Il est de retour après trois semaines d’absence : le petit journal de la semaine signe son retour après Vienne, histoire de mieux accompagner votre dépression post-eurovisionesque.
Au sommaire de ce dimanche 31 mai 2026 :
Un Bangaranger
Depuis la victoire de Dara le 16 mai dernier, c’est une véritable Bangaranga-mania qui déferle sur la Bulgarie. La première victoire du pays à l’Eurovision y résonne comme un événement historique (voir article de BFM à ce sujet), à tel point que Dara est célébrée telle une véritable héroïne nationale. Organisation d’une grande fête à l’aéroport et sur la place Alexandre Ier de Sofia, émissions spéciales à la télévision, rencontre avec le Premier Ministre Roumen Radev, sonnerie Bangaranga dans les écoles du pays, citoyenneté d’honneur pour Dara dans les principales villes bulgares, offrande d’un terrain (!) en bord de mer… On ne compte plus les célébrations à l’égard de Dara. Mieux : le mot Bangaranga s’apprête même à faire son entrée dans le dictionnaire bulgare ! Une véritable folie dans un pays qui attendait sa première victoire au concours depuis 2005.
Mais la vague Bangaranga ne s’est pas arrêtée aux portes de la Mer Noire, loin de là ! Depuis sa victoire, le titre gagnant de l’Eurovision rencontre un succès impressionnant en Europe et à l’international, puisqu’il est directement entré à la première place des charts dans de nombreux pays (Autriche, Belgique, Bulgarie, Finlande, Allemagne, Suède, Suisse…) et même dans le Billboard américain. Il compte déjà plus de 20 millions d’écoutes sur Spotify (+ 12 millions en une semaine !), ce qui en fait le titre bulgare le plus écouté de l’histoire : il figure d’ailleurs dans la playlist officielle des titres de l’été 2026 de la plateforme. Même les célébrités s’y mettent, puisque le tennisman Novak Djokovic a posté une vidéo virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle il danse avec sa fille au son de Bangaranga.
La France n’y échappe pas, puisqu’on a également entendu le titre en clôture du Tournoi International de Paris dimanche dernier, le plus grand événement sportif LGBTQIA+ de France et l’un des principaux d’Europe. De là à ce qu’une chanson bulgare et – surtout – gagnante de l’Eurovision devienne un phénomène estival chez nous…
Essyla, l’autre choix
Grâce à sa prestation sur Dancing On The Ice, Essyla a offert à la Belgique sa première qualification pour la finale de l’Eurovision depuis 2023. Un miracle inespéré pour le plat pays, tant les bookmakers n’étaient pas favorables à l’ancienne participante à The Voice (à laquelle ils donnaient 28% de chances de qualification). Ce qu’on ne savait pas toutefois, c’est que la représentante belge avait également envoyé une deuxième contribution à la RTBF, que le télédiffuseur francophone n’avait finalement pas retenu. Essyla a toutefois partagé un extrait de la démo de cette autre chanson avec laquelle elle aurait pu représenter la Belgique à Vienne.
Moralité de l’histoire : l’édition 2026 aurait pu compter à la fois Regarde ! et Regardez-moi, puisque c’est le titre de la chanson qu’Essyla aurait pu chanter à l’Eurovision 2026. Si le télédiffuseur avait opté pour cette proposition, cela aurait été la première fois que la Belgique chantait en français depuis Nuno Resende en 2005 – on sait le sujet linguistique ô combien sujet de tensions chez nos amis belges… Alors, la RTBF a t-elle fait le bon choix en privilégiant Dancing On The Ice ? Essyla aurait-elle eu de meilleures chances avec Regardez-moi (dont l’intitulé n’est pas sans évoquer Répondez-moi de Gjon’s Tears en 2020) ?
Les eurofans azéris pas contents (et pas que)

C’est le moins qu’on puisse dire : l’Azerbaïdjan traverse actuellement une phase difficile au concours. Pays phare jusqu’au milieu des années 2010, le pays du Caucase connaît actuellement une véritable descente aux Enfers à l’Eurovision. C’est très simple : il n’a plus vu la finale depuis Nadil Rustamli à Turin en 2022 et reste donc sur quatre éliminations consécutives en demi-finale. Mais la cinglante débâcle de Jiva à Vienne est la goutte d’eau pour les eurofans azéris, qui ont manifesté leur colère auprès du télédiffuseur Ictimai. Pour rappel, le pays s’est classé large dernier de sa demi-finale pour la deuxième année consécutive, la représentante azérie n’ayant récolté que deux micro-points des jurys et étant arrivée dernière de la quasi-totalité des télévotes (voir article) !
C’est donc en toute légitimité que les eurofans azéris réclament aujourd’hui du changement. Face à un manque de transparence, une sélection à huis clos et un test des chansons par « focus group » jugés inefficace, ils demandent le retour d’une sélection nationale publique (pour la première fois depuis 2014), une meilleure communication avec les fans et une remise en question du travail mené par la délégation azérie. Pour ce faire, ils ont lancé une pétition sur Change.org, dont le texte intégral et le lien de signature sont disponibles ici. A ce jour, elle a déjà récolté plus de 800 signatures.
Mais les eurofans ne sont pas les seuls à pointer le manque de professionnalisme de la délégation azérie, puisque Nigar Jamal, la gagnante de l’Eurovision 2011 avec Eldar Qasımov, ne s’est pas privée de charger cette dernière, appelant également à un changement.
Une cagnotte pour la Bosnie-Herzégovine

On savait le télédiffuseur bosnien en grande difficulté, mais il semblerait qu’il soit aujourd’hui carrément au bord de la déroute. Les millions de dettes accumulées par la BHRT et l’absence de modèle financier pérenne menacent tellement sa survie qu’elle a été obligée de lancer une campagne de dons en ligne, ouverte jusqu’à la fin de l’année 2026. Le but ? Poursuivre ses missions de service public comme il se doit, elle qui se revendique être un trait d’union entre les différentes communautés du pays. Si la campagne de financement ciblée ne porte pas ses fruits, l’existence du télédiffuseur public bosnien pourrait être menacée comme jamais, tant dans ses missions premières que dans un éventuel retour du pays à l’Eurovision.
Des menaces sur la participation de certains pays ?
Afin d’être éligible à une participation à l’Eurovision, un télédiffuseur doit être indépendant du gouvernement du pays qu’il représente. Si l’UER semble avoir une lecture parfois variable de cette règle, c’est précisément cette dernière qui pourrait toutefois venir remettre en cause la participation de certains pays à l’Eurovision 2027.
En Tchéquie, la réforme de l’audiovisuel public souhaitée par le gouvernement du populiste Andrej Babiš inquiète ainsi l’UER, qui s’en est ouvert dans une lettre publique à ce dernier. L’organisme craint ainsi une remise en cause de l’indépendance du télédiffuseur CT, une baisse de la part des divertissements à rebours des standards du Conseil de l’Europe et une influence politique et gouvernementale sur la programmation.
Israël est également dans le viseur dans l’UER et non directement pour tous les ressorts de sa participation polémique des dernières éditions. Un projet de loi vise à faire passer les finances du télédiffuseur public sous contrôle direct de l’exécutif israélien, ce qui fait craindre à l’organisme européen de radio-télévision une ingérence politique dans les affaires de la KAN. Selon le directeur général de l’UER, qui a écrit au président de la commission des finances de la Knesset (chambre des députés israélienne), cela serait de nature à menacer l’indépendance du télédiffuseur, l’image démocratique d’Israël et à fragiliser sa présence dans les événements internationaux. S’il n’évoque pas le possible impact sur la participation du pays à l’Eurovision, rappelons-nous toutefois que les télédiffuseurs biélorusse et russe avaient été exclus sur un motif de rupture d’indépendance des médias publics vis-à-vis de la politique gouvernementale.
Last But Not Least, mais aucune alerte à ce stade : le contrat entre la BBC et l’UER arrivera à son terme l’année prochaine. De quoi remettre en cause l’appartenance du télédiffuseur britannique au groupement et ainsi la participation de l’un des principaux contributeurs financiers à l’Eurovision ? BBC Studios a de son côté garanti la production de la participation britannique jusqu’en 2028. Et après ? Le Royaume-Uni pourrait-il être tenté de faire son Brexit eurovisionesque vu la floppée de nul point qu’accumule le pays depuis plusieurs années ?
Carnet noir chez les eurostars


Deux anciens participants à l’Eurovision nous ont en effet quitté ces derniers jours.
C’est le 14 mai dernier, jour de la deuxième demi-finale à Vienne (dans laquelle concourrait le Luxembourg) que, tel un dernier clin d’oeil, cette ancienne représentante du Grand-Duché nous a quittés. Figure emblématique de la radio et du petit écran, Sophie Garel est décédée à l’âge de 84 ans. Elle avait participé à l’Eurovision 1968 en duo avec Chris Baldo, où ils avaient interprété la chanson Nous vivrons d’amour, terminant à la 11ème place. Par la suite, elle a très vite abandonné sa carrière de chanteuse éphémère au profit de ses activités d’animatrice radio (principalement sur RTL) et télévisée.
Il avait représenté le Danemark à l’Eurovision 1964, dont il avait terminé à la neuvième place avec la chanson Sangen Om Dig. Bjørn Tidmand nous a quittés le 26 mai dernier à l’âge de 86 ans. A la suite de sa participation au concours, il a mené une carrière de chanteur jusqu’en 2020, tout en ayant été animateur à la télévision dans les années 70 et 80.
Sinon ?
- Qui est la Michelle de la chanson de Noam Bettan ? Alors que certains soupçonnaient qu’il s’agissait de Michelle Rukovitzin, le survivante la plus blessée du 7 octobre, il s’agit en réalité de la compositrice du morceau, Tzlil Klifi, dont le second prénom est Mishel. Une sénatrice libérale australienne s’est d’ailleurs émue en commission parlementaire de l’absence de points de l’Australie à Israël : certaines personnalités politiques n’ont vraiment que ça à faire…
- (Déjà) un candidat pour l’Australie 2027. La transition est toute trouvée puisque, après la quatrième place de la star Delta Goodrem à Vienne, un artiste s’est déjà positionné pour l’année prochaine : Keli Holiday. L’ex membre du duo électro Peking Duk mène depuis 2021 une carrière à solo à succès dans le pays, où son dernier album s’est classé à la troisième place des charts.
- Et si Tea Tairović avait représenté la Serbie à l’Eurovision 2026 ? La star serbe a dévoilé la chanson qu’elle comptait initialement déposer pour le Pesma Za Evroviziju, sans pouvoir le faire dans les temps. Total ? Depuis sa sortie récente, Ritam Balkan rencontre un gros succès dans le pays avec son rythme pop moderne très balkanique dans l’âme, à tel point que de nombreux fans espèrent retrouver la chanteuse dans la sélection serbe en 2027.
- Un changement polémique de sélection pour l’Albanie Junior 2026. La RTSH a annoncé en dernière minute revenir au Junior Fest pour choisir son candidat, alors qu’elle devait utiliser la 64ème édition du Festivali Mbarëkombëtar i Këngës për Fëmijë. Total : les parents des enfants qui postulaient initialement à une sélection nationale qui n’en est plus une sont furieux et envisagent de saisir les autorités compétentes contre un changement qu’ils jugent injuste.
- Macron en mode Eurovision. A l’occasion de sa rencontre avec le Premier Ministre monténégrin, le compte officiel du Président de la République française a publié une vidéo accompagnée de Dobrodošli, le titre avec lequel Nina Žižić avait représenté le Monténégro en 2025. Un clin d’oeil à l’Eurovision, surtout qu’il semblerait que le Président « adore l’Eurovision » (si l’on en croit Gala) et il aurait même enjoint Stéphane Bern « de faire quelque chose » pour disqualifier Måneskin en 2021 suite aux soupçons de consommation de cocaïne dont le groupe avait alors fait l’objet.
Le titre de la semaine
Les enfants pas sages de l’Eurovision se sont réunis pour un trio des plus turbulents ! Käärijä (Finlande 2023 – deuxième), Joost Klein (Pays-Bas 2024 – disqualifié en finale) et Tommy Cash (Estonie 2025 – troisième) s’y sont donc mis à trois pour sortir un EP intitulé The Boyband EP, dont est extrait le titre I Miss Us.
C’est déjà fini pour cette édition du dimanche ! On vous donne rendez-vous dimanche prochain pour le deuxième numéro du « Petit journal de la semaine, le retour ».
Crédits : eurovision-quotidien.com – tous droits réservés









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