Ce dimanche 14 avril, a donc eu lieu la London Eurovision Party 2019. Voici les prestations compilées, avec l’aide précieuse de Wiwibloggs, et accompagnées de mes commentaires personnels (qui comme d’habitude, n’engagent que moi).

Espagne – Miki – La Venda – finale

Le soir du couronnement de Miki, non seulement je m’étais endormi devant ma télévision, mais j’étais allé me coucher persuadé que les Espagnols avaient fait un mauvais choix. Encore une fois, je m’étais trompé (encore ? toujours…). Avec le recul, avec la version définitive, avec les différentes prestations de Miki, force est de reconnaître que l’Espagne dispose cette année d’un bel atout dans sa manche. J’avais déjà dit cela l’an dernier, avant que la RTVE ne cochonne consciencieusement sa mise en scène et ruine toutes ses chances…

Bref, Miki est irrésistible : il est beau, talentueux, sympathique, charismatique, etc., etc. Il nous prouve à nouveau qu’il sait chanter et surtout, qu’il sait communiquer au public son énergie intérieure et sa perpétuelle belle humeur. Surtout, il embrasse l’expérience, se donne sans compter, tisse des liens d’amitiés avec les autres participants et interagit à merveille avec les Eurofans. Ceux-ci s’en souviendront le moment venu.

Miki nous offre une autre prestation réussie. LV me donne toujours autant envie de boire de l’Orangina : c’est un tube de l’été léger, bien tourné, qui pousse à se trémousser sur une plage espagnole, à la tombée du jour. Le morceau reste à mes yeux mince et peu émouvant. Il devrait néanmoins pincer une corde chez les lambdas. Je vois bien des téléspectateurs français, allemands ou italiens lui envoyer moult votes.

Donc, avec une mise en scène intelligente, accentuant les côtés “L’Eurovision est une fête” et “Miki communie avec son public”, l’Espagne pourrait s’éviter un fond de classement, comme hélas ces quatre dernières années. À confirmer lors des répétitions générales (dans moins de trois semaines, fou, non ?).

Belgique – Eliot – Wake Up – première demi-finale

L’on a beaucoup glosé ces dernières semaines sur les capacités vocales d’Eliot. J’ai personnellement lu une flopée de jugements manichéens sur le sujet. Eliot me semble pourtant un bon interprète et il le prouve ici. Je trouve sa prestation réussie. Ces deux dernières années, à chaque fois que Blanche et Sennek avaient participé à une preparty, mon coeur s’était arrêté de battre. Cette fois, non, aucun arrêt cardiaque en vue. Au contraire : j’ai redécouvert WU avec un plaisir renouvelé et trouvé que la chanson prenait de meilleures couleurs dans les conditions du direct.

Notre ami Eliot maîtrise bien son morceau et l’on sent qu’il est taillé à sa mesure. L’on sent aussi que notre représentant national demeure encore “vert”. D’où l’intérêt pour lui de participer à ces preparties. Les répétitions à Tel Aviv lui seront également précieuses. Quant à la mise en scène, point trop n’en faudra. La délégation belge n’a pas le goût des accesoires “crazydingos”. Heureusement : à mon sens, WU se prêtera mieux à une mise en scène sobre à la Blanche, dans la continuité du vidéoclip.

Eliot verra-t-il la finale ? Je pense que oui. Verra-t-il la quatrième place ? Je pense que non. Je le vois plutôt suivre les traces de Roberto Bellarosa et tourner autour de la douzième position. Ce qui reste plus qu’honorable. WU est une excellente chanson, mais son impact demeure moins fort que celui de Rhythm Inside et de City Lights.

République Tchèque – Lake Malawi – Friend Of A Friend – première demi-finale

FOAF est un autre morceau qui prend vie dans les conditions du direct. En version studio, il conserve une certaine timidé musicale. Mais le talent d’Albert, sa voix et son expérience l’amènent à un niveau supérieur. La prestation du leader de Lake Malawi est à nouveau excellente. Encore une fois, j’étais convaincu que nos amis Tchèques s’étaient trompés dans leur choix. Nouvelle erreur de ma part (serais-je l’Eurofan le plus dans l’erreur de l’histoire du Concours ?). Lake Malawi est une très belle découverte artistique et une des révélations de cette édition 2019.

Décrocherais-je mon téléphone pour eux, le 14 mai prochain ? Jusqu’ici, ma réponse était “non”. Mais depuis les preparties, je me dis “pourquoi pas”. Pourquoi pas, si la mise en scène est réussie et si avec l’enthousiasme prévisible du public dans la salle, les émotions positives transpercent l’écran. Cette première demi-finale est un point d’interrogation. Tout peut y arriver. La République Tchèque conserve ses chances, à condition de réussir prestation et présentation. À suivre…

Irlande – Sarah McTernan – 22 – deuxième demi-finale

Je suis perplexe… Sarah nous offre une prestation globalement réussie et un beau moment de douceur. 22 est une belle chanson, qui s’écoute avec plaisir. Une jolie ballade à parcourir cheveux au vent sur la route des vacances, une bande-son de voyage en amoureux dans l’arrière-pays irlandais. Hélas, dans “bande-son”, il y a l’idée d’un “arrière-fond”. Et c’est là que le bât blesse : 22 n’est en rien magnétique et puissant. La chanson s’apparente même à un gentil interlude entre deux propositions fortes, trois minutes permettant aux téléspectateurs de reprendre leur souffle. De plus, la deuxième demi-finale réunit des concurrents majeurs, face auxquels l’Irlande joue les poids plumes…

Tout espoir est-il perdu pour autant ? Oui, non, difficile à dire, étant donné le précédent “Ryan O’Shaughnessy”. L’an dernier, à la même époque, je l’avais condamné, lui et son Together. Sa mise en scène, très réfléchie et réussie, l’avait sauvé et permis d’atteindre une inespérée seizième place en finale. Conclusion : je me trompe tout le temps. Moralité : avec une mise en scène poétique, théâtrale et marquante, rien n’est impossible. Je doute quand même que nous retrouvions l’Irlande en finale. Les premières répétitions trancheront rapidement la question.

Lettonie – Carousel – That Night – deuxième demi-finale

La Lettonie se retrouve une position identique : un beau morceau, délicat et poétique, porté par une interprète talentueuse. Sabine réussit une nouvelle fois sa prestation et transcrit bien l’univers intimiste de TN. Je ne change pas d’avis quant à cette proposition lettone : elle est réussie, mais trop timide pour cette deuxième demi-finale. Connaissant la délégation lettone, la mise en scène sera sans doute reprise du Supernova. Certes, cela colle bien avec l’atmosphère de TN, mais cela ne marquera pas les téléspectateurs au fer rouge. Par ailleurs, nos amis de Carousel passeront juste après Luca Hänni, un certain handicap, tant les trois minutes suisses s’annoncent mémorables. Bref, je pencherais pour une élimination en finale. Triste, mais la compétition est tellement rude…

Estonie – Victor Crone – Storm – première demi-finale

Je n’étais pas grand fan des prestations vocales de Victor, je ne le suis pas plus devenu après celle-ci. Il ne se montre ni ridicule, ni honteux, mais ni éblouissant, ni émouvant. J’ai eu l’impression qu’il chantait Storm un registre trop haut et qu’il devait forcer sa voix. Bref, petite moue dubitative devant mon écran et plutôt envie de voter pour Lake Malawi…

Storm, quant à lui, est une suédoiserie égarée de l’autre côté de la Baltique. La chanson s’écoute avec plaisir, se retient facilement et est bien calibrée pour l’Eurovision. Elle n’en reste pas moins superficielle et peu émouvante. Qu’en retiens-je à titre personnel ? Les cinq secondes de réalité virtuelle, très réussies dans leur genre, de l’Eesti Laul. Ce qui est plutôt balot…

Pris en sandwich entre Hatari et Conan Osiris, Victor devra défendre chèrement sa qualification. Une belle prestation vocale devrait l’aider. À lui de trouver le juste équilibre et d’atteindre la perfection. Je demande à voir et ne jugerais que le moment venu. Mais s’il réédite son non-exploit londonien, je ne voterais pas en sa faveur.

Albanie – Jonida Maliqi – Ktheju tokës – deuxième demi-finale

Aucun doute ici : Jonida est une interprète magistrale. Sa prestation vocale est brillante. L’Albanie nous offre une autre grande chanteuse. Rien que pour cela, Jonida méritait mille fois de remporter le FiK et de représenter son pays à l’Eurovision. Et elle mériterait bien sur base de ce critère de décrocher sa qualification. Par ailleurs, elle se montre très enthousiaste et sincèrement heureuse de participer au Concours, un autre point en sa faveur.

Je m’interroge tout de même quant à la capacité de Kt de mobiliser les téléspectateurs lambda. Cela reste très albano-albanais et très “FiKesque“. Eugent Bushpepa nous a démontré l’an dernier que ce parti pris n’était pas totalement rédhibitoire. La porte de la finale n’est donc hermétiquement fermée devant Jonida. J’espère qu’elle évitera les costumes fantasques, les maquillages à la truelle et les visuels sans rapport qui auront tant coûté à Eneda et Lindita. Néanmoins, vu l’élimination que vous lui avez infligée au VE 2019 et son saucissonnage entre Sergey et Keiino, je me suis pris à douter de ses chances de qualification.

Suède – John Lundvik – Too Late For Love – deuxième demi-finale

L’efficacité suédoise dans toute sa gloire… Légère variante gospel cette année. Imparable et très réussi. Notre ami John nous démontre une fois encore l’étendue de son talent d’interprète. Sa prestation est parfaite et même dans ces circonstances modestes, le chanteur emporte et fait vibrer son public. Difficile par ailleurs de résister au sourire, à la joie et à la bonne humeur de notre représenant suédois 2019.

Christer Björkman peut dormir sur ses deux oreilles jusqu’en mai : TLFL est une excellente chanson, qui enthousiasmera les foules le soir du 16 mai et s’attirera de très nombreux votes de partout en Europe. La Suède se qualifiera donc, à mon sens, sans difficulté majeure. Sera-ce injuste et immérité ? Non. L’ensemble est réussi et avec une mise en scène annoncée plus lumineuse, restera dans les mémoires. Efficacité suédoise…

Danemark – Leonora – Love Is Forever – deuxième demi-finale

Dort-elle également avec son bonnet ? Parce qu’aux dernières nouvelles, elle ne le quitte plus… Quant au reste, voilà une autre prestation à ne m’avoir que peu convaincu… Certes, LIF ne demande pas des poumons de diva milanaise, mais tout de même… Leonora n’éblouit guère. Pas atroce, mais léger. S’en rend-elle compte ? Est-ce pour cela qu’elle s’appuie tant sur le public, qui se charge au final d’une bonne partie de la prestation ? “Mmmm” dubitatif de ma part… Déprivé de toute mise en scène et faute de choristes, le soufflet retombe visiblement.

LIF est une autre chanson douce et gentillette jetée dans la fosse aux lions de la deuxième demi-finale. Un sucre candi perdu au milieu des fauves… Certes, c’était le meilleur choix possible parmi les propositions du dernier DMGP. Mais je me rends soudain compte que le Danemark n’ira nulle part dans la compétition. Il y a mieux, plus aguerri, plus affuté, plus intéressant et plus mémorable. En l’état et à moins d’une amélioration spectaculaire, je pencherais pour l’élimination.

Pays-Bas – Duncan Laurence – Arcade – deuxième demi-finale

Serait-ce la meilleure chanson jamais présentée par les Pays-Bas à l’Eurovision ? Je suis tout disposé à le croire. Arcade parvient à détrôner Birds dans mon coeur, un exploit que j’imaginais impossible. Quelle chanson ! Quelle réussite musicale et artistique ! Quelle claque magistrale à tous les contempteurs du Concours (spécialement ceux qui ne regardent jamais, qui méprisent pour le principe et qui se répandent à grands cris sur Twitter – suivez la logique…) ! Assurément du bois dont on fait les morceaux vainqueurs de l’Eurovision.

Duncan avait déjà prouvé son immense talent. Il le confirme une nouvelle fois, avec cette prestation impériale. Une certaine idée de la perfection, alors même que les conditions techniques et acoustiques sont relatives. Avec les moyens de l’Eurovision, il devrait tutoyer le sublime. Sa première place chez les parieurs me semble justifiée. Bref, la qualification ne devrait être qu’une formalité administrative et la victoire, une évidence. Me tromperais-je encore une fois dans mes prédictions ? J’ai hâte d’être le 18 mai prochain pour le découvrir !

Italie – Mahmood – Soldi – finale

À moins que… À moins que notre ami Mahmood ne se mette en travers des rêves et espoirs néerlandais… Curieux parcours que celui de ce chanteur, ayant remporté le Sanremo en dépit de toute logique. Curieux parcours que celui de Soldi, vainqueur contesté s’étant transformé en incroyable succès commercial et critique, par delà les frontières italiennes. Moi-même, hypnotisé que j’étais par Loredana Berté et résigné à la victoire d’Ultimo, j’étais passé à côté de cette proposition. Sa victoire m’aura fait redécouvrir ce morceau imparable et en tomber éperdument amoureux. Depuis, je le réécoute en boucle et le place, non seulement parmi mes favoris de cette édition 2019, mais aussi parmi mes favoris de tous les temps.

Mahmood, quant à lui, est assuré de devenir l’une des plus grandes stars de la chanson italienne de ces prochaines décennies. Il est éblouissant de talent et de charisme. Sa prestation est aussi brillante que celles de Sanremo. Soldi est si génial, qu’il emporte le public, sans aucune mise en scène particulière. Les applaudissements en rythme des spectateurs renforcent la puissance de l’ensemble. L’Italie me semble donc assurée d’un excellent résultat, le 18 mai prochain. Moins qu’un podium serait un crime terrible. Une victoire ? Pourquoi pas, au vu des différents sondages en- et hors-ligne. Nous aurions tout à y gagner, tant Soldi a le potentiel d’un tube international.

France – Bilal Hassani – Roi – finale

Les fans de Bilal nous lisent-ils ? Nous ne tarderons pas à le savoir après cette analyse personnelle… Car avec ces trois minutes, devinez qui est de retour sur mon visage ? Oui : cette petite moue dubitative. Mais à la différence de mes commentaires précédents, ce n’est pas la prestation vocale qui me laisse sceptique. Bilal retrouve ici le niveau de la finale de DE. Je trouve cela plutôt réussi et intéressant. Bilal n’a point à rougir et avec ce travail constant sur lui-même qui le caractérise, devrait donner le meilleur de lui-même à Tel Aviv.

Non, ce qui ne me convainc pas pour un sou et cela est plus grave, peut-être, c’est Roi lui-même. Je ne parviens vraiment pas à m’enthousiasmer pour cette chanson. Non, elle n’est ni mauvaise, ni ridicule. Mais non, elle n’est ni renversante, ni transcendante. J’ai reproché à d’autres morceaux d’être timides. Ici, je reproche à Roi d’être musicalement sans audace. Malgré un message intéressant, la composition reste formatée et prévisible. Cela ne cause ni surprise, ni étonnement, ni chute de son divan. Ce qui est paradoxal, tant Bilal le personnage suscite ces sentiments précis.

C’est là mon noeud français 2019 : Roi me laisse globalement indifférent. Je ne décrocherais sans doute pas mon téléphone pour lui, le 18 mai. Bilal le chanteur ne m’emporte qu’à moitié. En revanche, Bilal l’homme, Bilal le symbole, Bilal le non-binaire me fascine et me passionne. Son histoire, son parcours, son message me parlent énormément et m’ont permis de mieux comprendre cette non-binarité qui est la nouvelle frontière de nos sociétés occidentales. Grâce à lui, je suis donc devenu plus ouvert, plus éclairé et plus tolérant. Un grand bien en soi.

Quelles sont les chances de la France ? Réduites, selon moi. Je verrais plutôt Bilal aux alentours de la quinzième place. Quelle est mon opinion sincère sur le sujet ? Pragmatique : si la participation de Bilal permet à France Télévisions de rajeunir l’audience de l’Eurovision, de remporter la bataille de l’audimat et de faire aimer le Concours à de nouvelles personnes, je serais un Eurofan satisfait. Je me permets un conseil pour DE 2020 : plus de diversité et d’audace musicale, s’il-vous-plaît. Dénichez le Conan Osiris français et cela sera parfait !

Finlande – Darude & Sebastian Rejman – Look Away – première demi-finale

Eh bien, l’on dirait que notre ami Sebastian s’améliore sans cesse. Sa prestation vocale à l’UMK était plutôt médiocre. Mais ici, c’est nettement mieux. Espérons qu’à Tel Aviv, il atteigne la perfection. Est-ce que cela sauvera la Finlande et lui permettra d’accéder à la finale ? Je n’en sais fichtre rien. Plus j’y réfléchis, plus je trouve cette première demi-finale, opaque et incertaine. Comme l’a fait remarquer un Eurofan sur Twitter (en des termes peu amènes, notez), il est périlleux d’estimer les qualifiés potentiels, sans connaître leur mise en scène et sans pouvoir prédire leur prestation à l’instant X.

Ce commentaire est d’autant plus pertinent avec la Finlande. Mettons que Sebastian tienne la note avec brio et que le visuel soit réussi, la qualification demeure possible. En ce qui me concerne, comme déjà précisé, je jugerai sur le moment. LA est à mes oreilles un morceau appréciable, qui fleure bon les années 90, sans pour autant les pasticher. Ce n’est guère le meilleur de cette édition 2019, c’est loin d’être le plus mauvais. Il lui manque juste un petit supplément d’âme pour se distinguer de la concurrence. S’il parvenait en finale, je le verrais autour de la vingtième place.

Question subsidiaire qui tourne et retourne dans ma tête : combien de lamdas reconnaîtront-ils Darude ? Et quel impact cela aura-t-il sur le télévote ? À titre personnel, je le connaissais de nom et de Sandstorm. Je vous avoue avoir découvert son visage et sa nationalité, en janvier dernier. À méditer…

Pologne – Tulia – Fire Of Love – première demi-finale

L’Eurovision dans toute sa splendeur : la découverte d’artistes locaux, débutant dans leur pays, inconnus ailleurs et explorant des pistes musicales novatrices. Ceci posé, je me suis enthousiasmé pour Conan Osiris ou Hatari. Nettement moins pour Tulia. Si vous lisez mes commentaires depuis quelques temps (je vous en remercie au passage), vous savez que ce n’est point le grand amour entre moi et les musiques traditionnelles et folkloriques. Déjà, en 2017, cela n’avait pas collé du tout entre Navi et ma petite personne. Bis repetita placent avec Tulia. Leur répertoire n’est vraiment pas ma tasse de thé.

Néanmoins, je ne suis pas bouché à l’émeri : nos quatre amies polonaises ont du talent. Elles sont venues à l’Eurovision par surprise, mais y ont toute leur place. Joanna, Dominika, Patrycja et Tulia nous offrent une excellente prestation de leur morceau. Très belle harmonie, très belle complicité. Un point auquel les téléspectateurs et les jurés seront sensibles. Quant au reste… Des goûts et des couleurs… Dans la même veine, je verrais plutôt Joci Papai se qualifier et Tulia rester en rade. Ps s’apparente à une ritournelle qui n’emmène guère là-haut (Chimène Badi, sors de ce corps !). Mon pronostic serait donc plutôt pessimiste.

Royaume-Uni – Michael Rice – Bigger Than Us – finale

Je ne comprends pas. Je ne comprends vraiment pas. L’industrie musicale britannique est l’une des plus inventives et des plus originales qui soit. Et à l’Eurovision, la BBC nous refourgue une suédoiserie refusée par Christer Björkman. Je le concède, il s’agit d’un raccourci tendancieux. Mais qui possède un fond de vérité. Alors, non, non, je ne pense pas qu’Adele ou Ed Sheeran doivent représenter leur pays au Concours. Néanmoins, la BBC pourrait au minimum demander à la nouvelle Adele ou au nouveau Ed Sheeran de composer un morceau intéressant et innovant. Pas une soupe réchauffée comme BTU.

Quant à Michael, je suis partagé. Il est un interprète exceptionnellement doué. Chacune de ses prestations est remarquable de justesse, de puissance et de beauté. Je pense que c’est surtout pour cela qu’il a été choisi par les juges et les téléspectateurs britanniques. Avec droit et mérite. Reste que sa gestuelle me porte sur les nerfs. Il s’agite, se secoue, se plie, prend des mines de mater dolorosa, l’on croirait Dalida chantant Je suis malade. J’espère que sa mise en scène sera aussi réussie que celle de Lucie Jones et fera ressortir le meilleur en lui.

La suite m’apparaît prévisible. BTU n’étant que peu armée face à la concurrence, elle stagnera autour de la vingtième place. Les Britanniques accuseront la politique. Les Eurofans accuseront la BBC. La réputation du Concours ne se relèvera pas outre-Manche. Les artistes crédibles fuiront la prochaine sélection britannique. Certains appeleront à un Brexit eurovisionesque. Et l’année prochaine, l’on aura droit exactement au même cirque. Triste…

Autriche – Paenda – Limits – première demi-finale

Voilà une autre artiste nationale qui méritait d’être mise en lumière par le Concours. L’on devine pourquoi elle a été choisie par l’ÖRF : une auteur-compositrice-interprète en début de carrière, mais avec déjà une expérience de la scène. Une chanteuse remarquable, originale, à l’univers unique. Cerise sur le gâteau : elle propose une bonne chanson. Les ingrédients semblaient réunis pour un autre triomphe autrichien. Sauf que oui et non.

Paenda est effectivement une très belle découverte. Elle démontre ici à nouveau l’ampleur de son talent, en signant une prestation vocale parfaite et d’une facilité déconcertante. Per se, Limits est une très bonne chanson, fraîche, contemporaine, délicate. Je l’apprécie beaucoup… tout en reconnaissant qu’elle n’est absolument pas taillée pour la compétition. Elle m’évoque le My Turn de Martina Bárta. Un coup d’épée dans l’eau eurovisionesque…

Cela nous amène sur le grand débat de fond de l’Eurovision : sa dimension compétitive ne tue-t-elle pas son esprit-même ? À mon avis, non. La quête d’un vainqueur donne tout son sens et son sel au Concours. Cette année, l’ÖRF a choisi de présenter une belle artiste, quitte à faire fi de la compétition. Merci infiniment… et rendez-vous l’année prochaine. Car Limits passera inaperçue dans le pandemonium de la deuxième demi-finale.

Lituanie – Jurij Veklenko – Run With The Lions – deuxième demi-finale

Décidément, l’Eurovizijos atranka est une pépinière d’étoiles. La sélection lituanienne (trop souvent oubliée des Eurofans – militons pour sa réhabilitation !) nous offre Jurij sur un plateau d’argent. Un autre chanteur local bourré de talent, de charisme et d’avenir. Ceux d’entre vous qui ont suivi la dernière édition de l’Ea savaient qu’il était le seul adversaire de Monika Marija. Il l’a emporté un peu à cause des erreurs tactiques de la diva, beaucoup grâce à sa voix captivante et sa ballade réussie. Sur la scène du CdP, Jurij nous délivre une impeccable prestation vocale, tout en maîtrise et en virtuosité.

RWTL est l’une de mes chansons préférées de cette édition 2019. Visiblement, vous l’appréciez moins. Du coup, je ne sais que pronostiquer pour le 16 mai. Jurij affrontera de redoutables pointures et je réalise que sa qualification n’est point acquise. Pour sa mise en scène, il a annoncé reprendre essentiellement celle de l’Ea, en simplicité et en subtilité. Cela marquera-t-il les téléspectateurs ? Il faudrait demander à nos lecteurs suisses de s’exprimer sur le sujet. Quant à moi, j’espère et je prie. Et si la Croatie se qualifie à la place, je hurle !

Norvège – Keiino – Spirit In The Sky – deuxième dem-finale

Le retour du poussin disco, pour trois minutes difficiles à évaluer, le public se chargeant de la majorité de la prestation. Tom, Alexandra et Fred nous ont déjà prouvé qu’ils étaient de bons interprètes. Je ne m’inquiète pas sur ce plan-là. SITS conserve tout son potentiel attractif. Je suis à présent curieux de la mise en scène choisie et confiant quant aux chances de la qualification de la Norvège. En finale, je vois bien nos trois amis graviter autour de la dixième place. À confirmer…

Conclusion

Voilà une autre édition réussie de cette LEP. Espérons qu’il y en ait de nombreuses autres ! La plupart des artistes confirment les attentes placées en eux. Leonora et Victor se sont montrés, à mon avis, les moins convaincants. Mais rien d’irrécupérable. Eliot, quant à lui, est sur la bonne piste. Ouf !

Passons à mon classement personnel :

  • Médaille de bronze : Jonida Maliqi. Une chanteuse, une grande chanteuse. Une Eurodiva albanaise comme on les adore. De la classe, du professionnalisme et surtout une incroyable voix. Un morceau authentique et à message, pour une qualification qui me semblerait méritée.
  • Médaille d’argent : John Lundvik. Il méritait cent fois de représenter la Suède à l’Eurovision. Sa chanson et sa prestation l’ont imposé avec évidence à la finale du MF. Un boulevard s’ouvre à présent devant lui et le chanteur permettra à la Suède de rééditer en finale un classement parmi les dix premiers
  • Médaille d’or : ex aequo, impossible de les départager, Duncan et Mahmood. S’il était possible de scinder le Micro de Cristal, je le leur attribuerais à tous les deux. Pour l’heure, avec Luca Hänni, ils mènent la course en tête. Le vote final s’annonce vasculairement dangereux. Prévoyez une seringue d’adrénaline à portée de main…

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