Il est probable que certain·es d’entre vous me prennent pour un fou. Point de problèmes pour moi : j’assume l’adjectif, et en porte fièrement l’étendard. Car à mon sens, la vie ne présente de sens que si elle revêt le contour de celleux qui osent porter de folles idées, au mépris des conventions et des regards, à contre-courant des tendances dont on voudrait parfois souvent nous imposer le diktat, comme la mode tend à imposer les siens propres.

Avant de vous présenter cette « jeune » artiste qui fait aujourd’hui son apparition impromptue sur la scène musicale, je vous avouerai qu’il y a encore douze jours, je ne la connaissais pas, au contraire des dizaines de milliers de followers qu’elle arbore sur Instagram. Il a suffi d’un samedi soir pour tout faire basculer.

(La minute vie de Rémi – que vous affectionnez tant, je l’espère – c’est maintenant)

J’étais donc en soirée parisienne lorsque nous décidâmes avec mes ami·es, de nous rendre à la Nuit Blanche, évènement annuel et automnal emblématique de la vie culturelle et nocturne de la capitale. Il était alors 23h45 et la pluie battait son plein. Après deux excursions avortées et surtout m’être bien « pris la flotte », je me décidais à écourter ma Saturday Night Fever, la mort dans l’âme (ou presque, tellement j’étais trempé de la tête aux pieds et des pieds à la tête), et à rentrer dans mon humble demeure, où je m’empressais de me faufiler sous un plaid et d’allumer ma télévision, destination France 2 et le duo Ruquier/Salamé.

On est en direct touchait alors à sa fin. Sur le plateau, Cyrielle Clair faisait revivre Marlene Dietrich, tandis qu’à ses côtés se tenait une artiste pimpante et flamboyante, nommée Hélène in Paris.

Née Hélène Benhamou le 21 décembre 1955 à Meknès (Maroc) dans une famille aisée, elle arrive en France à l’âge de treize ans. Celle qui se définit comme « une femme à sept ou huit ou neuf ou dix vies » mène sa scolarité dans un grand établissement de la capitale, avant d’obtenir une maîtrise de gestion à l’Université de Paris-Dauphine, tout en enchaînant les soirées chez Régine. En 1980, alors âgée de 25 ans, elle décide alors de filer outre-Atlantique, direction les Etats-Unis, où elle s’installe à Los Angeles. En Californie, elle créé sa propre marque de mode, Pistachios, qui rencontre un grand succès. Elle ouvre alors plusieurs showrooms à travers les Etats-Unis, de Los Angeles à New York, en passant par Dallas ou Miami.

Changement de cap dix ans plus tard suite à un mariage déçu, direction la Côte Est cette fois, et plus précisément New-York, où Hélène ouvre une grande boutique de décoration, À la maison, sur la très réputée Madison Avenue. Nouveau succès pour la frenchy, dont l’entreprise devient l’adresse fétiche des stars. Elle devient même chroniqueuse dans Today, l’émission matinale de NBC, aux côtés de la légendaire Katie Couric, et présente Home Shopping Network, l’occasion pour elle de vendre ses propres collections.

Crédits photographiques : hamptonsheet.com

Quelques années plus tard, déstabilisée par les attentats du 11 septembre 2001, un nouveau défi s’ouvre à notre femme de défis : redécorer entièrement un appartement à Londres. Cap sur l’Angleterre donc, où elle s’installe pour mener à bien cette mission, une nouvelle fois avec succès. Elle est dès lors chargée de plusieurs chantiers, qu’elle suit dans l’ensemble du monde, de Bahreïn à Moscou, en passant par Doha. C’est ainsi qu’en 2011, elle créé le groupe Benhamou designs, chargé de la décoration d’intérieur de maisons et d’appartements de particuliers et de grands hôtels, avec des bureaux implantés à Londres, Sydney et Dubai, ce avant que de grandes marques comme Dior ou Gucci ne lui confient l’organisation d’évènements mondains.

En 2019, après plus de trente années passées loin de Paris, elle décide de faire son grand retour dans la capitale, dont elle retombe amoureuse, craquant sur un somptueux appartement de la célèbre rue de Rivoli, non loin du Musée du Louvre et face au Jardin des Tuileries. Elle s’y installe en fin d’année, et fait de son habitat une véritable galerie d’art où s’entrecroisent oeuvres de design, peintures et sculptures.

Mars 2020. Une chape de plomb s’abat sur la planète entière. Un virus nommé covid-19 met le monde à l’arrêt. C’est alors le temps du confinement.

Face à l’ennui, et décidée à égayer ses ami·es déprimé·es pendant cette période inédite, cette inénarrable optimiste, qui n’avait jusqu’alors pas conscience de son talent de chanteuse, décide alors de piocher dans son vaste dressing riche en robes d’allure et d’envergure, et de réaliser ses propres vidéos musicale. Devant le nombre pléthorique d’oeuvres d’art qui peuple son appartement, elle se met en scène de façon humoristique, et avant tout en chansons.

Le succès devient viral. Les commentaires sont extrêmement dithyrambiques, les spectateurs·rices comblés de joie et emplis d’énergies positives en redemandent, et c’est ainsi qu’Hélène continue d’enregistrer ponctuellement des vidéos une fois le déconfinement proclamé.

C’est alors que la riche femme d’affaires, devenue une star des réseaux sociaux, est encouragée par une amie à enregistrer une chanson. Quelques semaines après, la voilà alors en studio d’enregistrement pour son premier single. Autoproduit, Just Be You est dévoilé sur YouTube le 15 septembre 2020 et compte à jour plus de 100 000 vues.

Love life and no routine

Passion is your gasoline

La vie est belle, just play again

Love life and no routine

Ma chemise, your gasoline

You have the fire in you

So just be you

Just Be You – septembre 2020

« Être bourgeoise bohème ou mondaine, l’important est d’être soi-même »

La vie est belle – décembre 2020

Just Be You est un hommage direct aux comédies musicales de Broadway des années 50-60, avec ce qu’il contient de délicieusement kitsch et intemporel à la fois, tout en nous emplissant d’ondes positives. Dans ce titre, Hélène – dont l’un des films fétiche est étrangement My Fair Lady de George Cukor avec Audrey Hepburn – nous invite ni plus ni moins à être nous-mêmes et nous laisser emporter par notre passion. Aimons la vie et disons non à la routine : tel est le leitmotiv qu’elle n’a eu de cesse de suivre tout au long de sa vie et qu’elle nous invite à nous appliquer à nous-mêmes. Pas étonnant alors qu’à l’approche des fêtes de Noël, alors que la France s’apprête à vivre au rythme du couvre-feu et de nouveaux confinements dans les mois suivants, Hélène adapte son titre en version française sous le titre La vie est belle.

– Votre devise ?

– Dream big ! » Il faut rêver grand. Le rêve, c’est le point de départ de la suite. J’ai toujours rêvé grand et l’idée est d’atteindre cet objectif, c’est la richesse de la vie. La passion est mon essence, ce à quoi je travaille tous les jours.

Interview aux Filles de Paname, 11 octobre 2020

Peu à peu, médias et réseaux sociaux s’emballent, tandis que le public en redemande. C’est ainsi qu’un an plus tard, elle publie un nouveau titre.

Dans la droite lignée musicale de ses deux précédents titres, Hélène nous propose cette fois My Big Love Affair, ou l’histoire de son retour dans la capitale française. Paris y apparaît comme une ville dont elle retombe amoureuse après plusieurs années de tensions et de tumultes dans leur relation. À l’instar d’Emily in Paris, la célèbre série Netflix, c’est une véritable déclaration à la Ville Lumière qu’elle nous livre, du Jardin des Tuileries aux Colonnes de Buren, en passant par les mythiques toits surplombant la capitale.

Je suis revenue parfois et tu m’as ouvert les bras
Puis je suis repartie oui, et ainsi va la vie
Je ne regrette rien, non, no i have no regrets
But my real love, is not in New York, nor London or LA

My Big Love Affair – septembre 2021

Il y a quinze jours de cela, Hélène in Paris se produit pour la première fois en live à la télévision française avec son dernier titre sur le plateau de Laurent Ruquier et Léa Salamé.

Ne manque plus qu’un premier album, et le tour sera joué !

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Je disais donc que ma proposition était folle, et probablement au moins aussi folle que l’aventure dans laquelle s’est lancée Hélène in Paris. Dans son extravagance et sa hauteur en couleurs, Hélène est une reine, une diva, qui s’offre aujourd’hui un cadeau avec cette expédition musicale à contre-courant de tout ce qu’elle a accompli jusqu’alors dans sa vie. Hélène ose, Hélène n’a peur ni des regards ni des jugements, et surtout elle n’a pas peur, à près de 66 ans, de se lancer dans l’inconnu.

À travers le personnage d’Hélène in Paris, je pense à Florence Foster Jenkins. Riche héritière, épouse de médecin, cette personnalité s’était construite une carrière de cantatrice grâce à sa fortune… sauf qu’elle chantait faux. L’aventure de notre héroïne du jour est en ce sens un véritable plaisir qu’elle peut se permettre financièrement de vivre, avec une différence notable toutefois – et non des moindres : Hélène est pétrie de talent. Hélène chante, et elle chante très bien. Qu’elle l’ait ignoré pendant de si longues années m’est juste inconcevable, tellement l’évidence est là.

L’univers d’Hélène in Paris, c’est celui des lumières de la capitale qui brillent de mille feux et éblouissent le monde entier. C’est celui de ces comédies musicales mythiques et légendaires qui nous mettent des étoiles dans les yeux et nous plonge dans la magie de l’imaginaire, celui-là même qui nous emplit d’ondes positives et nous réchauffe le coeur. C’est celui des paillettes, de celles qui nous font décoller dans un autre monde et oublier notre quotidien, qui n’a souvent rien d’un long fleuve tranquille, à l’instar de la vie.

Hélène est une star née. Hélène est une étoile. Hélène brille autant que la Ville Lumière. Hélène est irrésistible. Hélène est so frenchy, avec la pointe d’accent si charmante qu’elle arbore lorsqu’elle s’empare de la langue de Shakespeare. Hélène me fait craquer, tant de par son talent que sa personnalité, d’une innommable sympathie et ô combien solaire. Bref, je suis tombé sous le charme d’Hélène, et la voir sur la scène d’Eurovision France serait un cadeau digne de ces grands paquets dorés et enrubannés que l’on voit dans les films hollywoodiens, et dont sortent de belles surprises. Celle-ci s’appelle Hélène in Paris, et outre le véritable crush que j’ai pour elle, j’éprouve également une sincère admiration pour l’audace qu’elle a de se lancer dans la plus folle et la plus incroyable des aventures à cette étape de sa vie. Respect Madame. Et vivement l’album !

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Je ne résiste évidemment pas au plaisir de partager avec vous la dernière cover d’Hélène.

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Crédits photographiques : page Facebook officielle d’Hélène Benhamou (dite Hélène in Paris)