Interrogée par l’Aftonbladet samedi soir à l’issue de sa victoire au Melodifestivalen, Felicia avait déclaré être en désaccord avec la participation d’Israël à l’Eurovision 2026. Une déclaration qui a fait réagir l’UER.
Retour le week-end dernier. Au tabloïd suédois qui la questionnait sur sa position par rapport à la présence de l’État hébreu à Vienne, la représentante suédoise avait répondu : « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour Israël de participer. J’ai réfléchi à ce que je devais faire et si je devais y aller, mais j’ai pris ma décision. J’y vais et je vais m’assurer qu’ils ne gagnent pas. ». Une position exprimée dans le contexte de la guerre à Gaza et des violences se déroulant sur le territoire. Le télédiffuseur israélien KAN a évidemment peu goûté cette déclaration puisque, peu de temps après cette déclaration, il a déposé une plainte officielle auprès de l’UER, arguant à nos confrères d’Eurovisionfun que le concours devait rester hors des considérations politiques et exclusivement focalisé sur la musique…
Lundi, la responsable communication de la SVT, Hanna Dowling, a publiquement réitéré le droit à la liberté d’expression des artistes suédois prenant part à l’Eurovision, comme n’importe qui en Suède. Elle a rappelé que Felicia avait été informée du règlement de l’UER et de ses directives, et que le problème était désormais entre les mains de l’équipe de l’artiste. Pour rappel, la participation de la SVT à l’Eurovision 2026 (qui ne faisait en réalité guère de doutes) avait été conditionnée à un fort soutien européen à la compétition, à la sécurité des participants et de l’audience, et au maintien du statut apolitique de l’événement autant que possible, en accord avec les règles de l’UER. Si le télédiffuseur suédois avait affirmé son indépendance, il avait également indiqué qu’il ne prendrait pas de position politique et que sa décision de participer ou non à l’Eurovision ne devrait pas être interprétée comme une position pour ou contre un pays ou un télédiffuseur.
Justement, que dit le règlement de l’UER ?
- « L’Eurovision respecte la liberté d’expression comme un droit fondamental. Si les participants ont le droit de s’exprimer librement en dehors du concours, ils sont tenus de respecter les règles de l’Eurovision dans le contexte de leur performance et des activités officielles relatives à l’événement. »
- « Les participants peuvent s’exprimer librement à titre personnel mais doivent éviter d’exprimer des positions politiques dans le cadre de leur participation à l’Eurovision. Ils ne doivent pas instrumentaliser l’Eurovision ou l’utiliser comme un levier pour adopter des positions politiques ou causer des controverses, devant rester focalisés sur l’objectif de l’événement, qui est de célébrer la musique et de promouvoir l’unité. »
L’instance organisatrice de l’Eurovision en a visiblement conclu que la représentante suédoise n’avait pas respecté les règles, puisque l’UER a interpellé la SVT dans un communiqué officiel :
« Les participants ne doivent pas instrumentaliser le Concours Eurovision de la chanson ni utiliser cet événement comme moyen de pression en faisant des déclarations politiques ou en créant la controverse, détournant ainsi l’attention de l’objectif de l’événement, qui est de célébrer la musique et de promouvoir l’unité. Le code de conduite souligne également que le respect mutuel entre les artistes est essentiel. »
En complément, Martin Green, directeur du concours, a déclaré dans l’émission Kulturnyheterna – diffusée sur SVT 1 :
« Nous avons pris contact avec SVT afin de nous assurer que leur artiste ait été clairement informé des règles et responsabilités qui s’appliquent à la suite de sa sélection pour le concours. Nous poursuivrons le dialogue avec toutes les parties concernées afin de garantir le respect des règles et de protéger l’intégrité et la neutralité de l’événement. »
C’est la première fois que l’UER procède à un rappel au règlement officiel envers un télédiffuseur dans cette édition 2026. Pourtant, Felicia n’est pas la première participante à exprimer son opposition à la participation d’Israël à Vienne, puisque Linda Lampenius & Pete Parkkonen (Finlande) et Satoshi (Moldavie) l’avaient fait avant elle, sans que ni eux, ni leurs télédiffuseurs, n’aient fait l’objet d’un rappel à l’ordre de l’UER ou d’une plainte officielle de la KAN.
Par le passé, l’UER avait déjà rappelé à l’ordre des artistes participant à l’Eurovision pour non-respect des règles du concours, bien que cela fut en réalité très rare. En 2017, lors de la conférence de presse des vainqueurs de la première demi-finale, le futur vainqueur Salvador Sobral avait arboré un pull sur lequel était inscrit « S.O.S Refugees » (SOS réfugiés), à l’heure où l’Europe était en pleine crise des réfugiés. Il avait déclaré : « Si je suis ici et que j’ai une exposition européenne, la moindre des choses que je peux faire est un message humanitaire », avant d’évoquer la situation dramatique des réfugiés qui se rendent en Europe, sous les applaudissements de la salle de presse. L’UER avait alors interdit à l’artiste de porter à nouveau ce vêtement par la suite dans le cadre du concours, prétextant d’un « message politique qui viole les règles du concours », là où l’artiste affirmait défendre un message humanitaire et non politique.
A l’inverse, d’autres prises de positions n’avaient pas été jugées contraires aux règles de l’UER. En 2012, lorsque le concours avait été organisé en Azerbaïdjan (reconnu comme un régime autoritaire), Loreen était allée à la rencontre d’activistes des droits de l’homme dans le cadre de l’Eurovision et avait déclaré à la presse « Les droits de l’homme sont violés tous les jours en Azerbaïdjan. Nous ne devrions pas rester silencieux quant à de telles choses. » La gagnante de l’édition avait alors fait l’objet de vives critiques du gouvernement azéri qui, via un porte-parole, avait invité l’UER à prévenir toute prise de position telle, jugée « politique ». Mais l’UER avait jugé que les règles du concours n’avaient pas été mises à mal. En 2022, plusieurs participants – dont l’un des membres de Kalush Orchestra – avaient pris position en faveur de l’Ukraine et lancé des appels à l’aide, ce que certains observateurs avaient considéré comme une violation des règles de neutralité politique du concours. L’UER avait toutefois répondu que de telles prises positions étaient davantage humanitaires que politiques.
Crédits : Stina Stjernkvist /SVT









Ce n’est pourtant pas compliqué d’instaurer la règle qui dit que si un artiste sélectionné tient des propos politiques…c’est l’exclusion directe de l’artiste…mais pas l’exclusion de sa chanson. Y en a beaucoup qui la fermerait rapidement…
L’artiste Arménienne avait été rappelée à l’ordre quand elle avait pris le drapeau de la province du Karabach il y a quelques années.
Mais je pense qque l’excusions de l’artiste néerlandais en 2024 avait été trop entouré d’un certain flou de la part de l’UER. Et il a été blanchi par la suite ( mais c’est une autre histoire). Il ne faut pas oublier qu’Israel a été admis à concourir à Luxembourg à partir de 1973 juste après les jeux olympiques de Munich où il y avait eu une prise d’otage . Le concours avait eu à ce moment là une sécurité très renforcée. Ceci n’est pas une prise de position mais juste un rappel historique pour les fans le plus jeunes et le Maroc a participé en 1980 parce qu ´Israel ne pouvait pas participer à cause de fêtes religieuses ( si mes souvenirs sont correct et parce qu’il ne pouvaient / voulait pas organiser le concours une deuxième fois d’affilée. Si je me trompe que quelqu’un me corrige.
C’est vraiment minable de l artiste suédois de faire cette déclaration.
C’est plutôt elle qui va en pâtir.
Je soutiens la participation d’Israël.
Tant qu’il n’y auras pas de clarté de la part de l’UER ça va être la pagaille.
À force de « ménager la chèvre et le choux » on va vers le b….l « désorganisé et chaotique » qui nous mène et sur une pente savonneuse.
Le pays organisateur qui refuse une protection des artistes d’un autre pays et qui pousse le pays à ne pas se présenter au concours s’est déjà passé avec l’organisation du concours à Bakou ( conflit Azerbaïdjan et Arménie) plus tôt c’était la participation de Chypre dans le passé au concours qui avait jeté un froid entre la Grèce et la Turquie. La Turquie participant au concours quand la Grèce n’y participait pas et vice versa, l’opposition de participation de certains pays à cause des gouvernements espagnol et portugais au concours et j’en passe.
Les artistes se trouvent au milieu et en général n’y sont pour rien, mais de la part de l’artiste choisie pour représenter la Suède c’est un choix médiatique de sa part pour s’attirer des votes pour elle même. C’est une forme pour attirer le projecteur sur elle même en se servant d’un événement qui est en dehors du concours de chant par lui même.
Je veux rester neutre mais malgres tout je sais que serais critique et par les uns et par les autres même si je pèse mes mots pour rester le plus ( vœux pieux de ma part) neutre au possible.
Le problème est sa phrase « je vais tout faire pour qu’ils ne gagnent pas » qui reste malgré tout un message de menace. Les messages des finlandais et des moldaves n’incluaient pas de menace. Et puis pourquoi elle n’en a pas parlé avec son diffuseur avant de s’engager dans la compétition ?! je trouve ces prises de position opportunistes et hypocrites car ils savaient avant d’être choisis que Israël allait participer. Et puis encore une fois ça peut influencer le public dans un sens comme dans l’autre.
Après on sait très bien que l’UER n’est jamais claire et qu’elle est ambivalente dans sa façon de faire.