Les répétitions suivent leur cours et nous passons cette fois à la seconde série, en présence de la presse accréditée. L’occasion pour les candidats d’affiner et d’améliorer encore leur prestation. Voici le programme de ce mercredi 12 mai :

  • 10h – 10h20 : Lituanie
  • 10h25 – 10h45 : Slovénie
  • 10h50 – 11h10 : Russie
  • 11h15 – 11h35 : Suède
  • 11h40- 12h : Australie
  • 12h – 13h : pause
  • 13h05 – 13h25 : Macédoine du Nord
  • 13h30 – 13h50 : Irlande
  • 13h55 – 14h15 : Chypre
  • 14h20 – 14h40 : Norvège
  • 14h45 – 15h05 : Croatie
  • 15h05 – 15h25 : pause
  • 15h35 – 15h55 : Belgique
  • 16h – 16h20 : Israël
  • 16h25 – 16h45 : Roumanie
  • 16h50 – 17h10 : Azerbaïdjan
  • 17h15 – 17h35 : Ukraine

À nouveau, cet article sera mis à jour, au fil des répétitions et des publications. Vous y retrouverez descriptions, photos et vidéos des prestations, ainsi que mes commentaires personnels (qui n’engagent que moi). Vous nous retrouverez également en direct, sur notre fil Twitter.

Nous vous souhaitons déjà une excellente journée. Profitez-en bien et surtout, faites-nous part de vos impressions et de vos commentaires !

LITUANIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 9/10
  • Secondes répétitions : magistrales et encore meilleures que les premières. Les angles de caméra et les prises de vue ont été affinés jusqu’à la perfection. Tout s’enchaîne sans une seconde de répit. Vaidotas a survolé avec brio ces trois minutes. Même la chute du boîtier de son micro n’a pu le déstabiliser : il a poursuivi sa prestation sans faillir un instant. Sa braguette a une nouvelle fois tenu bon. L’ensemble est hautement télégénique et devrait plaire à énormément de téléspectateurs. Impossible de se l’ôter de l’esprit après l’avoir entendu. Une brillante ouverture pour cet Eurovision 2021.
  • Progression : effective. La prestation a été subtilement retravaillée sur le plan technique. Le reste était déjà parfait. La Lituanie se conjugue à présent au presque-parfait.
  • Nouvelle moyenne : 9,5/10
  • Chances de qualification : Élevées jusqu’à la quasi-certitude. Vous retrouverez la Lituanie en finale et certainement dans les sommets du classement définitif. Du grand art eurovisionesque !

SLOVÉNIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 7,75/10
  • Secondes répétitions : tout aussi brillantes sur le plan vocal. Ana signe d’autres prestations impériales. Les plans de coupe ont été retravaillés ici aussi. Le visuel est donc bien plus effectif. À certains instants, Ana semble flotter dans l’espace, loin de l’Ahoy. Les paysages terrestres ne sont pas aussi écrasants et tartes que craint. Ils apparaissent de manière subtile, ce qui est une excellente chose. Beaucoup d’émotion et trois très belles minutes. Seul détail à peaufiner : durant le chœur préenregistrée, Ana se déplace jusqu’à l’avant-scène. Craignant de chuter, elle regarde souvent ses pieds, ce qui brise la télégénie. Il lui faudrait plutôt regarder la caméra, de sorte que ce déplacement semble plus naturel et dramatique. La production a cependant amélioré cette partie, en passant à des plans larges, ce qui rend mieux.
  • Progression : légère, mais certaine. À nouveau, la prestation a surtout fait l’objet d’amélioration télévisuelle et technique. Ana n’avait rien à améliorer quant à sa voix.
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : plus élevées que l’on n’aurait pu le croire avant le début des répétitions. La délégation slovène a créé un visuel beau et sobre, qui sert d’écrin à cette perle qu’est Ana. Lors du final, cette dernière emplit l’Ahoy de sa voix extraordinaire. Un moment d’intense émotion… alors que la dite salle est encore vide. Imaginez l’effet quand elle sera remplie…

RUSSIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 7,25/10
  • Secondes répétitions : aussi dynamiques et énergiques que les premières. Je n’ai pas noté de grande amélioration sur le plan visuel et scénographique. Cela reste en l’état. Manizha porte désormais une coiffe dorée et ses choristes portent des tenues dorées également, mais d’une nuance moins brillante. Le visuel est beau, mais moins effectif que je l’espérais. De cela, se dégage un côté brut de décoffrage sur lequel joue Manizha. Tout repose sur ses épaules et elle porte sa prestation avec une force de conviction impressionnante, une rage et une persistance remarquable. Sa prestation vocale était au-dessus de tout soupçon. Si après ça, la Douma et le Kremlin ne reçoivent pas le message…
  • Progression : légère. Cela reste au bon niveau des premières répétitions. Il y aurait eu moyen, je pense, de tirer meilleur parti encore du visuel. Bon point : Manizha exprime encore mieux ses émotions. Elle entre en transe et vit ses trois minutes avec une intensité forte qui marque les esprits.
  • Nouvelle moyenne : 7,5/10
  • Chances de qualification : bonnes. Manizha mérite à elle seule la finale. Sa chanson s’avèrera déconcertante et étrange sur le plan musical. Ce qui sera compensé par son message fort… et aussi par un impact médiatique (tous les journaux et magazines auxquels je suis abonné ont dressé son portrait). À l’issue de la soirée, elle restera dans les mémoires des téléspectateurs, ce qui jouera également en sa faveur.

SUÈDE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 5,5/10
  • Secondes répétitions : aussi peu concluantes que les premières. Rien n’a été changé au visuel. Celui-ci apparaît toujours aussi vide, flou et morne. Il s’en dégage un manque d’imagination et un côté brouillon certain, que les angles de caméra ne corrigent que très partiellement. L’entrée des danseurs est plus surprenante et élégante, mais leur chorégraphie est captée en contre-plongée dans certains plans, ce qui rend assez mal à l’écran. Tusse porte toujours son costume rouge sans manche, qui contraste violemment avec le reste du dit visuel et les costumes des danseurs. Vocalement, il s’est montré meilleur. Mais sur les notes les plus hautes, a continué de naviguer sur la crête périlleuse entre chant et cri. L’ensemble déconcerte de la part de la Suède. Il s’avère bien en-dessous du niveau du Melodifestivalen. J’en ai retiré une impression décevante, comme si l’enthousiasme et la créativité de la délégation suédoise s’étaient égarés en chemin.
  • Progression : faible, très faible. Tout s’enchaîne mieux à l’écran, certes. Les transitions visuelles sont plus réussies, certes. Mais pour le reste, cela stagne à un niveau coupable d’investissement et d’imagination.
  • Nouvelle moyenne : 6/10
  • Chances de qualification : médiocres. Il n’y a rien dans ces trois minutes qui ne suscitent l’intérêt, l’émotion ou l’adhésion. L’on regarde la prestation de Tusse d’un œil distrait en se demandant si Vladimir Poutine regardera la demi-finale et ce qu’il pensera de la prestation de Manizha, avant de songer au triste sort de Montaigne. Une occasion manquée pour la Suède.

AUSTRALIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : /
  • Secondes répétitions : nous avons eu droit à la diffusion de la prestation de secours de Montaigne… mais sans le son. Le visuel est réussi et l’illusion s’avère parfaite. Vous ne sauriez dire que Montaigne est loin de l’Ahoy. Les plans sont assez rapprochés et ce n’est qu’au terme de la prestation que l’illusion est rompue : sa dernière image est projetée sur l’écran LED de la scène et l’on réalise alors que la chanteuse est restée en Australie. Pour le reste, elle porte le costume vu sur les photos et est accompagnée de trois danseuses. Le décor est sobre : un mur noir constellé d’ampoules et quelques spots blancs. Montaigne et ses danseuses effectuent une chorégraphie inspirée du vidéoclip. Simple, mais efficace. Tout repose sur des effets spéciaux ajoutés à l’écran et inspirés par les années 80 : des projections stroboscopiques, des faux brouillages, des déformations et des fragmentations de l’image, des surimpressions de couleurs, etc. Cela donne l’impression de regarder un véritable vidéoclip. C’est en l’état fort beau et très bien produit. L’œil ne s’ennuie, ni ne s’égare. Faute de son, je n’ai pu juger de sa prestation vocale. Mais une belle énergie se dégageait de l’ensemble.
  • Progression : /
  • Nouvelle moyenne : /
  • Chances de qualification : impossible à prédire en l’état. Cela rajoute une dose d’imprévisibilité supplémentaire dans cette demi-finale. Vous vous accrocherez fermement à vos canapés.

MACÉDOINE DU NORD

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 6,25/10
  • Secondes répétitions : nettement meilleures. Le visuel est bien au point. Subtil, avec quelques effets spéciaux projetés sur Vasil au début. Les plans et les transitions s’enchaînent sans heurt. Efficient et réussi. Il n’y a donc pas de mise en scène : Vasil reste debout sur la scène principale. À noter que l’effet visuel à la Dotter n’a pas fonctionné au premier passage, mais bien pour les suivants. Sur le plan vocal, Vasil a presté sa chanson complètement. Une brillante démonstration de son talent en la matière. Il a atteint toutes les notes, même les plus exigeantes, avec facilité et réussite. Ce qui a parfois amené quelques crispations sur son visage. Tout semble désormais au point.
  • Progression : nette. Le visuel était déjà bien construit, il est à présent fluide et réussi. Vocalement, Vasil a fait taire toutes les critiques et démontré qu’il était l’un des meilleurs solistes masculins de cette édition 2021. L’on reste sous le charme de sa voix.
  • Nouvelle moyenne : 7/10
  • Chances de qualification : médiocres. Encore une fois, rien à reprocher de particulier, ni à l’interprète, ni à la mise en scène. Le problème de cette proposition nord-macédonienne est qu’elle repose entièrement sur sa chanson et que Here I Stand semble compassé et transparent au vu de ce qu’aligne la concurrence.

IRLANDE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 7,25/10
  • Secondes répétitions : meilleures, bien meilleures. Le visuel et les aspects techniques sont désormais au point et bien rodé. L’impression laissée est magique, comme si nous étions plongés dans un livre de conte de fées. Lesley tourne des pages, parcourt une forêt imaginaire, traverse une averse et d’autres choses encore difficiles à décrire en détail. Ensuite, la caméra s’éloigne et les accessoires miniatures apparaissent à l’écran, ce qui finalement prête à un sourire complice. Lesley s’éloigne et gagne l’avant-scène pour le final. Vocalement, sa prestation était nettement meilleure, mais est demeurée perfectible lors de son premier passage. Sans surprise, dans la première partie, quand il lui faut se concentrer sur ses positionnements et sa mise en scène, elle a perdu en souffle et en justesse. Mais une fois qu’elle a été libérée de ces contraintes, elle a recouvré l’entièreté de ses capacités vocales et convaincu de par son talent. Lors de son deuxième et de son troisième passage, cependant elle s’est révélée parfaite. Elle a atteint toutes les notes avec facilité et constance. Un enchantement !
  • Progression : très nette. La perfection a été atteinte. Lesley a combiné les aspects scéniques et vocaux de sa chanson et les a portés au point de fusion parfait. Une réussite à saluer !
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : bonnes. Les téléspectateurs n’oublieront pas ce décor enchanteur et ce visuel d’animations oniriques. La prestation de Lesley soulève Maps à un niveau de réussite supérieur. La chanteuse et la délégation irlandaise ont accompli un travail colossal qui mériterait la récompense d’une qualification !

CHYPRE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 7,75/10
  • Secondes répétitions : réussies sur le plan de la mise en scène, en progrès sur le plan de la prestation vocale. Le visuel et la chorégraphie se combinent avec intelligence et charment l’œil. L’on se retrouve plongé dans un univers rouge et blanc, démultiplié par des effets de miroir. « El Diablo » apparaît régulièrement en filigrane. La chorégraphie acrobatique impressionne. L’ensemble fournit un spectacle éminemment télégénique et eurovisionesque. Côté vocal, lors de son premier passage, Elena a manqué de justesse durant deux minutes, avant de s’appuyer confortablement sur les chœurs préenregistrés. Un désappointement. Lors de ses deux passages suivants, elle n’a cessé de progresser. Sa troisième prestation aura été la bonne. Elle s’est montrée à la fois mutine, attirant la caméra à elle, et accomplie sur le plan vocal. La surprise annoncée est un vaste effet pyrotechnique qui enflamme la scène derrière le gigantesque EL DIABLO final. Réussi et marquant. L’on se retrouve plongé en Enfer, mais un Enfer délicieux dans lequel on rôtit volontiers pour les beaux yeux d’Elena.
  • Progression : sensible. Le visuel, la mise en scène et la chorégraphie sont des machines bien rodées qui s’imbriquent à la perfection. Elena m’a fait hésiter, avant de me convaincre complètement, grâce à sa dernière prestation vocale. Tout est à présent prêt et réglé pour mardi.
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : très bonne. Elena nous offre trois minutes irrésistibles, très pop, très eurovisionesques. De quoi faire succomber un continent ou deux.

NORVÈGE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 6/10
  • Secondes répétitions : identiques aux premières. Grâce au Melodi Grand Prix, TIX avait rodé sa mise en scène. Elle est ici transposée telle quelle et déroule ses effets sans heurt. Vocalement, TIX a manqué l’entame de sa première prestation, mais ensuite, a retrouvé le niveau d’excellence auquel il nous avait habitué. Pour le reste, je n’ai à ajouter. Vous avez déjà tout vu et tout entendu à plusieurs reprises.
  • Progression : aucune à noter particulièrement. Sur un plan technique, scénique et vocal, tout était au point. Et sur le plan musical, impossible de changer quoi que ce soit…
  • Nouvelle moyenne : 6/10
  • Chances de qualification : Je reste sur mon impression : le visuel prête à rire à mauvais escient et la chanson ennuie terriblement. Une occasion manquée… sauf pour les bêtisiers. En l’état, je ne vois pas la Norvège se qualifier. Rendez-vous l’année prochaine pour un autre MGP trépidant ! Je prie déjà pour que Raylee et Imerika nous reviennent…

CROATIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 8/10
  • Secondes répétitions : aussi bonnes que les premières. Albina confirme sa maitrise de la chorégraphie et des exigences vocales de sa chanson. Lors du premier passage, quelques enchaînements de caméra laissaient à désirer, mais cela a été corrigé ensuite. Le visuel est très beau et accomplit une prouesse technique : Albina et ses danseurs n’apparaissent qu’en bleu et rose. Vocalement, la première prestation a donné lieu à quelques imperfections, mais Albina les a corrigées et s’est montrée ensuite impeccable.
  • Progression : minime. Mais ce n’est pas une critique : tout était déjà au point lors des premières répétitions. Seuls quelques détails devaient encore être polis. C’est chose faite à présent !
  • Nouvelle moyenne : 8,25/10
  • Chances de qualification : surprenamment bonnes. La délégation a conçu un visuel remarquablement adapté et percutant, qui transcende ce morceau léger qu’est Tick Tock et le transforme en expérience télévisuelle hautement réjouissante. Cela plaira à beaucoup et Albina s’attirera bien des compliments pour ses prestations vocales réussies. La Croatie conserve ses chances de qualification.

BELGIQUE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 8/10
  • Secondes répétitions : réussies. La mise en scène demeure identique. La prestation de Geike est remarquable. L’ambiance feutrée est installée avec brio. Cela reste simple, mais efficient. Hooverphonic nous emporte dans son univers. Le temps eurovisionesque suspend son vol. Nous ne sommes plus à Rotterdam, dans l’Ahoy, mais à Bruxelles, dans l’Ancienne Belgique. Ceci n’est plus l’Eurovision, mais un concert du groupe. L’illusion est remarquable et l’ensemble se démarque avec bonheur des propositions commerciales précédentes.
  • Progression : appréciable. Les plans-séquence à rallonge ont été raccourcis. Les angles des caméras sont plus efficaces. Le visuel d’arrière-plan est mieux mis en valeur, mieux intégré et en devient plus pertinent. L’essentiel du travail d’amélioration est donc technique, le restant étant déjà parfait.
  • Nouvelle moyenne : 8,5/10
  • Chances de qualification : très bonnes. Les fans d’Hooverphonic seront aux anges. Les téléspectateurs lambda vivront une expérience musicale de qualité. La délégation belge ressortira grandie de cette édition. Et le groupe gagnera de nouveaux admirateurs. En l’état, la Belgique mérite elle aussi sa qualification et une médaille pour services musicaux rendus à l’Eurovision. Sans compter le bonheur de faire taire, grâce à ceci, bien des critiques sur le Concours…

ISRAËL

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 8/10
  • Secondes répétitions : bonnes. Des changements ont été apportés au niveau vestimentaire : désormais, Eden porte sa couronne depuis le début et ses danseurs sont pourvus de franges au niveau de leurs basques. Cela n’apporte rien, ni n’ôte rien. Juste une variation visuelle. La chorégraphie se déroule sans anicroche. Le visuel est au point. Le tout évoque les meilleures heures du Melodifestivalen. Ce qui est un compliment. Sur le plan vocal, lors de son premier passage, Eden a manqué l’une de ses notes sifflet et n’a pu s’empêcher de grimacer. Mais ses autres prestations ont été impeccables. Impressionnant, du niveau de Mariah Carey (oui, je sais, je me fais vieux).
  • Progression : pas sensible. Le numéro était déjà au point. La délégation israélienne y a apporté quelques variantes, sans en diminuer, ni en augmenter la qualité. Rien à reprocher ici, du travail de professionnels.
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : fort bonnes. Israël nous offre trois minutes typiquement eurovisionesque, mais hautement appréciable. Du divertissement léger, de qualité, très bien produit, très bien chanté. Cela devrait plaire à beaucoup. De quoi mériter une finale, sans pour autant troubler le podium de cette dernière.

ROUMANIE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 6,5/10
  • Secondes répétitions : toujours non concluantes. Le visuel est très beau, qui alterne rouge et bleu, fumée et silhouettes, ciel de crépuscule et aplats de couleurs. La chorégraphie est digne d’une représentation de danse moderne. L’on sent que tout cela a demandé beaucoup de travail, d’efforts et de répétitions. Mais tout cela demeure vain et sans intérêt, car la prestation vocale de Roxen demeure médiocre, voire nulle. Cela aux auditions biélorusses et l’on rit. Cela ici, à une demi-finale de l’Eurovision et l’on pleure. Notez qu’elle s’est parfois améliorée au fil de ses prestations, jusqu’à atteindre un niveau passable, disons même acceptable. Avant de retomber à nouveau. Impossible pour elle de rivaliser avec ce qu’aligne la concurrence…
  • Progression : minime. Roxen parvient à chanter quelques passages convenablement. Mais elle sort sans cesse de la route. Une pitié qui en fait oublier son affreux vêtement de scène, que j’avais initialement pris pour une harde usée de répétition. Sauf que non. Bref : où est le styliste ? Où le coach vocal ?
  • Nouvelle moyenne : 6,5/10
  • Chances de qualification : médiocres. Je vois d’ici les jurés grimacer devant leur écran et le grand public froncer les sourcils. Un pur gâchis et une impossibilité en l’état d’espérer la moindre qualification. Une superbe production ruinée par une incompréhensible déroute vocale.

AZERBAÏDJAN

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 7,75/10
  • Secondes répétitions : meilleures. Le visuel et la chorégraphie étaient déjà bien taillés et polis. Ils ont été ici portés au pinacle. Les imperfections ont été gommées pour un résultat professionnel et léché au possible. Les métamorphoses de la boule dorée géante valent le détour ! La chorégraphie demeure simple, mais efficace. Le costume de scène de Samira a été retravaillé et son cou est à présent dégagé, ce qui lui sied mieux. Elle s’est présentée coiffée et maquillée, ce qui complète désormais l’ensemble à merveille.
  • Progression : appréciable. Samira nous a offert de meilleures prestations vocales que précédemment. Elle a parfois perdu légèrement son souffle, mais sans que cela ne dure plus qu’une note. Lors de son troisième passage, elle a atteint la quasi perfection.
  • Nouvelle moyenne : 8/10
  • Chances de qualification : très bonnes. L’Azerbaïdjan nous offre trois minutes irrésistibles et trépidantes, portées par une Samira qui endosse avec bonheur son rôle d’Eurodiva.

UKRAINE

  • Moyenne au terme des premières répétitions : 8,5/10
  • Secondes répétitions : tout aussi excellentes. Le visuel est remarquable, la mise en scène est fouillée et intelligente, l’ensemble est épique. La délégation ukrainienne a réalisé un brillant travail de conception et de production. Tout s’allie pour livrer une prestation à la fois très artistique et accessible. Shum en est comme réinventé.
  • Progression : /. Ce critère n’est pas pertinent, faute d’avoir entendu Kateryna. La chanteuse était aujourd’hui souffrante et n’a pas participé à ces répétitions. Saluons sa doublure qui s’est montrée vocalement excellente. Elle n’a cependant pas ce timbre de voix unique et remarquable qui caractérise Kateryna.
  • Nouvelle moyenne : /. Non plus pertinent.
  • Chances de qualification : intactes et fortes. Espérons que Kateryna se rétablisse au plus tôt et qu’elle nous revienne pour les répétitions générales.

CONCLUSION

Si je reprends mon classement au terme de cette journée :

  • Lituanie – 9,5
  • Belgique / Ukraine – 8,5
  • Croatie – 8,25
  • Slovénie, Irlande, Chypre, Israël, Azerbaïdjan – 8
  • Russie – 7,5
  • Macédoine du Nord – 7
  • Roumanie – 6,5
  • Suède / Norvège – 6
  • Australie – /

En l’état actuel des choses, je qualifierais donc la Lituanie, la Belgique, l’Ukraine, la Croatie, la Slovénie, l’Irlande, Chypre, Israël, l’Azerbaïdjan et la Russie. Ce qui me fait déjà dix pays et me laisse dans la mouise complète, car Malte se rajoutera à cet ensemble… Conclusion provisoire : l’un de mes favoris restera forcément sur le carreau et j’en souffrirai…

À l’inverse, j’éliminerais la Macédoine du Nord, la Roumanie, la Suède, la Norvège et l’Australie. Concernant l’Australie, j’ai regardé l’extrait disponible. Et vocalement, cela m’a moyennement convaincu. D’où l’ajout à cette liste d’éliminés potentiels. Je tirerai mon bilan personnel définitif, demain, après les secondes répétitions de Malte. J’obtiendrai alors un décompte plus mathématique. En l’occurrence, c’est la Russie qui me semble le plus sur la sellette.

Tout ceci n’étant (faut-il encore le rappeler ?) que des avis personnels et des supputations subjectives. Je n’ai jamais prétendu être l’Oracle de Delphes, ni Madame Soleil, ni même avoir une préscience infuse en matière d’Eurovision. Au passage, c’est justement ce qui fait le sel (et la cruauté) du Concours : se voir détromper de ses pronostics et dire adieu à certains de ses favoris au terme de la demi-finale.

SONDAGE

Sur ce, à votre tour de vous exprimer !

Selon vous, qui a réalisé la meilleure répétition de ce mercredi 12 mai ?
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Nous vous fixons rendez-vous demain, pour la sixième journée des répétitions. Passez une belle soirée !

Crédits photographiques – UER