À quelques jours du début des répétitions, la rédaction est allée rencontrer les candidats de l’Eurovision 2026. Au programme du jour, l’interview de la représentante allemande, Sarah Engels !

En février dernier, elle a remporté Das deutsche Finale 2026 avec 38,30% des voix du public, devançant Wavvyboi et Mollye Sue en super-finale. La chanteuse et star des médias de 33 ans, native de Cologne, a ainsi décroché le droit de représenter l’Allemagne à l’Eurovision 2026, où elle interprètera Fire. Une chanson co-écrite et co-produite par une équipe composée de Valentin Boes, Sarah Engels, Luisa Heinemann, Raphael Lott et Dario Schürmann, qui tentera de faire danser l’Europe au son d’un rythme pop aux légers accents latino, entrecoupé d’un dance break endiablé. Ainsi, Sarah Engels succèdera à Abor & Tynna, qui avaient porté les couleurs germaniques l’année dernière, un joli top 15 à la clé. En attendant de la voir sur la scène du Wiener Stadthalle, Sarah Engels a livré ses impressions à Rémi à l’approche de son départ pour Vienne, dans une interview disponible en vidéo sur notre chaîne YouTube. Alors, prêts à vous enflammer pour la représentante allemande ?

L’Eurovision au Quotidien – Quel est votre état d’esprit à quelques semaines du Concours Eurovision de la chanson ?

Sarah Engels – Il reste cinq semaines à présent et il s’est passé beaucoup de choses ces derniers temps. Nous sommes en train de penser aux prochaines étapes pour le costume et la mise en scène. Mais c’est une très belle aventure. Je suis heureuse de faire partie de la famille de l’Eurovision désormais.

Pourquoi avez-vous décidé de participer au concours ?

L’idée a surgi quand nous avons commencé à travailler sur la chanson Fire avec mon équipe à Berlin, en Allemagne. On a commencé à créer ce titre et on s’est dit qu’il pourrait faire une bonne chanson pour l’Eurovision. On a donc intégré un dance break et d’autres éléments à l’intérieur. Puis, on s’est dit : « OK, on doit essayer de participer à l’Eurovision et de représenter l’Allemagne. ». Et cela a marché, c’est génial !

L’Eurovision est-il un programme familier pour vous ? Le regardiez-vous plus jeune ?

Oui, il y a de très nombreuses années. Cela a toujours été un rêve, depuis que je suis toute petite. Mais c’était un rêve tellement lointain que je n’aurais jamais cru pouvoir le réaliser un jour. Aujourd’hui, mes grands-parents sont très fiers de moi. C’est très agréable.

Avez-vous des titres favoris dans l’histoire du concours ?

Il y en a beaucoup, mais c’est surtout Loreen avec Euphoria. C’est une chanson que j’écoute encore souvent aujourd’hui, parce qu’elle a tellement de puissance et que c’est une artiste très coriace.

L’Eurovision est le plus grand concours musical au monde. Qu’est-ce que cela vous fait d’y porter les couleurs de votre pays ?

Pour moi, c’est un plaisir de représenter l’Allemagne, parce qu’il y a tellement de gens sympathiques et de belles chansons. Chacun a sa propre histoire, sa propre personnalité, et tout le monde se rassemble. Tout tourne autour de la musique : or, la musique est quelque chose qui connecte les gens les uns aux autres. La musique n’a pas de langue. Je pense que c’est particulièrement important pour l’Allemagne d’avoir cette attitude positive parce que, dans le pays, les gens sont toujours un peu critiques. Je peux le dire parce que je suis allemande ! Je veux leur montrer que l’Eurovision est un très bel événement et une scène importante, mais sur laquelle il ne faut pas avoir peur. C’est un espace où tout le monde s’épanouit et où les gens se rassemblent.

Vous êtes une personnalité très médiatisée en Allemagne. Vous avez une solide expérience dans la musique et en télévision. Est-ce que cela vous confère une pression supplémentaire quant à votre participation à l’Eurovision ?

Il y a beaucoup de pression, c’est vrai mais, comme je monte sur scène depuis tant d’années, j’ai énormément appris à la gérer et à ne plus me prendre la tête comme je le faisais avant. C’est important, parce que je veux vraiment être dedans et ne pas avoir peur de quoi que ce soit. Je veux juste ressentir la musique, le public et ce moment, parce que c’est une expérience unique dans une vie, qui ne dure que trois minutes. Il faut donc s’y investir à fond.

Parlons musique, avec votre chanson Fire. Comment la présenteriez-vous au public francophone ?

La chanson évoque ma propre expérience. Elle s’appelle Fire et elle parle de ma propre expérience en tant que femme parce que, parfois, on perd notre feu intérieur parce que les autres veulent qu’on soit comme ci ou comme ça. Mais on ne peut pas se comparer les unes aux autres : chaque fille, chaque femme est spéciale, telle qu’elle est. C’est tellement important de retrouver sa flamme intérieure si, pour une raison ou une autre, on l’a perdue. Voilà le message de Fire : il faut croire en soi et s’aimer soi-même. Si on s’aime soi-même, on peut aussi aimer les autres.

C’est une chanson très entraînante, énergique, qui donne envie de danser. Était-ce une évidence pour vous de participer à l’Eurovision avec ce style musical ?

Tout est venu de la chanson. Quand on travaillait dessus, on s’est dit qu’elle ferait une belle chanson pour l’Eurovision et on a ensuite pensé à aller au concours. Les paroles sont simples, tout le monde peut la chanter et cela était vraiment important pour moi.

Est-ce pour cette raison que vous avez choisi de chanter en anglais ou non ?

C’est aussi la raison pour laquelle j’ai choisi de chanter en anglais. J’adore chanter en allemand également, surtout lorsque j’interprète des morceaux très lents. Mais j’adore cette touche américaine dans Fire. C’est une chanson qui s’adresse à tout le monde, elle est internationale.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le projet de mise en scène pour Vienne ?

Je peux vous dire certaines choses, mais je ne veux pas trop en dévoiler. Le dance break sera bien présent. On ne va pas le supprimer, parce que qu’il pourrait très bien fonctionner avec les costumes. Pour être honnête, on travaille toujours dessus et on est pressé : on doit régler cette question au plus vite. Sinon, je poursuis actuellement les répétitions pour la chorégraphie, parce que c’est un exercice difficile de chanter et de danser en même temps. Je dois donc répéter en fonction de ma condition.

J’imagine que vous avez écouté certaines des chansons de cette édition. Avez-vous des chansons préférées dans cet Eurovision 2026 ?

Il y a beaucoup de chansons que j’aime. Je trouve qu’il y a vraiment de très bonnes chansons et performances cette années, surtout chez les femmes, qui sont particulièrement fortes. Je pense à la Bulgarie et à Chypre, que j’apprécie beaucoup, mais aussi à la France. [Monroe] a 17 ans, elle est très jeune. Quand je me revois à cet âge-là, j’étais encore une enfant… Je lui lève mon chapeau !

Quelles sont vos attentes pour votre aventure à l’Eurovision ?

Pour moi, c’est important d’y participer et de rester ouverte à tout. Donc je n’ai pas peur. J’ai juste hâte de rencontrer les autres, d’écouter les autres chansons, d’assister à leurs performances et de participer à cette grande célébration. Je pense que l’Eurovision est comme une grande fête d’anniversaire, mais dans une autre dimension, avec deux cents millions de personnes.


Qualifiée d’office pour la finale en tant que représentante d’un pays du BIG 4, Sarah Engels chantera pour la première fois lors de la première demi-finale de l’Eurovision 2026. Le 12 mai prochain, elle y interprètera Fire juste entre le dixième (Noam Bettam – Israël) et la onzième (Essyla – Belgique) artistes de la soirée.

Un grand merci à Sarah pour nous avoir accordé cette interview, à Carina Eckert, Anna-Chiara Gronau et Martina Planski pour l’organisation.

Crédits image : UER