Après une journée de pause, les répétitions reprennent aujourd’hui au Convention Center. Nous passons cette fois à la deuxième série, en présence de la presse accréditée. Voici le programme de ce jeudi 9 mai :

  • 9h – 9h20 : Chypre
  • 9h25 – 9h45 : Monténégro
  • 9h50 – 10h10 : Finlande
  • 10h15 – 10h35 : Pologne
  • 10h40 – 11h : Slovénie
  • 11h – 12h : Pause
  • 12h05 – 12h25 : République Tchèque
  • 12h30 – 12h50 : Hongrie
  • 12h55 – 13h15 : Biélorussie
  • 13h20 – 13h40 : Serbie
  • 13h45 – 14h05 : Belgique
  • 14h05 – 14h25 : Pause
  • 14h35 – 14h55 : Géorgie
  • 15h – 15h20 : Australie
  • 15h25 – 15h45 : Islande
  • 15h50 – 16h10 : Estonie
  • 16h15 – 16h35 : Portugal

À nouveau, cet article sera mis à jour, au fil des publications. Vous y retrouverez les photos et les vidéos des répétitions, ainsi que mes commentaires personnels (qui n’engagent que moi). Nous vous souhaitons  déjà une excellente journée. Profitez-en bien et surtout, faites-nous part de vos impressions et de vos commentaires !

CHYPRE

Ouille ! Voilà un extrait particulièrement mal choisi. D’après les commentateurs sur place, notre amie Tamta a en effet eu besoin de plusieurs reprises avant d’être vocalement au point. Toujours selon eux, son dernier passage s’est révélé parfait. Tant mieux, parce qu’ici, sur le plan vocal, c’est loupé.

Accordons-lui le bénéfice du doute. Sur le plan visuel, le contraste est marquant entre la sobriété des décors, des accessoires et images et l’extravagance des costumes. Passe encore pour ceux des danseurs, qui restent dans l’ombre. Mais celui de Tamta… Les mots manquent. Donc en image, voilà ce que j’en pense :

Non seulement peu élégant et flatteur, mais avec un brin de recul, risible. Quant à la mise en scène, nous avons droit à du pur Sacha Jean-Baptiste : millimétré et bien calibré pour l’Eurovision, sans pour autant faire preuve d’une génie quelconque.

En conclusion : un très bon numéro d’ouverture, eurovisionesque à mort, qui lancera idéalement cette édition 2019. Une proposition efficace et plaisante, qui affolera les serveurs téléphoniques grecs et géorgiens et qui touchera un large public. Néanmoins, une proposition commerciale mécanique, manquant d’un supplément d’âme et de passion. Une qualification certaine et une bonne place en finale à prévoir. Trois minutes qui seront plaisantes à revoir dans les années à venir, sans toutefois marquer l’inconscient collectif.

Note personnelle : 7/10 pour la prestation (en tenant compte du mauvais choix de l’extrait) – 7/10 pour la chanson – total = 14/20

MONTÉNÉGRO

Cela avait fait flop en 1985 :

Cela avait fait flop en 2006 :

Cela fera encore flop en 2019. Car en 34 ans et malgré ses nombreux avatars, le concept ne s’est pas amélioré. Pire : sa déclinaison monténégrine 2019 s’avère brouillonne et désordonnée. Certes, l’on devine beaucoup de plaisir et de bonne volonté. Mais vocalement, c’est passable. Visuellement, c’est pauvre. Et musicalement, c’est médiocre. Pas honteux, ni risible. Juste loin en-dessous du niveau d’un Concours Eurovision 2019.

Je souhaite à Rizo, Željko, Ivana, Emel, Mirela et Tamara de bien profiter de leur expérience et de leur passage sur scène. Ils connaîtront un moment de grâce qui les rendra plus riches et heureux. Je leur souhaite ensuite de faire bon voyage de retour à Podgorica, car se qualifier pour la finale me semble impensable.

Note personnelle : 4/10 pour la prestation – 4/10 pour la chanson – total = 8/20 – certainement, ma lanterne rouge de l’année

FINLANDE

À nouveau, en image, mes pensées en regardant Sebastian :

Il ne lui manque littéralement plus que le poisson pour compléter son message écologique… Sur le plan stylistique et visuel, ce pantalon-cuissarde est un plantage, qui en plus, détourne l’attention. Par ailleurs, les premières images de la mise en scène le laissaient présager : Darude, Sebastian et la danseuse semblent à des années-lumières les uns des autres, surtout dans cette dernière partie. Comme si chacun des trois donnaient un petit spectacle dans son coin, sans trop se soucier des autres. Loin d’être une réussite scénique…

Léger mieux tout de même sur le plan vocal. Les plus fidèles d’entre vous sauront que dans cet extrait, Sebastian est au sommet de son art. Cela ne sauve pas une proposition finlandaise creuse et sans relief. Décidément, le duo d’un DJ et d’un vocaliste ne fonctionne pas à l’Eurovision, que ce soit sur le plan musical, télévisuel ou vocal. Pensée émue pour le chef de délégation finlandais qui aura encore bien du mal à trouver un représentant pour l’an prochain…

Note personnelle : 6/10 pour la prestation – 6/10 pour la chanson – total = 12/20

POLOGNE

Décidément, ces costumes 2019 me font venir une foule d’images en tête. Pour nos représentantes polonaises :

Pour la précision, cette charmante dame est Marie-Élisabeth de Mecklembourg-Schwerin, cousine de l’empereur Guillaume II, belle-sœur de la reine Wilhelmine, tante du roi Christian X et du tsar Nicolas II. Marie-Élisabeth passera à l’histoire sous son titre de femme mariée : la grande-duchesse Vladimir. Elle pose ici à l’occasion du grand Bal de la Cour de 1903 et avouez que la ressemblance est confondante.

Pour en revenir à nos moutons eurovisionesques, les chanteuses de Tulia nous offrent une autre excellente prestation vocale. Mais si vous les avez suivies depuis le début, vous saviez qu’aucun crainte n’était à nourrir sur ce plan-là. Scéniquement, l’extrait nous dissimule les différentes surprises prévues. Néanmoins, l’on devine, des images et des vidéos disponibles, que cela restera dans le spectre du déjà-vu honnête et bien conçu.

Toute la proposition polonaise repose donc sur la chanson en tant que telle. Quant à moi, vous le savez, j’y reste imperméable. Certains d’entre vous adorent. Mais serez-vous nombreux dans ce cas, mardi prochain ? Moue dubitative, surtout qu’il y a plus audacieux et plus amusant. À vue de nez (mais vous savez que mon appendice nasal est rarement creux…), je prédirais une onzième place.

Note personnelle : 7/10 pour la prestation – 5/10 pour la chanson – total = 12/20

SLOVÉNIE

La RTVSLO subventionne la création musicale d’avant-garde, merci à elle. De l’importance du service public. Je l’avoue : je suis agréablement surpris, sur le plan télégénique, par ce court extrait. Zala et Gasper sont perdus dans leur univers poétique et onirique. Les prises et angles de vue renforcent cette impression de bulle amoureuse et l’on en oublierait presque la salle, le public et les 200 millions de téléspectateurs. Voilà donc un visuel réussi.

Mais permettra-t-il à la proposition slovène de tenir la rampe durant les trois minutes imparties ? Car le téléspectateur risque de se sentir de trop, de déranger nos comparses. En outre, il finira par prendre conscience de l’absence de réelle mise en scène et de l’inertie du morceau. Quant à moi, voici comment je vis Sebi dans ma tête :

Après l’interrogation initiale, un long vide émotionnel et cérébral… Sebi est en effet une chanson d’atmosphère, de méditation contemplative, d’expérimentation alternative. Cela apporte de la diversité sur le plan “chanson”. Cela demeure pauvre sur le plan “Eurovision”. Et cela nie en bloc le plan “Concours”. Cette proposition slovène me semble donc qualitative, mais pas compétitive pour un sou, malgré le grand talent vocal de Zala. Je pressens que les lambdas qui regardent l’Eurovision une fois l’an pour s’amuser, décrocheront tout, sauf leur téléphone. Je les imiterai, car à mes yeux, il y a plus réjouissant et enthousiasmant.

Note personnelle : 8/10 pour la prestation – 5/10 pour la chanson – total = 13/20

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

Surprise, surprise ! Il m’a fallu plusieurs secondes pour reconnaître le morceau. Est-ce moi ou nous avons ici droit à un remix ? En plus, du vocodeur me semble avoir été ajouté sur le micro d’Albert. L’ensemble sonne différemment à mes oreilles, mais après plusieurs réécoutes, cela me plaît. Je redécouvre la chanson et l’apprécie un peu plus encore. Musicalement, cette proposition tchèque se bonifie et je pense qu’elle rencontrera son public, le soir venu.

Visuellement, nos trois compères ont l’air bien seuls sur la scène. À titre personnel, j’aurais évité les plans larges, pour privilégier une proximité du groupe et des téléspectateurs. À voir, une fois le public présent. Vocalement, Albert enchaîne les excellentes prestations. Scéniquement, l’extrait est trop court et pris aléatoirement que pour se faire une idée définitive. Désarçonné par tous ces éléments, j’éprouve quelques difficultés à juger de cette proposition tchèque. Néanmoins, mon sentiment reste positif et j’ai fort envie de découvrir les trois minutes complètes, plutôt un bon signe. Si cela s’avère réussi, la République Tchèque devrait se qualifier, un exploit et une belle récompense.

Note personnelle : 7,5/10 pour la prestation – 7,5/10 pour la chanson – total = 15/20

HONGRIE

Sur le créneau de la musique traditionnelle, je préfère mille fois la proposition hongroise à la proposition polonaise. Il y a ici un charme, une poésie, une douceur que je ne retrouve pas dans Pali sie. De cet extrait, l’on voit que la délégation hongroise a conçu un visuel et une mise en scène simples, beaux et efficaces, en rapport avec la chanson. Les images sont superbes, les couleurs dorées charment l’œil.

Côté vocal, Joci atteint à nouveau la perfection. Il est, selon moi, le principal atout et l’attraction de ces trois minutes. Aéa est une belle chanson, qui élève l’âme et l’esprit. Cependant, elle me semble moins marquante qu’Origo. Il n’y a donc rien à reprocher à cet ensemble hongrois, bien produit et arrangé, si ce n’est une légère redite et une compétitivité moindre qu’en 2017. Je verrais donc Joci se qualifier, puis atterrir en finale, aux alentours de la quinzième place. Un résultat honorable pour un grand artiste.

Note personnelle : 8/10 pour la prestation – 6,5 pour la chanson – total = 14,5/20

BIÉLORUSSIE

Ah ! Retour de l’image mentale, ce qui n’est point bon signe :

Des lunettes de soleil ? Fausse bonne idée, daahling. Vous me direz : goutte d’eau dans cet océan de mauvais goût vestimentaire. La délégation biélorusse nous offre un défilé de l’horreur. J’en regrette le lustre de Tamta… Horrible, horrible… et je parie qu’ils n’en changeront pas un iota d’ici la demi-finale.

Quant au reste, Zena est vocalement époustouflante. Si jeune et si talentueuse, cela me stupéfie… et m’accable, car sa voix est au service d’une chanson de seconde zone. LI est un morceau commercial copiant des formules prosaïques de la dernière décennie. La mise en scène, elle, est du niveau des costumes : brouillonne, surchargée, inefficace et caricaturale.

La critique est aisée (surtout lorsque l’on est loin et que l’on demeure au balcon). Je m’interroge cependant : n’y a-t-il personne dans cette délégation biélorusse pour prendre du recul et comparer ces trois minutes aux récents succès eurovisionesques ? Tout ceci est passé de mode et ne tient plus la route en 2019. Bref, l’élimination me semble inévitable et j’espère que Zena nous reviendra à l’avenir avec mieux.

Note personnelle : 6/10 pour la prestation – 5/10 pour la chanson – total = 11/20

SERBIE

La proposition serbe est à rebours de la biélorusse et c’est un compliment : sobriété, classe, élégance, intemporalité. Le visuel et la mise en scène sont remarquables et renforcent à merveille la chanson. L’extrait est court, mais suffisant pour pronostiquer une qualification. Voilà une réussite ! Moi qui demeurais entre deux eaux, je suis convaincu par cet ensemble bien pensé et bien produit.

Nevena reste la chanteuse sublime que nous aimons. Elle survole vocalement la concurrence et magnétise le regard de par sa beauté et son charisme. Si la Nature m’avait rendu sensible aux charmes féminins, je serais sans aucun doute tombé éperdument amoureux d’elle.

Je conserve néanmoins une once de lucidité : Kruna est d’un classicisme sans audace, une ballade balkanique vue et revue. Ses avantages sont d’être portée par une remarquable interprète et d’être sublimée par une scénographie captivante. Le doute ne m’habite donc plus : nous reverrons la Serbie en finale.

Note personnelle : 8/10 pour la prestation – 6/10 pour la chanson – total = 14/20

BELGIQUE

Beaucoup de commentateurs songent à Ryan Dolan. Quant à moi, je songe à Freddie :

Déjà, à l’époque l’intérêt du tambour m’était apparu limité. C’est à nouveau le cas ici. La délégation belge a cherché un gimmick et s’est décidée pour les tambours. J’ai l’impression que cela aurait pu être le grand-père avec un kvinnaböske, le patineur artistique ou le piano en feu. L’important était de meubler l’espace scénique, derrière Eliot. Résultat : ce n’est ni un ratage complet, ni une réussite fulgurante. L’on se demande surtout le rapport avec la chanson.

Sur une note positive, Eliot interagit bien avec la caméra et apparaît naturel et engageant. Vocalement, je ne vois pas de reproche particulier à lui faire. Le morceau est taillé à sa mesure. WU est solide, contemporain et efficace. Côté visuel, les images sont sobres. Bonne idée d’avoir joué avec les triangles du plafond. Mais à nouveau, ces tambours me semblent en discordance avec le modernisme assumé de l’arrière-plan. Exactement comme chez Freddie…

Quant aux costumes de scène, je n’en raffole pas. La veste d’Eliot est plus télégénique, une fois ouverte. Elle lui fait ainsi perdre en rigidité frigide. Mais les t-shirts surdimensionnés des danseurs et leurs pantalons de jogging apportent une autre note dissonante. L’on dirait deux personnes en répétition et non en représentation.

En résumé, je trouve la mise en scène à côté de la plaque. À la limite, un seul en scène à la Blanche, avec le beau visuel et des plans rapprochés m’auraient plus convaincu. Musicalement, cela mériterait qualification. Scéniquement, c’est moins certain. La bataille belge pour la finale sera rude…

Note personnelle : 6/10 pour la prestation – 8/10 pour la chanson – total = 14/20

GÉORGIE

Les amateurs d’opéra parmi vous auront noté la curieuse parenté entre la proposition géorgienne et le final du Don Giovanni de Mozart :

Oto nous transporte dans l’antichambre de l’Enfer, où nous serons jugés et condamnés pour tant aimer les productions commerciales et surfaites du Melodifestivalen. Pitié, pitié, j’ai honte et je m’en repends ! Oui, j’ai aimé Oscar Enestad :

Je plaisante et je perds le fil de mes commentaires… Pour reprendre, Oto tutoie les meilleurs chanteurs lyriques, pour une prestation vocale exceptionnelle. Sa mise en scène et son visuel empruntent aussi les codes de l’opéra. Mozart n’est ainsi pas loin. L’ensemble est réussi. Voilà qui est profond, tragique, mystique et apporte une épaisseur bienvenue au Concours. KOG est un morceau plus éloigné de l’oeuvre du grand compositeur autrichien, certes, mais qui remuera les cœurs et consciences.

Hélas, pour reprendre la remarque d’un commentateur sur Twitter : “C’est parfait. Mais qui va voter pour ça ?” Je suis d’accord. Ces trois minutes ne sont ni engageantes, ni séduisantes. Elles mettent en scène la rudesse de l’histoire géorgienne et effraieront les téléspectateurs peu au fait de ses détails. Quant à moi, c’est bien la première fois qu’une proposition eurovisionesque me séduit et me rebute autant à la fois. J’en conclus personnellement à une non qualification.

Note personnelle : 7/10 pour la prestation – 6/10 pour la chanson – total = 13/20

AUSTRALIE

Oh mon Dieu ! Avec les effets spéciaux, c’est encore plus époustouflant et génial ! Le visuel est sublime, la mise en scène est renversante, Kate signe une prestation vocale épique, l’ensemble est mémorable. J’en pleure presque de frustration, tant je voudrais voir ces trois minutes de bout en bout. La délégation australienne réussit ici un coup de maître, qui effacera le coup d’épée dans l’eau de l’an dernier. Nous voilà emportés au ciel, un ciel astronomique et métaphorique…

Et déjà, en exclusivité mondiale, les premières images de l’impact de cette proposition australienne sur le télévote :

Oui, à mon avis, notre amie Kate s’est transformée en aspirateur à votes. Un vrai Dyson eurovisionesque… Tout ici est parfait. L’Australie est déjà en finale, prête à grimper tout en haut du classement, voire carrément sur le podium. Les lambdas, qui regardent l’Eurovision précisément pour ce genre de propositions, seront ravis et aux anges. Point besoin d’en dire plus long…

Note personnelle : 9/10 pour la prestation – 8/10 pour la chanson – total = 17/20

ISLANDE

Bien des retraités et des ménagères tomberont de leur canapé, bien des enfants en feront des cauchemars, bien des Eurorageux s’indigneront sur Twitter. Et attendez-vous à voir nos amis Islandais endosser le triste rôle attestataire de décadence et de corruption de l’Occident… Mais diable que c’est bon ! Diable que j’en redemande de ces trois minutes islandaises ! Oui, cela criera sur les réseaux sociaux, mais qu’importe ! Les lambdas sont plus ouverts et plus transgressifs qu’admis communément et je subodore qu’ils voteront, appâtés par le parfum de soufre et de stupre qui émane de Hms.

L’extrait proposé nous confirme le potentiel explosif de la proposition islandaise. J’imagine que les téléspectateurs les plus sensés comprendront son second degré provocateur. L’ensemble est en tout cas marquant, fort, mémorable. Visuel, mise en scène, chorégraphie forment une production léchée et référentielle. Et à la différence de l’Enfer géorgien, l’Enfer islandais donne envie d’y être puni. À ce propos, expédiez-y moi, car je confesse avoir aussi aimé les Lovers of Valdaro :

Suis-je irrécupérable… Bref, musicalement, Hmn est une proposition novatrice (du moins à l’échelle du Concours) et réussie, qui attirera le vote des téléspectateurs amateurs de musique underground et alternative. Vocalement, Klemens et Matthias sont brillants. Nous retrouverons à coup sûr nos amis islandais en finale et là, parmi les dix premiers du classement général.

Note personnelle : 8/10 pour la prestation – 8/10 pour la chanson – total = 16/20

ESTONIE

Comme de bien entendu, sans les effets spéciaux ajoutés à l’écran, ce visuel est plat et d’une affligeante banalité. Pire : lors de plans larges, Victor ressemble à un Playmobil oublié par mégarde sur la scène. Impossible donc de se prononcer sur la mise en scène et le résultat télégénique. Du coup, impossible de fixer une notation précise. Les commentateurs sur place se sont montrés raisonnablement positifs. J’attends de voir.

Vocalement, Victor nous offre l’une de ses meilleures prestations. Il s’élève, mais cela reste un cran en-dessous d’Oto (pour ne citer que lui). Storm n’effraiera aucune femme au foyer, ni aucun juré prude. Aspirera-t-elle pour autant les votes de l’Europe et l’Australie entières ? Moue dubitative… Mais encore une fois, faute du produit complet, tout pronostic est vain…

Pas de note personnelle donc.

PORTUGAL

Vous l’attendiez, voici ma dernière image mentale de la journée :

Sur Twitter, les commentateurs et les Eurofans se plaignent de l’inefficacité du visuel et de la mise en scène. La délégation portugaise leur a répondu que ce n’était pas de leur faute. Allez comprendre quelque chose à ce pataquès…

Car nous sommes ici en pleine déroute télévisuelle. L’extrait retenu nous montre un flou scénique manifeste et une présentation contre-productive au possible. La magie de Telemoveis s’envole, ne laissant derrière elle que ruines, cruelle bizarrerie et ricanements jaunes. Conan lui-même apparaît absent, mécanique, un robot automatisé. Les plans sont vagues et longs, anémiant la créativité intrinsèque de sa proposition. Aucun dynamisme, aucune énergie, juste un loupé mal filmé qui laissera les lambdas sur le bord de la route.

Quel crève-cœur ! Alors que le morceau est brillant et que Conan est un interprète remarquable… Mon humble avis : simplifier ces costumes au maximum, jeter aux oubliettes ces décore-mâchoires en plastique, cette capeline et ces gants. Et surtout, resserrer les prises de vues, les multiplier, saccader l’image au rythme de la chanson et accroître les gros plans de Conan fixant la caméra d’un regard intense et profond. Mais est-ce encore possible à cet stade ?

Terrible conclusion de la soirée. Faute d’intelligence scénographique, la qualification du Portugal me semble s’éloigner à grand pas. Énorme chagrin…

Note personnelle : 5/10 pour la prestation – 9/10 pour la chanson – total = 14/20

CONCLUSION

Quelle conclusion tirer d’extraits justement si peu concluants ? Même la délégation chypriote a désavoué le sien en précisant que Tamta avait rencontré des problèmes d’oreillettes et de micros…

Mon classement personnel du jour est donc à ce titre non significatif. Néanmoins, par acquis de conscience :

  1. Australie – 17/20
  2. Islande – 16/20
  3. République Tchèque – 15/20
  4. Hongrie – 14,5/20
  5. Serbie – 14/20
  6. Chypre – 14/20
  7. Belgique – 14/20
  8. Portugal – 14/20
  9. Géorgie – 13/20
  10. Slovénie – 13/20
  11. Pologne – 12/20
  12. Finlande – 12/20
  13. Biélorussie – 11/20
  14. Monténégro – 8/20

Pour l’heure, je qualifierais donc sans hésitation les quatre premiers, ceux qui me semblent avoir le mieux réussi leur répétition aujourd’hui : l’Australie, l’Islande, la République Tchèque et la Hongrie. Je qualifierais aussi en l’état Chypre et la Belgique. J’éliminerais pareillement les quatre derniers, les moins convaincants du jour : la Pologne, la Finlande, la Biélorussie et le Monténégro.

Restent le Portugal, la Géorgie et la Slovénie. Eh bien, je m’étonne moi-même : des trois, s’il ne fallait en sauver qu’un, je choisirais… Oto ! Voilà qui fera plaisir à Francis… Mais vraiment, la délégation portugaise court au désastre…

Sur ce, je vous souhaite une belle fin de soirée et vous retrouve demain pour la suite. Dans l’attente, rejoignez l’équipe de Parlons Eurovision pour leur débriefing quotidien :

BONSOIR TEL AVIV ! #5

Des premières répétitions à la Grande Finale de l’Eurovision 2019, Bonsoir Tel Aviv ! est votre récap’ pour tout savoir des répétitions et des coulisses du plus grand concours de musique au monde ! Entouré de son panel, Michaël vous donne son avis sur les 41 chansons en compétition et leurs chances de succès le 18 mai ! Retrouvez-le ici et sur sa chaîne YouTube, dès 20h.

SONDAGE

À votre tour de vous exprimer !

PAR AILLEURS

La candidate australienne, Kate-Miller Heidke, est partie à la rencontre de la communauté arabe-israélienne.

Les concurrentes chypriote et grecque, Tamta et Katerine Duska, ont fait plus ample connaissance lors du cocktail d’inauguration.

Tamta, de son côté, a profité de sa visite à l’exposition consacrée à Dana International pour poser dans le fameux costume de scène de la diva israélienne.

Les autres concurrents ont, eux, profité des joies balnéaires de Tel Aviv. Hatari, à la plage.

Nevena, dans le port.

La délégation tchèque a visité à son tour Jérusalem.

Juste avant son départ, le représentant néerlandais, Duncan Laurence, a reçu un premier disque d’or pour Arcade. Le morceau s’est en effet déjà vendu à plus de 40.000 exemplaires depuis sa sortie. Par ailleurs, Arcade a dépassé les 12 millions de streaming sur Spotify et approche les 7 millions de vue sur YouTube.

Et à Paris, France Télévisions a inauguré une affiche géante de Bilal sur la façade de son siège.

(avec la collaboration de Sakis)