Et si nous parlions de… l’hébreu

Salut à tous ! Aujourd’hui, comme promis, je m’attaque à une langue sémitique. La langue qui sera celle du prochain pays d’accueil : l’hébreu.

L’hébreu est une langue très spéciale. D’une part parce que pendant très longtemps il n’était pas parlé du tout en dehors de la liturgie juive. Dès l’Antiquité, l’araméen s’est imposé en Palestine (et là je parle de la région géographique hein). Il n’a eu droit à sa renaissance qu’au XXe siècle. L’hébreu étant une langue sémitique, il est proche de l’araméen, de l’arabe ou même du maltais.

Au niveau de l’écriture, l’hébreu s’écrit de droite à gauche, c’est connu. Et bien sûr, le système d’écriture est totalement différent. Je vous présente l’abjad hébreu (bon par contre je vous le transcris de gauche à droite quand même) : « ת ש ר ק צ פ ע ס נ מ ל כ י ט ח ז ו ה ד ג ב א« . Et je vais maintenant démystifier quelques petites choses à propos de ce système d’écriture. D’une part, ce n’est pas un alphabet. C’est un abjad car c’est un alphabet consonantiques. Toutes les lettres que vous voyez sont des consonnes. Les voyelles ne sont que très peu notées mais… des notations existent. D’une part, il existe quatre lettres, appelées matres lectionis, qui servent parfois comme voyelles, à savoir : aleph א (pour le a), he ה (le a également), vav ו (généralement o et ou) et yodh י (pouvant représenter i). Ainsi le mot bonjour, Shalom שלום contient un vav représentant le son o.

Cependant, un système supplémentaire existe, bien qu’usité généralement uniquement par les personnes étrangères apprenant l’hébreu : les niqud, un ensemble de diacritiques prenant la forme de nombreux points, notant les voyelles et parfois la modification de la prononciation d’une consonne. Il existe vingt-deux types de niqud  : trois consonantiques et dix-neuf vocaliques. Mais dans les textes classiques, comme sur internet et autres, inutile de les chercher, vous ne les trouverez pas. Et c’est une des raisons qui rend l’hébreu difficile.

BIEN. Sur le côté linguistique de la chose, je ne vais pas pouvoir m’étendre beaucoup plus, mais j’invite les curieux à se renseigner, c’est quelque chose de bien intéressant. Maintenant passons à la musique. L’hébreu à l’Eurovision, c’est une longue histoire (qui semble malheureusement révolue). Depuis ses débuts en 1973 jusqu’à 2014, chaque chanson d’Israël comportait de l’hébreu, soit 36 chansons. Depuis 2015, les chansons ont été interprétées en anglais (BON je vous l’accorde, la chanson de Netta comportait une phrase : Ani lo buba, mais ça ne compte pas vraiment).

Ainsi, la chanson la plus ancienne en hébreu à l’Eurovision est Ey Sham d’Ilanit, qui arriva 4e.

Quant à la plus récente chanson comportant de l’hébreu date de 2014 : Same Heart de Mei Feingold, qui termina à une malheureuse 14e et avant-dernière place en demi-finale.

Bien sûr, l’hébreu a déjà remporté le Concours, à trois reprises : 1978, 1979 et 1998 :

Quelques autres chansons ont terminé sur le podium : Hora en 1982 et Hay en 1983 terminent 2es.

Enfin, Kan de Duo Datz termine 3e en 1991.

Parmi les chansons autres qui m’ont marqué (et donc assez récentes) en hébreu, on peut recenser, je pense Milim de Harel Skaat (malgré le petit craquage de voix en finale)

Ou encore Hasheket Shenish’ar de Shiri Maimon :

Ou encore Boaz Mauda en 2008

Bien sûr, je n’ai pas pu tout citer (même si j’en ai déjà cité un bout bon), alors n’hésitez pas à partager les autres chansons interprétées en hébreu que vous aimez !

La semaine prochaine nous attaquerons les langues latines, pour la première fois ! Bon il y a du choix, vous avez une chance sur neuf… C’est large, mais bon… Selon vous, laquelle serais-je le plus susceptible de traiter ? Allez, à la semaine prochaine ! Portez-vous bien !

(8 commentaires)

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  1. Parmi mes 5 chansons interprétées au concours et contenant de l’hébreu, tu en as cité 4: Milim, Hallelujah, Hasheket shenishar et Diva (même si j’aime vraiment beaucoup Ey sham et Kan). Je me permets juste de rajouter Ben-Adam, que j’adore.

  2. PERSO JE TROUVE QUE LORSQUE LE PAYS HOTE RECOIT L EUROVISION LES PRESENTATEURS
    DEVRAIENT NOUS ACCUEILLIR DANS LA LANGUE DU PAYS ET APRES EN ANGLAIS FRANCAIS.

    L UER DOIT L IMPOSER DANS SON REGLEMENT

  3. Aussi une autre chanson en hébreu , qui s’etait bien classé, dans l’Eurovision 1985, c’est le même interprête qui avait remporté la première victoire en 1978 avec Abanibi, ( Izhar Cohen avec la chanson Olé (qui signifie, monte).

  4. – Une langue encore pire que les précédentes ! J’ai une amie qui me dit toujours quand elle trouve une langue incompréhensible :  » c’est de l’hébreu !  » Ce n’est pas du tout péjoratif c’est juste pour exprimer la difficulté d’une langue et quand je vois l’hébreu, je me dis que ce n’est pas usurpé.

    – Concernant les chansons, il faudrait que je réécoute toutes les chansons d’Israël chantées en hébreu, mais beaucoup m’ont plu. Les trois vainqueurs avant Netta m’avaient convaincu mais il y en a une dans les années 70 que j’adorai : c’était en 1974 : Kaveret ( Natati la khayay ). Je sais, je n’étais pas encore né mais comme j’ai écouté toutes les années, cette chanson m’avait marqué par son rythme très particulier.

    1. J’ai connu Natati la Khayay en 2015, quand un des groupes l’avait repris lors de la sélection israélienne. J’avais d’ailleurs préféré cette version à l’originale que j’avais écoutée après 😉
      Quant à la difficulté de l’hébreu, elle est indéniable. J’ai connu des personnes étudiant l’hébreu (dont ma tante), et tous le disaient, c’est dur.

  5. Très belles sonorités que celles de l’hébreu.
    Je donne quasi systématiquement des points à toutes les sélections ou Quorovision où la chanson d’Israël est dans cette langue.

  6. Langue difficile mais je trouve les sonorités assez jolies.
    Quant aux 4 chansons gagnantes, leurs victoires me semblent cohérentes. J’aime particulièrement la première.

    • philipe Dubois-Blond on 5 juillet 2018 at 00:14
    • Répondre

    Désolé de ne pas être très présent sur le site depuis 15 jours mais parfois l’on doit faire face aux aléas de la vie qui arrivent par surprise … Je conserve les mails de E.A.Q. et les regarderai petit à petit.
    Je fais une exception pour l’hébreu car ça me tient à cœur évidemment.
    Merci Joh pour ton explication car j’avoue que je n’aurai pas su l’expliquer de manière aussi précise (et aussi pédagogique) en si peu de ligne. Ceci dit je reste sur ma position concernant la difficulté 😉 .
    Même si elle n’est pas allée en finale, ma chanson préférée en hébreu reste « Rak bishvilo »
    (rien que pour lui) interprétée par Moran Mazor en 2013. J’ai écouté cette chanson en boucle pendant des mois durant. En second titre c’est bien sur en 2009 « There Must Be Another Way » chanté en anglais, hébreu et arabe par Achinoam Nini et Mira Awad.
    Pour la semaine prochaine je mise sur le roumain/moldave ?! ^^

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=BjbcD72OaI4&w=560&h=315%5D

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