Certaines Eurostars 2020 ont surmonté bien des obstacles avant de décrocher leur sésame pour l’Eurovision. Leurs rêves ont hélas été brisés au dernier moment, par l’annulation du Concours. D’autres Eurostars ont, elles, été éliminées bien avant cela. Notre ami Pascal leur a déjà rendu hommage dans un bel article. Consacrons celui-ci à une incontournable de la sélection biélorusse : Napoli !

Dans ce septième épisode, revenons sur ses huit tentatives manquées pour participer à l’Eurovision et comparons ses chansons à celles l’ayant emporté. Embarquons dans notre machine à remonter le temps et repartons droit pour 2014 !

Fondé en 2012, Napoli est à l’origine un groupe composé d’Ilya Kravchuk, Ilona Muntyan et Olga Shimanskaya. C’est ainsi qu’ils entrent dans la lumière eurovisionesque, en 2014 donc, en participant pour la première fois à la sélection biélorusse. Ils y portent Stay With Me.

Ils réussissent leur audition et sont retenus pour la finale. Lors de celle-ci, ils obtiennent une honorable quatrième place au vote du public, mais à peine un petit point de la part du jury. Ils se classent septièmes, loin des favoris.

D’autres multirécidivistes se contentent, eux aussi, d’une figuration. Ainsi, Anastasia Malashkevich finit sixième.

Et Nuteki, cinquième.

La victoire se joue entre trois concurrents. Janet obtient une deuxième place chez les jurys, mais échoue au télévote. Elle termine ainsi troisième.

Cette distorsion entre jury et public se conclut fatalement par un ex aequo. Le public attribue ses “douze points” à Max Lorens et le jury, les siens à Teo. Le vote du jury prévalant, Max Lorens doit se contenter de la deuxième place.

Teo s’envole pour Copenhague avec son Cheesecake. Déjouant tous les pronostics, il se qualifie pour la finale et y termine seizième.

En 2015, Napoli revient avec My Dreams.

À nouveau, suite aux auditions, ils sont déclarés finalistes. Ils enregistrent en finale un léger progrès, puisqu’ils terminent sixièmes

Une nouvelle fois, jury et public diffèrent complètement. Mais le vote du jury comptant pour 7/8… Le public couronne Muzzart, qui est complètement ignoré du jury et termine septième.

Le même jury snobe le groupe Milki, coaché par Alexander Rybak et qui finit quatrième.

Fatalement, le podium est occupé par les favoris du dit jury. En troisième place, Gunesh.

En deuxième, Anastasia Malashkevich.

Et en première, Uzari et Maimuna, qui remportent donc la victoire et leur ticket pour Vienne, avec Time. Là, ils termineront douzièmes de leur demi-finale, avec les “douze points” de la Géorgie, et seront ainsi éliminés.

En novembre de la même année, Ilona et Sergey, qui avait remplacé Ilya, quittent Napoli. Olga reste seule à bord et décide de porter désormais l’appellation en solo. En 2016, elle repart à l’assaut de l’Eurovision. Avec My Universe, elle se présente à la sélection biélorusse.

Elle réussit son audition et se retrouve en finale. Là, face à elle, à nouveau Anastasiya Malashkevich, qui termine sixième.

Mais aussi Navi, qui terminent quatrièmes.

Changement notable : le vainqueur est déterminé par le public seul. Après une bataille mémorable, il manque à peine 800 votes à Napoli pour s’imposer. Elle termine deuxième.

La sélection est remportée par Ivan, avec Help You Fly. Il part pour Stockholm, où, malgré une mise en scène remarquée, il est éliminé en demi-finale.

Napoli, de son côté, profite d’un retard de la TVP et s’inscrit, toujours avec My Universe, à la Krajowe Eliminacje. Elle est retenue pour la finale et grave son nom dans le grand livre d’histoire de l’Eurovision, en participant à deux sélections nationales avec la même chanson. Néanmoins, le télévote polonais lui est nettement moins favorable et elle finit à la dernière place.

La véritable bataille se joue entre Margaret et Michał Szpak. Margaret s’incline et obtient une deuxième place.

Michał l’emporte avec Color Of Your Life. À Stockholm, il laisse le jury de marbre, mais déchaîne le télévote de 35 pays et s’envole jusqu’à la huitième place de la finale.

Le carrousel repart pour un tour en 2017. Napoli tente une nouvelle fois sa chance et présente Let’s Come Together à la BTRC.

Elle franchit l’étape des auditions et accède à la finale. Le jury y marque son retour et sans surprise, la cloue au sol, alors qu’elle obtient la deuxième place du télévote. Elle termine cinquième.

Le fossé demeure béant en jury et public. Ce dernier attribue ses “douze points” à PROvokatsiya, qui écope d’un “nul point” du premier et finit quatrième.

Nuteki enlève la deuxième place.

Mais à nouveau, c’est le favori du jury qui l’emporte. Le groupe Navi est retenu pour Kiev, avec Historyja majho žyccia. Là, il convainc suffisamment que pour se hisser jusqu’à la seizième place de la finale.

Bien décidée à poursuivre son rêve, Napoli se réinscrit en 2018, avec Chasing Rushes.

Comme à son habitude, elle est retenue au terme des auditions. À la finale, elle n’enthousiasme que moyennement public et jury et termine quatrième.

Pour une fois, le dit public et le dit jury tombent d’accord. Ils accordent la troisième place à Shuma.

Et la deuxième à Gunesh.

Tous deux couronnent, en un bel ensemble, l’inénarrable Alekseev et son Forever. Un choix sujet à polémique et qui aboutira, à Lisbonne, sur une élimination en demi-finale. Il faut dire que la mise en scène…

Jamais défaite, Napoli remonte en selle dès 2019, avec Let It Go.

Vous connaissez la musique : elle franchit les auditions et atteint la finale. Cette fois, le jury décide seul et au terme d’un vote qui aura fait se retourner Marcel Bezençon comme un dynamo dans sa tombe, Napoli termine septième.

Le jury attribue une deuxième place à BLGN.

Et couronne Zena, qui part illico (ou presque) pour Tel Aviv. Elle se qualifie sur un fil pour la finale et y termine vingt-quatrième.

2020 voit l’éternel retour de Napoli. Elle interprète Don’t Let Me Down.

Elle poursuit son sans faute aux auditions et se qualifie pour la finale, où elle nous offre une prestation anthologique. Elle baisse hélas dans l’estime du public et du jury et termine à peine neuvième.

Public et jury reprennent leurs bonnes habitudes et divergent franchement. Le premier attribue sa première place aux Chakras, reçues plus froidement par le second et qui terminent deuxièmes.

Le jury, lui, s’enflamme pour Yan Yarosh, qui ne convainc pas le public et termine troisième.

C’est Val qui, obtenant les deuxièmes places des deux collèges, remporte une victoire pour le moins curieuse, avec son Da Vidna.

Le groupe n’ira point à Rotterdam cette année. Néanmoins, sa chanson sera entrée dans la légende dorée de votre site eurovisionesque préféré, grâce au grand talent littéraire et à l’imagination débordante de notre ami Rem_Coconuts. La question demeure : reverra-t-on Napoli l’an prochain ? À suivre…

(avec la collaboration de Sakis)

Crédits photographiques – @napolimusic