L’Eurovision en chiffres : épisode 4

Chers lecteurs, bienvenue dans votre rendez vous du jeudi.

Le thème du jour sera le classement des pays automatiquement qualifiés en finale.

J’entends par là le Big 5 et le pays hôte qui, depuis 2008, sont les seuls à ne pas devoir affronter les affres des demi-finales.

Le chiffre de la semaine est : 19

Il s’agit de la place moyenne obtenue par les 6 finalistes directs en 2019. Et sans Mahmood, le résultat aurait eté encore plus catastrophique avec une 22ème place.

Ces mauvais résultats du pays hôte et des plus gros contributeurs sont-ils une fatalité ? Les pays concernés sont ils en progrès ou plutôt en déconfiture ? La réponse en chiffres :

Sur les 12 éditions où la qualification automatique ne concernait que le Big 5 (ou 4) et le pays hôte, la place moyenne obtenue est la 16ème. Si on ne se concentre que sur les 5 dernières éditions, les 6 finalistes directs obtiennent en moyenne la 18ème position.

Dans le détail, on a une 21ème place en 2015 (avec 3 Big 5 + le pays hôte aux 4 dernières positions), une 16ème en 2016 et 2018, une 18ème en 2017 et une 19ème cette année.

On serait donc plutôt sur une aggravation de la situation.

Qu’en est il pays par pays ?

Sans surprise, c’est l’Italie qui tire son épingle du jeu : 8ème place en moyenne depuis son retour en 2011, 6ème sur les 5 dernières éditions. Mis à part la 16ème position de Francesca Michielin, le pays n’a aligné que des top 6 depuis 2015.

Francesca Michielin, le maillon faible italien

C’est la France qui obtient la médaille d’argent du Big 5 + hôte : 15ème place en moyenne sur 12 concours et même la 14ème si on ne considère que les 5 dernières éditions.

Derrière c’est la débandade: le pays hôte n’a terminé en moyenne que 21ème depuis 2015, idem pour l’Allemagne. C’est pire encore pour le Royaume Uni et l’Espagne qui sont 23ème en moyenne sur la même période.

Si on regarde l’évolution du classement de ces pays, on constate que chacun est en important recul ces 5 dernières années : le pays hôte se classe 16ème si on retient les 12 dernières éditions (5 places plus haut que de 2015 à 2019), l’Allemagne 17ème, le Royaume Uni et l’Espagne 20ème.

L’Allemagne a décroché une 4ème place mais surtout 4 places dans les 2 derniers en 5 ans, l »Espagne n’a obtenu aucun top 20 de 2013 à 2017 contre 3 top 15 les 5 années précédentes. Pour sa part, le Royaume Uni n’a pas retrouvé de locomotives comme Jade Ewen ou Blue sur les concours les plus récents.

Pour le pays hôte, le désamour presque total rencontré depuis 2015 (places 26,5,24,26 et 23) n’était pas de mise auparavant. De 2008 à 2014, le pays hôte avait obtenu quelques places d’honneur et jamais fini plus bas que le 20ème rang avec le norvégien Didrik en 2010.

Didrik nous a donné son coeur mais n’a récolté que la 20ème place

Que vous inspirent ces chiffres ?

Pour ma part, je dirai que la flamboyante réussite italienne et le sursaut français montrent qu’il n’y a pas de fatalité et que chacun peut réussir.

Encore faut il s’en donner les moyens……

Un petit sondage pour finir :

Vous pouvez bien entendu réagir en commentaires. En attendant de vous retrouver jeudi prochain pour une autre chronique, je vous souhaite le meilleur.

(9 commentaires)

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  1. L ‘Italie non seulement reléve le niveau mais fait partie aussi des injustices ;Mahmood et Il Volo sont les chansons qui auraient du l’emporter

  2. Je pense que l’une des explications à ces si mauvais classements des pays du Big 5 et hôtes est que l’organisation du concours coûte cher, et que les diffuseurs ne semblent pas vouloir engager de tels frais en période de crise, surtout s’ils ont déjà gagné peu de temps auparavant. Il ne faut pas se cacher non plus que l’ESC n’est guère populaire chez certains d’entre eux, et qu’une place assurée tous les ans en finale les satisfait largement. C’est regrettable, mais c’est ainsi.

  3. Tout à fait d’accord : il n’y a aucune fatalité. Tout est question de volonté… et de clairvoyance.

    À mon sens, les insuccès récurrents de l’Espagne, de l’Allemagne et du Royaume-Uni s’expliquent par leurs méthodes de sélection foireuses. Des candidats qui ne veulent pas participer, des règles inutilement compliquées, des changements de dernière minute, des morceaux insignifiants,… N’en jetez plus.

    La force de l’Italie tient à la nature du Festival de Sanremo et à son excellence. Quant à la France, on y est presque. Les yeux et les oreilles se sont ouverts. Il ne manque plus que LA chanson qui emportera tout sur son passage.

    Par contre, côté pays-hôte, ces claques successives s’analysent moins facilement. L’on ne peut dire qu’Israël (en 2019), le Portugal (en 2018) ou encore l’Ukraine (en 2017) aient organisé des sélections nationales au rabais, avec l’intention manifeste de proposer des mauvais candidats et de mauvaises chansons pour être certains de pas l’emporter deux années de suite. Le choix du vainqueur a été déterminé à chaque fois par les téléspectateurs et un jury d’experts. Néanmoins, à chaque fois, le résultat s’est avéré médiocre et justifié. Mystère…

    Et là, je pense au malheureux candidat qui représentera les Pays-Bas l’an prochain…

    1. Peut-être que le choix des candidatures aux sélections nationales est fait de telle manière que seules des propositions moyennes sont présentées au public. Ainsi, peu de chances de l’emporter à nouveau.

      1. Peut-être. Il aurait fallu être en coulisses pour connaître le fin de mot de l’histoire.

        En tout cas, mon ressenti personnel était que le Vidbir 2017, le Festival da Canção 2018 et l’HaKoKhav Haba 2019 n’étaient ni meilleurs, ni pires que les éditions antérieures ou postérieures.

        Bref, je penche plus pour la coïncidence malheureuse et curieuse. À confirmer en 2020 !

        1. Pour moi les candidats des pays hôtes ces 3 dernières années n’étaient pas les plus aptes à ramener un bon classement. Ils ont d ailleurs tous les 3 profité d’un sacré coup de pouce du destin :

          O Torvald n’a gagné ni le jury ni le public au Vidbir 2017 et a profité de l’auto neutralisation des 2 favoris, Tayanna et Melovin.

          Claudia Pascoal l’a emporté du fait du retrait tardif de Diogo Picarra qui l’avait battu en demi-finale.

          Même constat pour Kobi Marimi qui avait été éliminé puis repêché suite au forfait de Shalva Band.

          Je pense aussi que la moindre exposition des qualifiés automatiques nuit à leur resultat et que l’Italie aurait déjà gagné au moins un trophée depuis son retour si elle avait participé aux demi-finales.

  4. – Des chiffres significatifs pour le BIG 5 et les pays hôtes. Comme Francis, je pense que les pays hôtes ne présentent pas leurs meilleures artistes et chansons dans leur sélection . Leur but est clair : ne pas gagner une 2e fois le concours surtout pour des raisons financières.

    – Ca ne veut pas dire pour autant que ces pays souhaitaient une place dans les profondeurs du classement ! Ne pas gagner, c’est une évidence, mais obtenir une place d’honneur dans le TOP 10 par exemple, je pense que c’est vraiment ce qu’ils auraient voulu.

    – Pour le BIG 5, à part l’Italie qui a une sélection avec son festival de San Remo de Top niveau, les autres ne se donnent pas les moyens selon moi de mettre toutes les chances de leur côté pour une éventuelle victoire.

    * Le Royaume-Uni semble se contenter de sa présence en finale et malgré de bons interprètes, aucun effort pour la chanson.

    * L’Espagne, c’est une énigme pour moi : elle peut essayer n’importe quoi, ça ne marche plus…

    * L’Allemagne ne présente pas assez de choix dans sa sélection selon moi .

    * Enfin la France a la sélection adéquate avec deux demi-finales et une finale mais ce ne sont pas les bonnes chansons qui sont choisies ! Pas une seule fois, je n’ai trouvé une chanson qui regroupe tous les critères qui pourrait faire d’elle une chanson gagnante et donc fédératrice d’une grande majorité des pays d’Europe ! Ca manque cruellement de diversité cette sélection sélection française… Soit il y a la voix mais pas la musique ; soit c’est la bonne chanson mais vocalement ça laisse à désirer, soit c’est trop morne, soit ce sont des paroles polémiques ou trop thématiques pour conquérir l’Europe. Bref, il y a de sérieux progrès à faire !

    • BretagneLibre on 27 juin 2019 at 22:43
    • Répondre

    Bonsoir, je me permets de faire ma petite promo 🙂 Je réalise sur ma chaîne Youtube les résultats des finales depuis 2014 avec le système que l’UER a utilisé pour détailler ceux de 2013, c’est à dire une moyenne de 1 à 26 pour chaque pays. Exemple, si un pays est classé 20ème par les jurys de tous les pays, il aura un score de 20 et s’il finit 6ème de tous les télévotes, il aura un score de 6 ajouté, donc 26. Plus le score est petit, plus le pays est haut dans le classement.
    Ce système est à mon sens le meilleur de tous : il permet de réduire drastiquement les votes géopolitiques, comme le duo Chypre-Grèce qui peut être sanctionné à sa juste valeur (exemple, la Grèce qui n’a plus à pratiquement personne, mis à part ses voisins, finit 24ème cette année avec ce classement) ou encore la Serbie qui perd souvent quelques places (excepté cette année). Il permet aussi de voir les pays qui ont été appréciés, mais pas assez pour obtenir des points, monter dans le classement. Ainsi, les pays du big 5 montent régulièrement avec ce système, notamment la France depuis 2016 : Amir aurait finit 5ème, Alma 9ème, Madame Monsieur 10ème et Bilal Hassani 12ème !
    Comme. Ce système prend compte de toutes les places de 1 à 26 de chaque classement national et pas que le top 10 avec un nombre de points, ce système est pour moi beaucoup plus juste !
    Je vous mets le lien 🙂 https://youtu.be/H_VQiR0ubL0

    • rem_coconuts on 28 juin 2019 at 09:54
    • Répondre

    Je suis d’accord avec ce qui se dit et je m’inscris dans votre lignée. Concernant le Royaume-Uni et l’Allemagne, ils paient clairement des choix très moyens, voire carrément médiocres, à savoir des titres complètement à côté de la plaque par rapport aux attentes concernant un concours de l’Eurovision en 2019. Pour l’Espagne, je serais moins sévère dans la mesure où, à mon sens, les titres qu’elle propose depuis le début 2011 sont loin d’être dégueulasses ou catastrophiques (hormis le cas Manuel Navarro et sa daube de 2017), certains titres auraient même pu prétendre à un top 10 ces dernières années, mais soit les artistes se réchent gentiment en live (les prestas vocales de ESDM et Edurne), soit ça ne le fait pas à cause d’une scéno foireuse (Amaia et Alfred, Miki)…

    Pour le cas de la France, reconnaissons qu’il y a des progrès considérables effectués depuis 2016, de manière à avoir mis fin (provisoirement?) à la série noire qui était la nôtre fin 2000-début 2010s (hormis la parenthèse 2009-2011). Les choix effectués en interne ont été porteurs, France 2 s’est mis à organisé une finale nationale tant attendue des eurofans mais manquant de promotion auprès du grand public et nécessitant quelques retouches dans sa forme et dans son fond, à savoir les artistes choisis. Parce que je rejoins en partie Zipo à ce niveau. Sur les deux éditions, on nous propose une belle diversité de titres, qualitativement c’est loin d’être indigne, mais est-ce que, honnêtement, il nous a été présenté LA chanson capable de gagner le concours, ou ne serait-ce que de grimper haut dans le classement, à de rares exceptions qui ont été laissées de côté par les jurys et le public? Non. Dans les deux cas, nous n’avons pas fait les meilleurs choix pour le concours d’une part, et nous n’avons pas eu de titres assez forts, d’autre part. Le tout est cependant que depuis 2015, la France est revenue sur le devant de la scène au concours, et c’est déjà un point positif. Reste à muscler la sélection tant en termes de chansons que d’artistes.

    Parmi le BIG 5, seule l’Italie assume pleinement son statut grâce au mythique Festival de San Remo et à sa longue tradition musicale, alors même que c’est le pays où le concours est de loin le moins populaire parmi les qualifiés d’office hors pays organisateur (3.5 millions de téléspectateurs cette année et 19.72% en PDA contre 8.08 m/34.4% en Allemagne, 6.9 m/41.7% en UK, 5.45 m/36.7% en Espagne et 4.79 m/30.2%). Sauf que parmi eux, il est le seul à être régulier dans le choix de chansons et d’artistes de qualité qui lui permettent d’assurer une belle présence dans le top 10, voire même dans le top 6, à défaut de lui avoir encore offert la victoire, mais cette année, ce n’était pas loin et je pense que les années 2020 donneront enfin le micro de cristal à l’Italie.

    Enfin, les pays-hôtes. Avec le coût démentiel que représente l’organisation d’un concours, autant dire qu’aucun ne veut se risquer à tenter le diable et à se retrouver avec une deuxième orga sur les bras qui coulerait probablement leur télé publique. Total? Sans faire des sélections au rabais, ils veillent à ne pas faire le choix de candidats possibles à la victoire. Et depuis trois ans ça marche à merveille!

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