’ils interprèteront à Vienne. Paradoxe : contrairement à ce qu’on aurait pu penser de prime abord, ce ne sont pas des solistes qui ont choisi cette option, mais bien les groupes, à savoir Bandidos do Cante (Portugal) et LELEK (Croatie). Si les portugais se sont entourés de choristes entièrement masculins, les croates sont quant à elles accompagnées d’une chorale mixte. De quoi décupler l’effet des harmonies déjà impressionnantes des deux groupes de participants.
Les versions folk
« Comme à la maison » : ainsi aurait-on pu appeler la revisite de Mother Nature par Eva Marija (Luxembourg), qu’elle interprète dans un cadre familial et chaleureux, simplement accompagnée d’une clarinette, de cordes et d’un accordéon. Déjà très folk dans l’âme, voilà cette empreinte à présent renforcée grâce à cette reprise tout en authenticité (qu’on aurait d’ailleurs pu ranger dans la famille des versions acoustiques).
Les versions live
Pour tout artiste, le live est la véritable épreuve du feu, puisque c’est dans le cadre du direct que se révèlent ses qualités réelles. Ce ne sont peut-être pas les versions les plus singulières et revisitées de cette vague A Little Bit More (peut-on seulement qualifier ces propositions de reprises ?) qui nous ici présentes. Elles nous donnent toutefois un avant-goût des capacités d’interprétation et de l’énergie scénique que déploieront les artistes concernés sur la scène de l’Eurovision, à savoir Leléka (Ukraine), Daniel Zizka (Tchéquie) et Alexandra Căpitănescu (Roumanie). Notons que, si l’ukrainienne et la roumaine ont opté pour une prestation de leurs titres à l’identique devant public, le tchèque a privilégié une version piano-voix dans une mise en scène studio.
Les piano-voix
Puisqu’on parlait de piano-voix, c’est sur l’un des types de reprises les plus faciles à mettre en oeuvre qu’on boucle cette playlist. Enfin, facile, il ne faut pas le dire trop vite, car ainsi, l’artiste se retrouve mis à nu, seul avec sa voix, à peine accompagnée du son produit par l’instrument. Quatre candidats ont ainsi décidé de se prêter à l’exercice moins évident qu’il n’y paraît : Atvara (Lettonie – voir vidéo plus haut dans la catégorie « versions orchestrales »), Essyla (Belgique), Alis (Albanie) et Monroe (France).
On va évidemment s’attarder un peu sur la prestation de notre représentante française, Monroe, qui s’envolera dimanche pour Vienne. C’est dans le cadre majestueux de l’Opéra Royal de Versailles que la jeune artiste a repris Regarde ! en version piano-voix, accompagnée de Fred Savio (co-auteur de la chanson) au piano et de trois choristes de l’ensemble SANKOFA UNIT (Kohane L’Hena, Oriane Rombout, Julien Page). Une prestation fort remarquée sur la planète Eurovision, tant elle met en avant les qualités vocales uniques de la chanteuse franco-américaine, dans un écrin des plus prestigieux et dans un environnement sonore qui sublime la puissance et la pureté de sa voix.
De nouvelles reprises sont susceptibles d’être disponibles après la publication de cette playlist. Alors, rendez-vous sur la chaîne YouTube officielle de l’Eurovision pour découvrir le projet A Little Bit More dans son intégralité ! De nouvelles vidéos ont d’ailleurs été mises en ligne depuis quelques jours :
- DARA (Bulgarie) ft. Željko Joksimović (Serbie 2004 et 2012) – Lane Moje (Željko Joksimović – Serbie 2004)
- Eva Marija (Luxembourg) – Eins, zwei, drei (LOOK MUM NO COMPUTER – UK 2026)
- Bandidos do Cante (Portugal) – saudade, saudade (MARO – Portugal 2022)
- LELEK (Croatie) – Wild Dances (Ruslana – Ukraine 2004)
- LELÉKA (Ukraine) – Baller (Abor & Tynna – Allemagne 2025)
- Daniel Zizka (Tchéquie) – Amar pelos dois (Salvador Sobral – Portugal 2017)
- LAVINA (Serbie) – In My Dreams (Wig Wam – Norvège 2005)
Une reprise favorite de votre côté ? Parce que, par ici, c’est bien difficile de choisir !
Crédits image de couverture : capture d’écran vidéo officiellde









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