Plus que quelques jours avant de découvrir l’identité du successeur de Katarsis sur la scène de l’Eurovision ! Qui remportera l’Eurovizija.LT 2026 ? Avant de le savoir, Loreen (alias Rémi) a écouté avec la plus grande attention les chansons finalistes.

Ils seront 11 en lice vendredi soir : 10 artistes qualifiés en étant arrivés dans les deux premiers de leurs demi-finales respectives et le vainqueur de la wildcard en ligne, qui a vu s’affronter les cinq chansons arrivées en troisième position en demi. Parmi eux, qui a le plus grand potentiel de briller à Vienne en mai prochain ? Qui serait susceptible d’offrir à la Lituanie une sixième finale consécutive et prolonger ainsi la série record de qualifications pour le pays ? On essaie de décrypter tout ça.

La playlist de la finale

Les avis ici exprimés n’engagent que leur propre auteur et non l’ensemble de la rédaction.

Rug!le – Ikona Žemaitė

C’est une proposition contemporaine qui nous est ici livrée, avec un son urbain d’une belle fraîcheur. L’ensemble est énergique et engagé, tandis que Rug!le est très investie dans l’interprétation de son titre. Assurément un bon choix pour Vienne, surtout qu’il n’est pas certain d’y entendre beaucoup ce type de chansons.

Noy – Stand Up

Pour sa deuxième finale consécutive à Eurovizija.LT, Noy revient avec un titre pop épuré, doté d’une jolie rythmique et dont la répétition du « Stand Up » du titre lui confère une petite accroche. Pour autant, la proposition reste assez convenue et sans grande originalité par rapport à la concurrence, ce qui la rend peu marquante.

Atikin – Deganti žemelė

Ce mix entre sons traditionnels et contemporains convoque les esprits de Go_A, Kalush Orchestra et d’autres. On est quand même plus dans l’esprit des vainqueurs ukrainiens, entre ces voix de femmes et une orientation éminemment rap, qui confère assurément à Deganti žemelė une âme. Il y a ici un vrai univers musical, même si le live est perfectible.

Vilnius Voices – Grįšim

N’en cherchez pas d’autre, c’est le seul titre de cette finale qui a véritablement laissé Loreen/Rémi de marbre. Certes, l’ensemble est d’une certaine joliesse et douceur, mais Dieu que c’est chiant… Trois minutes interminables dénuées du moindre décollage, musicalement sans relief, dont le rendu fait très chorale d’amateurs. Prochain titre, je vous prie ?

Black Biceps – Let me cook

Deuxième finale consécutive également pour Black Biceps, qui demandent cette année à ce qu’on les laisse cuisiner. Il faut dire que le menu est plutôt punchy et sympatoche, pour un joke act plutôt marrant qui n’est pas sans évoquer des cousins à la Matt Blxck dans un autre style. Plaisant, certes, mais il y a bien plus compétitif et musicalement intéressant dans cette finale.

Paulė – Sako

La chanteuse nous propose ici un son électro pop contemporain plutôt rythmé, aux accents indie et à la musique d’atmosphère que je chéris (comme vous n’êtes pas sans le savoir). Si Paulè défend très bien son titre sur scène, pas dit que Sako soit le mieux taillé pour l’Eurovision en dépit de réelles qualités musicales ici saluées.

SHWR – Contact!

Presque un deux à la suite pour SHWR (ex Shower), finalistes de l’édition 2024. Dans la droite lignée de l’époque, le groupe débarque avec une proposition pop rock au son très US et un peu vintage sur les bords, très cinématographique dans l’âme. Doté de son efficacité, Contact! n’est sans doute pas mon favori du lot, mais ferait bonne figure sur la scène de l’Eurovision.

Lion Ceccah – Sólo quiero más

Lion Ceccah, c’est un univers à part entière dans lequel il faut rentrer ou au bord duquel on reste. Finaliste pour la deuxième année consécutive, le poète, barré et onirique, nous revient avec une proposition fidèle à sa personnalité et son ADN musical. Il y a un certain lyrisme qui se dégage de l’électro pop Sólo quiero más, à la hauteur de l’authentique artiste qu’est Lion. Assurément une belle proposition à défendre sur la scène de l’Eurovision.

Lolita Zero – Salve im meum mundum

Dans la famille barrée, je demande Queen Mother, la Reine Mère, alias Lolita Zero. Pour sa troisième finale à la sélection lituanienne, l’artiste drag nous invite à saluer son monde, parce qu’il y a là aussi un véritable univers soit qu’on apprécie, soit à côté duquel on passe complètement. Salve im meum mundum est sans surprise une proposition détonante, à mi-chemin entre électro pop, sons latino et samba. C’est fou, c’est forever et c’est ce que j’aime. Peut-être serait-il temps d’aller à l’Eurovision, chère Lolita ?

Walls Of Water – Unshakable 

Un titre très pop rock aux petites influences jazzy plutôt énergique. C’est sympathique en soi, mais face à des propositions beaucoup plus identifiables et à l’univers artistique très marqué, que reste t-il d’Unshakable ? Pas grand chose, si ce n’est un titre certes pas mal, mais plus faible et plus lambda que la concurrence.

Nøra Blu – Hold my own

Heureuse lauréate de la wildcard, Nøra Blu livre une interprétation engagée de son titre électro pop aux allures de son d’ambiance (comme la Lituanie aime nous en proposer chaque année). L’ensemble est qualitatif et élégant, mais serait-ce objectivement le meilleur choix lituanien pour Vienne ? J’en doute.

L’avis de Rémi

Une nouvelle fois, c’est une belle finale qui s’annonce en Lituanie. Si, lors des deux dernières éditions, les grands favoris Silvester Belt et Katarsis avaient emporté la bataille assez facilement, ils pourraient être quelques uns à s’y mêler cette année si l’on observe les résultats des demi-finales. À ce jeu-là, trois artistes se sont très nettement détachés du lot au télévote : Atikin, Lion Ceccah et SHWR, qui ont tous dépassé le cap des 4 500 votes, là où les autres qualifiés d’office sont entre 700 et 1 500 votes. Attention toutefois à ne pas surinterpréter ces chiffres, tant l’on sait le vote lituanien prompt à basculer entre des demi-finales peu regardées et une grande finale très suivie.

Voir toutefois ces trois favoris se détacher n’est pas très surprenant, tant ils livrent des propositions de qualité qui trouveraient parfaitement leur place dans le line up de l’Eurovision 2026. Toutefois, j’ajouterais à la liste Rug!le (dont la vidéo de la prestation – certes publiée il y a cinq semaines – est la plus regardée sur YouTube) qui dispose d’un titre énergique et moderne et d’une prestation accrocheuse, et l’inévitable Lolita Zero. Un match à cinq donc, de mon côté, là où les autres concurrents sont beaucoup moins marquants, qu’elles aient de réelles qualités musicales, qu’elles soient beaucoup plus convenues ou qu’elles m’indisposent tout simplement.

Je me saisis de l’occasion pour saluer le réel travail mené par la LRT autour du format Eurovizija.LT. Toujours encore largement sous-cotée par les eurofans, la sélection lituanienne a pourtant le mérite de proposer une grande diversité de titres, tant dans le style musical que dans la proposition artistique, sans pour autant être focalisée sur un pseudo-formatage Eurovision comme le font hélas d’autres sélections. Eurovizija.LT s’assume et veut des titres qui s’assument, existant avant tout par eux-mêmes avant d’exister au prisme du concours. En cela, la sélection lituanienne n’est pas sans faire penser d’ailleurs au Festival da Canção fort apprécié de Juliette et de moi-même entre autres. Bref : en 2026, Eurovizija.LT ne se renie toujours pas et ça, j’achète !

Et vous, que pensez-vous du casting de la finale d’Eurovizija.LT ? Quel est votre titre favori pour la victoire ? Donnez-nous votre avis grâce au sondage ci-dessous !

Lituanie 2026 : quel est votre favori pour remporter Eurovizija.LT (et donc aller à l'Eurovision) ?
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Rendez-vous vendredi à 18h (oui, oui, c’est tôt !) pour suivre la grande finale d’Eurovizija.LT en direct de la Twinsbet Arena de Vilnius, qui accueillera l’événement pour la première fois.

Crédits : LRT