Vainqueur surprise de 2011, l’Azerbaïdjan entend bien amortir la construction du Baku Crystal Hall en remportant une nouvelle fois l’Eurovision. Pour cela, tous les moyens sont bons, même quand ils sont mauvais. Pour le cru 2014, le pays mise sur une chanteuse et une ballade intimiste, très tendance cette année. 

[pullquote align=”left|center|right” textalign=”left|center|right” width=”30%”]La chanteuse[/pullquote]

dilara-2Dilara Kazimova est née à Bakou le 20 mai 1984. Elle a étudié le chant à l’Académie de musique Hajibeyov de Bakou. Après son diplôme, elle a brièvement fait partie d’une troupe d’opéra.

Elle rejoint ensuite un groupe rock baptisé Unformal qui, en 2008, s’était présenté à la toute première sélection nationale pour l’Eurovision.

Elle a été ensuite la moitié du duo Milk and Kisses. Et là aussi, le duo se présente pour représenter l’Azerbaïdjan en 2010 et termine juste derrière Safura.

Dilira est également actrice. On l’a vue notamment dans deux films en 2006 et 2007.

Mais c’est bien en tant que chanteuse qu’elle se présente aux halles de Copenhague, avec Start A Fire, une composition des incontournables Stefan Örn, Johan Kronlund et Alessandra Günthardt.

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[pullquote align=”left|center|right” textalign=”left|center|right” width=”30%”]La chanson[/pullquote]

Après l’histoire de tricherie avérée de l’année dernière (quand même, Mamadov qui termine deuxième du classement, la pilule était un peu difficile à avaler), on souhaitait secrètement que l’Azerbaïdjan nous propose une daube cette année, histoire de savoir jusqu’où ils peuvent aller dans la tricherie. Si la chanson est mauvaise et qu’ils se retrouvent en finale, on aurait alors tout compris.

Mais le scénario est différent. Et même si c’est l’Azerbaïdjan, on est avant tout fans de musique et en tant que tel, nous nous devons de rester objectifs… et honnêtes.

C’est une très bonne chanson que nous propose le pays du Caucase.

Une intro au piano, une voix magnifique, un morceau qui capte l’attention du début à la fin. En bref, un très beau moment d’émotion. Sans compter le charisme de la chanteuse. On est très loin de la voix approximative de Nikki, on est loin des mimiques ridicules de Safura, ou encore de l’improbable mise en scène du duo de 2008.

Pour moi c’est simple, il s’agit là de la contribution azérie la plus aboutie, la plus réussie depuis que le pays participe à l’Eurovision.

Sont susceptibles de voter pour l’Azerbaïdjan : Le serveur téléphonique de Malte et le jury maltais, et l’Azerbaïdjan elle-même.

Sont susceptibles de ne pas voter pour l’Azerbaïdjan : l’Arménie et ceux qui n’aiment pas les tricheurs.

Les bookmakers ne croient pas en la victoire de l’Azerbaïdjan. Avant la découverte de la chanson, le pays était dans les trois premiers. Il était alors “normal” de miser sur l’Azerbaïdjan, vu son lourd passif. Et depuis que la chanson est sortie, Dilara rétrograde. A l’heure où j’écris ces lignes, elle est sixième.

N’oubliez pas les paroles 

Someone’s selling garden roses down the square
People gathering by to breathe the morning air
But no one sees the bitter cold and shivering empty hands

A school girl running by and trying to beat the bell
People dropping, tossing coins in wishing wells
But no one cares for dreams that don’t fit into our world

Maybe nightfall darkens skies
And maybe teardrops stain our eyes
But may the slightest light start a fire

A soldier in the hands of a forgotten mess
Digging out the burning bullets in his chest
So eager, bold and noble – printing footsteps on this earth

Maybe nightfall darkens skies
Maybe teardrops stain our eyes
But may the slightest light start a fire

Start a fire

But may the slightest light start a fire

[pullquote align=”left|center|right” textalign=”left|center|right” width=”30%”]La tendance musicale en Azerbaïdjan[/pullquote]

Qu’on se le dise, les azerbaïdjanais aiment les mêmes choses que nous. A l’heure où j’écris ces lignes, l’Happy de Pharrell est numéro 1 des ventes iTunes dans le pays, Katy Perry est seconde et Pitbull avec Timber est troisième. Dans le top 20, seuls deux titres sont des produits locaux. En douzième position se classe Nil Karaibrahimgil avec Kanatlarım Var Ruhumda.