Demandez le petit journal, demandez le petit journal ! Rien de tel qu’un numéro 22 pour découvrir les dernières infos de la semaine sur la planète Eurovision.

Au sommaire : peut-être un pays hôte pour l’Eurovision Junior 2026, quand les eurostars deviennent virales, un pays qui ne veut plus gagner, les audiences des sélections nationales et encore et toujours Israël.

La Macédoine du Nord pour accueillir l’Eurovision Junior 2026 ?

© wikivoyage.org

Le télédiffuseur saint-marinais enchaîne décidément les gaffes… Après avoir dévoilé la liste intégrale des finalistes du San Marino Song Contest avant la diffusion des demi-finales et dans une version erronée, la SMRTV a balancé lors de la conférence de presse une information qu’elle aurait sans doute dû taire. Interrogé par un journaliste sur l’accueil de l’Eurovision Junior 2026, Roberto Sergio, directeur général du télédiffuseur, a déclaré que Saint-Marin n’accueillerait pas le concours à l’automne prochain en raison de la candidature d’un autre pays, qui serait contacté de manière prioritaire. Dans un échange avec le chef de délégation Denny Monetsi, Sergio a ensuite évoqué la Macédoine du Nord comme pays candidat à l’accueil du Junior.

Pour rappel, à la suite de sa victoire à l’Eurovision Junior 2025, France Télévisions avait très rapidement annoncé qu’elle renonçait à l’accueil du concours en 2026 en raison de sa situation budgétaire critique. Alors que le télédiffuseur saint-marinais s’était déjà positionné en amont pour être l’hôte du concours junior cette année, la Macédoine du Nord (dont on attend désespérément le retour au concours adulte) avant quant à elle annoncé qu’elle était en négociations avec l’UER pour l’accueil de l’édition 2027. Vu les récents propos du télédiffuseur saint-marinais, il semblerait que le projet d’accueillir l’Eurovision Junior devienne réalité plus vite que prévu pour le Pays du Soleil.

Si l’information dévoilée par le télédiffuseur saint-marinais est vraie et que les négociations entre l’UER et la MRT aboutissent, ce serait la première fois que la Macédoine du Nord accueillerait un événement Eurovision sur son sol. En outre, ce serait la première fois que l’Eurovision remettrait un pied en territoire balkanique depuis le concours adulte de 2008, alors organisé à Belgrade en Serbie.

Les eurotubes 2026 deviennent viraux

Vous avez dit que les titres de l’Eurovision n’étaient pas radio et streaming-friendly dans leurs pays ? C’est peut-être souvent le cas en France, mais du côté des autres pays participants, il semblerait que l’édition 2016 soit en phase de produire de nombreux tubes nationaux. 

En Finlande, où la violoniste star Linda Lampenius et Pete Parkkonen ont survolé la sélection nationale, Liekinheitin est en tête du Vidal 50 Spotify, dans le top 15 duquel retrouve également les titres que Antti Paalanen et CHACHI ont présenté à l’UMK. Il a également déjà passé trois semaines en tête des charts finlandais depuis le début de l’année. Le succès de Liekinheitin semble même dépasser ses frontières, puisqu’on le retrouve également dans les Viral 50 de nombreux autres pays européens. Au Danemark, Før Vi Går Hem, la chanson avec laquelle Søren Torpegaard Lund concourra à l’Eurovision est dans le top 10 du Vidal 50 Spotify (juste derrière Liekinheitin d’ailleurs) et du Hitlisten local. En Allemagne, c’est Tanzschein, le titre autrichien de COSMO qui occupe la deuxième place devant Ciao Ragazzki (Das Deustche Finale) et Fire (la chanson de Sarah Engels pour l’Eurovision) – Tanzschein occupant évidemment la première place du Viral 50 en Autriche. Et en Suède ? Si c’est Liekinheitin qui occupe la première place du Viral 50 Spotify, c’est bien la tout juste gagnante du Melodifestivalen, Felicia, qui est solidement accrochée à la tête des charts locaux, le Sverigetopplistan, depuis 4 semaines. 

Et ailleurs en Europe ? En Grèce, après Zari et Asteromata, Ferto d’Akylas est également en train de devenir un tube, puisqu’il occupe actuellement la troisième place du Vidal 50 Grèce. En Norvège, malgré les audiences en chute libre du MGP (voir plus bas), Ya Ya Ya occupe la tête du Viral 50 local alors que Frankenstein de Mileo, quatrième du Melodi Grand Prix occupe la huitième place. Idem en Lituanie, où Solo quiero más de Lion Ceccahest également premier du Viral 50, dans le top 10 duquel figurent aussi SHWR! (deuxièmes d’Eurovizija.LT) et Vilnius Voices (également finalistes de la sélection). À Chypre, JALLA d’Antigoni est aussi en pole position du Viral 50, dont elle figure dans le top 10 en Grèce et dans lequel elle est classée au Danemark et en Finlande notamment.

Pendant ce temps, au jeu du nombre d’écoutes en streaming, c’est l’italien Sal Da Vinci qui possède une belle longueur d’avance, tout juste auréolé de sa victoire à Sanremo. Avec 8,2 millions d’écoutes sur Spotify au moment d’écrire ces lignes, il devance le duo Linda Lampenius & Pete Parkkonen (5,2 millions d’écoutes), Antigoni (1,9 millions), Soren Torpegaard Lund (1,8 millions) et Akylas (1,7 millions).

Et pour la France ? Sortie vendredi à 18 heures, la vidéo de Regarde !, la chanson avec laquelle Monroe défendra les couleurs tricolores à Vienne, a enregistré le deuxième meilleur démarrage de l’année 2026 avec 250 000 vues sur la chaîne YouTube Eurovision France en 16 heures selon gramcharts (elle en compte aujourd’hui 350 000). Elle est à peine devancée par Ange avec sa chanson What You Want. Sur la chaîne YouTube officielle de l’Eurovision, Regarde ! a déjà enregistré 530 000 vues depuis vendredi, soit déjà plus que de nombreuses chansons pourtant sorties plus tôt, voire il y a quelques semaines. La chanson française se contente par contre de moins de 25 000 écoutes sur Spotify à date. 

Fredrik Rydman toujours scénographe star du concours

Il avait signé la mise en scène de la chanson de Louane l’année dernière, avec une pluie de sable beaucoup moins révolutionnaire qu’annoncé. S’il n’avait pas autant porté chance à la représentante française qu’à Måns Zelmerlöw ou Nemo, Fredrik Rydman sera une nouvelle fois de retour à l’Eurovision 2026 cette année, puisqu’il signera a minima les scénographies pour trois délégations – lui qui avait déjà travaillé sur les mises en scène de la Suède 2011, de la Finlande 2023 ou encore de l’Albanie 2024, entre autres. Vous pouvez d’ailleurs redécouvrir le portrait du scénographe en cliquant ici.

Ainsi, le suédois mettra en scène les performances de Look Mum No Computer (Royaume-Uni), Dara (Bulgarie) et Veronica Fusaro (Suisse). Aucun détail n’a filtré sur ces performances à ce stade, mais on sait que la représentante bulgare a déjà commencé à travailler sur sa prestation viennoise avec Fredrik Rydman et s’apprête à s’envoler pour Stockholm. Elle a en tout cas annoncé que son équipe travaille sur différents concepts scénographiques et que, des costumes au décor, en passant par la chorégraphie, il faudra s’attendre à plusieurs changements par rapport à ce qui avait été proposé en sélection nationale bulgare.

Rydman ne sera pas le seul scénographe star à travailler sur des prestations pour l’Eurovision 2026. Scénographe d’une vingtaine de prestations depuis 2011 (dont celles iconiques d’Eleni Foureira, Gjon’s Tears ou encore Cornelia Jakobs), sa compatriote Sacha Jean-Baptiste sera de retour au concours cette année, puisqu’elle sera chargée de la mise en scène de la contribution d’Antigoni (Chypre). À l’origine de la scénographie spectaculaire de Bambie Thug à Malmö et de celle victorieuse de JJ l’année dernière, le directeur artistique du Benidorm Fest 2026, l’espagnol Sergio Jaén, sera chargé de la prestation de Linda Lampenius et Pete Parkkonen (Finlande), lui qui était le directeur créatif de l’UMK fin février.

Aucun nom n’a filtré pour la direction artistique de la performance française à ce stade, mais gageons qu’au vu des finances du télédiffuseur public, celle-ci pourrait être à nouveau réalisée en interne, comme c’était le cas avant 2024.

L’Italie ne veut pas gagner l’Eurovision (à court terme)

C’est encore l’irréductible directeur général de la San Marino RTV qui a parlé ! Selon le dirigeant – qui a gaffé sur le potentiel lieu d’accueil du concours junior à l’automne si vous avez bien lu avant, la RAI ne souhaiterait plus organiser l’Eurovision, du moins à court terme. Elle aurait d’ailleurs refusé immédiatement d’accueillir à nouveau le concours en 2023 suite à la proposition de l’UER après la victoire ukrainienne à Turin (et l’impossibilité pour le pays d’accueillir dans un contexte de guerre).

Selon le directeur de la télévision saint-marinaise, la RAI aurait peur des coûts d’organisation d’une nouvelle édition italienne de l’Eurovision. Surtout que, vu l’extrême régularité des bons résultats transalpins au concours, la perspective d’une nouvelle victoire du pays dans les années à venir n’est pas à exclure. Pour rappel, l’organisation de Turin 2022 avait coûté 22 millions d’euros, mais l’impact touristique s’était élevé à 22,8 millions d’euros et la valorisation médiatique (qui inclut les revenus publicitaires générés à l’international) à 66 millions d’euros : autant dire que les bénéfices économiques ont été réels pour l’Italie !

De quoi encourager l’Italie à lâcher du lest sur l’Eurovision ? Pas si sûr, tant les audiences du concours ont grimpé dans le pays depuis son retour en 2011 et surtout depuis sa victoire en 2021. L’année dernière, la finale avait ainsi été regardée par 4,75 millions de téléspectateurs pour une part d’audience de 34%. Après, assurer une telle série de top 5 et top 10 est déjà une belle source de satisfaction que de nombreux pays doivent envier !

Les sélections nationales, côté audiences

© Miikka Varila / Yle

Pour les pays organisant des sélections nationales télévisées, les chiffres d’audience sont un réel enjeu. À ce jeu-là, certains s’en sont une nouvelle fois sortis mieux que d’autres.

En Finlande, 1.8 millions de téléspectateurs ont regardé l’Uuden Musiikin Kilpailu, soit 320 000 de plus que l’année dernière. C’est un record absolu pour la sélection nationale finlandaise, qui se paie le luxe d’une meilleure audience que la finale de l’Eurovision 2025. Une nouvelle preuve selon laquelle l’UMK est en train de s’imposer comme l’une des sélections stars de la saison. En Autriche, qui revenait à une sélection nationale pour la première fois depuis dix ans, Vienna Calling – Wer singt für Österreich? a été suivi par 457 000 téléspectateurs pour sa première partie (20% de PDA) et 470 000 personnes pour sa deuxième (30% de PDA). La deuxième partie du show a été le programme le plus suivi sur ORF 1 le 20 février dernier. Au Danemark, le Dansk Melodi Grand Prix a été suivi cette année par 784 000 téléspectateurs, soit près de 50 000 de plus que pour l’édition 2025. En Croatie, la finale du Dora est arrivée en tête des audiences le 15 février dernier, avec une jolie part d’audience de 36,3%.

En Suède, l’audience des dernières séries du Melodifestivalen s’est établi de manière rigoureusement régulière à 2,2 millions de téléspectateurs. Exception faite de la série 4, qui a connu une baisse d’audience importante par rapport à 2025 (moins 310 000 téléspectateurs, dans une série qui comptait à l’époque KAJ et Mans Zelmerlöw), les chiffres sont à l’équilibre relatif par rapport à l’année dernière. En même temps, avec une part d’audience systématiquement au-dessus des 70%, comment mettre le Mello en zone rouge ? En Allemagne, Das Deutsche Finale a été regardée par 3,65 millions de personne sur Das Erste, pour une part d’audience de 18,1%. Si l’audience gagne 100 000 téléspectateurs par rapport à 2025, c’est surtout un record d’audience pour une finale nationale allemande depuis 2014 ! À noter que c’est chez les 14-49 ans que le programme a enregistré sa meilleure part d’audience, avec 27,4% pour ce groupe.

D’autres pays sont, à l’inverse, dans la zone rouge. En Norvège, la finale du Melodi Grand Prix a enregistré la pire audience de son histoire avec seulement 605 000 téléspectateurs devant leur écran et une part d’audience de 56,4% : c’est une lourde chute de 228 000 téléspectateurs par rapport à l’édition 2025. Si le line up avait été de meilleure qualité, peut-être que… Mais la compétition a été très suivie en ligne et sur les réseaux sociaux, parvenant ainsi à cibler les jeunes. Au Portugal, la première demi-finale du Festival da Canção a été suivie par 372 000 personnes (PDA de 8,2%), tandis que la deuxième l’a été par 412 000 téléspectateurs (PDA de 9,4%). Cela représente des baisses respectives de 15 000 et 81 000 téléspectateurs par rapport à l’édition 2025, elle-même déjà en baisse. La polémique autour de la participation du Portugal à l’Eurovision (en raison de la présence d’Israël) et le boycott annoncé de la majorité des artistes de la sélection ont-ils eu un impact ? Toujours est-il qu’au fur et à mesure des années, l’audience de la sélection est en baisse continue. En Roumanie, le retour du pays à l’Eurovision après trois ans d’absence n’a pas soulevé pas d’enthousiasme particulier chez le public. Seuls 106 000 téléspectateurs ont en effet regardé la Selecția Națională, ce qui représente toujours 15% de plus que les standards habituels de la TVR 1 à l’heure de diffusion…

Et du côté de Sanremo ? Si le festival a une nouvelle fois suscité l’événement en Italie, avec des parts d’audience très élevées, les chiffres sont en nette baisse par rapport à l’édition 2025. Il n’en reste pas moins que la soirée finale a tout de même été suivie par la bagatelle de 11,22 millions de téléspectateurs pour une part d’audience de 68,8% (contre 13,42 millions et 73,1% l’année dernière). À noter toutefois que Sanremo se déroulait exceptionnellement plus tard que prévu en raison des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, qui ont contraint à déclarer le festival.

Israël, ça ne passe toujours pas (épisode…)

Si le Portugal a été « chanceux » de voir l’un des rares artistes désireux d’aller à Vienne remporter le Festival da Canção, la participation israélienne reste ouvertement contestée par de nombreux acteurs de l’euromonde.

Vainqueur de l’Eurovision 2019, le néerlandais Duncan Laurence a déclaré dans une interview à RTL Boulevard qu’il soutenait la décision du télédiffuseur AVROTROS de retirer les Pays-Bas de la compétition cette année. Il a également affirmé qu’il ne participerait plus au concours en l’état actuel et espère qu’une alternative se développera afin d’offrir une autre plate-forme de visibilité aux artistes européens.

Mais celle dont les propos ont le plus fait parler ce week-end, c’est la représentante suédoise, Felicia. Tout juste victorieuse du Melodifestivalen avec My System, elle est la troisième artiste de l’édition 2026 après Satoshi (Moldavie) et le duo Linda Lampenius/Pete Parkkonen (Finlande) à avoir pris position contre la participation d’Israël à Vienne en mai prochain. « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour Israël de participer. J’ai réfléchi à ce que je devais faire et si je devais y aller, mais j’ai pris ma décision. J’y vais et je vais m’assurer qu’ils ne gagnent pas. » a déclaré la jeune artiste au tabloïd Aftonbladet après sa victoire samedi soir. Une déclaration qui n’est pas du tout passée du côté de la KAN, qui menace de déposer une plainte officielle auprès de l’UER contre l’ex Fröken Snusk. Le télédiffuseur israélien a déclaré dans un commentaire à nos confrères d’Eurovisionfun qu’il souhaitait que l’Eurovision se tienne hors des considérations politiques et qu’elle reste focalisée sur la musique…

Du côté de Vienne, l’organisation Palästina Solidarität Österreich a annoncé la tenue d’une manifestation contre la participation d’Israël le jour de la finale de l’Eurovision 2026, samedi 16 mai de 14h à 17h.

Le titre du début de semaine

L’une des plus inconiques des eurostars n’en finit pas d’enchaîner les tubes. Xronia Polla connaîtra t-il le même succès que ses précédents titres ? L’avenir nous le dira, mais dans l’attente, découvrez le nouvel Eleni Foureira !

Rendez-vous dimanche pour un nouveau numéro du petit journal de la semaine, destination Vienne !

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