C’est devenu une source d’inquiétude depuis plusieurs années : déjà que le nombre de pays participants était stagnant jusqu’à récemment, le retrait de cinq pays en 2026 a fait baisser les chiffres à leur plus bas depuis 2004. Qu’en sera t-il en 2027 ?
La Belgique sur la voie du retrait ?
Parmi les plus virulents quant à la participation d’Israël, le plat pays avait finalement décidé de prendre part à l’Eurovision 2026, tout en indiquant vouloir mentionner la tragédie à Gaza à l’écran. Non sans heurts, puisque des syndicats de travailleurs de la RTBF et de la VRT s’étaient mobilisés contre la participation belge, tandis que le télédiffuseur néerlandophone VRT avait laissé son commentateur à Bruxelles pour la première fois.
En 2027, en respect du principe d’alternance entre les diffuseurs néerlandophone et francophone, c’est la VRT qui sera chargée d’organiser la participation de la Belgique. Cela semble toutefois mal parti pour la télévision flamande, qui soumet sa présence en Bulgarie à un véritable vote au sein de l’UER sur la participation d’Israël à l’Eurovision. Enfin, pas qu’Israël, puisque la position de la VRT touche plus largement au règlement qui permet d’octroyer à un pays le droit de participer au concours, que le télédiffuseur néerlandophone souhaite calqué sur le modèle des organisations internationales.
« À l’heure actuelle, il y a peu de chances que la VRT envoie un artiste l’année prochaine. Nous attendons de l’UER (l’Union européenne de radio-télévision, qui organise le concours, ndlr) qu’elle prenne clairement position contre la guerre et la violence et en faveur du respect des droits de l’homme.
C’est pourquoi nous demandons un cadre clair pour la participation, un débat ouvert et un vote direct parmi les membres de l’UER. Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu de réponse satisfaisante à ce sujet. Même lors des demi-finales de cette semaine, rien n’indiquait que l’UER prêtait attention à nos préoccupations.
Nous souhaitons bien sûr en discuter avec d’autres radiodiffuseurs. Mais si la position de l’UER ne change pas, il y a peu de chances que la VRT envoie un artiste l’année prochaine. »
Yasmine Van der Borght, porte-parole de la VRT
En cas de retrait de la VRT, la Belgique pourra toujours compter sur la RTBF pour envisager une participation à l’Eurovision. Néanmoins, une telle perspective mettrait à mal le principe d’alternance si cher à nos amis belge. Surtout, un journaliste de la RTBF nous a avoué que le télédiffuseur francophone n’aurait pas les moyens de prendre financièrement le relais de la VRT pour assurer la participation belge une deuxième année d’affilée. Autrement dit : pas de VRT égal retrait !
Le Luxembourg attend le feu vert du gouvernement
Éliminé en demi-finale pour la première fois depuis son retour en 2024, le Grand-Duché est dans l’attente quant à sa participation à l’Eurovision 2027, indépendamment du résultat d’Eva Marija à Vienne. Si l’hypothèse d’une présence en Bulgarie est réelle, tout dépendra du gouvernement luxembourgeois et de la poursuite de son soutien financier, pour le moment acté jusqu’en 2026.
La délégation luxembourgeoise devrait rencontrer le gouvernement dans les semaines à venir, afin de discuter de l’avenir du pays à l’Eurovision. Notons cependant que l’ancien Premier Ministre – et actuel Vice Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères – Xavier Bettel, eurofan de la première heure et à l’origine du retour du pays à l’Eurovision, était présent à Vienne samedi pour assister à la finale : un signal positif pour une nouvelle participation du Luxembourg en 2027 ?
Quid des pays en retrait de l’édition 2026 ?
Malgré leur retrait, les Pays-Bas ont diffusé le concours sur NPO, où il a connu une audience historiquement basse. Dans un communiqué de presse conjoint avec AVROTROS, les deux télédiffuseurs néerlandais ont déclaré qu’il était trop tôt pour déterminer s’ils reviendraient l’année prochaine ou non – alors que Martin Green avait indiqué l’existence de discussions.
« Nous félicitons la Bulgarie pour sa victoire au Concours Eurovision de la chanson. La NPO revient sur une édition riche en événements, et nous tenons à remercier nos collègues de la NOS et de la NTR pour leur couverture du festival, agrémentée des commentaires avisés de Henry Schut et Jeroen Kijk in de Vegte.
Cela soulève naturellement la question de savoir si les Pays-Bas seront sur le podium bulgare l’année prochaine. Avant de pouvoir nous prononcer à ce sujet, nous attendons l’évaluation de l’UER. Sur cette base, nous entamerons des discussions avec AVROTROS. »
Du côté de l’Espagne, la RTVE a fait le choix de ne pas retransmettre l’Eurovision cette année. En lieu et place, un programme intitulé La Casa de la Música a été privilégié, en introduction duquel a été affiché le message suivant : « L’Eurovision est une compétition, mais les droits humains ne le sont pas. Il n’y a pas de place pour l’indifférence. Paix et justice pour la Palestine. » Le directeur général du télédiffuseur avait proposé fin février de bannir de l’Eurovision tous les pays en guerre (dont l’Ukraine, option refusée par Martin Green), avant de déclarer début mai que la RTVE verrait à partir du 17 mai si les conditions sont réunies pour un retour ibérique en 2027.
Quant à la Slovénie, l’accession au pouvoir attendue de Janez Janša (droite nationaliste, pro-Trump et favorable au gouvernement israélien) pourrait changer la donne quant au positionnement de la RTV SLO, surtout que le futur Premier Ministre était opposé au retrait slovène. Rappelons toutefois qu’aux yeux de l’UER, les télédiffuseurs doivent être indépendants de leurs gouvernements respectifs, du moins en théorie… Enfin, en Irlande, le directeur général de la RTÉ a déclaré qu’il ne voyait aucune raison à un retour du pays à ce jour, mais que la situation serait réexaminée dans les prochains mois.
D’éventuels retours… ?
De retour en 2026, la Bulgarie, la Roumanie et la Moldavie ont conjointement signé l’opération jackpot de cette 70ème édition, s’offrant respectivement une première victoire, un podium historique et un top 10. Bref, vous l’aurez constaté : les revenants ont brillé. De quoi motiver les absents à faire à leur tour leur grand retour à l’Eurovision ?
Certains ont déjà montré leur intérêt ces derniers mois. Largement évoqué à l’automne dernier, le retour de la Macédoine du Nord pourrait être à l’ordre du jour en 2027, du moins était-ce la volonté affichée du conseil des programmes de la MRT, avec la possibilité d’un soutien technique et organisationnel d’autres télédiffuseurs. La piste d’un retour de Monaco est également régulièrement évoquée, surtout depuis le lancement de TV Monaco en 2023. Mais le gouvernement monégasque avait annoncé envisager une fusion de ce nouveau télédiffuseur public avec Monaco Infos à l’horizon 2026, sans nouvelles à ce jour.
Un nouvel espoir se situe également du côté de la Hongrie, où le nouveau Premier Ministre, Péter Magyar, a affiché son soutien à un retour du pays à l’Eurovision. Mais le télédiffuseur public devrait connaître une refonte post-Orban en vue de la création d’un nouveau média « indépendant, objectif et impartial » selon le chef du gouvernement. Nouveau télédiffuseur qui, pour être éligible à une participation à l’Eurovision, devra obtenir son statut de membre de l’UER, ce qui peut prendre du temps. Il semblerait toutefois que seule la branche information du télédiffuseur public hongrois soit touchée par la réforme du nouveau gouvernement.
Espérés par les eurofans depuis de nombreuses années, les retours de la Slovaquie et de la Bosnie-Herzégovine semblent peu probables à court terme au vu des difficultés rencontrées par leurs télédiffuseurs publics respectifs, tout comme celui d’Andorre faute de volonté affichée. Le journal tchèque Deník N a toutefois révélé que le télédiffuseur slovaque avait initialement envisagé un retour à l’Eurovision 2026, avant de renoncer faute de ressources financières suffisantes et de partenaires privés en soutien. Dommage, surtout qu’un regain d’intérêt pour le concours semble constaté du côté de la population…
… Ou peut-être des débuts surprise ?
L’hypothèse relève à la fois du serpent de mer et de perspectives limitées, tant la liste de néo-participants au concours s’est considérablement réduite depuis l’intégration de l’ex bloc soviétique et de l’Australie. Régulièrement cité, le Kazakhstan a fait part de son intérêt pour une participation, mais franchir le cap suppose un investissement financier important que le télédiffuseur ne semble pas pouvoir se permettre à ce jour – l’Eurovision n’est d’ailleurs plus diffusée dans le pays depuis 2022 et ce dernier s’est retiré du Junior la même année. Surtout, le pays s’est vu proposer de participer à Eurovision Asie en novembre prochain, une perspective à laquelle Khabar Agency n’est pas insensible, sous réserve de ressources financières.
Évoquée depuis longtemps, une première participation du Liechtenstein semble impossible à ce jour, le pays ne disposant plus de télédiffuseur public depuis un vote en faveur de la privatisation de Radio Liechtenstein et sa fermeture en avril 2025 faute de repreneurs. La taille du pays semble également un frein à sa participation à l’Eurovision selon sa Première Ministre Brigitte Haas. De son côté, le Kosovo semble très motivé pour intégrer le concours (qu’il a encore diffusé cette année par ailleurs) et le télédiffuseur RTK avait même sollicité l’UER à ce sujet en 2024. Mais la RTK n’est pas membre de l’UER et la non-reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par la Serbie pourrait peser dans la balance (même si le concours se dit « apolitique »…).
Last But Not Least, surtout que le sujet avait fait couler beaucoup d’encre il y a quelques mois : le Canada. En novembre dernier, la CBC/Radio Canada (membre associé de l’UER) avait évoqué dans son plan d’action annuel l’exploration d’une participation future du pays à l’Eurovision, avec l’implication personnelle du Premier Ministre Mark Carney. Si le directeur du concours Martin Green avait évoqué l’existence de discussions préliminaires entre l’UER et le télédiffuseur canadien, Vienne pourrait avoir marqué un coup d’accélérateur, puisqu’une délégation de CBC/Radio Canada était présente sur place en qualité d’observatrice. Et Martin Green de répondre que, si aucune demande officielle n’avait été déposée sur son bureau, les portes restaient grandes ouvertes à l’Eurovision… Surtout que d’éventuels non-retours, voire de nouveaux retraits, fragiliseraient considérablement l’équilibre économique du concours et nécessiteraient la venue de nouveaux partenaires bienvenus pour assurer sa pérennité financière.
Mise à jour du 27/05/2026 : certains retours en voie de concrétisation ?
En quelques jours, plusieurs pays et télédiffuseurs ont précisé leurs intentions. Des signaux positifs se sont ainsi manifestés du côté d’absents de longue date, au premier rang desquels la Hongrie : dans une interview à ORF, le premier ministre Péter Magyar a indiqué qu’il demanderait au secrétaire d’Etat à la culture d’étudier la possibilité d’un retour du pays au concours pour 2027. Une demande qui fait suite à de nombreuses sollicitations à ce sujet, notamment des jeunes générations. Une voisine semble aussi motivée à effectuer son retour à l’Eurovision en 2027 : la Slovaquie, puisque le télédiffuseur STVR est en recherche d’un sponsor financier visant à assurer une nouvelle participation du pays 15 ans après sa dernière. Une perspective qu’il avait en réalité envisagé dès 2026, mais qui n’a pu se concrétiser pour des raisons financières.
Du côté des absents de 2025, le télédiffuseur néerlandais Omroep Max a manifesté son intérêt pour la prise en charge de la participation des Pays-Bas à l’Eurovision 2027, si jamais AVROTROS décidait à nouveau de boycotter l’événement. Il conditionne toutefois cette perspective à un co-financement de la (coûteuse) participation avec le télédiffuseur NPO, qui a diffusé les demi-finales et la finale de l’Eurovision cette année.
Au Kosovo, le Festivali i Kengës sera remplacé après seulement trois années d’existence par Akordet e Kosovës, un programme ressuscité après des décennies d’absence. Le but affiché est clair : utiliser l’émission en guise de sélection nationale pour l’Eurovision et l’Eurovision Junior, si jamais le télédiffuseur RTK devient enfin membre plein et entier de l’UER, et donc éligible pour une participation au concours.
Crédits couverture : eurovision-quotidien.com (tous droits réservés) – image réalisée avec l’aide de ChatGPT









Si l’Espagne revient, ce que je souhaite, elle pourrait sélectionner ce chanteur formidable je suis certain qu’il ferait un beau classement https://youtube.com/shorts/NziUDyWX6oY?is=UdNIep3U8bB9381b
Où est l’Islande dans la carte et dans l’article ? Il est blackouté ?
C’est bizarre : pourquoi traiter l’Eurovision différemment du football et du sport en général ? Je ne comprends pas les boycotteurs.
Les pays boycottant l’Eurovision peuvent-ils se permettrent de boycotter les compétitions sportives internationales ????
C’est totalement exact. l’Espagne fait preuve en la matière d’une hypocrisie lamentable. Dans. Les compétitions sportives leurs équipes Barcelone, Madrid ou encore Valence ont affronté des équipes israéliennes sans broncher. Pour les JO aucun des 5 pays boycotteurs n’a eu le courage de faire de même en 2024…le problème semble être davantage le coût financier que celui des droits de l’homme à géométrie variable qu’ils évoquent.
Ces pays ont encore davantage politisé l’Eurovision en faisant cela. Le spectacle magnifique produit à Vienne démontre aussi que l’on peut se passer d’eux. A titre perso le pays qui m’a manqué le plus est les Pays-Bas qui propose très souvent d’excellentes contributions.
Croisons les doigts pour les retours hongrois et slovaque.
Vive l’Eurovision United by music
Vous ne regardez pas le problème sous le bon angle. Ce n’est pas le pays en lui-même qui boycotte, c’est le diffuseur et plus particulièrement les personnes qui sont en charge de gérer la participation au concours. S’il sont d’avis à boycotter, c’est tout à fait leur droit. Il n’est nullement question de faire un lien avec les événements sportifs et encore moins question d’hypocrisie. Par contre, le boycott est-il réellement efficace? Je dirais que non mais c’est tout à l’honneur de ceux qui boycott s’ils ne veulent pas être rattachés à l’image actuelle que donne l’UER.
S’ il n’ y a que 35 pays qui participent, une seule demi-finale suffirait comme de 2004 à 2007. Les 10 meilleurs autres que les pays du big 5 sont directement qualifiés. Il y aurait donc la Bulgarie, Israël, la Roumanie, l’ Australie, la Finlande, le Danemark, la Moldavie, l’ Ukraine, la Grèce et la Pologne, cette dernière 12ème sauvée grâce à la 5ème place de l’ Italie et la 11ème de la France.
Pas certain que cela donne une finale de qualité. Ce n’est pas parce que ta chanson est de qualité en année x qu’elle le sera aussi en année x + 1
Je préfère le système de deux demi-finales. Cela laisse plus de chances pour se qualifier. Mais c’est vrai qu’en-dessous d’un seuil minimal de participants, cela tient moins.
Si le nombre de participants diminue et que deux demis doivent être maintenues, on peut supprimer le big 4 ou 5 en leur imposant de ‘passer’ par les demis pour se qualifier comme les autres 🙂
C’est ok pour le Luxembourg. Bonne nouvelle et j’espere que le Luxembourg chantera en francais.
Pour la VRT, elle avait facile de gonfler les muscles lorsque ce n’était pas son année de participation. Actuellement, elle le refait …mais bien avant l’échéance de la confirmation de participation ou non…un moyen de mettre la pression.
Et pour son histoire de commentateur, c’est une décision symbolique voir hypocrite…une équipe de journalistes de la VRT étaient bien présentes à Vienne pour couvrir le concours.
J’imagine mal la VRT se passer d’Eurovision pendant 4 ans : Pas de candidat entre 2025 et 2029…vu absence en 2027 et 2028 serait l’année RTBF.
Un début que personne ne parle et où je serais assez ouvert. Ce serait… La Nouvelle Zélande. Je ne sais pas si là-bas le concours est aussi populaire qu’en Australie. Mais déjà que l’Australie est l’un de mes pays préférés du concours. Accueillir son plus proche voisin pourrait pourquoi pas apporter une jolie nouveauté au concours.
La Nouvelle-Zélande est l’un de mes pays préférés avec l’Australie, mais j’ai un peu de mal à le voir prendre part à l’Eurovision. Le concours n’y est pas aussi populaire qu’en Australie pour en avoir discuté avec des locaux néozélandais, et il n’y est plus diffusé (seulement 8 fois de manière irrégulière entre 1992 et 2016).
Pour la SBS, je comprends qu’elle ait été invitée pour sa fidélité vis-à-vis de la diffusion de l’Eurovision depuis des décennies (43 ans cette année). Mais pour la Nouvelle-Zélande, c’est une autre histoire. Je ne pense pas que les télespectateurs néozélandais soient assez intéressés par une participation à l’Eurovision. Et avec la présence de la KAN, je ne pense pas qu’ils seraient enchantés de voir leur télédiffuseur être associé au diffuseur israélien. Je vois déjà des manifestations pro-Palestine se faire à Auckland si l’idée d’une participation est envisagée par TVNZ. Donc, c’est à éviter.
En tous cas, il reste toujours la possibilité de voir le pays prendre part à l’Eurovision Asia en fin d’année. Ce serait une meilleure option. Et si jamais ça se concrétisait, je pense que TVNZ proposera à Stan Walker de les représenter. C’est un Māori qui est un chanteur incroyable, l’un des plus populaires dans son pays.
En Espagne vu que Pedro Sanchez n’a plus la majorité absolue, le pays risque de revenir. Malheureusement comme dans beaucoup de pays l’extrême droite monte 🙁 . Mais cela dit, je trouve ces boycottes absurdes car ça n’apporte rien de concret aux peuples qui subissent la guerre.
bein si justement c’est un message fort et si de nombreux pays quittaient le concours cela causerait l’annulation du concours. A choisir entre pouvoir diffusé et la non participation d’un pays cela serait vite fait.
Car ça a été encore prouvé cette année que les votes sont faussés quel intérêt de voir un concours si on sait qu’Israël finit toujours dans les 3 premiers
Tu iras dire ça aux victimes, elles vont être soulagées de savoir qu’un pays boycotte le concours Eurovision dont elles n’ont rien à foutre.
C’est marrant cette indignation pour Israël alors que pour la Russie personne ne disait rien … Alors que le pays a participé des années tout en massacrant des populations y compris la sienne.
Je ne cautionneme en rien les actes du gouvernement Netanyahu au passage.