Autre finale qui se tiendra en ce Super Saturday bissextile, la troisième sélection balte : l’Eesti Laul. 12 candidat.e.s sont encore en lice pour succéder à Victor Crone (qui est lui aussi en lice pour succéder à John Lundvik, rappelons-le. Bref. Ce n’est pas un article sur le problème des artistes et compositeurs soudainement multinationaux).

Comme sur pas mal de finales, l’Eesti Laul va se dérouler en deux tours de vote: classements jury et télévote combinés désigneront trois superfinalistes, parmi lesquels le télévote estonien exclusivement choisira le, la ou les gagnant.e.s.

Je vous souhaite une bonne lecture et vous donne rendez-vous en bas de l’article pour vous exprimer dans le sondage et les commentaires !!

Picture“Chanson” – ArtisteCommentairesLoreen
“Only Dream” – INGERUne ouverture surprenante. Je n’aurais pas vraiment parié une qualification pour INGER. Cette ballade gentillette n’avait pas vraiment une carrure à se démarquer. Mais entre onze chansons aux lives plus ou moins réussis (et plutôt moins), la fraîcheur, le professionnalisme et la douceur des 3 minutes d’INGER ont fait mouche, la qualifiant au premier tour de vote jury + public. Une nouvelle surprise à prévoir pour la superfinale ?
“Young” – Rasmus RändveeAlors celle-ci, c’est un changement de note vers le bas… Maîtrisez cet enfant ! Le live était un bazar, scéniquement et vocalement, ce qui est vraiment surprenant venant de Rasmus. Et dites-lui de lâcher ce pied de micro ! Si le live final reste faiblard, je ne mise pas beaucoup sur les chances de “Young”, qui n’est pas de base le plus révolutionnaire des matériaux musicaux…
“By My Side” – STEFANJ’avais dans ma première revue dit que cette ballade, manquant d’originalité, pouvait se démarquer sur un bon live de STEFAN. Cela ne m’a marqué d’aucune sorte, idem pour les estoniens puisqu’il s’est qualifié de justesse. Une troisième participation serait peut-être la bonne ?
“Majakad” – Synne Valtri ft. VäliharfSynne Valtri est rayonnante et impeccable vocalement ! C’est là l’atout de la chanson. Ca pourrait être l’atout de n’importe quelle chanson, alors pourquoi un Majakad clairement daté, pourquoi le featuring avec ces deux pseudo-matelots aux pieds nus ? J’ai hésité à monter ma note à 1 Loreen souriante rien que pour l’adorabilité (?) de Synne, et le plaisir d’entendre de l’estonien. Mais rien à faire, restons objectif, l’ensemble reste trop kitsch.
“I’m Sorry. I messed up” – Uudo SeppUudo s’est présenté il y a deux semaines avec un live très simple… Trop simpliste ? En tout cas, il n’a pas réussi à percuter réellement son public, se qualifiant de justesse pour la finale à l’issue du second tour. Il va falloir une interprétation et une scéno plus forte pour avoir des chances de convaincre. Je reste cependant fidèle à mon opinion, ne serait-ce que pour la dernière minute réussie de la chanson. Tant pis si je dois être la seule à juger qu’il fait partie du haut du panier de cette finale !
“What Love Is” – Uku SuvisteUku est le second favori des parieurs et des fans pour ce soir. Ballade eurovisionnesque composée par Sharon Vaughn (“Waterline”, “Scream”…), live correct… Moi, elle m’horripile toujours autant par sa facilité et son manque de relief qui coche toutes les cases cliché possibles. Elle rentre dans la catégorie des chansons dont les paroles auraient pu être écrites par un algorithme (formulation brillante chinée sur Twitter au sujet de la chanson de Bengtsson au MF). C’est un non catégorique, et ce serait probablement un crash industriel de la trempe de “Verona” si Uku venait à représenter l’Estonie avec cette chanson.
“Out In Space” – ShiraImpossible de m’expliquer pourquoi il a fallu attendre le second tour de vote pour confirmer la qualification de Shira ! Un live impeccable et maîtrisé, pour une chanson qui pourrait se présenter comme un darkhorse dans cette finale. Shira est une interprète de talent qui mérite bien une 3e Loreen, et peu importe l’issue de cet Eesti Laul, elle gagnerai à revenir avec une ballade encore plus forte. Je ne saurais faire un pronostic personnel sur ses chances de victoire, ou sur son potentiel à Rotterdam.
“Write About Me” – Anett x FrediC’est curieux d’enchaîner deux chansons plutôt similaires de la sorte ! Qualifiés dès le premier tour de vote de leur demi; qualification mérité, je suis très heureuse que cette ballade jazzy ai trouvé son public. Malgré leurs trois minutes agréables, l’aventure devrait s’arrêter aux portes de la Superfinale pour le duo.
“Beautiful Lie” – Jaagup TuiskJaagup est décidément un homme chanceux. Débutant, il se retrouve avec l’une des meilleures ballades du lot. En plus, il a gagné le gros lot de la scénographie à l’ERR. En demi-finale le contraste était saisissant: à Jaagup les lumières, la chorégraphie maîtrisée (ce que Mikael Saari aurait du servir à l’époque à l’UMK… bref…), les effets caméras… à ses concurrents, les miettes de bâtons LED et autres plans caméras aléatoires. Le live de la finale devrait sublimer “Beautiful Lie”, l’élever un peu de son rang de ballade qui ne casse pas autant de briques que les réseaux sociaux le laissent croire, selon moi. A l’unanimité des lecteurices, parieurs, sites: le concurrent le plus sérieux pour Rotterdam, toujours.
“Üks kord veel” – TrafficToujours pas convaincue par Traffic. Oui, le groupe est sympathique, mais qu’est ce qu’on s’ennuie sur cette pop-folk… Je ne suis pas non plus fan de la présentation scénique, qui n’apporte rien au morceau. C’est très transparent, et je suis très déçue de devoir écrire ça sur Stig Rästa.
“Georgia (On my mind)” – Egert MilderAh, voici un live entraînant et maîtrisé ! Et nul besoin de maltraiter des pieds de micro pour cela. Egert Milder passe un peu sous le radar de tout le monde, ce que je trouve dommage car la chanson a un capital sympathie que beaucoup d’autres pourraient lui envier. Chanson et chanteur vont toujours aussi bien ensemble, même si la sympathie à elle seule n’achète pas une place en Superfinale…
“Break Me” – LauraLe choix de scénographie est pour le moins déroutant. Pourquoi la moitié du rendu TV, c’est un clip où on voit Laura toute déconfite avec des ombres de main ? Ces images cassent complètement le peu de rythme et de structure de la chanson. Ce qui se passe sur scène n’est pas plus intéressant: Laura déambule dans un body noir à tulle, avec des jeux de lumière orangés, des plans caméras aléatoires sur des musiciens… La performance vocale est la seule à tenir la route, mais c’est loin d’être assez pour en faire quelque chose de mémorable.