Cette première demi-finale conclue, place aux répétitions générales de la deuxième ! Voici le programme de ce mercredi 19 mai :

  • 15h – 17h10 : première répétition générale de la deuxième demi-finale
  • 21h – 23h10 : deuxième répétition générale de la deuxième demi-finale, avec vote des jurés

Pour suivre en direct ces deux répétitions, retrouvez-nous sur notre fil Twitter.

Cet article, lui, sera mis à jour au terme des deux diffusions. Vous y retrouverez la description de la demi-finale, ainsi que mes commentaires personnels (qui n’engagent que moi) aux sujets des prestations des demi-finalistes.

Première répétition générale de la deuxième demi-finale

Ouverture

La vidéo introductive est une nouvelle fois une compilation des cartes postales. Nous parcourons différents paysages des Pays-Bas, jusqu’à rejoindre Rotterdam et l’Ahoy.

L’ouverture de cette deuxième demi-finale s’intitule donc Forward Unlimited. Elle présente le parcours du breakdanseur Redouan Ait Chitt, qui se produit sur une composition interprétée par la chanteuse Eefje de Visser. Redouan danse seul sur la scène principale, dans la pénombre. Eefje se tient sur l’avant-scène. Puis, effet spécial : Redouan traverse le plancher de la scène et se retrouve en sous-sol, parmi des danseurs. Puis, retour sur scène avec les danseurs et effets pyrotechniques. Redouan et les danseurs interprètent alors une chorégraphie breakdance. Un numéro assez bref, mais marquant.

Cartes postales

Tentative de recension :

  • Saint-Marin : Eindhoven
  • Estonie : Zandvoort
  • République Tchèque : Almere
  • Grèce : Vinkel
  • Autriche : Nannewiid
  • Pologne : Schiphol
  • Moldavie : Schiermonnikoog
  • Islande : Amsterdam
  • Serbie : Lisse
  • Géorgie : port de Rotterdam
  • Albanie : Maastricht
  • Portugal : Delft
  • Bulgarie : Agelo
  • Finlande : Heerlen
  • Lettonie : Middelburg
  • Suisse : Rotterdam
  • Danemark : Nijmegen

Saint-Marin

Senhit nous apparaît dans un autre costume de madone. Bien plus réussi que celui des répétitions individuelles. Il lui est rapidement ôté. Ses danseurs ont également changé de costumes. Ils ressemblent désormais à des mannequins stylisés, plus dans l’esprit du vidéoclip. Une réussite ! Après deux minutes, comme annoncé, notre ami Flo Rida entre en scène, au sommet de sa forme et de son art. Pour le reste, la chorégraphie est identique. Mais il me semble que le visuel a connu quelques changements, lui aussi. Intelligent : Flo Rida accompagne physiquement Senhit jusqu’au bout de sa prestation. Bref, beaucoup de changements pour un mieux !

Estonie

Nous retrouvons Uku, agenouillé devant sa pleine lune. L’ambiance visuelle demeure électrique et à l’orage. Sans surprise, visuel et mise en scène demeurent inchangés. Vous ne connaitrez aucune surprise particulière, tant cela ressemble à la prestation d’Uku lors de l’Eesti Laul. Uku nous offre une autre interprétation remarquable et inspirée. Mais décidément, The Lucky One ne fait pas le poids face à la concurrence et souffre de la comparaison avec la madone saint-marinaise. La scène passe au rouge, les éclairs se déchaînent. Pas sûr qu’il en soit de même au télévote, demain soir…

République Tchèque

Benny apparaît en arrière-scène, avant de s’avancer sur la scène, rejoignant ses danseurs. Un début assez effectif sur le plan visuel. La mise en scène et la chorégraphie conservent tout leur potentiel d’attractivité. En revanche, vocalement, c’est plus que léger. Benny s’épargne bien des notes… Tout cela hésite entre dilettantisme et réussite. Benny donne décidément l’impression de prendre tout cela à la légère. Mais est-ce son personnage ou pas ? Mystère… Benny conclut sa prestation sur l’avant-scène. Une demi-réussite… Si seulement il parvenait à mieux s’incarner à l’écran…

Grèce

Stefania se montre toujours aussi intense dans ses regards caméra. Elle retient l’attention dès la première seconde. Mais les effets spéciaux sont moins réussis cette fois. Stefania apparait plus floue et ses cheveux disparaissent par instant. Un filtre est mal appliqué : son visage est presque transparent et le rendu à l’écran est enlaidi. Vocalement, Stefania survole sa chanson et l’emmène vers de nouveaux sommets. Une réussite. Mais la technique est restée en rade.

Autriche

Vincent apparaît en contre-jour, avant que la caméra ne passe en gros plan sur son visage et que la salle s’illumine. Visuel et mise en scène sont dépouillés à l’extrême. Mais le rendu à l’écran est magistral, spécialement quand Vincent s’avance sur son podium. Vincent nous offre une autre prestation magistrale. Il vit sa chanson comme rarement. Trois minutes d’émotion et de grand art vocal. La salle replonge dans le noir, avant l’explosion musicale et lumineuse finale. Vincent est magistral à chaque note. Bref : oui, vous voterez pour lui !

Pologne

Cela tourne au supplice auditif. Le bain d’un chat serait plus harmonieux à l’oreille… Visuel et chorégraphie s’enchaînent toujours à rythme soutenu, dans un vaste ballet admirablement répété et presté. Mais le plus bel emballage qui soit ne pourra masquer les faiblesses vocales de Rafał. Ici, il se montre laborieux et tâcheron. Les jurés albanais le descendront en flèche. Garanti ! Le meilleur moment : quand cela s’arrête…

Premier interlude

Nous retrouvons Nikkie sur scène, pour d’autres compilations vidéos de son challenge Eurovision : danses, chants, reprises et autres varia. Puis, petit message vidéo de Molly Sandén, pour encourager les artistes. Enfin, extraits du LookLab avec Jeangu Macrooy.

Moldavie

Rien ne semble avoir été changé, a priori, ni au visuel, ni à la mise en scène. Cubes roses et plateforme blanche rotative. Un peu court, jeune homme… La prestation vocale de Natalia me semble meilleure. Elle-même s’incarne plus sur scène. Un progrès sensible, mais pas déterminant non plus. Ces trois minutes manquent d’âme, d’audace, de second degré et d’humour. Elles s’avèrent plates, premier degré et trop littéral que pour créer la complicité avec le téléspectateur. Note finale réussie pour Natalia, c’est déjà ça !

Islande

L’un des Gagnamagnið ayant été testé positif au Covid-19, Daði et son groupe ne participeront plus aux directs. Nous verrons un enregistrement de leurs répétitions. La chance dans ce malheur est que tous avaient particulièrement réussi leurs secondes répétitions. Daði s’était montré irrésistible et le visuel, enfin bien cadré, très efficace. De fait, la prestation ayant été tournée sur la scène de l’Ahoy, l’illusion est complète. Soyez rassurés : l’on ne voit (quasiment) rien à l’écran. Et il s’agit là d’une des meilleures prestations de Daði. Vous noterez seulement l’absence du public, en arrière-plan. Pour le reste, tout est absolument parfait. Vous voterez pour lui, avec plaisir. Les chances de l’Islande demeurent intactes.

Serbie

C’est reparti pour un tour dans la turbo discothèque serbe ! L’introduction capte sur le champ l’attention. Le reste s’enchaîne, telle une mécanique folle. Je vous mets au défi de leur résister. Je vous mets au défi de ne pas voter pour elles. Je vous mets au défi de ne pas vous trémousser sur votre divan. Sanja, Ivana et Ksenija sont au sommet de leur art, de leur voix et de leur maitrise capillaire. Elles envoient une incroyable énergie à l’écran. Une autre prestation magistrale et très réussie !

Géorgie

Un homme, une chanson, un cube. Voilà à quoi se résument ces trois minutes, un brin longues vers la fin… Vous ne verrez rien d’autre à l’écran que Tornike, Tornike, Tornike et son cube et encore Tornike. Sobre et servant bien le propos. M’enfin, Vincent joue sur la même partition avec plus d’efficacité. Tornike chante à merveille. Hélas, cela ne suffit pas à insuffler de la vie à sa chanson, ni à retenir l’intérêt. L’ennui gagne, dévore, ronge le téléspectateur… Assurément les trois minutes les plus longues de cette édition 2021…

Albanie

Anxhela est avant tout une immense chanteuse. Elle le prouve dès la première note. Le visuel est beau et l’accompagne très bien, en soi. N’empêche : Anxhela reste malgré tout plantée là, toute en jambes et en poumons. Elle nous offre une nouvelle prestation vocale impériale. Tout repose donc sur « Karma », une ballade albano-albanaise à voix. Si vous aimez le FiK, Noël à Tirana et les Eurodivas albanaises, vous serez comblés, aux anges, au paradis. Sinon, vous resterez sur le bord de la route et attendrez la prestation suivante.

Portugal

Début en noir et blanc, à l’ancienne, sous le charme de la voix de Pedro. La couleur revient au terme du premier refrain et le visuel déploie ses effets. Pour le reste, la mise est sobre. Pedro chante sur la scène principale, les autres membres du groupe derrière lui. La rue virtuelle apparait sur l’écran LED latéral et Pedro se déplace jusque sur l’avant-scène. Petit solo de guitare, tandis que Pedro poursuit sa très belle interprétation. Une réussite feutrée qui plaira assurément. Et pas qu’aux jurés albanais…

Deuxième interlude

Nous retrouvons Chantal, en interview avec Helena Paparizou. Une interview préenregistrée. Helena déclare son amour pour l’Eurovision. Retour sur sa victoire, en 2005, à Kiev. Helena se souvient avoir été très nerveuse, puis heureuse de sa victoire. Mais surtout, c’est son accueil triomphal à Athènes, après sa victoire, qui l’aura le plus marquée.

Bulgarie

Victoria apparaît sur son rocher, tandis que s’égrène les notes de sa chanson. Le sable s’écoule à ses côtés. Un visuel marquant entre tous, malgré sa sobriété. Victoria nous offre une autre prestation touchante de sa ballade. Trois minutes d’émotion pure et parfaite. Un moment magique d’Eurovision et de musique. Victoria touche le sable de sa main, tandis que son rocher flotte sur la scène. Les lumières éclairent l’Ahoy. La chanson s’élève… Victoria est touchante et magistrale. Sa qualification semble ici une évidence.

Finlande

Vous reprendrez bien un autre uppercut musical dans la tronche ? Blind Channel déploie à nouveau sa rage et son énergie, pour une prestation coup de poing. Oui, voilà ces trois minutes résumées : opération coup de poing ! Mais cela fonctionne à merveille. Le visuel est marquant et les angles de caméra tournoyants et vifs rythment une mise en scène simple. Faut-il parler de la prestation vocale ? Joel et Niko se montrent parfaits, rageurs à souhait. Le télévote leur sera très favorable, tant cela est réussi !

Lettonie

Samanta emplit l’Ahoy de sa voix. Elle s’avance sur la scène et rejoint ses danseuses. La mise en scène n’ira pas plus loin. Je reste sceptique, car à titre personnel, je ne trouve pas le visuel très réussi. Cela ressemble à un jeu vidéo des années 2000, avec beaucoup d’effets très peu subtils. Samanta est à nouveau impériale. L’une des meilleures chanteuses de cette édition 2021. Plus que toutes, elle méritait de figurer sur la scène de l’Ahoy. Hélas, sa chanson est peu accessible. En l’état, elle semblera hermétique à beaucoup de téléspectateurs. Et ce visuel ne les aidera pas à y rentrer…

Suisse

Gjon apparaît sur son décor mobile. Rien ne semble avoir été modifié, ni au visuel, ni à la mise en scène, ni au costume. À titre personnel, je trouve l’ensemble très réussi, très esthétique et très efficace. Gjon interprète magnifiquement sa chanson. Un autre grand moment d’émotion. Une émotion pure et sincère. Gjon, lui aussi, met son âme à nu sur la scène. Son décor se met en mouvement, tandis que la chanson prend son envol. Je suis décidément sous le charme et ce sont là mes trois minutes préférées de cette deuxième demi-finale. Gjon est magistral. Toutes les pièces du puzzle s’imbriquent à merveille et la note finale cueille le téléspectateur pris par l’émotion. Du grand art télévisuel et vocal. Une place assurée en finale.

Danemark

Vous savez tout sur cette prestation, sans l’avoir vue. Imaginez celle du Dansk Melodi Grand Prix, mais sur une plus grande scène et avec des effets visuels de profondeur plus marqués. L’ensemble est très cohérent. Ses aspects vocaux, musicaux, scéniques et visuels s’imbriquent parfaitement. La prestation de Jesper est à nouveau parfaite. En clair, si vous aimez cette chanson, vous passerez un excellent moment. Si pas, le moment sera alors venu de calculer vos moyennes et de dresser la liste de vos dix qualifiés personnels. Quant à moi, je les qualifierais volontiers, tant cette proposition respire la joie et la bonne humeur !

Entracte

Il s’intitule Close Encounter of a Special Kind : il s’agit d’un spectacle illustrant le pouvoir qu’offre leur unité aux Néerlandais. Le danseur Ahmad Joudeh et le rider BMX Dez Maarsen, accompagnés d’une troupe de danseurs, nous offrent un numéro de danse contemporaine.

Ahmad danse sur la scène, torse nu, dans une tunique argentée, entouré par une troupe de danseurs habillés de rouge. La partition est classique et si j’avais quelque culture en la matière, je vous en dirais plus. Mais hélas… Ahmad gagne ensuite l’avant-scène. Dez passe et repasse de temps à autre sur son BMX, ce qui involontairement drôle…

Ahmad danse corps et âme, dans un ballet poétique et admirable. De la danse classique, forte et impactante. Mais décidément Dez sur son petit vélo semble égaré là par erreur… Cela se termine par un regard et un rapprochement assez homoérotiques entre Ahmad et Dez, que je n’avais point vu venir… Du coup, tout au long de cet entracte, Dez tourne littéralement et métaphoriquement autour d’Ahmad…

Ensuite, nous avons droit à un interlude comique : des compilations d’imitations de participants mémorables de l’Eurovision. Nous passons à la deuxième partie de la commémoration des vainqueurs du Concours. Nous y retrouvons Duncan Laurence, Izhar Cohen, Getty Kaspers, Ruslana, Nicole et Niamh Kavanagh. Une autre séquence très émouvante, spécialement de la part de Nicole. Enfin, un tutoriel de Nikkie, consacré cette fois à la meilleure façon de former une bonne équipe pour remporter le Concours.

Tout cela conclut par des interviews de Stefania et de Benny Cristo par Edsilia dans la green room.

Prestations des qualifiés automatiques

La France, le Royaume-Uni et l’Espagne votant dans cette demi-finale, nous avons droit à l’enregistrement des prestations de leurs représentants.

Barbara apparaît à l’écran, pour une nouvelle prestation de Voilà. Visuel et costume demeurent inchangés. L’Ahoy disparait complètement. L’on a peine à imaginer que Barbara se produit sur une si vaste scène… arbara conserve son intensité et sa profondeur. Vous commencez à bien la connaître. Vous connaissez sa chanson et ses prestations par cœur… La caméra se rapproche sans cesse d’elle jusqu’au final, droit dans ses yeux. Une autre réussite complète…

James Newman est toujours entouré de ses deux trompettes géantes. Il a opté cette fois pour un ensemble doré. Moins seyant que son ensemble noir… James est toujours constant dans ses excellentes interprétations. Le problème vient plutôt de la mise en scène, tellement 2010. Elle ne tire aucun parti de l’écran LED, ni des possibilités visuelles offertes. Tout repose sur des accessoires physiques et une chorégraphie basique et est filmé de manière assez plate. Rien qui ne relève Embers, ni ne met James en valeur. Ceci étant dit, cela reste trois minutes joyeuses et dynamiques.

Blas se dresse seul la scène de l’Ahoy, dans un nuage de neige carbonique. Premier tableau : l’éclipse de soleil. Les images vous auront tout révélé de cette prestation, Blas restant immobile. Tout repose sur le visuel et un certain accessoire… Deuxième tableau : la pleine lune. Problème : l’on ne voit qu’elle. Littéralement un éléphant dans la pièce… Troisième tableau : le saut dans l’espace. La prestation de Blas est remarquable, comme de bien entendu. Mais cette lune, cette lune… Cela va encore hurler aux Cortès sur la clarté de vision de la RTVE et sur le juste emploi des deniers des contribuables espagnols…

Annonce des qualifiés

Les dix faux qualifiés pour cet après-midi sont l’Autriche, la République Tchèque, la Pologne (aargh), Saint-Marin, le Danemark, la Serbie, la Moldavie, l’Islande, la Finlande et la Bulgarie.

Conclusion

De tous, c’est Senhit qui se sera le plus améliorée. Pas tant du point de vue vocal, que de celui de ses costumes. Elle a évacué tout ce qui prêtait à la moquerie. Le résultat final est remarquable ! La prestation saint-marinaise ressemble désormais bien plus au vidéoclip et en retranscrit toute l’esthétique et l’esprit. la Sérénissime République est en route pour le meilleur résultat de son histoire au Concours. Et puis Flo Rida représentant Saint-Marin à l’Eurovision…

Quant à moi, après cette générale, je qualifierais :

  • l’Autriche
  • la Bulgarie
  • le Danemark
  • la Finlande
  • la Grèce
  • l’Islande
  • le Portugal
  • Saint-Marin
  • la Serbie
  • la Suisse

En revanche, il me serait plus difficile de pronostiquer le vainqueur de cette deuxième demi-finale, les favoris ayant des propositions très différentes… Mais si la Pologne se qualifie, je me meurs direct sur mon canapé…

Deuxième répétition générale de la deuxième demi-finale

Ouverture

Eefje chante depuis l’avant-scène. Tandis que Redouan danse sur la scène principale. Effet spécial : Redouan traverse le plancher et se retrouve au milieu de ses danseurs. Retour sur scène pour le final, avec effets pyrotechniques. Une ouverture à l’image de cette édition : simple, directe, efficace.

Saint-Marin

Senhit est rhabillée au sens premier, et nettement plus impressionnante, en séraphin mi-baroque, mi-byzantin. Ses danseurs sont eux aussi rhabillés, dans une veine plus haute couture. Effets pyrotechniques et énorme ambiance dans la salle. Un début marquant !Le visuel accompagne un ensemble un brin plus sobre, plus cadré. Senhit est excellente et… le voilà ! Flo Rida en personne ! La salle est en transe. Flo Rida accompagne Senhit jusque sur l’avant-scène et reste à ses côtés. La salle les ovationne. Trois minutes couronnées d’étincelles et diablement renversantes ! Vous voterez, vous voterez, vous voterez et vous voterez encore pour ces trois meilleures minutes saint-marinaises de l’histoire du Concours.

Estonie

Uku apparaît à genoux devant sa pleine lune, tandis que les éclairs se déchaînent. Pour le reste, qu’ajouter de plus ? Vous avez déjà tout vu. Déjà que ces trois minutes ne sont guère mémorables. Mais elles sont littéralement aplaties par la madone saint-marinaise et son acolyte floridien… Uku délivre une impeccable prestation vocale, soulignons-le. Une pitié qu’un tel talent soit au service d’une chanson aussi peu audacieuse. Ah, s’il avait chanté Amnesia… Il y serait arrivé, lui… Bref, Uku est parfait. Mais les espoirs de le revoir samedi sont aussi minces qu’un papier de riz…

République Tchèque

La caméra cueille Benny derrière l’écran LED, avant de le rejoindre sur la scène. Il reçoit une ovation du public dans la salle, tandis qu’il enchaîne sa prestation. Cette fois, Benny semble nettement plus présent et investi. Il nous offre sa meilleure prestation jusqu’ici. Vocalement, c’est très bien. Beaux sauts, beaux regards caméra. Un plaisir ! Benny gagne l’avant-scène avec ses danseurs. Nouvelle ovation du public. Ces trois minutes prennent enfin tout leur sens. Il lui aura fallu le temps. Mais Benny atteint enfin l’excellence. La balance penche à nouveau en faveur de sa qualification, tandis que l’Ahoy l’acclame à tout rompre.

Grèce

L’écran s’illumine dévoilant Stefania sur la scène. La chanteuse réitère ses regards intenses à la caméra, dans une ambiance visuelle mauve. La technique est à nouveau au point. Le trucage visuel fonctionne à merveille. Ouf… Une fête pour les yeux. Stefania escalade son podium invisible et chante dans le vide. Ses danseurs invisibles la rejoignent. Les téléspectateurs seront épatés, à coup sûr ! Stefania chante à merveille et élève ses trois minutes jusqu’aux nuages. Retour à la réalité et gigantesque ovation de l’Ahoy.

Autriche

Changement d’ambiance pour trois minutes parfaites d’émotion. Vincent est vivement applaudi par l’Ahoy, pour son début à contre-jour. La salle s’illumine. Vincent nous ouvre son cœur et son âme. Sa prestation est magistrale, comme toujours. Il s’avance sur son podium. Que d’émotion, que d’émotion. La salle vibre avec lui et le porte, tandis qu’il l’emplit de sa voix extraordinaire. Le final de Vincent est à nouveau ovationné par le public. L’Eurovision dans ce qu’il a de meilleur !

Pologne

Là, j’en ai ma claque de subir ces prestations vocales désastreuses… Je pense n’avoir rien à ajouter. Rafal ne tient pas la route vocalement. Et donc, tout le reste n’est que fumée dispersée au vent… Vous rangerez ces trois minutes dans les bêtisiers du Concours, entre XXL et Ping Pong. Maintenant, pourrait-on passer à autre chose ? Merci…

Moldavie

Et nous voilà repartis pour un autre tour de plateforme… Ici, aussi, la lassitude m’envahit… Rien n’a changé, ni progressé depuis les premières répétitions. Ces trois minutes offrent peu. Natalia nous accorde plus d’énergie et de présence qu’à l’accoutumée. Mais ce pli de chanter sur un souffle… Non, juste non. Et pourquoi diable n’avoir pas repris l’esthétique du vidéoclip ? Cela aurait bien plus intéressant que ces cubes de néons roses… Natalia nous pousse sa note, qu’elle tient jusqu’au bout. Le seul moment intéressant de cette proposition moldave. Vivement les prochaines auditions de la TRM !

Islande

Le public ovationne faussement Dadi, ce qui renforce l’illusion. La seule trahison est visuelle, puisque la salle apparaît vide dans certains coins de l’écran. Mais rien de grave non plus. Dadi a de la chance dans son malheur : cet enregistrement est quasiment parfait. Il y déploie ses tours, sa chorégraphie et son visuel, de manière irrésistible. Pour le reste, pas de changement notable à signaler. Tout est réglé et au point. Le faux final voit le public applaudir à tout rompre.

Serbie

L’impression d’être dans un grand huit. Nous sommes d’emblée dans la première boucle. L’ambiance explose, tandis que notre trio de choc enflamme littéralement l’Ahoy. Leur prestation vocale est meilleure que jamais. Le public hurle de plaisir. Les tableaux du visuel s’enchaînent à rythme soutenu. Vive le turbo ! La boule à facettes apparaît, tandis que nos amies serbes gagnent l’avant-scène. Elles font fondre la caméra. Allez, allez, sortez déjà vos portables… Là-dessus, immense ovation pour une prestation réussie en tous points.

Géorgie

Autre salle, autre ambiance, ai-je envie de vous dire… Le public est radouci d’un ton. Prêt pour la berceuse que Tornike nous chante de sa superbe voix. En résumé : pas un somnifère. Non : toute la boîte ! Tornike s’illumine des paroles de sa chanson. Effet « veilleuse » garanti. Dieu que tout cela est bien chanté et ennuyeux à mourir… Tornike a droit à une petite ovation, malgré tout. Ne comptez pas le revoir, samedi…

Albanie

Explosion de fumée virtuelle pour saluer Anxhela. Effectif sur le plan visuel et théâtrale. Anxhela enchante de sa voix pure et incroyable. Elle chanterait le bottin de Tirana que l’on serait subjugué… …ou presque. Karma est plus intéressant qu’une liste téléphonique, mais demeure coincé dans le cadre étroit de son genre musical. Parfait à placer sous le sapin, mais sous le soleil de mai… Anxhela est une fois encore impériale. Ah ça, ce n’est pas elle que l’on surprendrait à manquer de justesse, de rythme ou de souffle. Suivez mon regard… Neige carbonique pour un final réussi et une belle ovation.

Portugal

Retour au noir et blanc, ambiance Eurovision 1965. Pedro charme le public de sa voix inimitable et en reçoit de vifs applaudissements. Passage à la couleur. Le visuel prend son envol et transforme lentement la salle. La classe à la portugaise, tandis que Pedro poursuit son sans faute. Pedro gagne l’avant-scène dans un décor virtuel de rue. La salle s’illumine de bleu et d’or. Un orchestre apparait à l’écran. Parfait et accompagné d’une autre ovation de l’Ahoy.

Bulgarie

Victoria envoûte dès la première note, de sa voix douce et inimitable. L’horloge scande le tempo de sa chanson, tandis que le sable coule sur ce rocher perdu sur les flots. Une réussite visuelle et scénographique complète. Nous flottons dans un monde parallèle, tandis que Victoria chante avec son cœur et nous enchante. Un grand moment d’Eurovision. Elle s’en vient toucher la colonne de sable qui s’interrompt. Le rocher tourne sur lui-même et la voici à son sommet. Les lumières s’élèvent en un effet visuel remarquable. Victoria est parfaite. Comment ne point aimer l’Eurovision après ces trois minutes ? Le public applaudit avec ferveur.

Finlande

Paf ! En plein dans la face du Concours ! Blind Channel remet le couvert, pour trois autres minutes de boxe musicale. Les feux se déchaînent et renforcent les prises de vue épileptiques. Le Concours est ici remplacé, trois minutes durant, par un festival de metal bien grave et chevelu. Cela secoue son cocotier et ne manquera pas décoiffer les téléspectateurs sur leur canapé… spectateurs qui n’attendent que cela, au passage. Le metal est un genre très populaire et nombreux sont les lambda qui voteront pour le groupe. Le public dans la salle est enthousiaste comme jamais. La Finlande décrochera à coup sûr sa qualification.

Lettonie

Samanta surgit dans ses atours de reine de la nuit et rejoint ses danseuses sur la scène. Et là, je m’aperçois avoir fait également le tour de ces trois minutes… Rien n’a varié d’un iota depuis le début des répétitions. Samanta a brillé vocalement de bout en bout. Le reste est demeuré aussi désaccordé et disharmonieux. Musicalement et visuellement. Samanta se donne entièrement et s’avère plus brillante que jamais. Hélas, The Moon is Rising enchante moins. Et le visuel est si peu convaincant… Le doute m’habite, le doute m’habite…

Suisse

Gros plan sur Gjon, son visage, sa main, sa voix. Passages sur son décor. Visage, main, voix. Plan de coupe. Visage, main, voix. Besoin de rien d’autre… Gjon atteint le refrain et magnétise la caméra. Chorégraphie et déplacement. Le visuel l’aspire. Un enchantement pour les yeux et les oreilles. Et tandis que le décor s’éparpille, la salle l’ovationne. Gjon atteint un nouveau sommet vocal, tandis que la salle l’acclame à tout rompre. Une mise en scène assurément arty. Déchaînement de spots et neige carbonique. Final. Ovation.

Danemark

Jesper entre sur scène sous les applaudissements et gagne son podium. Une autre prestation consistante et réussie. Difficile de commenter plus encore ce qui est une prestation inchangée depuis le premier jour, parce que parfaitement au point. Le public de l’Ahoy accueille cela avec enthousiasme et ovationne nos deux Danois. Le visuel élargit la profondeur de la salle. Jesper gagne l’avant-scène… et manque de tomber. Il revient sur la scène principale. Le final est tout aussi réussi. Vifs applaudissements depuis les gradins.

Entracte

Close Encounter of a Special Kind. Ahmad et Dez se regardent droit dans les yeux. Avant que Dez ne se mette à tourner autour d’Ahmad sur son BMX. Les danseurs autour d’eux se lèvent. Dez s’éclipse. Ahmad danse seul, puis entouré des danseurs. Un moment de grâce, d’art… et revoilà Dez qui lui tourne à nouveau autour sur son BMX. Les sous-entendus homoérotiques de ce numéro sont énaurmes… Je me demande si cela est voulu ou involontaire… Ahmad gagne l’avant-scène, puis en revient. Il tourne sur lui-même. Dez le regarde avec une fascination franchement lascive… Pour le final, Dez tourne sur lui-même. Imaginez un petit vélo dans une danse soufie… Tous deux se rapprochent fort pour le final, avec des regards appuyés… Génial et zarbi à la fois…

Prestation de Barbara Pravi. Or donc, rien de changé. Évidemment, vous ne vous attendiez pas à ce qu’elle dégaine soudain un piano-cercueil-escalier-barbecue… Vous savez tout : Barbara, Barbara, Barbara, un cône de lumière, Barbara, Barbara, Barbara, un top en dentelle, Barbara, Barbara, Barbara, de la fumée, Barbara, Barbara, Barbara, des oiseaux… et Voilà. Barbara nous supplie de ne pas partir. Mais où pourrions-nous nous en aller, tant elle nous est nécessaire ? Une autre prestation magistrale, habitée et parfaite. La caméra se rapproche sans cesse de Barbara. Exit l’Ahoy, l’on ne voit plus qu’elle. La salle l’applaudit à tout rompre. Réactions éminemment enthousiaste du public néerlandais. Rendez-vous demain soir !

Prestation de James Newman. James est cette fois en noir, sur son podium et dans un cône de laser. Ses danseurs le rejoignent. Comme déjà dit, la mise en scène ne tient aucun compte des possibilités de la réalité augmentée, ni même des écrans LED. Par conséquent, cela donne une connotation très années 2010 à l’écran… James est très bien. Embers met une belle ambiance. Mais il manque un petit supplément visuel à tout cela. Et même la pyrotechnique n’enflamme rien.

Prestation de Blas Cantó. Qu’il est décidément ardu de vous narrer trois minutes dont mes oreilles sont pleines et rebattues et qu’il m’a fallu déjà décrire une dizaine de fois… Blas est planté là. Il chante très bien. Sa ballade est inoffensive. Mais qu’importe au fond, puisque tout ce que vous verrez, remarquerez et retiendrez est cette lune aussi gigantesque qu’incongrue… Et dans vingt ans, vous serez incapables de fredonner encore Voy a quedarme. Par contre, il vous suffira de fermer les yeux pour revoir cette lune dans ses moindres détails… Là-dessus, ite missa est

Annonce des qualifiés

Les dix faux qualifiés pour ce soir sont : la Pologne (re-aaargh), l’Autriche, la Serbie, l’Estonie, la République Tchèque, la Lettonie, la Finlande, le Portugal, le Danemark et la Bulgarie.

Conclusion

Sur base de cette générale, je qualifierais :

  • l’Autriche
  • la Bulgarie
  • la Finlande
  • la Grèce
  • l’Islande
  • le Portugal
  • la République Tchèque
  • Saint-Marin
  • la Serbie
  • la Suisse

Mes neuf premiers sont bien assurés. Pour le dixième, j’hésite en réalité entre le Danemark et la République Tchèque. Cela varie au gré des interprétations de Benny…

Sur ce, passez une bonne nuit ! Nous nous retrouverons demain pour notre jeudi saint !

Crédits photographiques – UER