Nous passons aujourd’hui aux répétitions de la deuxième demi-finale. Voici l’horaire de ce lundi 6 mai :

  • 9h – 9h30 : Arménie
  • 9h40 – 10h10 : Irlande
  • 10h20 – 10h50 : Lettonie
  • 11h – 11h30 : Suisse
  • 11h30 – 12h30 : Pause
  • 12h40 – 13h10 : Moldavie
  • 13h20 – 13h50 : Roumanie
  • 14h – 14h30 : Danemark
  • 14h30 – 14h50 : Pause
  • 15h – 15h30 : Autriche
  • 15h40 – 16h10 : Suède

À nouveau, cet article sera mis à jour, au fil des publications. Vous y retrouverez les photos et les vidéos des répétitions, ainsi que mes commentaires personnels (qui n’engagent que moi). Nous vous souhaitons  déjà une excellente journée. Profitez-en bien et surtout, faites-nous part de vos impressions et de vos commentaires !

ARMÉNIE

Dites-moi, serait-ce l’année de la cuissarde ? Ici, nous avons droit à la version “d’Artagnan 2019”. Un accessoire que seuls peuvent se permettre les physiques de rêve, comme Srbuk. La chanteuse nous régale à nouveau d’une prestation vocale somptueuse. Même enregistrée de loin dans des conditions médiocres, sa voix transcende. Les jurys y seront sensibles.

Comme l’an dernier, la mise en scène arménienne est d’une sobriété janséniste, concentrant tous les effets sur Srbuk et sa chanson. Nous l’avions vu avec Sevak, cela rehausse d’autant le talent inné de l’interprète… mais laissent les téléspectateurs indifférents si la chanson s’avère peu mémorable. Selon moi, c’est là LE talon d’Achille de cette proposition arménienne : WO n’est en rien remarquable. Ce morceau est honnête, mais ni audacieux, ni innovant. Il me fait penser à une de ces chansons féministes dont la sélection maltaise était jadis truffée. Le résultat est très bien et l’Arménie devrait se qualifier… pour terminer dans le ventre mou-mou du classement final.

Je reste sur mon sentiment d’opportunité manquée. Srbuk a l’étoffe d’une gagnante, mais son morceau est en plastique plutôt qu’en cristal.

IRLANDE

La délégation irlandaise a bien jugé le problème : la mise en scène de 22 nécessitait un angle marqué, un décor particulier. Ils ont opté pour un bar des années 50. Ce visuel et cette mise en scène surprennent de prime abord. Cela n’avait pas encore été tenté au Concours. L’ensemble est agréable, coloré, très pop art. Je suis plaisamment surpris. À voir à l’écran.

Cette bonne idée ne compense hélas pas une prestation vocale médiocre. Notre amie Sarah doit encore s’élever pour égaler ses redoutables concurrents de la deuxième demi-finale. Ce que l’on entend ici me laisse sceptique. 22 est une ballade nostalgique et gentillette. Survivra-t-elle à la fosse aux lions du 16 mai ? Pour l’instant, j’en doute. À confirmer ultérieurement…

LETTONIE

Le cas letton est identique : une belle petite ballade, douce et nostalgique. Trois minutes de coton et de ouate dans une soirée de machines de guerre et de favoris sans merci. Différence majeure : Sabine, elle, chante à merveille. Ces quelques secondes volées cimentent l’autel à sa gloire. TN, de son côté, s’écoute volontiers dans les bras de l’être aimé, un soir d’été, au clair de lune. Mais les téléspectateurs s’en souviendront-ils une heure plus tard, au moment de voter ? J’en doute.

Le visuel est, lui, tout aussi poétique et inspiré, illustrant parfaitement le ton et le propose de TN. Impossible d’être plus disert, beaucoup d’effets supplémentaires étant ajoutés à l’écran. La proposition lettone conserve ses mérites : honnêteté, sincérité, charme discret et véritables talents artistiques. Hélas, ce n’est parfois pas assez dans l’univers impitoyable de l’Eurovision. Je pronostiquerais donc une élimination par oubli, plus que par faute de goût.

SUISSE

Je n’en fais point mystère : il s’agit de ma chanson préférée de cette édition 2019. J’adore ces trois minutes au point d’en perdre tout jugement objectif. SGM est pour le coup taillé dans le cristal dont on fait les vainqueurs eurovisionesques. Une chanson irrésistible et imparable qui me donne envie de déménager sur le champ aux Pays-Bas, afin de voter comme un forcené pour sa qualification.

Quant au reste, pour ménager un nécessaire suspense, l’on n’en voit et entend effectivement que peu. Notre ami Luca semble vocalement prêt et à la hauteur des attentes placées en lui. Sacha Jean-Baptiste lui a conçu une chorégraphie au cordeau, bien eurovisionesque, qui rendra certainement très bien à l’écran. Le visuel m’apparaît sobre, plus là pour souligner que pour distraire. Bref, tout repose sur l’essentiel : Luca, qui est très attrayant, et SGM, qui est marquant.

Quant à moi, je ne me fais que peu de souci pour la Suisse : nous la retrouverons en finale. Il était temps… Quant au 18 mai, en l’état, je pencherais pour un podium. Plus ? Tout dépendra des propositions italienne, néerlandaise et russe. Mais d’ores et déjà, chapeau bas à la délégation suisse qui rachète ici bien des erreurs passées.

MOLDAVIE

Reprendre une mise en scène déjà proposée par un autre pays, il y a huit ans de cela ? Avec la même artiste (en l’occurrence Kseniya Simonova), qui plus est ? À tout prendre, la délégation moldave aurait pu recycler le mur de Sergey… De mémoire, c’est une grande première à l’Eurovision. Vous me direz : il y en a toujours pour copier les formules gagnantes des années précédentes. De là à reprendre exactement la même mise en scène, il y a une marge. Vous me direz aussi : ce sable, c’est joli, c’est poétique et puis, les lambdas auront oublié Mika Newton. Certes, certes. Mais moi, cela me surprend négativement.

Quant au reste, aucune surprise : Anna chante divinement bien. Sa robe est plus sobre et de meilleur goût qu’à l’OMPE. Hélas, Stay est un collier de perles stéréotypées, enfilées l’une après l’autre sur un fil usé. C’est musicalement sans intérêt et même une tonne de sable ne pourra le masquer. Je pronostique donc une élimination pour la Moldavie, dont la délégation est décidément peu inspirée cette année.

ROUMANIE

Littéralement, un jeu de chaise musical. Je n’ai jamais été convaincu par l’emploi de meubles dans les mises en scène eurovisionesques. Cette année, je suis gâté. Chanter assis me semble peu pertinent. À part peut-être pour une ballade… Et encore… Bref, Ester nous ramène son fauteuil de la finale roumaine. Ici, au moins, elle se lève. Le visuel semble travaillé. Il faudra attendre le rendu à l’écran pour en juger, comme toujours.

Vocalement, Ester est impeccable. OAS me laisse partagé. Je me suis déjà fendu sur le sujet : beaucoup de bonnes idées, pas toutes bien exprimées. Il manque un élément marquant, un ordre, un supplément, un réarrangement qui aurait propulsé ce morceau dans la stratosphère. Ici, cela patine au bout de deux minutes. Du coup, j’hésite quant à mon pronostic. Difficile de décider avec si peu d’éléments en main. À revoir.

DANEMARK

Passons à la chaise géante. Sans surprise, Leonora reprend sa mise en scène du DMGP. Efficace et collant bien à l’univers délicat de son morceau. Le visuel est tout aussi beau et raccord. Une proposition cohérente qui lui avait permis à juste titre de remporter la victoire à la sélection danoise. Sauf que là, la concurrence était faible… et qu’ici, elle est rude.

Vocalement, Leonora retrouve le niveau du DMGP. LIF ne requière pas un déferlement pulmonaire himalayen. Et ici, dans l’extrait proposé, la chanteuse accomplit une belle prestation. Mais quant à moi, je ne suis toujours pas convaincu du potentiel du morceau. Si vous êtes attentifs, vous constatez que je multiplie cette analyse au fil des répétitions de cette deuxième demi-finale. Vous arriverez à la juste conclusion : l’une de ces chansons en sucre se qualifiera, forcément. Peut-être la danoise d’ailleurs, car elle joue sur un registre plus enfantin et merveilleux, plus susceptible de retenir l’attention. À revoir (bis).

AUTRICHE

Jamais deux sans trois. Et finalement, si 2019 était l’année de la chaise ? Quoi qu’ici, cela semble être un tabouret sur un podium, si je ne m’abuse. Côté visuel et mise en scène, la proposition autrichienne est sobre et sans excès, reflétant l’esprit du morceau et du genre musical. Le rendu final à l’écran devrait accentuer la poésie intrinsèque de Limits. Paenda, quant à elle, est une interprète de talent et elle nous le confirme dans ce court extrait.

“Flatteur” est un adjectif que malheureusement l’on ne pourra employer pour décrire son costume de scène. L’on dirait le redécoupage par un étudiant en stylisme du tablier d’une aide-ménagère à domicile. C’est rien moins qu’apprêté et seyant. Reste Limits en tant que proposition musicale. Voilà une belle chanson, que j’apprécie, mais que je vois mal se graver dans les mémoires des téléspectateurs. Cela manque de relief, de surprise, dans une demi-finale si redoutable. Pour l’heure, je laisserais donc l’Autriche sur la touche, parce qu’elle démérite sur l’aspect télégénique.

SUÈDE

Alors qu’ici, l’aspect télégénique est ciselé par ces orfèvres de l’Eurovision que sont nos amis Suédois. La mise en scène est reprise du MF, inutile de changer une formule gagnante. Le visuel est plus clair et lumineux, comme annoncé. Une bonne idée qui renforce l’attrait de TLFL. John est parfait, charismatique, magnétique. Sa prestation vocale s’avère à nouveau excellente.

TLFL est œcuménique au possible et touchera un très large public. Le côté gospel américain me ramène à mon émerveillement enfantin devant Sister Act, qui m’avait initié au genre. Vraiment, ces trois minutes sont eurovisionesques en diable et devraient offrir à la Suède une autre très belle place en finale. Point n’est besoin d’en dire plus long : non seulement, il est tard, mais quand la maîtrise éclate tant à l’écran, un silence admiratif s’impose.

CONCLUSION (tardive)

Une longue journée donc. Ce qui me reste spontanément en tête est le pompage scénographie de la Moldavie. Est-ce concevable ? Je n’ose imaginer le scandale si la délégation française avait recourt au même procédé. Bon, fatalement, j’imagine Bilal sortant d’un cercueil-piano-escalier-barbecue et je ris…

Bref, sur base de ces extraits partiels, je qualifierais spontanément l’Arménie, la Roumanie, la Suisse et la Suède. J’éliminerais spontanément l’Irlande, l’Autriche et la Moldavie. Pour les deux derniers, la Lettonie et le Danemark, j’aurais tendance à également les éliminer, mais j’entreverrais tout de même un petit espace de tir pour Leonora. À confirmer ultérieurement.

Sur ce, je vais (enfin) me coucher et vous retrouve demain sans faute. D’ici-là, revoyez encore et encore le compte rendu de nos amis de Parlons Eurovision. Leurs avis personnels vous seront aussi précieux que les miens :

BONSOIR TEL AVIV ! #3

Des premières répétitions à la Grande Finale de l’Eurovision 2019, Bonsoir Tel Aviv ! est votre récap’ pour tout savoir des répétitions et des coulisses du plus grand concours de musique au monde ! Entouré de son panel, Michaël vous donne son avis sur les 41 chansons en compétition et leurs chances de succès le 18 mai ! Retrouvez-le ici et sur sa chaîne YouTube, dès 20h.

SONDAGE

Sur ce, à votre tour de vous exprimer !

PAR AILLEURS

La concurrente lituanienne 2018, Ieva Zasimauskaite (ci-dessus), a confirmé à la télévision nationale qu’elle souhaiterait revenir dans un avenir proche à l’Eurovision. Elle réfléchit, a déjà eu quelques idées intéressantes, mais attend surtout de trouver la bonne chanson. Elle confesse avoir changé d’avis récemment. Auparavant, ayant trouvé l’expérience épuisante et exigeante, elle avait décidé de ne plus la retenter.

De son côté, le candidat français, Bilal Hassani, est sur le départ. Il arrivera aujourd’hui à Tel Aviv.