Hej ! Un peu plus de 48 heures après la série du Melodifestivalen, et un live-tweet assuré par Betty, Loreen s’est à nouveau penchée sur les prestations et les titres que nous avons pu écouter samedi soir. Selon l’auteur ici incarné par la gagnante mythique du concours 2012, qui s’est distingué·e sur la scène de l’Avicii Arena ? Réponse dans le tableau.

Artiste et chansonCommentairesLoreen
Liamoo – BluffinJolie entrée en matière dans cette série 2 avec le titre de Liamoo. De très bonne facture, Bluffin nous offre trois minutes de pop contemporaine, très bien assurées par son interprète sur scène. Évidemment, et une nouvelle fois, nous ne tenons rien de révolutionnaire, tant sur le plan de la composition (qui évoque certaines chansons cousines des précédentes éditions du Melfest) que sur celui de la scénographie (qui m’évoque parfois le Dance You Off d’Ingrosso pour le côté seul en scène déconnecté du public). Il n’en reste pas moins que l’ensemble demeure très efficace, et que c’est en toute logique que nous retrouverons l’interprète en finale.
Lisa Ajax & Niello – Tror du att jag bryr migPeut-être que le niveau assez élevé et homogène de cette demi-finale n’offrait pas au duo la perspective d’un miracle, mais la dernière place est très sévère. Certes, le titre en mode pop-schläger suédoise est très agréable et doté d’une belle énergie, mais ne renverse pas pour autant des montagnes. Certes, c’est inégal vocalement, entre un Niello très approximatif et une Lisa Ajax qui a joué le rôle de très bon contrepoint pour rattraper le truc. Mais la prestation scénique était tellement enjouée, colorée, délicieuse, vintage, que la claque prise au second tour me semble quand même plutôt injustifiée. D’autant plus que le dernier ticket pour la demi-finale aurait pu être jouable … de manière assez sportive toutefois.
Samira Manners – I Want to Be LovedC’est en inconnue que la jeune chanteuse de Scanie est arrivée sur la scène de l’Avicii Arena : que sa prestation de samedi lui ai permis de se faire un nom auprès du public suédois. Car, hélas, pas de surprise pour Samira qui, pour sa première, a fait les frais d’une concurrence trop élevée pour espérer pouvoir se sortir de cette série 2. I Want to Be Loved n’est pourtant pas exempt d’un très joli potentiel, celui d’une douce ballade à la guitare évoquant la délicatesse de l’univers indie pop-folk porté par des artistes de la trempe de Feist. Assez enchanteur, en somme. Que cette prestation ait permis à Samira de se faire les cordes (vocales), et qu’elle ne soit qu’une prise de rendez-vous pour la suite.
Alvaro Estrella –SuaveRien de nouveau du côté de l’inamovible Alvaro Estrella qui, dans la droite lignée de l’univers auquel il nous a abonné, nous livre un nouveau titre pop latino répondant note pour note aux standards imposés par ses prédécesseurs. En termes d’originalité, on a connu mieux, sur le plan musical … également. Est-ce toutefois le sujet avec Alvaro ? La seule ambition du chanteur est de nous offrir un titre dansant, agréable et léger, bref de nous offrir cet indispensable et vivifiant soleil, qui plus est en la froideur de l’hiver. Des cases cochées sans difficulté, tant sur le plan de la presta, très bien menée, que sur celui du titre, plaisant et efficace (et à mon sens plus réussi que le primaire Baila Baila de 2021).
Browsing Collection – Face in the CrowdPunk Rock Attitude avec un girls band qui a réalisé ses premiers pas sur la scène du Melfest avec la caution diversité musicale de cette série. Une prestation énergique et dynamique pour un Face In The Crowd qui ne renouvelle pas foncièrement les codes du genre, mais qui apporte son lot de sympathie et de fraîcheur à l’écoute. Si ces trois minutes étaient plutôt plaisantes, l’ensemble manquait toutefois d’un soupçon de mémorable pour espérer pouvoir se distinguer dans une série aux perspectives plutôt étroites.
John Lundvik – ÄnglavaktScoop : comme on le savait déjà, John Lundvik est un excellent interprète, et c’est ainsi qu’il nous le prouve une nouvelle fois avec ce cru 2022. John n’a besoin de personne d’autre que lui-même pour briller, et le seul en scène qu’il nous a offert samedi soir répond parfaitement au cahier des charges. Ballade en langue suédoise de facture plutôt classique, Änglavakt est un titre qui se laisse apprécier pour ce qu’il est. Nuls ambages, nulle flamboyance, seulement trois minutes de simplicité et de pureté qui se suffisent à elles-mêmes, et surtout sublimées par leur interprète.
Tone Sekelius – My WayNouvelle venue au Melodifestivalen, l’influenceuse nous propose ici une ballade pop qui, tout en ayant le mérite d’être facilement mémorable, n’est pas de la première finesse sur le plan de la composition. Mais là n’est pas le sujet principal, et j’ai même envie de dire que c’est secondaire d’autant que le titre tient très bien la route. Car l’intérêt de My Way est ailleurs. Tel un écho à sa vie et à son parcours, qui sont également celles de centaines de milliers de personnes à travers le monde, Tone Sekelius nous propose ici un hymne à la tolérance et à l’égalité, avec un message clé : même si cela est difficile, soyez fier·e d’être vous-même. Le tout illuminé par une prestation puissante et extrêmement habitée, en pleine phase avec la chanson et la battante qu’est Tone.

L’avis de Rémi

Pas de grand renversement samedi dernier, avec des résultats dans l’ensemble sans surprise, malgré la première élimination de Lisa Ajax dès les séries. Dans un épisode pourtant d’une jolie densité, la logique a été dans l’ensemble respectée, tant sur le plan des propositions que sur celui des prestations, pour ne pas dire également des noms. Ainsi, malgré une très belle prestation qui lui vaut une encourageante cinquième place au final, Samira Manners partait avec de sérieux handicaps face à des habitué·es du Melodifestivalen. Jusqu’alors quasi inconnue, la jeune artiste a toutefois montré qu’elle avait de sérieux atouts musicaux à faire valoir : souhaitons-lui que ce premier tour sur la scène du Mello ait résonné comme une expérience enrichissante qui lui permette de de revenir plus forte et plus à l’aise pour la suite. Inversement, même si je disais plus haut que le verdict est injuste pour Niello & Lisa Ajax, force est de constater qu’il est somme toute relativement cohérent (pas pour son entente sévère toutefois).

Le télévote a choisi d’envoyer en finale Liamoo et John Lundvik, et je m’inscris en pleine phase avec ce verdict, qui me semble assez évident pour les raisons évoquées ci-dessus. Les deux récidivistes ont en effet livré les propositions les plus abouties et les plus solides de cette série. À ce stade, si Lundvik ne jouera probablement pas la victoire le 12 mars, Liamoo aura peut-être une carte à jouer en fonction de la concurrence des deux prochaines séries. Quant aux demi-finalistes désigné·es par le public, là aussi, le résultat ne souffre pas spécialement de contestation, entre la puissance de la prestation de Tone Sekelius et la très bonne défense d’Alvaro Estrella dont la pop latino continue visiblement d’avoir sa solide côte auprès du télévote.

Que va nous réserver le troisième série ? I’m So Excited !

Melodifestivalen 2022 - série 2 : quelle prestation vous a le plus séduit ?
33 votes

Crédits photographiques : SVT