C’est début mars que le télédiffuseur a annoncé la couleur. En répondant Boys Do Cry à l’appel à candidatures lancé par la SGR SSR à l’automne dernier, l’ancien officier a réussi à séduire public et jury d’experts avec une ballade soul qu’il défendra ce mardi sous le soleil cinétique du Pala Alpitour. Il est suisse, il a vingt-neuf ans et c’est l’une des révélations musicales de son pays : voici Marius Bear en interview !

EAQ – Comment avez-vous démarré votre carrière musicale ?

Marius Bear – J’ai découvert ma voix dans l’armée suisse. J’y étais officier lorsqu’un soldat est venu me voir un matin après une revue des troupes. Il m’a dit « Camarade, tu as une belle voix qui porte. Chantes-tu ? », ce à quoi j’ai répondu non et ajouté « Crois-tu que je devrais ? ». Il était musicien et nous avons alors commencé à traîner ensemble et à improviser. C’est le moment où j’ai réalisé combien j’aimais cela et combien ça me calmait et soulageait mon stress. Après quelques semaines, j’étais tellement à fond dans la musique que j’ai quitté l’armée et suis devenu musicien de rue.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de l’Eurovision ?

Les premiers souvenirs d’avoir regardé l’Eurovision remontent à l’enfance. C’était toujours un moment important dans ma famille. En Suisse, c’est un peu comme si nous regardions des courses de ski (rires). C’est un évènement durant lequel toute la famille se retrouvait et nous le regardions ensemble à la télévision.

Que représente le concours pour vous ?

J’aime l’Eurovision parce que c’est un évènement créatif dans lequel tant de cultures et de chansons se rencontrent. Je pense qu’avoir un tel évènement est libérateur, parce que tout peut se passer. Nous avons un accès immédiat au public grâce aux plateformes de streaming, qui sont très réactives. Tout se passe durant les trois minutes que vous passez sur scène et la connexion émotionnelle que vous pouvez créer avec le public.

Boys Do Cry est le titre avec lequel vous porterez les couleurs de la Suisse. Comment l’évoqueriez-vous ?

La chanson évoque le fait d’être capable de montrer ses émotions. Depuis mon plus jeune âge, j’ai appris qu’il ne fallait pas que j’aie honte de mes sentiments. En tant qu’homme, je n’ai pas peur de pleurer et de montrer ma faiblesse. Je ne veux pas porter une armure émotionnelle. Je veux être qui je suis. Je veux encourager le public à faire de même.

Justement, quels sentiments vous procure votre participation à l’Eurovision ?

Tout l’amour que je reçois de la communauté de l’Eurovision est incroyable ! Je n’ai jamais vécu quelque chose de semblable. J’imagine que participer aux Jeux Olympiques doit procurer un sentiment similaire pour un sportif. L’esprit de compétition est certes présent, mais le fait d’être ensemble et l’unité sont plus forts que jamais en ces jours !

Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre scénographie ?

Tout repose sur le moindre détail et ce qu’il se passe autour de moi. Ce que je peux vous dire, c’est que cela est très différent de la plupart des prestations que j’ai faites jusqu’alors. Je suis focalisé sur mes expressions faciales. Quand les lumières, le visuel, la chanson et la voix se rencontreront durant ces trois minutes, ce sera magique.  

Avez-vous des artistes et des chansons favoris cette année ?

Je trouve toutes les propositions incroyables. Il y a tant de bonnes chansons et d’artistes très suivis. Mes favoris sont la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Nous venons juste de sortir un album également intitulé Boys Do Cry au mois de mars. Le prochain single sortira à l’été, suivi d’un autre à l’automne et de concerts. C’est une année chargée qui m’attend, mais je suis prêt !

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je vous remercie encore mille fois pour votre soutien !


Un grand merci à Marius Bear d’avoir répondu aux questions de L’Eurovision au Quotidien. Merci également à Remo Müller, du service communication et relations médias de la SRF, pour l’organisation de cette interview.

Nous donnons rendez-vous à Marius dans seulement deux jours, mardi 10 mai, en 4ème position de la première demi-finale de l’Eurovision 2022 !  Dans l’attente, je vous invite à écouter son dernier album, Boys Do Cry, disponible sur les plateformes de streaming.

© Nathan Reinds | UER