Tout comme l’Eurovizijos atranka, le Melodi Grand Prix a parcouru cinq semaines télévisuelles pour atteindre sa grande finale. Aucune région de la Norvège n’aura été oubliée au cours de cette édition anniversaire. Samedi, nous assisterons donc à sa conclusion. Le moment sacramental est venu : confrontons nos opinions au sujet des finalistes et de leur chanson.

LOREEN

Débutons, comme à notre habitude, par les Loreen, qui reflètent mon avis personnel. Si vous différez en la matière, exprimez-vous dans les commentaires.

Loreen vous l’avoue : elle est bien perplexe. Elle a trouvé le principe des duels pour le moins idiot et mal avisé. Bien plus, elle n’a pas très bien compris les choix des qualifiés automatiques. Certains demi-finalistes éliminés lui semblaient meilleurs… Là-dessus, le niveau musical général lui a plus évoqué l’Andra Chansen du Melodifestivalen que la grande finale d’une sélection en six soirées…

ChansonsCommentairesLoreen
Akuvi – Som du erSde n’a d’autre prétention que de divertir le public devant son écran et de faire danser le même public en soirée. Il s’agit d’un morceau léger, dansant, garanti sans prise de tête. Sa production est contemporaine, marquée surtout par le choix du norvégien. Akuvi nous sert cela avec énergie et bonne volonté. Vocalement, elle satisfait à un morceau peu exigeant. L’ensemble est agréable. Il ne s’en dégage aucune émotion, ni aucune subtilité particulière. Bien, sans plus.
Didrik & Emil – Out Of AirUn vieux morceau oublié au fond d’un tiroir… C’est ainsi que Didrik a décrit OOA. Et c’est précisément ce qu’il est. Hélas. Nous avons affaire ici à un schlager fraternel, passé de mode. Plus aucun artiste contemporain ne chante ce genre de morceau. Pire encore : plus aucun artiste eurovisionesque ne s’est illustré avec pareil machin depuis au moins dix ans. Rendons à Didrik et Emil leur dû : ils sont deux excellents chanteurs et de leur duo en direct, se dégagent une émotion et une complicité certaines. Vocalement, c’est impeccable. Musicalement, c’est ridicule. Juste ridicule.
Kristin Husøy – Pray For MeProbablement la proposition la plus actuelle et la plus intéressante du lot sur un plan musical. À se demander par quel miracle elle a survécu à sa demi-finale… Et à se demander, mais réellement, qui a accompli le tri initial… PFM est très bon morceau, actuel et rythmé. Son refrain est réussi et se retient facilement. Kristin, quant à elle, porte cela avec aisance et naturel. Sa prestation vocale en direct était sans reproche. Un bon choix qui ferait honneur à la Norvège. Cela reste léger, mais possède un potentiel télévisuel certain.
Magnus Bokn – Over The SeaCurieux comme cette proposition sonne irlandaise à l’oreille… Sa petite mélodie s’orne d’un joli parfum de crin-crin. La voix de Magnus habille agréablement l’ensemble. En direct, sa prestation vocale ne souffre aucune critique. Au final, cette proposition s’écoute gentiment et donne envie de se promener sur une plage d’Irlande. C’est assez inoffensif, mais en rien remarquable, même pour une finale pareille.
Raylee – WildGros, gros, mais alors là, énorme plaisir coupable ! Tout dans cette proposition hurle “NON” et pourtant, impossible d’y résister. De ses paroles mémorables à son refrain imparable, en passant par ses inimitables onomatopées, Wild s’avère un virus musical qui contamine chacun de ses auditeurs. Ce morceau est pourtant une tarte à la crème eurovisionesque, un bateau sans intérêt, ni surprise. Et pourtant… Raylee, de son côté, est magnétique. Alors même que sa prestation et son visuel sont un repompage non subtil de propositions eurovisionesques antérieures. Il n’y là rien de louable, ni d’intéressant. Mais dieu que l’on s’amuse ! Et l’on rit et l’on chante ce machin en boucle dans sa tête durant des semaines… Pire que la grippe…
Rein Alexander – One Last TimeComment est-ce possible ? Comment est-ce possible que ce truc ait été retenu par la NRK ? Comme est-ce possible qu’il soit arrivé jusqu’en finale ? OLT est un copier-coller servil de morceaux entendus mille fois dans les sélections nordiques. C’est vide, c’est idiot, c’est pathétique. Pire encore : son visuel nous rejoue la thématique viking dans tous ses clichés les plus faisandés. Bref, le ridicule a trouvé son hymne international. Épargnons juste Rein, qui joue son personnage en acteur consommé qu’il est et dont les prestations vocales sont irréprochables.
Sondrey – Take My TimeL’introduction de TMT est une promesse… non tenue, une fois arrivée au refrain. Le produit final est une chanson pop sucrée, aux accents r’n’b. Plaisant à écouter en arrière-fond, mais sans réel effet remarquable. L’on en entend de pareil au Melodifestivalen et cela meuble agréablement une soirée, entre deux sérieux concurrents. Le visuel et la mise en scène sont bien pensés. Tout cela fonctionne très bien à l’écran. Cette grande légèreté aurait pu être compensée par une prestation vocale impressionnante. Mais c’est justement l’adjectif qui qualifie le moins Sondrey. Il n’est pas ridicule, mais pas ébouriffant. Bref, une gentille proposition, assez anodine au fond.
Tone Damli – Hurts SometimesPop sucrée, je chante ton nom ! HS est un bon bonbon, en gélatine, recouvert d’une couche de sucre cristallin. Il se déguste rapidement et offre un bref plaisir vite oublié. Ces trois minutes sont bien produites, bien finies, mais artistiquement timides et musicalement sans effet. Cette fois, l’on se croirait au Dansk Melodi Grand Prix, dont c’est la spécialité. Notez que le visuel et la mise en scène sont réussis. Tone est incroyablement belle et talentueuse. Le tout est très télégénique. Mais encore une fois, sur le plan musical, c’est pour le moins mineur.
Ulrikke Brandstorp – AttentionUne ballade qui claque des doigts. Formule déjà éprouvée à l’Eurovision, mais qui fonctionne très bien ici. Attention reste dans le cadre limité de ce genre musical, mais en remplit toutes les promesses, sans sombrer ni dans le ridicule, ni dans la facilité. La version studio est fort réussie. Dans les conditions du direct, l’ensemble est meilleur encore, grâce à la remarquable voix d’Ulrikke. La chanteuse porte sa chanson à un niveau eurovisionesque supérieur. Son talent inné illumine la scène et donne envie de la revoir encore et encore. L’ensemble tirerait son épingle du jeu à Rotterdam.
Liza Vassilieva – I Am GayLes meilleures intentions ne font hélas pas les meilleures propositions pour l’Eurovision. L’on comprend où Liza veut en venir, mais elle se loupe doublement. Primo, en transposant son message dans une chanson superficielle et guimauve, à peine digne d’un album d’une popstar secondaire des années 2000. Secundo, en portant elle-même cette chanson. N’étant pas gay, elle brouille les cartes, rend ses trois minutes incompréhensibles et s’attire les foudres des personnes qu’elle entend justement défendre. L’ensemble est, au final, assez ridicule et risible.

Voilà qui n’est guère fameux… N’aurait-il pas mieux valu investir tout ce temps, cette énergie et cet argent dans la recherche d’une bonne chanson ? À titre personnel, je conserverai un souvenir déçu de cette édition du soixantième anniversaire. Certes, les mises en scène étaient toutes très réussies. Certes, la production et les visuels étaient dignes de l’Eurovision. Mais musicalement, c’est la débandade…

À titre personnel, j’enverrais Kristin ou Ulrikke, avec une légère préférence pour cette dernière. Ses capacités vocales remarquables lui permettraient d’affronter la solide concurrence qui s’annonce dans cette première demi-finale (coucou, Destiny !). Quant au reste, je garderai Raylee pour les jours de grisaille et j’oublierai toutes les autres chansons aux douze coups de minuit, ce samedi.

SONDAGE

À votre tour à présent de vous exprimer ! Donnez-nous votre avis.

Sur ce, rendez-vous samedi pour la grande finale !

Crédits photographiques – NRK