Ce mardi, nous allons évoquer l’année 1991 qui restera marquée d’une pierre noire pour la France, car malgré une très belle deuxième place, elle est tout de même la première victime du nouveau règlement qui départage les ex aequo en fonction du nombre de 12 points, puis de dix points reçus.

En cette année 1991, beaucoup d’événements en France, notamment politiques, et celui qui fera date, c’est la nomination d’Edith Cresson première ministre, première femme à accéder à ce poste. Difficile de passer sous silence une affaire qui a fait grand bruit, celle du sang contaminé où les premières inculpations sont prononcées. On peut citer un exploit réalisé par un certain Gérard d’Abboville qui a traversé à la rame les 11 000 kilomètres qui séparent le Japon des États-Unis. Côté culture, c’est surtout la télévision qui fait parler d’elle avec le lancement de trois nouvelles émissions qui auront beaucoup de succès et dont une est encore à l’antenne, « Fort Boyard », les deux autres étant « Bouillon de culture » et « Les Guignols de l’info ». En musique, le plus gros succès de l’année en français est l’album de Mylène Farmer, L’Autre… Enfin en sport, il faut surtout retenir la victoire en finale de l’équipe de France de tennis à Lyon en Coupe Davis.

Concernant le concours de l’Eurovision qui a lieu à Rome en 1991, c’est une sélection interne qui a choisi l’artiste qui représenterait la France et ce choix s’est porté sur Amina, jeune artiste franco-tunisienne de 29 ans née à Carthage. Elle interprétera le titre C’est le dernier qui a parlé qui a raison, texte qu’elle a écrit elle-même et qui a été composé par Wasis Diop, qui est aussi musicien et réalisateur de film et qui a aussi composé des musiques de films.

Le thème de la chanson est significatif. Le titre de la chanson, qui est un terme familier et péjoratif en français, ironise sur le fait que le dernier qui parle impose sa volonté, une forme d’autoritarisme. Amina passera en neuvième position lors de la finale et elle finira à une remarquable deuxième place en fin de soirée, uniquement départagée par la règle des ex æquo puisqu’elle a fini avec le même nombre de points que la chanson gagnante, celle de la Suède.

Après le concours, Amina poursuit sa carrière dans la chanson avec succès dans divers styles musicaux et dans de nombreux pays, aussi bien en tant qu’autrice-compositrice qu’interprète, qu’elle cumule avec une carrière en tant qu’actrice au cinéma ; elle a même participé à une comédie musicale. Sa carrière artistique s’est donc poursuivie sans encombre après l’Eurovision.

L’avis de Marie : « Quelle belle chanson pleine de sens ! La seconde place est encore difficile à avaler car vraiment la chanson gagnante n’a rien de formidable et ce n’est pas la chanson suédoise dont on se rappelle le plus. Bref, vous l’aurez compris, cette chanson, non pas parce qu’elle est française, aurait dû gagner l’édition 1991 à mon humble avis. Amina a interprété la chanson impeccablement, un foulard a suffi pour avoir une mise en scène en parfaite adéquation avec la chanson, comme quoi, des fois, il ne faut pas grand-chose pour impacter ! En tout cas, une artiste et une chanson de qualité ! »

L’avis de Zipo : « En dépit du fait que je ne peux que m’incliner devant l’excellent classement obtenu par cette chanson, je n’ai jamais pu la supporter. C’est même l’une des chansons présentées par la France depuis ces 70 ans que j’aime le moins ; c’est dire… Ce n’est pas la peine que j’en dise trop, mais entre la voix qui me crispe et les « houah, houah » absolument insupportables et qui se succèdent, c’était trop pour moi. Je dois être un des rares qui était ravi de la victoire de Carola… »

Quand une chanson réussit une telle performance, il est délicat de trouver d’éventuelles autres chansons qui auraient pu faire mieux. Nous avons tenté l’impossible avec les deux chansons suivantes qui ont au minimum comme seule prétention de se démarquer radicalement de C’est le dernier qui a parlé qui a raison : Poupée psychédélique de Thierry Hazard et Nathalie Wood de Jil Caplan.

Marie : « Rien à voir avec la chanson au concours, tout est différent car dans le registre des ballades, il était difficile de faire mieux que C’est le dernier qui a parlé qui a raison cette année-là, me semble-t-il. Cette chanson très années 70, alors qu’elle est de 1991, aurait apporté un peu de fraîcheur à un concours poussiéreux et aurait fait danser l’Europe entière. Après, peu importe le résultat, il aurait été de toute manière compliqué d’égaler le résultat d’Amina. Mais j’aurais bien aimé voir la France représentée par une chanson de ce style. »

Zipo : « J’ai toujours aimé son timbre de voix et sa façon de chanter tout à fait remarquable et toutes ses chansons de ses débuts sont de qualité, en particulier celle-ci. Ce n’est pas courant qu’une chanson évoque une star du cinéma américaine qui a une mort dramatique pas complètement déterminée. Certes, le thème précis de cette chanson renforce l’émotion en l’écoutant, mais même sans cela, vocalement et musicalement, cette chanson avait tous les ingrédients pour rester en tête, et à l’Eurovision, le titre aurait certainement apporté un plus auprès du public européen. »

Maintenant, chères lectrices et chers lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous préférez parmi ces trois propositions : soit une des deux proposées par nos soins, soit tout simplement celle qui a été officiellement en compétition.

Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française, que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1991. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.

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