Pour finir cette première semaine de « Il était une fois la France », nous allons remonter nos montres et aller vers l’une des toutes premières années d’existence du concours, la troisième pour être précis, et elle est annonciatrice d’une bonne nouvelle puisque la France en a profité pour se distinguer.
1958
En 1958, ce sont surtout des évènements politiques qui font l’actualité en France, et le principal est le retour du général de Gaulle qui a obtenu les pleins pouvoirs pour six mois de l’Assemblée nationale, qui sera suivie par la présentation et la mise en place d’une nouvelle constitution afin d’installer la Ve République. Autre évènement survenu le dernier jour de l’année, c’est la création des ASSEDIC, le système d’assurance chômage. Du côté du cinéma, la France est à l’honneur avec deux prix spéciaux du jury décernés, d’une part, au Festival de Cannes à « Mon oncle » de Jacques Tati et d’autre part, à la Mostra de Venise au film « Les amants » de Louis Malle. À la télévision, une nouvelle série est lancée dont le concept est très original puisque les téléspectateurs doivent eux-mêmes trouver le coupable puisqu’il s’agit d’une série policière, « Les cinq dernières minutes ».
Au niveau chanson, c’est la révélation d’un auteur-compositeur qui fera parler de lui pendant de longues années : il s’agit de Serge Gainsbourg avec son titre Le Poinçonneur des Lilas. Enfin, au niveau sportif, la France monte sur le podium et obtient la 3ᵉ place en Coupe du monde après sa victoire 6-3 face à l’Allemagne de l’Ouest, le meilleur résultat obtenu par les footballeurs français dans cette compétition à cette époque évidemment.
Concernant le concours de l’Eurovision qui a lieu cette année-là à Hilversum, à quelques kilomètres à l’est d’Amsterdam, la France était représentée par André Claveau, un artiste de 47 ans né à Agen avec le titre Dors mon amour. L’interprète a été choisi en interne, mais pas la chanson qui a été sélectionnée parmi cinq contributions. Ce titre a été composé par Hubert Giraud, célèbre compositeur à partir des années 50 et dont deux des plus gros succès sont deux titres pour Nicoletta, « Il est mort le soleil » et « Mamy Blue » L’auteur du texte de Dors mon amour n’est autre que Pierre Delanoë, certainement un des plus grands auteurs français ; il a écrit pour de nombreux artistes dont Dalida, Sylvie Vartan, Michel Sardou et Joe Dassin.
Cette chanson est une douce ballade qui évoque un amour infidèle sous la forme d’une méditation et d’une réflexion autour de la puissance de cette forme d’amour romantique pendant la nuit. André Claveau passera en 3ᵉ position et il aura le bonheur de gagner ce concours de l’Eurovision, le premier pour la France.
Après sa victoire au concours, sa carrière s’arrête rapidement dès 1960 car son style de chansons n’est plus en vogue, le style « yé-yé » étant passé par là.
André Claveau – Dors, mon amour
L’avis de Marie : « C’est une jolie chanson bien adaptée à son époque et très bien chantée par André Claveau, dont la voix grave envoûte l’auditeur. De plus, il est très expressif quand il interprète Dors, mon amour. Concernant la chanson en elle-même, ce n’est pas une ballade extraordinaire mais André Claveau a su la sublimer. Nul doute qu’il a convaincu les jurys par sa prestance, son élégance et sa voix. »
L’avis de Zipo : « Je ne peux pas le nier, c’est une jolie chanson, très douce, romantique à souhait et remarquablement interprétée par un artiste expérimenté. Cependant, cela reste une chanson un peu terne et je l’avoue sans détour, je n’aurais pas du tout parié une victoire pour cette chanson cette année-là : il y avait nettement mieux selon moi, à commencer par ses deux « dauphins » au classement. Mais c’est tout de même une première victoire française et il n’est pas question de la dénigrer ! »
Lorsqu’un pays comme la France cette année-là a gagné le concours, il n’est pas évident de proposer deux chansons qui auraient pu faire aussi bien. Ce n’est d’ailleurs pas notre but principal et si nous y parvenons, ce serait un bonus. Nous essayons tout simplement en proposant respectivement Oh ! La ! La ! d’Henri Genès et La ballade irlandaise de Bourvil de donner une autre direction dans le style musical par rapport à Dors, mon amour sans prétention démesurée.
Henri Genès – Oh ! La ! La !
Marie : « Difficile de faire mieux qu’une victoire au concours. Néanmoins cette chanson avait tout pour faire briller la France avec son titre qui fait partie des mots français les plus connus dans le monde entier. Mais Oh ! La ! La ! Que cette chanson est pétillante et entraînante ! Nul doute, cette chanson met le sourire aux lèvres et apporte une bouffée d’air frais. »
Bourvil – Ballade irlandaise
Zipo : « À n’en pas douter, ce choix va vous surprendre de ma part car Bourvil a interprété plusieurs autres chansons autrement plus joyeuses ou engagées, et c’est justement un peu pour cette raison que Ballade irlandaise a retenu toute mon attention, car ça ne ressemblait pas au style de Bourvil. Et pourtant, c’est un petit bijou de douceur et de poésie auquel je n’ai pas pu résister, moi qui suis plutôt réfractaire à 90 % aux ballades… Mais il reste 10 %, et celle-ci en fait partie car Bourvil prouve qu’il peut sortir du comique et de l’humour avec talent et je voulais absolument le mettre en avant. »
Maintenant, chères lectrices et chers lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous auriez préférée voir au concours Eurovision en 1958 parmi ces trois chansons : soit une des deux proposées par nos soins, soit tout simplement celle qui a été officiellement en compétition.
Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française, que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1958. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.
Crédit photographique : EAQ / Vidéos YouTube









La chanson représentant la France en 1958 a été mise en concurrence avec 2 autres interprétées par des acteurs qui ont une filmographie commune dont le corniaud. Quand Bourvil a appris que Louis De Funès s’ est servi de lui pour acheminé de Naples à Bordeaux une Cadillac comprenant de la drogue et des bijoux volés qui ont été perdu avant la frontière, il a quand même accepter de mener sa mission jusqu’ au bout mais avec l’ assistance d’ un ami gendarme à Carcassonne joué par Henri Genès.
« dors mon amour » n’ aurait aucune chance de gagner depuis l’ an 2000.
Je connais peu de chansons sorties en 1958. Je suis né en 1976. J’ ai trouvé sur Wikipédia « le poiçonneur des Lilas » de Serge Gainsbourg, « mon manège à moi » d’ Edith Piaf, « hello, le soleil brille » d’ Annie Cordy qui est une version française de la bande originale du film « le pont sur la rivière Kwai », « faut rigoler » d’ Henri Salvador, « si tu vas à Rio » de Dario Moreno et « l’ eau vive » de Guy Béart.
– Là aussi, c’est une pure coïncidence.
– Moi aussi je suis né en 1976 mais je me suis intéressé plus tard aux chansons des années précédentes.
Au moins 2 points communs: né en 1976 et passionnés des trains et de l’ eurovisions. Si nous habitions la même ville, nous serions dans la même école, voire la même classe et nous aurions pu occupés nos journées de repos scolaires ensemble selon la météo: voir les trains en gare ou le long d’ une ligne ferroviaire si la météo est bonne sinon l’ un invite l’ autre à jouer au train électrique.
J’ ai envoyé aujourd’hui des commentaires sur les messages de la semaine, mes occupations professionnelles ne me permettaient pas de le faire avant.
– Tout à fait : c’était une de mes occupations favorites (jusqu’à 12 ans, j’habitais très près de la gare de Nice) et les trains électriques, j’adore ça.
– Merci de me le préciser car souvent, je n’ai pas le temps de revenir en arrière ou je n’y pense pas.
Une jolie chanson (qui n’est pas ma préférée cette année-là) en élégance et superbement interprétée. Mais déjà surannée même en 1958 : le rock avait déjà déboulé sur la planète. Hélas, l’Eurovision a mis un peu de temps à se moderniser et capter l’air du temps.
C’est cependant une victoire digne qui peut nous rendre fier.
– Je suis absolument d’accord avec l’ensemble de tes commentaires, dont je trouve qu’ils correspondent parfaitement au ressenti de cette chanson. Ça pourra d’ailleurs s’appliquer à quelques autres chansons dans les semaines à venir.
Arf ! je n’avais même pas un an à l’époque… Le problème c’est que mon jugement a été forgé par les critiques maternelles envers ce chanteur dont elle n’aimait pas la diction surfaite, les manières enjôleuses et un charisme oublié au vestiaire…
Ceci mis à part, je ne suis pas fan de cette chanson et évidemment j’ai en revanche gardé le souvenir de « Nel blu dipinto di blu » (pas pour la version des Gipsy Kings qui – à mon goût – ont dénaturé cette chanson).
Dans les deux chansons proposées en challenge, ma préférence va sans hésitation vers la superbe « Ballade irlandaise » de Bourvil. Tout me plait dans cette chanson : la mélodie délicate, la mélancolie des paroles, le timbre de voix de Bourvil qui colle si bien à l’ambiance nostalgique et presque désabusée de la chanson… 3 ans plus tard Bourvil récidivera avec « C’était bien » (plus connu sous l’appellation « Le p’tit bal perdu »…
En 1958 on pouvait écouter des artistes qu’on appelle aujourd’hui des « grands de la chanson française » :
Barbara – « Les amis de monsieur »,
Edith Piaf – « Mon manège à moi » ou « La foule »,
Line Renaud – « Que sera sera »,
Dalida dont le titre « Histoire d’un amour » est ressorti il y a quelques mois pour illustrer une publicité télé…
Pour répondre à la thématique de cette série j’avais d’abord pensé à « Si tu vas à Rio » chanté par Dario Moreno… Et je me demande bien quel aurait été le résultat d’une confrontation avec Domenico Modugno !
Mais mon choix se porte finalement sur « Le piano de la plage » de Charles Trenet, parce que comme souvent chez lui, la tristesse désabusée se cache derrière le swing de la mélodie et la voix ensoleillée de l’interprète…
https://youtu.be/4dy2C5YWAQo?si=MdUUUNFIxFlrgEqJ
– Je sais : ça ne rajeunit pas et je suppose que pour beaucoup de jeunes lecteurs, c’est un illustre inconnu, mais j’espère que cette rubrique aura permis de découvrir cette chanson.
– La coïncidence sera sans doute exceptionnelle, mais tu as fait le même choix que Pauline.
Cher ZIPO
La chanson d’André CLAVEAU parait désuète de nos jours et ce qu’on retient de cette édition, c’est le triomphe de Volare repris maintes fois, notamment par les Gipsy Kings et Dean Martin et en France par Tino Rossi.
Tu as misé pile sur ma chanson préférée de 1958 : « La ballade irlandaise » de Bourvil et cité « Le poinconneur des lilas » repris par mon idole.
Aussi, je pense à « Mon manège à moi » repris par ETIENNE DAHO, « L’eau vive » qui a servi de générique au film éponyme, « Faut rigoler »,
« Les gitans » et finalement mon choix se porte sur https://youtu.be/m-JiizkkXtE?si=FAthbKZZjgBOQu7q.
– De nos jours et même bien avant, cette chanson n’était pas des plus modernes, mais il n’y avait rien à lui reprocher de fondamental. Il faut simplement se souvenir que c’était la première victoire de la France.
– J’aime beaucoup cette chanson de Charles Trénet.