Vous le savez sans doute, un chanteur français s’est lancé dans l’aventure de la sélection ouverte par Saint-Marin en vue de choisir son représentant pour Turin 2022.

Florent Amare, puisque c’est de lui dont il s’agit, a déjà franchi les 2 premières phases éliminatoires et s’alignera mi-février dans une des 4 demi-finales organisées par SMRTV depuis le Teatro Titano.

Il nous a fort gentiment fait quelques confidences lors d’un entretien téléphonique la semaine dernière.

Début de carrière et influences

EAQ : Peux tu te présenter à nos lecteurs ?

Florent : J’ai 33 ans, je suis parisien et fan de l’Eurovision. J’ai une formation d’avocat, j’ai suivi des études de droit et j’exerce depuis 6 ans comme auditeur-consultant dans l’informatique. Rien à voir avec la chanson ! Mon métier me permet d’avoir un peu de temps libre pour faire de la musique à côté.

Dans ce domaine, tout a commencé quand je suis allé vivre à Madrid durant 5 ans. J’ai de super souvenirs de cette période là bas.

EAQ : À l’époque, tu faisais partie d’un groupe, Ending Sequence, c’est ça ?

J’ai rencontré un musicien cubain, Juan Carlos Torna, le fondateur du groupe dans lequel j’ai évolué pendant 3 ans.

EAQ : Tu avais d’ailleurs participé à la sélection de Saint-Marin en 2018 avec cette formation, non ?

Tout à fait ! On s’était présentés au 1in360. D’ailleurs on y croyait, on avait obtenu quelques points du jury. C’était déjà un avant-goût. J’ai commencé l’aventure Ending Sequence en enregistrant une maquette.

J’ai eu un très bon feeling avec Juan Carlos qui m’a annoncé qu’il était en train de faire un casting pour un projet de groupe pop rock électro. J’ai été sélectionné et avec eux, ça a duré de 2014 à 2018 : on a beaucoup tourné en concert et sorti 2 EP qu’on peut retrouver sur YouTube.

On a d’ailleurs fait une reprise d’Undo de Sanna Nielsen, ma chanson préférée parmi celles présentées au concours. J’avais déjà mis ma petite touche « Eurovision ».

EAQ : « Undo » , un titre qui parle à énormément d’eurofans

C’est en partie grâce à ce titre que le groupe a été repéré et qu’on a été sélectionné dans « Spain Got Talent » en 2017. Une très jolie aventure qui nous a permis de faire pas mal de concerts. On a été éliminés juste avant les demi-finales mais c’était une très belle expérience qui m’a fait évoluer dans le domaine artistique. Puis, je suis retourné sur Paris pour le travail car j’avais une belle opportunité et j’ai donc quitté le groupe qui est en pause depuis.

EAQ : Qu’évoque pour toi le mot « Eurovision » ?

C’est toute mon enfance ! Je me revois avec ma mère sur le canapé familial en train de regarder le concours. Depuis cette période là, je ne rate pas un show.

Comme les autres eurofans, je suis les sélections nationales, je consulte les côtes des bookmakers….Je suis à fond là dessus ! Je me bats pour défendre le concours, pour dire qu’il a évolué et qu’on est loin du côté vieillot que certains associent encore à l’Eurovision. Quand je vivais en Espagne, je sentais une ferveur intergénérationnelle pour le concours. Je suis d’ailleurs content pour eux que leur sélection 2022 présente autant de bons titres.

EAQ : Si tu devais nous donner le top 3 de tes chansons préférées du concours puis la même chose pour 2021, tu dirais quoi ?

Je réfléchis…

  • Undo de Sanna Nielsen en tête.
  • Il faut du temps de Sandrine François en second. Je le confesse, j’adore cette chanson.
  • Quedate commigo de Pastora Soler en trois grâce à sa prestation vocale exceptionnelle.

Pour 2021, ce n’est pas pour être chauvin mais je croyais dur comme fer à Voilà. Je suis fan de Barbara Pravi que je connaissais déjà un peu. J’aime beaucoup son titre Barcelone par exemple. Je retourne la voir en concert au Trianon dans quelques jours

Tout l’univers de Gjon’s tears m’a aussi beaucoup marqué. Et en trois, après de longues hésitations, El diablo de Chypre.

EAQ : Pour en revenir au concours 2022, est ce que tu as essayé cette année ou les précédentes de postuler pour la sélection française ?

Jamais. Je pense que le marché est un peu plus fermé en France pour quelqu’un qui n’a pas de label ici, qui n’est pas connu en tant que soliste même si j’ai sorti un titre Pseudo Paradis qui est disponible sur les plateformes. Saint-Marin permet de rentrer dans le concours sans forcément être poussé par un label.

EAQ : Comment as tu décidé de postuler pour « Una Voce per San Marino » ?

J’ai soumis mon titre Libre dont on a entendu un extrait dans l’émission du vendredi 14 Janvier. C’est un morceau que j’ai écrit et co-composé avec un artiste libanais, Charles Chlela. Ce dernier œuvre surtout dans la réalisation de films et de clips chrétiens, axés sur les prières.

Je l’ai connu par l’intermédiaire d’amis et il m’a fait ce beau titre pop aux influences orientales. Le texte existait déjà, on l’a mis en musique. Le morceau parle de la transition entre le deuil d’une rupture et la renaissance qui lui succèdera. Ca peut être transposé dans beaucoup de domaines.

EAQ : Tu vas sortir ce titre sur les plateformes ?

Oui, prochainement. On va essayer de faire un beau clip, une belle promo. Je l’ai ré-enregistré en studio.

L’aventure Una Voce per San Marino

EAQ : Comment s’est passé ton séjour à Saint-Marin pour la phase de castings ?

Quand j’ai appris que j’étais sélectionné, je me suis renseigné sur comment aller sur place. C’est très compliqué en fait. Il faut prendre un avion jusqu’à Bologne, puis un train pour Rimini et enfin un bus. C’est un peu le parcours du combattant mais ca reste une très belle opportunité. Chacun organise son voyage comme il l’entend mais on nous avait donné quand même une liste des meilleurs hôtels. j’ai d’ailleurs sympathisé sur place avec une autre candidate, Williams Leslie Yapi, qui était logée dans le même établissement que moi.

EAQ : Et le lendemain de ton arrivée, c’est le casting…

Très belle expérience. J’ai rencontré des artistes talentueux de tous les horizons. C’était très enrichissant d’échanger avec eux. Je me suis lié avec certains parmi lesquels Christopher qui a fait le buzz avec sa reprise de Loco loco. ainsi que Leandro Aponte et Gisèle Abramoff, deux brésiliens installés en Allemagne.

EAQ : Comment était l’ambiance sur place entre les concurrents ?

C’était vraiment chaleureux. Une sélection Eurovision c’est quand même quelque chose d’important mais l’ambiance était familiale, sans esprit de compétition. J’ai beaucoup parlé avec deux membres du jury qui étaient présents le jour de mon audition : Roberta (chanteuse de Matia Bazar) et Mimmo (producteur d’Il Volo). Ils étaient beaucoup dans la transmission et très bienveillants.

EAQ : Vous deviez présenter combien de chansons ?

J’avais compris qu’il n’en fallait qu’une mais je me suis rendu compte en arrivant que c’était deux. Heureusement, j’ai un répertoire de titres mais petit stress quand même…

EAQ : Pour la suite de l’aventure, quel est ton sentiment ?

Le niveau est élevé. Tout le monde tente sa chance. Je me dis que j’ai vraiment bien profité du moment et que je me suis senti à l’aise sur scène. Ca restera une belle aventure quoi qu’il arrive.

EAQ : Pour terminer, aurais tu un mot pour nos lecteurs ?

Je fais partie de la communauté Eurofan donc je les salue. Si ils aiment ma musique, qu’ils n’hésitent pas à aller écouter mes titres sur Apple, Spotify ou ma page YouTube sur laquelle j’ai posté pas mal de covers. Du contenu frais va bientôt arriver avec mon nouveau titre et l’EP qui va sortir. J’ai aussi des projets avec Héloise Denys , une chanteuse que j’ai rencontré à la Music Academy International de Nancy où j’ai suivi des cours. J’ai envie de faire des reprises et des concerts dans les bars avec elle.

Merci encore à Florent Amare pour sa disponibilité et ses confidences. Bonne chance à lui pour son aventure à Saint-Marin et la suite de son parcours musical.

Crédits photographiques : Florent Amare