La seconde série des répétitions se poursuit pour les demi-finalistes. Moment très attendu aujourd’hui : l’entrée en scène des qualifiés automatiques. Voici le programme de ce jeudi 13 mai :

  • 10h – 10h20 : Malte
  • 10h25 – 10h45 : Saint-Marin
  • 10h50 – 11h10 : Estonie
  • 11h15 – 11h35 : République Tchèque
  • 11h40- 12h : Grèce
  • 12h – 13h : pause
  • 13h05 – 13h25 : Autriche
  • 13h30 – 13h50 : Pologne
  • 13h55 – 14h15 : Moldavie
  • 14h20 – 14h40 : Islande
  • 14h45 – 15h05 : Serbie
  • 15h05 – 15h25 : pause
  • 15h35 – 16h05 : Italie
  • 16h15 – 16h45 : Allemagne
  • 16h55 – 17h25 : Pays-Bas
  • 17h35 – 18h05 : France
  • 18h15 – 18h45 : Royaume-Uni
  • 18h55 – 19h25 : Espagne

À nouveau, cet article sera mis à jour, au fil des répétitions et des publications. Vous y retrouverez descriptions, photos et vidéos des prestations, ainsi que mes commentaires personnels (qui n’engagent que moi). Vous nous retrouverez également en direct, sur notre fil Twitter.

Nous vous souhaitons déjà une excellente journée. Profitez-en bien et surtout, faites-nous part de vos impressions et de vos commentaires !

MALTE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 7/10
  • Secondes répétitions : bonnes. Destiny a changé partiellement de costume. Elle a conservé ses cuissardes roses, mais porte désormais une mini-jupe argentée et pailletée. Ses danseuses ont conservé leurs bodys roses. Le visuel demeure inchangé, tout comme la chorégraphie.
  • Progression : appréciable. La prestation est désormais mieux cadrée, mieux filmée, plus effective et dynamique. Cela rend nettement mieux à l’écran. La seconde partie voit l’Ahoy se transformer en nightclub, avec des effets de néon marquants. En conclusion, un rideau d’étincelles illumine la scène. Sur le plan vocal, Destiny a eu besoin d’un premier tour de chauffe, mais ensuite, s’est montrée impériale, comme toujours. Tout embrasse la réussite… Mais reste la question qui fâche : ce f**** jaune moutarde, affreux, qui écrase tout et enlaidit la scène et la prestation. N’importe quelle autre couleur aurait mieux convenu, même l’orange criard de Samanta Tina. Ceci dit, vous en jugerez par vous-même…
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : très bonnes. La délégation maltaise a désormais gommé toutes les imperfections visuelles et scéniques existantes. Le numéro emportera les téléspectateurs. JMC conserve son potentiel et Destiny est irrésistible, lumineuse et éblouissante. Malte devrait décrocher sa qualification, spécialement en concluant ainsi la soirée.

PREMIÈRE CONCLUSION

En comparant avec mes notes d’hier, je qualifierais donc dans l’ordre pour cette première demi-finale :

  • la Lituanie
  • la Belgique
  • l’Ukraine
  • la Croatie
  • Malte
  • la Slovénie
  • l’Irlande
  • Chypre
  • Israël
  • l’Azerbaïdjan

J’éliminerais donc la Russie (un crève-cœur), la Macédoine du Nord, la Roumanie, la Suède, la Norvège et l’Australie. Mais quelque chose me dit que la Russie et la Suède ne laisseront pas si facilement mettre à la porte et que cela tournera au détriment de la Slovénie, de l’Irlande ou de l’Azerbaïdjan.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Au terme de ces secondes répétitions, quels sont les dix pays que vous qualifieriez pour la finale ?
90 votes · 900 answers

SAINT-MARIN

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 8/10
  • Secondes répétitions : bonnes également. La mise en scène est une belle machine efficace, qui ne laisse aucune place à l’ennui. Le visuel la soutient très bien, mieux qu’on ne pourrait le songer. Beaucoup d’énergie, d’action, de mouvements. Senhit ouvrira avec force cette deuxième demi-finale et marquera les esprits. Saint-Marin joue une très belle carte. La conclusion de ces trois minutes, sur l’avant-scène, vaudra à Senhit de vifs applaudissements.
  • Progression : peu sensible, mais comme Senhit avait réalisé de très bonnes premières répétitions… Seul changement notable : les images de vierges sur son déguisement initial ont été remplacées par des photos de Flo Rida. Plutôt drôle. Seule nouveauté : des effets pyrotechniques au premier couplet, puis au refrain conclusif. Restent deux bémols. Primo, les costumes de scène de ses danseurs, qui franchissent la ligne jaune entre l’extravagance et le ridicule. Secundo, le placement de Faux Rida (merci Betty pour la trouvaille !). Son passage est très bien et relance la prestation. Mais une fois terminé, le pauvre reste un peu planté là comme un piquet. Pour le reste, Senhit a eu besoin, tout comme Destiny, d’un tour de chauffe. Ensuite, elle s’est montrée magistrale, comme à son habitude.
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : fort bonnes. Les téléspectateurs lambda aiment l’Eurovision, justement pour ce genre de prestations où les curseurs de la folie et de l’exubérance sont poussés à leur maximum. Senhit irradie à l’écran et porte sa chanson avec force et conviction. À titre personnel, il s’agit là de ma prestation saint-marinaise préférée de tous les temps…

ESTONIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 6,5/10
  • Secondes répétitions : tout aussi bonnes que les premières. Le visuel est sobre, mais élégant. Effectif et bien accordé à la chanson. Les images sont superbes et l’atmosphère d’orage, très bien rendue. Le manque de scénographie est compensé par des plans caméra bien pensés et bien ajustés. La production néerlandais réalise de l’excellent travail sur cet aspect-là. Uku demeure égal à lui-même. Après un tour de chauffe, il a magnifiquement bien chanté.
  • Progression : peu sensible également. Mais à nouveau, Uku s’était montré prêt dès son premier passage. La scénographie étant simplissime, il n’y avait rien de particulier à y corriger. L’ensemble s’avère beau. Hélas, impossible d’améliorer quoi que ce soit à TLO. Cela reste une guimauve insipide. Même bien chantée, même bien mise en scène, elle ne peut être sauvée d’elle-même…
  • Nouvelle moyenne : 6,5/10
  • Chances de qualification : faibles. Musicalement, ces trois minutes estoniennes sont sans grand intérêt. L’on regarde Uku, on l’écoute et on attend patiemment la prestation suivante. Je doute que les téléspectateurs français et suisses décrochent leur téléphone en masse et le portent jusqu’en finale. Je ne suis même pas certain que les jurés albanais le feront… Et pourtant, il chante très bien ! Mais The Lucky One ne soutient pas la comparaison face à Adrenalina, Tout l’univers et cette huitième merveille du monde qu’est le podium invisible de Stefania…

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 6,75/10
  • Secondes répétitions : nettement meilleures. Rien n’a changé quand à la mise en scène. Benny débute sa prestation derrière l’écran, parmi des tubes lumineux. Il s’avance sur la scène, l’écran se referme, il est rejoint par ses danseurs et une petite chorégraphie s’ensuit. Tous gagnent l’avant-scène pour le final. Les prises de vue étant déjà efficientes, elles n’ont pas eu besoin d’être retravaillées. Le visuel demeure bien adapté. Côté costumes, Benny hésite quant au fait de porter des lunettes. À titre personnel, je le préfère sans. Cela le rend plus proche et plus connecté au public. Quant au reste, tout demeure inchangé. Ce que j’avais pris pour des vieux survêtements de répétitions sont en réalité les habits définitifs, ce qui ne rend pas extraordinairement bien à l’écran.
  • Progression : sensible. Benny s’est montré meilleur et mieux investi sur le plan vocal. On le sent plus présent, plus ancré, plus dans l’instant. L’ensemble s’avère donc mieux réussi. Le reste était déjà bien au point et ne demandait aucune amélioration particulière
  • Nouvelle moyenne : 7,5/10
  • Chances de qualification : nettement meilleures aussi. Ce qui au passage, complique la donne de cette deuxième demi-finale. La République Tchèque revient dans le jeu, avec une prestation dynamique et une chanson intéressante, portées par un interprète remonté au sommet de son talent et de son énergie.

GRÈCE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 9/10
  • Secondes répétitions : brillantissimes. Tout était déjà au point. Cela nous a été confirmé aujourd’hui. Le visuel est renversant. Stefania est éblouissante. Elle atteint la perfection vocale. J’en suis resté à nouveau bouche bée, au point d’en perdre le fil de mon « live tweet ».
  • Progression : difficile d’améliorer la perfection. Je n’ai pas noté de changement, ni d’amélioration notable. Ce n’est en rien une critique : la délégation grecque et l’équipe de Stefania ont réalisé un remarquable travail préparatoire. Ils en récoltent ici les fruits.
  • Nouvelle moyenne : 9/10
  • Chances de qualification : élevées jusqu’à la certitude. Vous habitez en France ou en Suisse ? Vous voterez certainement pour Stefania. Mieux : vous voterez avec force et conviction, car ces trois minutes sont une incarnation parfaite de l’Eurovision au XXIe siècle. Saluons le remarquable investissement de la délégation grecque, de la chanteuse et de ses équipes. Ils seront récompensés de leurs efforts et de leur labeur. Sur ce, moi aussi, je veux un podium invisible pour ma Noël !

AUTRICHE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 8,25/10
  • Secondes répétitions : magiques, à nouveau. Le visuel est inexistant. La mise en scène est réduite à sa plus simple expression. Mais les jeux de lumière sont remarquablement efficients. Les spots blancs initiaux sont remplacés par des spots dorés pour un final épique. Vincent porte le même costume noir pailleté.
  • Progression : légère. Quelques plans sont mieux réalisés et la progression de Vincent sur son podium, mieux cadrée. Pour le reste, tout touche à la perfection, à commencer par les prestations vocales de Vincent, renversantes, bouleversantes. Il fait plus que chanter : il met son âme à nu. Du grand art et un immense artiste. Les jurés albanais en pleureront de bonheur. Et les téléspectateurs suisses et français, de compassion.
  • Nouvelle moyenne : 8,5/10
  • Chances de qualification : plus qu’un autre, Vincent mérite sa place en finale. Il nous transmet une incroyable émotion par sa voix. Une émotion brute et impossible à retranscrire par de simples mots. L’Eurovision dans sa dimension « chanson » la plus pure. Un grand chanteur, un morceau poignant, une immense prestation. À montrer à tous les contempteurs du Concours…

POLOGNE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 5,5/10
  • Secondes répétitions : passables. Sur le plan du visuel et de la mise en scène, tout est bien coordonné, rodé, enchainé, répété et prêt. L’inspiration vient du vidéoclip dont l’univers a été transposé sur la scène de l’Ahoy. Aucun reproche sur ce plan : l’on sent que Rafal et ses danseurs ont durement répété. La chorégraphie voit Rafal partir de l’arrière-scène, gagner la scène, puis la scène secondaire, avant de revenir sur la principale. Ses danseurs l’accompagnent en un ballet mécanique remarquablement coordonné et exécuté. Rien n’a été changé ni aux costumes, ni au jeu des lunettes noires.
  • Progression : Quasi inexistante. Soyons honnêtes et de bon compte : la prestation vocale de Rafal a été meilleure au premier passage. Sans être remarquable, elle est devenue passable. Je ne décrirais plus cela comme une sortie de route, mais plutôt comme un dérapage moyennement contrôlé. Mais ensuite, il a rechuté dans ses pires travers, au point de me donner envie de couper le son.
  • Nouvelle moyenne : 5,5/10
  • Chances de qualification : faibles jusqu’à l’inexistence. The Ride est un morceau sans âme, ni envergure. Il est ici zigouillé par un Rafal en panne totale de voix, de souffle et de synchronisation. Les jurés albanais sanctionneront une prestation indigne d’une demi-finale de l’Eurovision. Les téléspectateurs suisses et français se gondoleront sur leur canapé. Et vous, pauvres vous, vous aurez honte…

MOLDAVIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 6/10
  • Secondes répétitions : sensiblement plus concluantes. Sur le plan visuel et scénographique, cela reste assez littéral et prosaïque. Pas d’horreur, ni de faute de goût, plutôt un manque cruel d’imagination. L’univers du vidéoclip a été évacué au profit d’un minimum syndical à base de cubes de néons roses et de plateforme blanche rotative. Costumes et chorégraphie demeurent inchangés.
  • Progression : nette sur le plan vocal. Natalia chante sur un souffle, mais au moment venu, pousse sa note haute jusqu’à la ficher dans le plafond de l’Ahoy. Mémorable et réussi. Mais c’est à peu près tout. Natalia se veut sensuelle, mais peine à s’incarner. Elle tient tout entièrement dans cette note unique. Ce qui est beaucoup en soi, mais pas assez pour trois minutes d’Eurovision. Les danseurs autour d’elle poursuivent un ballet synchronisé sans âme. Une impression de vide émotionnel persiste à l’écran.
  • Nouvelle moyenne : 6,5/10
  • Chances de qualification : Kiki y es-tu ? Ben non. Sans doute plus occupé à promouvoir sa vente de coussins sur AliExpress, Kiki semble avoir refilé la direction artistique à son stagiaire de troisième, qui nous a pondu un copier-coller de prestations déjà vues précédemment dans des sélections nationales. Le résultat est lymphatique et sans passion. La qualification n’ouvrira pas ses bras à la Moldavie. Là-dessus, rendez-vous l’an prochain pour d’autres auditions aux petits oignons…

ISLANDE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 7/10
  • Secondes répétitions : supérieures aux premières. Les cadrages et les enchaînements visuels ont été peaufinés jusqu’à la quasi perfection. Ce qui m’avait semblé brouillon s’est transformé en un défilé très imaginatif, personnel et irrésistible. Formellement, rien n’a été modifié quant aux images d’illustration, aux costumes et à la chorégraphie. Mais tout s’emboite nettement mieux, comme les pièces d’un puzzle réalisé.
  • Progression : très nette. Spécialement du côté de Daði. Il s’est complètement incarné sur la scène, souriant, détendu, ancré dans l’instant et tissant une irrésistible complicité avec le téléspectateur. Sa prestation vocale était du niveau des meilleures qu’il nous avait offertes précédemment. L’on ne peut s’empêcher de l’aimer. J’étais réservé, je suis à présent emballé et enchanté. L’une des propositions islandaises les plus atypiques et les plus aimables présentées par le pays.
  • Nouvelle moyenne : 8,5/10
  • Chances de qualification : certaines. Comment résister à Daði, à son sourire, à son univers, à sa chanson et à ces trois minutes typiquement islandaises ? Les téléspectateurs suisses et français succomberont à ce morceau geek emballé dans une nostalgie mise à jour. Je vous parie même qu’il y aura des jurés albanais pour lui attribuer la première place de leur classement, emportés qu’ils seront par le tsunami Daði. L’Eurovision engendre ici un nouveau Leviathan musical qui nous accompagnera à jamais.

SERBIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 8/10
  • Secondes répétitions : impeccables. Sanja, Ivana et Ksenija aspirent l’espace-temps de leurs trois minutes et le transforment à nouveau en bulle effrénée. L’espace se concentre autour d’elles, le temps s’accélère au tempo turbo de Loco Loco. Le téléspectateur en ressort soufflé et décoiffé. Visuel, costumes et couleurs restent sombres et sobres, avant de céder la place à une boule à facettes géantes et des lumières stroboscopiques. Les prestations vocales de nos trois comparses ont nécessité un premier tour de chauffe, avant d’égaler la perfection des précédentes.
  • Progression : pas notable. Mais ce n’est en rien négatif. Tout était réglé comme une mécanique et s’est à nouveau enchaîné pour un mieux. Sanja, Ivana et Ksenija avaient durement travaillé leur prestation à Belgrade. Elles arrivent ici fin prêtes. La finale les attend, tant elles emplissent l’Ahoy de leur présence, de leur voix et de leur énergie. L’une des prestations serbes les plus décoiffantes présentées à l’Eurovision.
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : élevées. Comment résister à cet ouragan qui emporte tout sur son passage ? Et si en cet instant, vous êtes persuadés que vous leur résisterez, détrompez-vous : elles vous cueilleront comme des fruits mûrs sur votre canapé ! Hurricane emmènera la Serbie en finale et transformera à nouveau l’Ahoy en turbo-discothèque. De l’art de mettre l’ambiance simultanément dans plusieurs continents en si morne période…

DEUXIÈME CONCLUSION

Si je reprends mon classement au terme de cette journée :

  • Grèce – 9
  • Autriche / Islande – 8,5
  • Saint-Marin / Serbie – 8
  • République Tchèque – 7,5
  • Estonie / Moldavie – 6,5
  • Pologne – 5,5

En l’état actuel des choses, je qualifierais déjà la Grèce, l’Autriche, l’Islande, Saint-Marin et la Serbie. Ce qui laisse largement de la place pour d’autres à commencer par la Suisse, la Bulgarie, la Finlande et le Danemark. J’hésite quant à la République Tchèque. À revoir mathématiquement demain.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Selon vous, quel demi-finaliste a réalisé la meilleure répétition de ce jeudi 13 mai ?
79 votes · 79 answers

ITALIE

  • Visuel : simple. Beaucoup de noir et de rouge, parfois du bleu. Les silhouettes du groupe en arrière-plan. Des spots lumineux. En conclusion, des effets pyrotechniques et un rideau d’étincelles. De quoi transcrire une ambiance de concert sur la scène de l’Ahoy, puis y mettre le feu. Impactant. 8/10
  • Mise en scène : tout aussi simple. Le batteur Ethan est installé sur une plateforme disposée en fond de scène. Cette plateforme comporte elle-aussi des spots lumineux. C’est le seul accessoire visible. Damiano est torse nu. Les autres membres du groupe sont habillés de costumes noir pailletés. Damiano franchit les portes de l’écran, entre sur scène et se place devant la plateforme. Victoria et Thomas le rejoignent, puis se déplacent sur les scènes latérales. Ils en reviennent, puis montent sur la plateforme. Le final voit Ethan, Victoria et Thomas debout sur la plateforme et Damiano allongé au sol, filmé en plongée. Tout cela est renforcé par des plans rapprochés et saccadés, des prises de vue vives et rapides. À nouveau, une ambiance de concert. Mais cela transcrit à merveille l’énergie et la rage de la chanson. Nous ne sommes plus à l’Eurovision, mais à un festival rock. 8/10
  • Prestation vocale : de haut vol, comme toujours. Damiano entre en transe et exprime avec une profonde intensité ses sentiments. Aucune faute, vous vous en doutez. Une prestation qui se gravera dans les mémoires et fera bondir bien des cœurs dans les poitrines. 9/10
  • Chanson : Zitti e buoni conserve son impact fort et immédiat. Un uppercut musical balancé au visage des téléspectateurs et qui les laissera étourdis sur leur canapé. L’une des meilleures propositions musicales de cette édition 2021 et de l’Italie au Concours. 9/10
  • Moyenne : 8,5/10. Vous compterez avec l’Italie au moment du vote. Vous voterez même certainement pour eux. Vous retrouverez dans ces trois minutes tout l’impact et la force de leur prestation à Sanremo, mais avec une excellente transposition à l’échelle de l’Eurovision. Måneskin prend la route qui le mènera jusqu’au sommet. Le groupe est fin prêt pour la finale !

ALLEMAGNE

  • Visuel : chargé. Les mots rudes apparaissent en noir et blanc et sont chassés par des formes de couleurs. Lors des couplets, des formes architecturales noires et blanches apparaissent sur un fond bleu électrique. Lors des refrains, des explosions de couleurs jaillissent en tous sens. Difficile à résumer et à transcrire en quelques mots. Marquant mais chargé. Chargé mais marquant. 7/10
  • Mise en scène : bousculée. Jendrik est accompagné de son doigt géant, ainsi que de trois choristes. Les trois choristes brandissent des cuivres (saxophone, trompette…) et portent des ensembles blancs et noirs, pourvus d’une couleur supplémentaire différente. Jendrik porte une veste rose à manches courtes, une chemise noire et un pantalon bleu. Il ne lâche pas son ukulélé, qu’il fait tournoyer dans tous les sens. La chorégraphie les emporte tous dans une sorte de sarabande tourbillonnante. Songez à sa première prestation télévisée et vous y serez. Beaucoup d’énergie, de sauts et de remuements, suivis par des caméras portées et de plans au plus près. Pour le moins tourneboulant. Pour le final, Jendrik et ses comparses se déplacent jusqu’à l’avant-scène. Difficile également à décrire dans son entièreté. Dynamique mais bousculé. Bousculé mais dynamique. 7/10
  • Prestation vocale : perfectible. La chorégraphie est exigeante. Jendrik bondit dans tous les sens. Il en a perdu le souffle à plusieurs reprises. Attention : pas de fausses notes, non, mais une gestion de sa respiration à mieux travailler encore. Restons optimistes sur ce point. 7/10
  • Chanson : I Don’t Feel Hate hésite entre le génie et la parodie, le premier et le second degré. Sa mise en scène reflète bien ses paradoxes : la légèreté de sa composition et le sérieux de son message. L’ensemble ne l’élève cependant pas et fait pencher la balance du côté du rire sarcastique plutôt que du fou rire. 7/10
  • Moyenne : 7/10. Honnête, bien qu’un peu décevant. Une marge de progrès demeure nécessaire pour fusionner à l’écran l’ensemble des éléments. Pour l’heure, cela fait fatras visuel. Beaucoup repose également sur Jendrik et ses poumons. À retravailler et à revoir aux secondes répétitions.

PAYS-BAS

  • Visuel : simple en l’état. La première partie voit l’écran alterner paroles de la chanson en blanc sur fond noir et bris de vitres parcourus par la lumière. La seconde partie voit l’écran envahi par des explosions de couleurs et le retour des paroles de la chanson en blanc. Pas excellement bien cadré, pas excellement bien amené, assez littéral et prosaïque en l’état. Un travail d’affinement à accomplir. 6/10
  • Mise en scène : simple en l’état aussi. La prestation débute par un gros plan de Jeangu, entouré de ses choristes. La caméra s’éloigne progressivement. Les choristes effectuent quelques mouvements, un danseur surgit de nulle part, se livre lui aussi à une chorégraphie en avant-plan. Tous se déplacent ensuite devant l’écran transparent, puis sur l’avant-scène. Jeangu porte un costume bleu vif, pas de chemise, mais une sorte de harnais. Les trois autres portent des ensembles déconstruits et plutôt mal accordés. La caméra s’égare souvent et dans la première partie, Jeangu reste trop souvent dans l’ombre. Par ailleurs, il lui arrive d’être relégué au second plan. Ici aussi, un travail d’affinement à accomplir. 6/10
  • Prestation vocale : très bonne. Lors de son premier passage, Jeangu n’a manqué ni de justesse, ni de souffle, mais parfois de rythme. L’on a senti tout son talent, sans le voir s’exprimer complètement. Le chanteur était plutôt concentré sur ses déplacements et ses regards caméra. Mais lors de son second passage, il a délivré une prestation parfaite, aidé en cela par ses deux excellents choristes. Du grand art vocal. 9/10
  • Chanson : peu sublimée encore. Ces multiples petits défauts ne contribuent pas à l’élévation de BOANA. Il manque un souffle épique à cela, une envolée majeure, qui nous emporterait dans une vague d’émotion. Cela est en germe, encore à venir. La délégation néerlandaise a posé des bases solides, à elle de construire un bel édifice. 7,5/10
  • Moyenne : 7/10. Sur le plan vocal, tout est à niveau. Mais le plan visuel et scénique laisse à désirer. À titre personnel, je simplifierais les costumes, j’éclairerais plus la scène et j’éviterais à tout prix de renvoyer Jeangu au second plan. La délégation néerlandaise a encore du travail au magasin, comme l’on dit chez eux.

FRANCE

  • Visuel : réduit à sa plus simple expression. La salle est plongée dans le noir complet et disparaît totalement. Barbara apparaît seule dans un cône de lumière. Au mitan de la chanson, un envol d’oiseaux se déroule sur le sol à ses pieds. Rien d’autre. La caméra et le regard demeurent concentrés sur Barbara. Intelligent. 8/10
  • Mise en scène : réduite également à sa plus simple expression. Barbara reste debout devant son micro. Elle porte un pantalon noir et un crop-top en dentelle. Le reste est calqué sur sa prestation à la sélection française. Des plans américains lui font traverser l’écran. Quelques plans larges. Quelques plongées. Pour le final, une caméra portée se rapproche d’elle. Quelques plans tanguant. La caméra se rapproche encore pour la conclusion. Barbara lève les bras en croix et fixe droit la caméra de ses yeux. Mémorable. 9/10
  • Prestation vocale : magistrale. Barbara n’avait plus rien à prouver sur ce plan. Plus que tout, ce sont la beauté de sa voix et l’émotion la parcourant qui frappent l’esprit. Un grand moment d’Eurovision. 10/10
  • Chanson : Voilà est nouveau sublimée par Barbara. La chanteuse s’incarne dans son morceau et ne s’en distingue plus. Elle ne chante pas Voilà. Elle EST Voilà. Une fusion parfaite entre l’auteur, l’interprète et le morceau. 10/10
  • Moyenne : 9,25/10. Brillant, tout simplement brillant. L’Eurovision dépouillé de ses atours, réduit à nu et porté aux nues par l’une des meilleures représentantes françaises vue au Concours. La France demeure en lice pour le Micro de Cristal et ce n’est que justice.

ROYAUME-UNI

  • Visuel : sobre et sans image, mais avec des couleurs bleues, rouges et blanches. Plus astucieux : des effets tridimensionnels agrandissant les perspectives de la salle, ainsi que des cônes de laser. Le tout rappelle le vidéoclip sans le pasticher. 7/10
  • Mise en scène : deux mots : accessoires géants. James débute sur un podium circulaire noir. Il est entouré de deux gigantesques trompettes blanches, qui bougent au fur et à mesure du numéro. James est habillé de noir. Il est accompagné de quatre danseurs habillés en blanc et qui portent des cuivres… exactement comme les danseuses allemandes. James descend du podium, gagne l’avant-scène et est rejoint par deux danseurs. Les deux autres danseurs prennent possession du podium. James ne danse pas, la chorégraphie repose entièrement sur ses acolytes. Pour le final, il remonte sur le podium. La salle s’illumine totalement. Efficace. 7,5/10
  • Prestation vocale : bonne. Le premier passage s’est révélé un tour de chauffe. James a manqué parfois de rythme. Mais lors du second, il s’est montré impeccable et a interprété sa chanson sans faillir. 8/10
  • Chanson : Embers n’a d’autre vocation que de divertir et faire danser. Mission accomplie. Portée par James, elle gagne en intérêt et en dynamisme. Trois minutes joyeuses, dansantes, légères et appréciables. 7,5/10
  • Moyenne : 7,5/10. Bonne moyenne pour cette répétition britannique. James, ses danseurs et son décor sont au point. Restent à retravailler encore les angles de vue et leurs enchaînements, de sorte à conférer plus de relief et de précision à un ensemble flou par instant. À réexaminer samedi lors des secondes répétitions.

ESPAGNE

  • Visuel : perturbant. Le premier tableau est celui d’une éclipse de soleil. Blas apparaît dans la pénombre et sur un tapis de glace carbonique. Quelques spots bleus éclairent l’ensemble. Le deuxième tableau est celui d’une pleine lune. Blas apparaît dans la lumière. Et là, une GIGANTESQUE lune surgit à l’écran. Est-ce un effet spécial ? Est-ce un accessoire ? Et si c’est le cas, quelle est la probabilité qu’il se décroche et écrabouille Blas en pleine prestation ? Le troisième tableau est celui d’un parcours à travers la galaxie. Cette dernière apparaît en fond d’écran, tandis que les lumières prennent des teintes dorées. Problème majeur : l’œil et l’attention sont fortement distraits par cette GIGANTESQUE lune. Quant à Blas, il apparaît minuscule par comparaison, spécialement dans les plans larges. En l’état, une fausse bonne idée. 6/10
  • Mise en scène : inexistante. Blas se tient debout et immobile du début à la fin de sa prestation. Il est habillé sobrement de noir. La dynamique est créée par les mouvements des caméras. Problème : ceux-ci ne sont pas encore bien ajustés. Les plans larges perdent Blas sur la scène. Les plans rapprochés masquent tout le visuel. À peaufiner. Mais il s’agit là d’un travail purement technique et télévisuel. 6/10
  • Prestation vocale : après un premier tour de chauffe, Blas a donné la pleine mesure de son talent. Il nous a offert une brillante prestation vocale et survolé toutes les difficultés de sa chanson. De la grâce, de l’aisance et de la maestria. 9/10
  • Chanson : Voy a quedarme reste ce qu’elle est. Une honnête ballade, sans surprise, ni effet particulier. Blas lui apporte émotion et conviction. Une proposition juste, mais convenue. 7/10
  • Moyenne : 7/10. Une autre moyenne acceptable. Sur le plan musical, impossible d’élever plus haut cette proposition. Blas est au sommet de son art. Ne restent donc plus que le visuel et la mise en scène à améliorer. Sans certitude aucune que cela convainque au final.

TROISIÈME CONCLUSION

Si je reprends mes notes pour les qualifiés automatiques, cela me donne le classement suivant :

  • France – 9,25
  • Italie – 8,5
  • Royaume-Uni – 7,5
  • Allemagne / Pays-Bas / Espagne – 7

Sans surprise, Barbara survole ces premières répétitions. Nous n’avons vu d’elle qu’une seule prestation, mais elle a convaincu et transmis une incroyable émotion. Le groupe Måneskin a, lui, éclaboussé de sa rage et de son énergie la scène de l’Ahoy et fait taire les plus sceptiques. La France et l’Italie demeurent dans la course pour la victoire finale.

Les quatre autres qualifiés automatiques restent à quelques encablures. Leurs propositions sont bonnes, mais marqueront moins les esprits. Un vaste de travail de recadrage et de réalisation doit encore être réalisé pour améliorer leurs présentations visuels. Une fois accompli, James, Jendrik, Jeangu et Blas porteront beau à l’écran et pourront espérer un classement honorable.

Sur ce, à votre tour de vous exprimer !

Selon vous, quel qualifié automatique a réalisé la meilleure répétition de ce jeudi 13 mai ?
115 votes · 115 answers

Nous vous fixons rendez-vous demain, pour la septième journée des répétitions. Passez une belle soirée !

Crédits photographiques – UER