Ce mardi 10 avril, a donc eu lieu le quatrième euroconcert intermédiaire : l’Israel Calling de Tel Aviv. Voici la compilation des prestations, grâce à Matei et Esckaz. J’y ai ajouté mes petits commentaires personnels (qui n’engagent que moi), en me montrant plus concis pour les artistes déjà entendus à Riga, Londres et Moscou.

Israël – Netta – Toy – première demi-finale

À tout seigneur, tout honneur ! Et c’est, au passage, la première fois que je m’exprime publiquement sur la favorite en titre.

Le positif : Je comprends parfaitement qu’elle soit plébiscitée par les Eurofans. Netta dégage une telle énergie, un tel charisme, une telle attraction qu’elle en devient irrésistible. Elle offre ici une prestation digne de la sélection israélienne. Je la retrouve telle que je l’avais aimée alors. Sa victoire m’avait semblé logique, tant elle avait mis le feu à l’Hakokhav Haba. Ici aussi, elle propulse le public dans une sphère déchaînée et enflammée. Toy est un morceau à la hauteur de son tempérament. Un morceau comme on les aime à l’Eurovision, joyeux, dansant et rigolo. Trois minutes eurovisionesques au possible.

Le négatif : Vocalement, ce n’est pas Rona Nishliu. Vous me direz : ce n’est pas non plus ce qu’on lui demande. Mais c’est léger tout de même. C’est d’ailleurs mon opinion personnelle : l’ensemble est léger, très léger, dans le sens “facile et superficiel”. Tout repose sur Netta, sa personnalité, son histoire, son personnage. Toy est, pour moi, dans la lignée de Golden Boy et I Feel Alive : un bon numéro d’Eurovision, pour lancer la soirée, pas plus. Un plaisir d’Eurofan.

Conclusion : La qualification ne sera qu’une formalité administrative pour Netta. Sa réputation et l’amour de ses fans la porteront sans surprise jusqu’en finale. Et là ? Là, je ne sais trop quoi en penser. D’un côté, je vois beaucoup de lambdas être emportés par le tourbillon israélien. Je ne serais donc pas surpris qu’elle atteigne le podium. D’un autre côté, je ne vois pas cette proposition toucher le plus grand nombre. Je ne serais donc pas surpris qu’elle termine deuxième avec quelques points d’écart à peine. Néanmoins, si elle gagnait, je ne serais pas trop surpris non plus. Vous me suivez toujours ? En résumé : je m’attends à tout. Quant à moi, je n’accroche pas. Cela me laisse froid et insensible et je ne voterai pas pour elle. Comme je n’avais pas voté pour Salvador en 2017 ou pour Jamala en 2016… Vous dire à quel point je suis en phase avec ce Concours qui occupe une place majeure dans mon existence…

Australie – Jessica Mauboy – We Got Love – deuxième demi-finale

Je reste admiratif et j’apprécie énormément l’investissement personnel de Jessica. Après Londres, la voici à Tel Aviv. Respect à nouveau. Question stylisme, ce n’est pas ça du tout. Mais c’est un détail. Question énergie et présence scénique, notre représentante australienne est parfaite. Question vocal, c’est mieux qu’à Londres, je trouve. Mais c’est loin d’être éblouissant. Trop de puissance, pas assez de justesse. À Jessica de trouver un juste milieu. WGT, de son côté, conserve son impact positif dans les conditions du direct. Bref, la qualification me semble assurée. Et en finale, un bon classement aussi.

Belgique – Sennek – A Matter Of Time – première demi-finale

Tout de même ! Il était temps qu’elle nous l’interprète en direct ! Pour la précision : sans chauvinisme aucun (ou si peu…), ce morceau est mon préféré de l’année, celui que j’écoute le plus et à qui j’ai attribué mes “douze points” dans “Votre Eurovision 2018”.

Le positif : AMOT est une composition parfaite, mémorable et très contemporaine. Tout ce dont l’Eurovision a besoin en 2018 ! Classieuse, sophistiquée, intemporelle et un parfait exemple de la production belge actuelle. C’est à mille lieues des clichés eurovisionesques habituels et cela fera donc taire les détracteurs du Concours. Sennek a une voix profonde et captivante. L’identification avec son morceau est complète (forcément, puisqu’elle l’a écrit). L’un et l’autre sont en symbiose parfaite. Encore une proposition dont la Belgique pourra se targuer. Bonne prestation vocale durant les couplets…

Le négatif : …par contre, durant le refrain… Hum, hum… Pourtant, Sennek a démontré par le passé qu’elle était impeccable en direct. Accordons-lui le bénéfice du doute et disons que ce n’était pas son jour. N’empêche, cela refroidit un brin… D’un autre côté, à la même époque de l’année et dans les mêmes circonstances, Blanche ne m’avait pas non plus ébloui…

Conclusion : La chanson est parfaite. Mais question interprétation, il y a encore du boulot. Bref, je lui dirais en trois mots : bosser, bosser, bosser. Le potentiel y est, il est ici mal exprimé. Nous l’avons vu avec Blanche : la seule chose qui importe ce sont les trois minutes au Concours. Tout est encore possible pour Sennek, mais elle a intérêt à redresser la barre. Je l’attends désormais de pied ferme à Madrid et Amsterdam.

Danemark – Rasmussen – Higher Ground – deuxième demi-finale

Il est intense au point d’être effrayant, notre ami Rasmussen. Lui aussi, question stylisme, ce n’est point ça. Question prestation vocale, il demeure constant. Même si les aigus, ce n’est à nouveau pas Rona Nishliu… Mais les trois minutes sont bien emballées et fichues. C’est facile et cela trouvera son public, surtout avec la mise en scène viking. Nous retrouverons Rasmussen en finale. Là, il devrait voisiner avec la partie du gauche du tableau et permettre au Danemark de rentrer la tête haute.

Serbie – Sanja Ilic & Balkanika – Nova deca – deuxième demi-finale

Le positif : Voici une prestation vocale qui fera taire les accusations de play-back émises lors de la finale serbe. Nos comparses nous livrent une interprétation harmonieuse et sans raté. Professionnel, maîtrisé…

Le négatif : …et sans intérêt, hélas. ND est un gloubi-boulga sonore de vocalises à rallonge et de poussées dance, saupoudrées d’instrumentaux traditionnels. Une soupe musicale indigeste qui mériterait de rester en demi-finale. Vraiment, cette année, la télévision serbe est à la ramasse.

Conclusion : Inutile de tirer longtemps sur l’ambulance. Balkanika s’en tire avec honneur, mais ND est l’une des propositions les plus médiocres de ce Concours 2018. Sur ce, suivant !

France – Madame Monsieur – Mercy – finale

Bon, allez, filez-leur le Micro de Cristal, qu’on puisse passer à autre chose… Plus sérieusement, nos représentants français signent une autre prestation parfaite. Tout y est, selon moi : la voix, le talent, le charisme, le message, l’authenticité, la sincérité. Et donc, tout hurle “GAGNANT”. Mention spéciale au petit geste final, qui rendra merveilleusement bien à l’écran, le soir venu, et convaincra les derniers réticents à voter pour la France. La preuve que cela marche : même moi, je commence à céder de la volonté et à aimer. Impossible de résister de facto à Emilie et Jean-Karl. Victoire française en vue.

Suisse – Zibbz – Stones – première demi-finale

Notre duo suisse poursuit sur sa lancée. Corinne et Stefan sont talentueux et le prouvent à nouveau. L’entame vocale est un brin décevante, mais la suite est mieux interprétée. Je le redis : la meilleur proposition helvétique depuis Sebalter. Cela mériterait vraiment la qualification, cela mériterait vraiment de doubler l’Azerbaïdjan, la Biélorussie et l’Arménie. Parce que ces trois minutes sont fraîches, authentiques et viennent du cœur. Comme pour Sennek : bosser, bosser, bosser jusqu’en mai. J’espère qu’ils en seront récompensés alors.

Autriche – Cesár Sampson – Nobody But You – première demi-finale

Tout le monde s’est fâché avec son styliste, ce soir… L’important est ailleurs, heureusement. Cesár nous le démontre : l’important demeure la voix. Il est à nouveau magistral sur le plan vocal. L’entendre me donne envie de ronronner… Bref, voilà trois minutes qui méritent mille fois la finale ! Vous me permettrez d’abréger ici, je vais réécouter cela en boucle pendant un quart d’heure encore…

Monténégro – Vanja Radovanovic – Inje – deuxième demi-finale

Vanja a de l’humour. Tant mieux : il lui en faudra pour affronter sa demi-finale. Sur le plan vocal, rien à lui reprocher. Il est excellent, comme à la finale monténégrine, comme à Londres. Sur le plan scénique, il n’est pas le concurrent le plus charismatique de l’année, mais cela passe encore. Par contre sur le plan musical, il arrive avec une guerre de retard. Il y a dix ans, Inje aurait terminé parmi les dix premiers en finale. À Lisbonne, je doute que cela aille plus loin qu’une quinzième place en demi-finale. Du moins, Vanja rentrera sans honte à Podgorica, il se sera montré à son avantage.

Macédoine – Eye Cue – Lost And Found – première demi-finale

Le positif : Voilà un morceau qui retient l’attention et qui marque à première écoute. LAF est vraiment la curiosité musicale de l’année. Déconcertant, frais, attractif et génial dans sa dimension pop. Bojan et Marija sont en alchimie et en harmonie. L’on sent qu’ils ont l’expérience de la scène : ils y sont naturels et spontanés. Une autre proposition majeure de la Macédoine, dans le prolongement de l’année dernière. Mais cette fois, avec une vraie chanteuse qui sait chanter…

Le négatif : …mais qui elle aussi nous avait habitué à mieux. La prestation vocale de Marija est en demi-teinte. Elle aussi a de la marge de progression. Bosser, bosser, bosser, vous commencez à connaître le mot d’ordre… Quant au reste, LAF pourra déconcerter les lambdas qui l’entendront pour la première fois, au point qu’ils en hésiteront à voter. Une onzième place en demi-finale ne me surprendrait pas. Cela me crèverait le cœur, car j’adore cette chanson. Mais je m’y prépare déjà…

Conclusion : Ah si seulement, la Macédoine passait dans la deuxième demi-finale… Soyons honnêtes et gens de bien : tout est encore possible, rien n’est encore écrit. Avec une brillante prestation vocale et une mise en scène efficace, Eye Cue peut se qualifier. Y compris au détriment de l’Albanie et de la Croatie, car leur proposition est plus intéressante et convaincante. Mais décidément que cette première demi-finale s’annonce rude et intense.

Biélorussie – Alekseev – Forever – première demi-finale

Le positif : En voilà un qui est intense, lui-aussi. Ce regard, ces sourcils, cette bouche, voilà qui marque d’emblée. Alekseev est passionné, emporté par son morceau et sa prestation, cela se voit. Cette énième version de Forever est aussi bien tournée que les précédentes. Cela demeure commercial, mais du meilleur côté du commercial. À mon avis, les lambdas seront aussi irrésistiblement emportés que moi (même si c’est à mon corps défendant).

Le négatif : La prestation vocale d’Alekseev est meilleure qu’à la finale biélorusse. Si, si, tout de même. Mais pas de quoi lui attribuer un satisfecit. Par instants, c’est acceptable, par d’autres, c’est indigent. Et puis, ces mimiques exagérées, comme s’il était Jésus sur la croix, c’est d’un risible… Coup final : sa prononciation de l’anglais est aussi terrible que celle de Julia Samoilova. En un mot : douloureux (et pas que pour les anglophones).

Conclusion : En l’état, ce sera non pour moi. Forever est un bon morceau dans son genre, mais l’interprétation qu’en fait Alekseev m’apparaît ridicule. C’est outré, exagéré et vocalement inconsistant. Il y a mieux, plus intéressant, plus consistant, mieux chanté dans cette première demi-finale. Espérons que les téléspectateurs ne se laisseront pas distraire pas le costume lumineux ou tout autre accessoire destiné à masquer les faiblesses de l’ensemble.

Azerbaïdjan – Aisel – X My Heart – première demi-finale

Cette robe, cette robe ! Marie-Antoinette joue à la bergère… Concentrons-nous plutôt sur l’essentiel, ceci n’étant pas un site de mode : la prestation vocale. C’est du niveau de celle de Moscou, c’est-à-dire en demi-teinte. Ce n’est pas la catastrophe, non. Mais ce n’est pas renversant non plus. À nouveau, cela manque de souffle et d’ampleur, alors que le morceau en demande à revendre. J’en reviens à mon avis initial : XMH ne correspond absolument pas à Aisel. Ni sur le plan musical, ni sur le plan artistique, ni sur le plan vocal. Et je trouve plutôt curieux ce syndrome de Stockholm de répéter avec insistance qu’elle adore sa chanson, qu’elle l’a adoré à première écoute et qu’elle lui convient parfaitement… Ce n’est pas précisément ce que j’entends… Mon opinion demeure la même : l’Azerbaïdjan devrait rester en demi-finale, au profit de la Macédoine, de la Suisse voire de l’Albanie qui sont artistiquement et musicalement plus crédibles.

Arménie – Sevak Khanagyan – Qami – première demi-finale

Sevak se montre égal à lui-même, égal à sa prestation à la finale arménienne et à l’euroconcert de Moscou. Vocalement et scéniquement, c’est solide, professionnel, sans reproche. L’on sent l’expérience et le talent qui émanent de Sevak. Dommage qu’il ne se soit pas choisi un morceau plus intéressant. Qami est honnête, mais n’étonne, ni ne renverse. C’est la ballade eurovisionesque dans tout son académisme. Du coup, j’hésite sur ses chances de qualification. Sa prestation vocale est tellement réussie qu’il serait injuste de l’éliminer d’emblée. Sevak pourrait se qualifier grâce à elle. Mais ce morceau est tellement bateau… Sacrée première demi-finale ! Tout se décidera sur le vif, le 8 mai prochain…

Roumanie – The Humans – Goodbye – deuxième demi-finale

Le positif : Voilà une prestation vocale équivalente à celle de la finale roumaine. C’est excellent et crédible. Le groupe est habitée par sa performance et se donne de tout son cœur. Les amateurs de rock, de longues notes et de mélanges musicaux improbables seront ravis et comblés…

Le négatif : …les autres (dont moi, qui ne me suis toujours pas remis de la défaite de Feli) feront la grimace durant trois minutes. Que les Roumains aient voté en masse pour cette chanson me dépasse. Goodbye est comme un sandwich sans garniture. Juste du pain musical, un peu sec et guère goutu. Cela ne met pas l’eau à la bouche, ni donne envie d’en reprendre. Une nouvelle occasion manquée pour la Roumanie.

Conclusion : Qui sera qualif’ à la place du qualif’ dans cette deuxième demi-finale ? Franchement, j’aimerais que ce soit Malte ou la Slovénie à la place de la Roumanie, pour une fois. Rien qu’une fois, un peu pour Feli, beaucoup parce que Goodbye est sans inspiration, ni génie. Mais bon, c’est la Roumanie, hein. Inutile de se faire des illusions : à moins d’un séisme d’ampleur mondiale, nous retrouverons The Humans en finale. Au détriment d’un morceau et d’un pays méritants, comme toujours… Allez, juste pour le devoir de mémoire :

Moldavie – DoReDos – My Lucky Day – deuxième demi-finale

Eux, je les qualifierais de bon cœur. Ils sont rigolos et jouent quand même sur le second degré. Oui, MLD est un plaisir coupable. Mais puisqu’il en faut bien un, autant que ce soit lui. En voyant cela, en mon for intérieur, je me marre. Mais au grand jamais, je ne les montrerais à un détracteur du Concours. Je n’oublie pas qu’il y a du Philipp Kirkorov là-dessous. Je lui pardonne pour cette fois, car c’est trop drôle !

Espagne – Alfred & Amaia – Tu canción – finale

Oh, choupinou ! Ces deux-là savent y faire en matière d’émotions tendres et bleues. TC n’est pas la ballade du siècle, mais elle leur colle tellement à la peau que l’ensemble fonctionne et convainc. Tous les amoureux devraient se retrouver dans ces trois minutes (surtout si elles se concluent par le baiser attendu). Alfred et Amaia s’aiment, cela se voit, cela s’entend. Leur duo met la larme à l’œil, c’est mignon tout plein, il ne manque plus que des petits anges tout nus voletant ici et là. Notez qu’à Lisbonne, ce sera possible grâce à la réalité augmentée que l’on nous promet… L’Espagne a une excellente carte à jouer, également sur le plan vocal. L’humiliation de l’an dernier devrait être lavée. Je recommanderais à la TVE de creuser la piste d’Operacion Triunfo pour l’avenir. C’est une formule qui fonctionne pour l’Eurovision.

Lituanie – Ieva Zasimauskaite – When We’re Old – première demi-finale

Tiens, ici par contre, la styliste a repris ses esprits. Meilleur look pour Ieva qu’à la finale lituanienne. À l’exception peut-être des baskets… Sur le plan vocal, c’est un cran en-dessous de Riga et de Londres. Rien de condamnable, mais les notes les plus aiguës sont moins réussies. À réécouter attentivement la semaine prochaine à Amsterdam. Quant à WWO, cela demeure l’une de mes ballades favorites de cette édition 2018. Passera-t-elle en finale ? J’en doute. Surtout si (et je réenfourche mon cheval de bataille) les deux dernières strophes restent en lituanien. Le message avant tout !

Royaume-Uni – SuRie – Storm – finale

Mon styliste m’a tuer… Vous l’aurez noté : les folies vestimentaires ont tendance à se déplacer de l’Eurovision aux euroconcerts. Soit. Quant à SuRie, elle se montre à nouveau exceptionnelle. Vocalement, elle est remarquable, brillante, parfaite. L’une des meilleures interprètes féminines de l’année. Donnez-lui Forever ou I Won’t Break et elle en ferait de l’or. C’est hélas à pleurer : Storm est aussi plat qu’inintéressant. De l’eau tiède musicale, tout à fait le Perfect Life 2018. Pour espérer dépasser la vingtième place, SuRie a intérêt à miser sur sa voix anthologique et sur une mise en scène époustouflante. Oui, daaahling, c’est le moment de dégainer les roues de hamster, les pianos en feu et les Apollons dans un pédiluve.

Islande – Ari Ólafsson – Our Choice – première demi-finale

Idem ici. Un morceau poussiéreux et ennuyeux magnifiquement interprété par l’un des meilleurs chanteurs masculins de cette édition 2018. C’est pitié que pareille voix soit au service de pareille chanson… Comme si Luciano Pavarotti s’amenait avec Big bisous. Oui, j’exagère, mais cela m’exaspère au possible de voir autant de talent gâché et sacrifié. L’an prochain, la RÚV devrait changer son fusil d’épaule et emprunter la voie israélienne : trouver une nouvelle pépite vocale comme Ari et lui commissionner un morceau d’ampleur internationale (en s’adressant, au hasard, à Symphonix International – vraiment au hasard). Bref, rendez-vous en 2019, car cette année, c’est râpé pour l’Islande.

Lettonie – Laura Rizzotto – Funny Girl – deuxième demi-finale

La constance dans l’excellence. Voilà Laura résumée en une phrase. La chanteuse nous offre une prestation vocale aussi réussie qu’à la finale lettone. Brillant et captivant et au service d’un morceau remarquable. J’aime tout dans ces trois minutes sophistiquées et élégantes. Je ne suis pas certain qu’une majorité de lambdas décrocheront leur téléphone, mais suffisamment devraient le faire que pour permettre à Laura de se qualifier. À titre personnel, je verrais bien les jurys s’enflammer pour elle et la porter. Bravo en tout cas !

Géorgie – Iriao – For You – deuxième demi-finale

Le positif : Euh… Et si nous passions immédiatement au point suivant ?

Le négatif : Tout.

Conclusion : Trois minutes de vie perdues. Déjà qu’à la base, FY est LA chanson relou de l’année. Mais alors, s’ils l’interprètent comme ça à Lisbonne, c’est le “nul point” assuré. Le début est vocalement affligeant. À côté, Julia Samoilova est la reine du direct. La fin est plus réussie. Mais question présence scénique, c’est douloureux. On dirait trois communiants constipés chantant pour la première fois en public. Qu’a donc pensé la télévision géorgienne ? Et où est Tamara Gachechiladze ? Au moins, elle, elle savait chanter et me faire rire (à mauvais escient, certes, mais l’on ne peut pas tout avoir)…

Irlande – Ryan O’Shaughnessy – Together – première demi-finale

Vocalement, cela mériterait la finale. Mais musicalement, pas. Ryan est à nouveau excellent sur scène. Il chante avec force et conviction. Sa prestation vocale ne souffre aucun reproche. Hélas, Together est oubliable au possible. C’est un morceau de petit concert intimiste dans un pub dublinois, la bande-son d’un film romantique, pas vraiment le son qui fissure l’écran et fait sonner tout seuls les téléphones de l’Europe entière. C’est très bien dans son genre, mais ça se fera éclipser par Monsters, Fuego et Toy. Ibidem : rendez-vous en 2019 avec une proposition plus affirmée et marquante.

Saint-Marin – Jessika & Jenifer – Who We Are – deuxième demi-finale

Jessika est probablement la concurrente 2018 qui vit le plus intensément sa participation. Son rêve est devenu réalité. Qu’elle en profite et qu’elle continue à s’améliorer. Car cette prestation vocale est meilleure encore que les précédentes. À Lisbonne, elle devrait atteindre l’excellence. Par contre, faites taire Jenifer. Elle est tout bonnement insupportable. Ce rap forcé, Seigneur… WWA me fait songer à un After Eight : un bon ingrédient de base (du chocolat) mélangé avec un ingrédient détestable (de la menthe) pour un résultat piégeur. L’on croit que l’on va se régaler, sauf que non, c’est la déception ! Répète et répépète : rendez-vous en 2019, si possible avec une édition non pipée du 1 In 360.

Slovénie – Lea Sirk – Hvala, ne! – deuxième demi-finale

Le positif : Excellente prestation vocale de Lea, équivalente à celle de la finale slovène. Voilà une chanteuse remarquable, dynamique et charismatique. Même sans visuel élaboré, elle convainc et emballe. Ici, c’est un peu plus punk qu’à l’EMA, plus brut, moins léché. Et je trouve cela meilleur, plus frais, plus spontané. Je préfère quand Lea se lâche et se donne tout entière. Hn est bien produit, bien emballé et assez rigolo. De quoi convaincre en demi-finale.

Le négatif : Absolument rien à redire de Lea. Hn, en revanche, risque de dérouter les lambdas. Sa construction hachée et variante pourrait laisser des téléspectateurs sur le bord de la route. Mais je présume peut-être, les lambdas sont parfois sensibles à l’audace et aux propositions alternatives…

Conclusion : L’un dans l’autre, cela mériterait la qualification, je trouve. C’est tout de même plus moderne, innovant et fouillé que les propositions roumaine, serbe et russe réunies. Certes, la Slovénie n’est point un aspirateur à votes, mais elle mériterait cette fois d’être récompensée de ses efforts.

République Tchèque – Mikolas Josef – Lie To Me – première demi-finale

Lâche-moi ce sac, daaahling, pour l’amour du ciel. C’est une fausse bonne idée. Et réconcilie-toi avec ton styliste… Sur le plan vocal, Mikolas revient au sommet, après une prestation trop désinvolte à Londres. Il est brillant, ce garçon, et sa chanson tout autant. En finale et dans le Top 10 ! Et faites que la République Tchèque devienne la nouvelle Bulgarie !

Conclusion

Un bon euroconcert dans l’ensemble. Les favoris confirment leur position. Les non favoris aussi. Je suis positivement surpris par Lea Sirk, qui déchire grave en fait. Je suis déçu par Sennek et Eye Cue. J’attendais mieux, j’attendais plus. Mais nous sommes bien d’accord : rien n’est joué, rien n’est écrit, la messe n’est pas encore dite. Notre Sennek nationale a encore tout le loisir pour se surpasser. Sur ce, mes récompenses et mon podium personnel !

Médaille de bronze : Mikolas Josef, pour sa fantaisie, sa joie de vivre, son aisance vocale et scénique. Sony ne s’est pas trompé en lui faisant signer un contrat international : le chanteur a le potentiel des meilleurs popstars.

Médaille d’argent : Laura Rizzotto, pour sa voix envoûtante, pour sa classe phénoménale et pour sa composition géniale. Voilà un morceau que je réécouterai avec plaisir jusqu’à mon dernier souffle.

Médaille d’or : Cesár Sampson, pour son magnétisme, pour sa voix qui me met en transe, pour tout, y compris son physique (ce n’est pas le propos de l’Eurovision, mais, ça va, c’est bon, on l’a tous fait, hein).

Hors catégorie : Madame Monsieur. Tout le monde en a après Netta, mais sincèrement, c’est eux que je vois gagner en mai. Certains d’entre vous doutent. Moi, plus. Je trouve que Mercy combine à sa façon le meilleur de Rise Like A Phoenix, Heroes, 1944 et Amor pelos dois. Un message universel d’amour, de paix, de fraternité, d’ouverture, une histoire tragique, belle et pleine d’espoir, une composition simple mais pas simpliste, entraînante mais pas industrielle, émouvante mais pas pleurnicharde, garantie sans fast-food, le tout dans une langue nationale et interprétée par ses propres auteurs-compositeurs. Bref, du bois dont on fait les vainqueurs.

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