Après la Finlande, Loreen passe au Danemark ! Vous avez suivi en son temps, les demi-finales radio. Ce samedi, place à la grande finale télévisée. Dans l’attente, confrontons nos opinions au sujet de ses participants et de leur chanson.

LOREEN

Débutons, comme à notre habitude, par les Loreen, qui reflètent mon avis personnel. Si vous différez en la matière, exprimez-vous dans les commentaires.

Loreen est en terrain connu. Comme toujours, elle a cherché une mauvaise chanson parmi ces dix propositions. Elle n’en a trouvé aucune. Elle a ensuite cherché une chanson susceptible de se démarquer des autres. Elle n’en a pas trouvé non plus. Du coup, elle a inventé un nouveau mot.

ChansonsCommentairesLoreen
Ben & Tan – Yes Une bulle pop, primesautière, bien produite, bien interprétée. Une proposition très danoise en soi, mais réussie. Le “say yes” du refrain se retient sur le champ. Le morceau est joyeux, entraînant et positif. Aucune surprise ici et c’est le principal reproche à adresser à Ben et à Tan. Leur Yes manque d’originalité. Mais s’ils sont choisis, ils trouveront à coup sûr leur public en mai prochain.
Benjamin Kissi – Faith Un morceau qui débute fort et promet beaucoup. L’on espère enfin une proposition danoise différente, marquante. Hélas, ces promesses ne se réalisent pas. Les couplets sont agréables, mais le refrain est répétitif, redondant et déjà entendu. Au final, une bonne proposition qui se défendrait honorablement à l’Eurovision. Avec plus d’audace et de prise de risque, Benjamin aurait atteint la perfection eurovisionesque.
Emil – Ville ønske jeg havde kendt dig Avec cette proposition dano-danoise en danois, Emil enfonce toutes les portes ouvertes d’une sélection danoise ronronnante. Sa chanson est mélodieuse, légère et sans aucune aspérité. Elle s’écoule doucettement durant trois minutes. L’on imagine facilement sa transposition sur la scène du DMGP. Transposition qui n’apportera rien de particulier à un morceau pour lequel il convient de forger un nouveau néologisme : une “danoiserie”, soit un morceau pop, lisse et conventiel, écrit par un Danois pour l’Eurovision avec la ferme intention de n’effrayer personne, mais qui manque son but en n’émouvant nullement.
Isam B – Bølger Danoiserie, je chante ton nom ! Isam s’en donne ici à coeur joie dans ce genre nouvellement identifié. Il nous chante une petite chanson en danois, une ballade à la guitare et au piano, bourrée de bons sentiments et de douceur glucosée. Insensiblement, il nous enfonce dans les marais profonds de l’insignifiance. Trois minutes plus tard, l’on a passé un bon moment et l’on est fin prêt à voter… pour n’importe qui d’autre de plus marquant.
Jamie Talbot – Bye Bye Heaven Ces trois minutes en compagnie de Jamie m’auront été longuettes. BBH est une autre ballade sympathique et convenue, dépourvue de défauts et de qualités particulières. Un verre d’eau tiède, translucide et insipide, bien qu’agréable. Une proposition typique d’une sélection danoise, qui se distingue peu des autres, sans offenser les oreilles, ni la musique, mais qui passerait inaperçue à Rotterdam.
Jasmin Rose feat. RoxorLoops – Human Pas de danoiserie ici. Plutôt un titre électro-pop de bonne facture, agrémenté de quelques sonorités orientales. Le tout renvoie aux meilleures productions actuelles des DJs en vogue. Cela évoque Tomorrowland et ces festivals électro de l’été. Human ne possède pas une profondeur émotionnelle abyssale, mais offre trois minutes réussies de danse et d’insouciance. Parfois, il n’en faut pas plus au Concours. Un choix intéressant, à réexaminer dans les conditions du direct.
Kenny Duerlund – Forget It All Retour à la case “danoiserie”. L’introduction laisse espérer un morceau plus rock, plus roots. Mais arrivé au refrain, FIA regagne le cadre limité et limitatif des propositions sériées et manufacturées du DMGP. Le talent et les idées sont là, mais la prise de risque est nulle. Le résultat final est bien produit et se tient musicalement. Hélas, il reste transparent et oubliable. Un bon morceau d’album ou de playlist en ligne. Une proposition moins convaincante pour l’Eurovision.
Maja & De Sarte Sjæle – Den eneste goth i Vejle Retour vers le futur des années 90 avec Maja. DegiV sonne à mes oreilles comme un morceau de cette décennie à nul autre pareil. À mi-chemin entre la Britpop et Lene Marlin. Le résultat final est réussi et donne envie de ressortir ses chemises à carreau et ses palladiums. Reste malgré tout une sensation troublante : oui, il s’agit d’une proposition que l’on écoute et réécoute avec plaisir. Oui, cela pourrait être un bon choix pour Rotterdam. Mais oui, c’est musicalement hors de son époque.
Sander Sanchez – Screens L’on revient dans les eaux tièdes des danoiseries traditionnelles. Screens est une bonne chanson, bien produite, créée en pensant trop fort au DMGP et à la crainte d’heurter un quelconque téléspectateur, quel que soit son âge, son sexe, son origine et sa culture. Fatalement, le résultat est artistiquement timide et s’apparente à une agréable musique de fond radiophonique. Cela s’écoute sans trop y penser et s’oublie presqu’aussitôt.
Sys Bjerre – Honestly Une chanson dont les violons introductifs retiennent l’attention. Les couplets sont timides, mais le refrain se mémorise à première écoute et se fredonne en balançant la tête de gauche à droite. Le résultat est réussi, mais n’affolera pas le compteur général de l’audace. Sys nous offre une danoiserie, certes, mais une danoiserie plus réussie que toutes les autres présentées cette année. Au bout de trois minutes, il finit pas se dégager une certaine poésie et une jolie délicatesse de cette chanson. Sa conclusion nous laisse sous le charme. Un bon choix potentiel.

Au DMGP, le plus difficile est toujours de choisir, tant les propositions s’y ressemblent. Les versions studio renforcent cette difficulté et rendent ces Loreen, périlleuses à attribuer. Avec le visuel, la mise en scène et les prestations vocales en direct, les jugements s’affineront.

En l’état actuel, nos amis Danois ne pourront mal choisir. Ils devront cependant être raisonnables quant à leurs espoirs pour l’Eurovision 2020. Leur qualification en finale se jouera à nouveau au point près.

Quant à moi, j’hésite, fatalement. Pour la superfinale, je qualifierais a priori Ben & Tan, Jasmin Rose et Sys Bjerre. Ensuite, je m’en laverais les mains. Que nos amis Danois choisissent en âme et conscience et rendez-vous l’an prochain avec, je l’espère, moins de danoiseries et plus d’originalité.

SONDAGE

À votre tour à présent de vous exprimer ! Donnez-nous votre avis.

Sur ce, rendez-vous samedi pour la grande finale !

Crédits photographiques – DR