Nous l’avons attendu avec impatience, le voici arrivé, le premier jour des répétitions ! Aujourd’hui, les premiers concurrents de cet Eurovision 2021 fouleront la scène de l’Ahoy de Rotterdam. Ils y répéteront individuellement leur prestation pour la première fois.

Comme vous le savez, durant ces répétitions individuelles, chaque participant aura l’occasion de mettre en place sa scénographie, tester ses effets visuels et travailler ses jeux de caméra. Ces sessions se dérouleront sur place à huis-clos, mais seront diffusées en direct sur le centre de presse en ligne. Elles seront suivies pour chaque délégation, d’une conférence de presse.

Quant à nous, nous vous accompagnerons fidèlement durant les prochains jours. Nous disposons donc d’une accréditation virtuelle et suivrons ces répétitions à distance. Nos articles seront mis à jour, la plupart du temps en direct pour les descriptions, et au fur et à mesure de leurs publications, pour les images et les vidéos. Vous y lirez mes commentaires personnels (qui n’engagent que moi).

Vous nous retrouverez également en direct, sur notre fil Twitter.

Nous vous remercions par avance pour votre présence et attendons avec impatience vos commentaires !

Pour rappel, voici l’horaire de ce samedi 8 mai :

  • 10h – 10h30 : Lituanie
  • 10h40 – 11h10 : Slovénie
  • 11h20 – 11h50 : Russie
  • 12h – 12h30 : Suède
  • 12h30- 13h30 : pause
  • 13h40 – 14h10 : Australie
  • 14h20 – 14h50 : Macédoine du Nord
  • 15h – 15h30 : Irlande

LITUANIE

  • Visuel : il est différent et évoque l’esthétique du vidéoclip. Beaucoup de violet, de damiers et de lignes qui se déforment et donnent l’impression de plonger dans un espace tri-dimensionnel. L’ensemble reste sobre et sert surtout à mettre le groupe et la mise en scène en avant. Les téléspectateurs ne seront pas distraits. Aucun effet spécial, ni réalité augmentée, apparemment. 8/10
  • Mise en scène : elle est identique à celle de l’Eurovizijos atranka. The Roop est accompagné par ses deux danseurs, Migle Praniauskaite et Marijanas Staniulenas. Tous sont habillés des mêmes costumes jaunes qu’à la sélection lituanienne. La chorégraphie est quasi identique. La braguette de Vaidotas a tenu bon jusqu’au bout. L’ensemble est aussi réussi et marquant que vu précédemment. Cela fera une excellente ouverture pour cette première demi-finale. The Roop est déjà bien rodé et prêt pour le grand soir. Du grand art, qui marquera les esprits et plaira à beaucoup de téléspectateurs. 9/10
  • Prestation vocale : solide, assurée, sans faute. Vaidotas ne sera jamais pris en défaut sur ce plan-là. Il est un remarquable chanteur, au faîte de sa maîtrise et de sa technique. 9/10
  • Chanson : Discoteque reste une chanson magistrale, de celle que l’on écoute et que l’on n’oublie plus. Le grand public la retiendra tout au long de la soirée et ne manquera pas de voter pour elle. Trois minutes mémorables sur le plan musical et eurovisionesque. 10/10
  • Moyenne : 9/10. La qualification me semble une évidence, tant le groupe lituanien irradie sur scène, tant son numéro est rodé comme une mécanique de précision et tant sa chanson est irrésistible.

SLOVÉNIE

  • Visuel : assez convenu, sans être mauvais. Un début sombre cède la place à des lumières dorées. Les images d’arrière-plan consistent en un déplacement depuis l’espace vers la Terre, puis un passage au-dessus de paysages terrestres. Un classique de l’Eurovision déjà vu. 6/10
  • Mise en scène : elle est sobre. Ana est seule en scène, revêtue d’un costume-pantalon à cape blanc, comme dans son vidéoclip. Elle se déplace au mitan de la chanson, vers une scène secondaire. Rien de notable, rien de critiquable. Amen ne se prêtait de toute façon pas à une chorégraphie débridée. 7/10
  • Prestation vocale : magistrale, sublime, éblouissante. J’en ai eu les larmes aux yeux. Ana est une toute grande, une immense chanteuse, l’une des meilleures de cette édition 2021. Amen lui permet de déployer l’étendue de son talent. Plus que de la musique, de l’Art. Oui, madame. Oui, monsieur. 10/10
  • Chanson : Ana présente, comme annoncé, une version subtilement réaménagée de Amen. Les chœurs gospel sont plus présents. Mais le final se conclut a cappella, ce qui permet à Ana de briller et de mieux marquer les esprits encore. Reste qu’il s’agit d’une ballade à voix sans grande surprise. À titre personnel, j’aime beaucoup. Mais ce ne sera pas le cas de tous. 8/10
  • Moyenne : 7,75/10. Voilà une proposition qui ne heurtera personne. Les jurés et les amateurs de belle voix seront à la fête. The Voice, pour ainsi dire. Ana, quant à elle, atteint la perfection. Elle porte une chanson belle, une ballade émouvante qui plaira. Restent un visuel et une mise en scène sans grand relief, ni imagination, qui lui octroient toute la place, mais causeront une impression de déjà-vu même aux téléspectateurs les plus lambda. En l’état, ni sa qualification, ni son élimination ne me surprendraient. La lutte s’annonce épique…

RUSSIE

  • Visuel : beau. Il alterne les paroles de la chanson, avec des images de l’iconographie russe traditionnelle. Les enchaînements sont subtils et réussis. Tout cela cède la place, en conclusion, à une vaste mosaïque de femmes chantant Russian Woman. La mosaïque se transforme pour former les lettres du titre. Efficace. 7/10
  • Mise en scène : il n’y en a presque pas. Manizha débute sa prestation dans une robe géante de poupée russe. Au bout d’une minute, elle en sort et l’oublie là. Revêtue de son jumpsuit rouge, elle se déplace aléatoirement dans le carré formé par ses choristes. Exactement comme à la sélection russe. Rien de ridicule, mais rien de très recherché. Cela laisse l’impression d’un flou artistique. Quant à cette robe géante, même le plus lambda des téléspectateurs lambda la verra venir à vingt lieues. Au final, la dite robe reste abandonnée, comme un invendu de la dernière collection automne-hiver. Pas extraordinaire. 6/10
  • Prestation vocale : impeccable. Manizha livre une prestation inspirée et inspirante de sa chanson. Elle irradie de charisme et sa voix est l’une des plus particulières et des plus marquantes de cette édition 2021. Au passage, outre sa carrière de chanteuse, une autre d’actrice lui tend les bras… 9/10
  • Chanson : Russian Woman est un morceau atypique et particulier. Il s’en dégage une forte énergie, qui voisine en direct avec une rage contenue. Bref, cela ne laissera personne indifférent. Mais ce sera à double tranchant : certains adoreront, d’autres détesteront. Quitte ou double et un pari risqué pour la Russie. Notez que cela nous change de tous les verres d’eau tiède envoyés précédemment par le pays. 7/10
  • Moyenne : 7,25/10. La partie s’annonce serrée pour Manizha. Sa chanson rebutera certains et sa mise en scène assez plate en décevra d’autres. D’un autre côté, elle sera peut-être plébiscitée pour son énergie bouillonnante, sa créativité artistique et son charisme débordant.

SUÈDE

  • Visuel : décevant, flou et tanguant. Des images de lumière miroitant sur l’eau, des couleurs unies, des ciels étoilés. Les visages et l’émotion présents au Melodifestivalen ont disparu. Reste une impression de vide et une absence de perspective. 4/10
  • Mise en scène : basique, très basique. Tusse se penche beaucoup en avant, comme sous le poids de la douleur. Il s’agenouille, se relève. Ses choristes entrent dans un second temps, effectuent une petite chorégraphie attendue, puis s’éclipsent. Sans surprise aucune. À titre personnel, le nouveau costume de Tusse m’a déplu. Une collision entre une tenture rouge du Sénat français et une vitrine de Noël de Swarovski. Le costume de la sélection suédoise m’avait semblé mieux coupé, mieux ajusté et bien plus seyant. 5/10
  • Prestation vocale : légèrement décevante, elle aussi. Tusse est impeccable, sauf dans les notes hautes. Il pousse sa voix jusqu’au bord de la rupture. Cela s’apparente à des cris parfois et mériterait un retour à l’harmonie. Le mieux est ici l’ennemi du bien. 6/10
  • Chanson : pour moi, et je ne m’en suis jamais caché, Voices est un bateau. Un beau bateau, mais un bateau musical quand même. Point d’originalité, beaucoup de fils blancs, une excellente production, un manque d’audace. Le verre d’eau tiède par excellence. 7/10
  • Moyenne : 5,5/10. J’ai dû recalculer cette moyenne deux fois, tellement elle m’est invraisemblable. Et pourtant, cette première prestation suédoise me laisse sceptique et dubitatif. La marge d’amélioration me semble importante. En l’état, je ne décrocherais pas mon téléphone pour Tusse. À suivre, avec intérêt, et à pondérer, Tusse ayant été opéré récemment des cordes vocales…

AUSTRALIE

Pas de répétitions pour Montaigne, restée en Australie. En lieu et place, nous avons vu un très bref extrait des coulisses de sa prestation de secours. Rien là à se mettre sous la dent. Voici d’ailleurs la vidéo :

MACÉDOINE DU NORD

  • Visuel : sobre et adapté. La prestation débute dans le noir complet. Des effets spéciaux de lumière et des radiations partent de la poitrine de Vasil, avant que le visuel ne bascule dans des couleurs dorées et orangées. Pas d’images d’arrière-plan, plutôt des effets graphiques et des projections lumineuses. Cohérent et sans esbrouffe. 7/10
  • Mise en scène : Vasil reste immobile. Il n’y a aucun déplacement, ni chorégraphie. Cela est compensé par des angles de caméra et des prises de vue très bien pensées. Le seul véritable effet de manche vous évoquera Dotter 2020. Vasil tombe la cape initiale et révèle un haut de boule à facettes. Des spots lumineux sont alors projetés sur sa poitrine. Cela épouse le visuel et la chanson, sans révolutionner le Concours. 7/10
  • Prestation vocale : Difficile à juger. Lors de son deuxième passage, Vasil a omis les notes les plus hautes et laissé la place aux chœurs. Lors de son troisième passage, il s’est lancé, mais en a manqué certaines. L’ensemble donne une impression de risque mal calculé. Here I Stand est une chanson exigeante. Vasil ne nous a pas encore prouvé qu’il la maîtrisait à la perfection. 5/10
  • Chanson : une ballade de comédie musicale, comme prévu. Cela est encore plus flagrant sur la scène de l’Ahoy. Cela ne crie pas 2021, ni « au génie ». Cela reste un bon morceau dans son genre. Chez moi, cela flotte entre deux eaux. Une prestation vocale magistrale aurait relevé le niveau, mais bon… 6/10
  • Moyenne : 6,25/10. « Honnête », c’est le premier mot qui me vient à l’esprit. Pas époustouflant, ni honteux. Juste bien. Mais « juste bien » ne sera pas suffisant dans cette redoutable demi-finale. Pour l’emporter, Vasil doit s’imposer vocalement et atteindre le niveau d’Ana. À suivre avec attention également.

IRLANDE

  • Visuel : il s’efface devant la mise en scène et consiste essentiellement en des images d’arbres stylisés. Sobre et raccord, le tout relevé par des effets spéciaux très intéressants. Notez que nous n’avons eu droit qu’à un seul visionnage. Certains détails m’ont certainement échappé. 8/10
  • Mise en scène : épatante et très sophistiquée. Certainement la meilleure de cette première journée. Lesley est accompagnée de nombreux accessoires, qui, cadrés de près, donnent l’illusion qu’elle parcourt un livre pop-up. Du grand art scénographique et télévisuel, un vidéoclip dans les conditions du direct, pour une illusion parfaite… ou presque. Pour le final, passage en plan large, ce qui révèle la plupart des trucages. Cela brise le conte de fées… 9/10
  • Prestation vocale : hélas, aussi peu convaincante que possible. Lesley a fait preuve d’un manque de souffle, de justesse et d’habileté caractérisé. Je l’ai sentie plus concentrée sur sa mise en scène et ses positionnements. En l’état, cela demandera de grands efforts et un vaste travail pour atteindre le même niveau que Vaidotas ou Manizha. L’aspect le plus problématique, en l’état, selon moi. 5/10
  • Chanson : Maps est un morceau bien charpenté, qui emporte gentiment, sans rien révolutionner. Une production professionnelle, légèrement vintage, qui s’apprécie, mais ne déchaîne pas les émotions. 7/10
  • Moyenne : 7,25/10. Vous avez tout compris : Maps s’envole grâce à cette superbe mise en scène, mais est ramené vers le sol par cette prestation vocale manquée. Rien n’est cependant écrit : Lesley a toutes les cartes en main. À elle de travailler encore et encore, jusqu’à atteindre le nirvana musical.

CONCLUSION

Voici mon classement personnel au terme de cette première journée :

  • Lituanie – 9
  • Slovénie – 7,75
  • Russie / Irlande – 7,25
  • Macédoine du Nord – 6,25
  • Suède – 5,5
  • The Roop a confirmé tout le bien que je pensais d’eux. Ils enflammeront l’Ahoy et l’Europe, le soir venu. La Lituanie obtiendra certainement l’un des meilleurs résultats de son histoire à l’Eurovision.
  • Ana Soklič aura été ma meilleure surprise de la journée, avec sa prestation vocale éblouissante. Elle a survolé ces premières répétitions de sa voix magnifique. Une grande artiste !
  • Manizha s’est révélée égale à elle-même, dans un sens positif. Sa voix, son énergie et son charisme font merveille. Une mise en scène plus pointue aurait été appréciable, mais en l’état, je la verrais en finale.
  • Lesley Roy m’a emballé par sa mise en scène. Nettement moins par sa prestation vocale. Elle doit travailler nettement cet aspect pour espérer s’imposer sans crainte.
  • Vasil m’aura plongé dans l’incertitude pour les mêmes raisons. Sur le plan scénique, tout est parfait et rodé. Sur le plan vocal, tout reste à démontrer. Le péril d’avoir choisi un morceau exigeant…
  • Tusse aura été ma déception de ce samedi. Non pas tant au plan vocal, car je conçois qu’il doit s’ajuster, suite à son opération. Mais bien sur le plan de la mise en scène et du visuel. Un flou artistique complet…
  • Quant à Montaigne, impossible d’en dire quoi que ce soit en l’état. Elle demeure la grande inconnue du jour.

Au delà du caractère exaltant de cette grande première, suivre les répétitions en direct, ce samedi aura répondu à toutes mes attentes. La production néerlandaise a réalisé un incroyable travail. La scène est superbe et les prises de vue sont déjà très au point. Les artistes se sont tous montrés très investis. Plus important encore : hormis Montaigne, ils seront majoritairement présents physiquement à Rotterdam. Un vaste bonheur après deux années de privation eurovisionesque…

Nous demeurons cependant d’accord : ceci ne sont que des premières répétitions. Il est normal que la perfection ne soit pas encore au rendez-vous pour chacun. Cela fait également le sel de cette séquence et son intérêt : être enthousiasmés, être déçus, suivre les progrès des artistes et de la production, jusqu’à atteindre cet objectif ontologique de l’Eurovision : être l’une des meilleures productions musicales et télévisuelles au monde.

SONDAGE

Sur ce, à votre tour de vous exprimer !

Selon vous, qui a réalisé la meilleure répétition de ce samedi 8 mai ?
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Nous vous fixons rendez-vous demain, pour la deuxième journée des répétitions. Passez une belle soirée !

Crédits photographiques – UER