Aujourd’hui, c’est un duo incontournable de l’édition que l’EAQ vous présente. Incontournable, déjà, car c’est l’un des deux seuls duo en lice cette année. Ensuite, parce qu’il représente le pays hôte. Et enfin, surtout, parce que ces deux immenses stars italiennes sont des favoris à la victoire : voici Mahmood et Blanco !

Qui sont-ils ?

Mahmood

Normalement, sur ce nom, vous ne devriez pas trop buter. Alessandro Mahmoud, connu sur scène comme simplement Mahmood, est né à Milan le 12 septembre 1992. Egyptien d’origine par son père, qui quitta le foyer familial alors que Mahmood n’était âgé que de 6 ans, il grandit dans un quartier populaire de Milan, Gratosoglio. Ces deux thèmes vont être récurrents dans son travail, en particulier sur ses premiers singles.

En 2016, il participe à la sélection espoirs du festival de SanRemo avec la chanson « Dimentica ». Il écrit et compose ensuite des singles pour d’autres artistes italiens, avant de sortir son premier EP en 2019 : Gioventù bruciata. En passant par la catégorie Giovanni du festival de SanRemo, il intègre le casting final de l’édition 2019 avec « Soldi », un titre inédit. La suite, vous la connaissez : acclamé par la critique, couplé à un succès fulgurant sur Spotify et YouTube, il remporte SanRemo, rendant au passage furax une bonne frange de la droite italienne, allant du futur ministre fasciste Matteo Salvini au leader du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, qui qualifiera Soldi de chanson pour « journalistes et bobos » qui ne serait pas représentative ni de l’Italie, ni des goûts du public. A Tel Aviv, Mahmood se classe 2e, avant de poursuivre son chemin vers l’oblitération des statistiques, « Soldi » devenant l’un des singles du Concours ayant rencontré le plus grand succès commercial sur la dernière décennie (il approche à ce jour les 200 millions de vue sur le clip officiel). Elle est également la chanson italienne la plus streamée de la plateforme Spotify. Allez, on se le remet pour la nostalgie :

En 2021 il sort son nouvel album, Ghettolimpo, toujours dans cette veine qu’il qualifie de « pop marocaine ». C’est un album qui se veut introspectif, tout en conservant des composantes caractéristiques de l’identité et de l’unviers artistique de Mahmood que sont ses nombreuses références mythologiques, ou ses clins d’oeil à des éléments de son enfance, aux jeux vidéos, et à la culture japonaise contemporaine. On y trouve, entre autres, un duo avec Elisa (bien connue des amateurs de la scène italienne), un avec Sfera Ebbasta (référence de la trap italienne) ou encore un avec Woodkid. On vous avait présenté sur l’EAQ le single « Inuyasha », il y a aussi « Klan » qui a eu droit à un clip :

BLANCO

Sous ce pseudonyme, on trouve Riccardo Fabbriconi, dernier talent éclot de la pop urbaine italienne. Né le 10 février 2003 à Brescia, en Lombardie, il grandit dans un milieu rural et se met à la musique notamment pour tuer l’ennui. Baignant dans un univers pop, il se tourne à l’adolescence vers le hip-hop. A 17 ans, il publie sur SoundCloud un premier EP, Quarantine Paranoid, qui lui permet de se faire repérer par le label Island Records, qui appartient à la maison Universal. Il sort un premier single, « Belladonna (Adieu) », puis un deuxième, « Notti in Bianco », qui est son premier véritable succès commercial, se classant 2e de la FIMI (équivalent italien du Billboard).

La suite n’est faite que de succès comparables (et, si vous voulez mon avis, mérités) : « La canzone nostra » (avec Mace et Salmo), « Paraocchi », puis « Mi Fai impazzire » (avec Sfera Ebbasta). En septembre 2021 arrive enfin l’album tant attendu, « Blu Celeste ». Précisons qu’à l’heure où j’écris, en avril 2022, cet album demeure le 5e plus écouté de la semaine en Italie sur Spotify. Il est très pop-rock, avec de fortes influences des années 90-2000 et du hip-hop, évidemment. Les thèmes abordés sont légers, ce qui s’explique aussi par le fait que BLANCO n’ai même pas encore 20 ans; les relations amoureuses occupent une place prépondérante, mais aussi la quête de soi et de son identité. Je vous recommande très fortement de donner une écoute à l’album entier, c’est en tout cas pour moi une révélation majeure de mon année et un sans-faute musical qui augure une suite des plus intéressantes.

On y trouve aussi des chansons au tempo plus lent, comme l’éponyme et mélancolique « Blu Celeste »:

Nos deux artistes ont actuellement débuté la tournée de concerts promotionnels de leurs albums respectifs, qui se poursuivra après l’Eurovision. En bref, c’est un duo fait du même diamant que les vélos imaginaires de la chanson dont se dote l’Italie pour conserver le trophée sur les terres de la Botte !

Leur chanson pour l’Eurovision 2022

« Brividi » est une ballade d’amour italienne aux fondations très classiques, avec une instrumentale à base de piano et de cordes. Elle est agrémentée de passages rappés, eu égard au registre d’origine des deux chanteurs, entre pop et hip-hop. Les deux chanteurs ont écrit et composé la chanson ensembles, accompagnés de Michelangelo, qui est le producteur de BLANCO. Sur le fond, c’est là aussi du texte d’amour classique et efficace. C’est une chanson pleine de sensibilité, qui parle des difficultés à aimer, à se montrer vulnérable.

Ho sognato di volare con te
Su una bici di diamanti
Mi hai detto sei cambiato,
Non vedo più la luce nei tuoi occhi
La tua paura cos’è?
Un mare dove non tocchi mai
Anche se il sesso non è
La via di fuga dal fondo
Dai non scappare da qui
Non lasciarmi così 

Nudo con i brividi
A volte non so esprimermi
E ti vorrei amare, ma sbaglio sempre
E ti vorrei rubare un cielo di perle
E pagherei per andar via,
Accetterei anche una bugia
E ti vorrei amare, ma sbaglio sempre
E mi vengono i brividi, brividi, brividi 

Tu, che mi svegli il mattino
Tu, che sporchi il letto di vino
Tu, che mi mordi la pelle
Con i tuoi occhi da vipera
E tu, sei il contrario di un angelo
E tu, sei come un pugile all’angolo
E tu scappi da qui, mi lasci così 

Nudo con i brividi
A volte non so esprimermi
E ti vorrei amare, ma sbaglio sempre
E ti vorrei rubare un cielo di perle
E pagherei per andar via,
Accetterei anche una bugia
E ti vorrei amare, ma sbaglio sempre
E mi vengono i brividi, brividi, brividi

Dimmi che non ho ragione
Vivo dentro una prigione
Provo a restarti vicino
Ma scusa se poi mando tutto a puttane
Non so dirti ciò che provo, è un mio limite
Per un ti amo ho mischiato droghe e lacrime
Questo veleno che ci sputiamo ogni giorno
Io non lo voglio più addosso
Lo vedi, sono qui,
Su una bici di diamanti, uno fra tanti. 

Nudo con i brividi
A volte non so esprimermi
E ti vorrei amare, ma sbaglio sempre
E ti vorrei rubare un cielo di perle
E pagherei per andar via,
Accetterei anche una bugia
E ti vorrei amare, ma sbaglio sempre
E mi vengono i brividi, brividi, brividi

J’ai rêvé que je volais avec toi
Sur un vélo en diamants
Tu m’as dit: tu as changé
Je ne vois plus la lumière dans tes yeux
Qu’est donc cette peur que tu as?
Une mer où tu n’as jamais pied
Même si le sexe n’est pas
Le moyen de quitter le fond
Je t’en prie, ne t’en va pas d’ici
Ne me quitte pas comme ça

Nu avec mes frissons
Parfois je n’arrive pas à m’exprimer
Et je voudrais t’aimer, mais je me trompe toujours
Et je voudrais voler un ciel de perles pour toi
Et je paierais pour partir
J’accepterais même un mensonge
Et je voudrais t’aimer, mais je me trompe toujours

Et j’en ai des frissons, des frissons

Toi, qui me réveilles au matin
Toi, qui taches le lit avec du vin
Toi, qui me mords la peau
Avec tes yeux de vipère
Et toi, tu es le contraire d’un ange
Et toi, tu es comme un boxeur au pied du mur
Et toi, tu t’en vas, et tu me laisses comme ça 

Nu avec mes frissons
Parfois je n’arrive pas à m’exprimer
Et je voudrais t’aimer, mais je me trompe toujours
Et je voudrais voler un ciel de perles pour toi
Et je paierais pour partir
J’accepterais même un mensonge
Et je voudrais t’aimer, mais je me trompe toujours
Et j’en ai des frissons, des frissons 

Dis-moi que je n’ai pas raison
Je vis dans une prison
J’essaie de rester à tes côtés,
Mais pardonne-moi si je fous tout en l’air

Je ne sais pas te dire ce que je ressens, c’est une de mes limites
Pour un « je t’aime », j’ai mélangé drogues et larmes
Ce venin qu’on se crache tous les jours au visage,
Je ne le veux plus sur moi
Tu le vois, je suis ici
Sur un vélo en diamants,
Un parmi tant d’autre 

Nu avec mes frissons
Parfois je n’arrive pas à m’exprimer
Et je voudrais t’aimer, mais je me trompe toujours
Et je voudrais voler un ciel de perles pour toi
Et je paierais pour partir
J’accepterais même un mensonge
Et je voudrais t’aimer, mais je me trompe toujours
Et j’en ai des frissons, des frissons, des frissons

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