Aujourd’hui était la journée la plus longue de ces deux semaines de répétitions. 16 chansons en répétitions individuelles, c’est du jamais vu !

[pullquote align=”left|center|right” textalign=”left|center|right” width=”30%”]La journée a débuté par la traditionnelle conférence de presse de l’UER et de la télévision hôte du Concours.[/pullquote]

emmelie-de-forest2On y a appris plein de choses. D’abord que la première demi-finale va s’ouvrir sur « Only Teardrops » chantée par une chorale représentant des chanteurs de toute l’Europe, et qu’Emmelie chantera dans cette même demi-finale. On apprend aussi qu’il y aura un fil rouge sur les records à l’Eurovision.

L’UER nous apprend que les pays qui ont décliné l’offre de venir chanter à Copenhague cette année vont tous retransmettre la finale. On a donc bon espoir de les voir revenir très prochainement.

On sait aussi que le Canada et la Nouvelle Zélande vont retransmettre le Concours pour la première fois.

Gagner l’Eurovision signifie l’organiser l’année suivante… mais un pays gagnant ne pourra pas organiser l’Eurovision s’il ne donne pas de garanties sur la sécurité et la liberté de la presse.

On a aussi demandé à 5 pays de changer les jurys. Enfin, à l’issu de la compétition, le détail des votes (jury et télévote) sera disponible sur le site eurovision.tv, de même que le vote individuel de chaque juge.

Enfin, l’UER travaille sur les 60 ans de l’Eurovision. Déjà, NDR s’est proposée d’organiser le spectacle à Berlin. A l’étude donc.

[pullquote align=”left|center|right” textalign=”left|center|right” width=”30%”]Place ensuite aux répétitions.[/pullquote]

Aram MP3 étudie la théorie du big bang dans un show hallucinant. Il évolue dans l’univers calme… et tout explose derrière lui au moment de passer au dubstep. Vocalement impeccable et plus que jamais candidat à la victoire finale.

Les lettons Aarzemnieki proposent une chanson censée nous mettre de bonne humeur. C’est à la fois réussi et à la fois raté. Réussi parce qu’effectivement, le ton donné est jovial comparé à la dramatique (dans le bon sens) interprétation d’Aram précédemment. Mais l’ensemble fait amateur sur scène.  Et ça ne bouge pas beaucoup non plus. Heureusement qu’à un moment donné, le leader se rend sur le catwalk accompagné de son acolyte.  Dans l’ensemble, on se retrouve avec une chanson et une prestation « bon enfant » et ça plait.


tanja repet2Tanja
, de son côté, évolue dans un décor qui représente (enfin je pense) une salle de danse new-yorkaise. Pourquoi new-yorkaise ? Je ne sais pas, c’est juste une impression, ça me fait penser à Fame. Pareille à elle-même, la chanteuse estonienne d’origine russe se donne à fond pour une finale assurée… à condition qu’elle ne perde pas son micro comme lors de la deuxième exécution aujourd’hui.

Non, Céline Dion ne s’est pas teint les cheveux. C’est bien Sanna Nielsen qui chante pour la Suède. Une Sanna qui cette fois n’est pas frileuse puisqu’elle porte une robe noire courte qui, je trouve, la met assez mal à l’aise. Une robe longue lui conviendrait mieux, mais bon, je ne suis pas non plus un spécialiste de la mode. Les spots de lumières sont l’accessoire principal de cette chanson, à nouveau interprétée sans faute par la suédoise. Une qualification certaine, mais pas une victoire certaine pour autant.

Après la Suède… l’Islande et le choc des cultures qui risque de surprendre le téléspectateur. Avec les Pollapönk on passe à une composition rythmée et très colorée avec un groupe qui sait se tenir sur scène (on pouvait penser qu’avec ce style de musique, ils feraient un peu plus les fous et utiliseraient le catwalk, mais non…) Difficile de pronostiquer une qualification.

Hersi, juchée sur une plateforme pouvant représenter la proue d’un navire, est vêtue d’une robe couleur or. Mais si la plateforme est une proue de navire et que la scène représente l’océan, cela veut dire que le bateau coule ( !). Mauvais présage pour l’Albanie ? Pas forcément, car Hersi vend tellement bien sa chanson que j’en arrive même à l’apprécier.

Si la proue du navire albanais était bien ancrée au sol, la balance des jumelles russes nous donne un peu le mal de mer. Les sœurs Tolmachevy débutent leur chanson comme des siamoises, dos à dos et queues de cheval à queue de cheval. Puis elle vont chacune en bout de balance et ça monte, et ça descend. Et ça remonte, et ça redescend. Mais le ridicule arrive lorsque Rui Andrade vient transformer la balance en soleil et là, on tombe bien bas. Amis portugais, ne votez pas pour la Russie sous prétexte qu’un chanteur de votre pays est impliqué. Parce que réduire Rui Andrade à un simple accessoiriste, ce n’est pas lui rendre hommage. Ah, j’oubliais, mais Antoine vient de me le faire remarquer : niveau vocal pour les soeurs, c’est pas bon non plus.


dilara repet2Dilara
nous offre une des plus belles et plus touchantes chansons de cette première demi-finale et pour le coup, l’Azerbaïdjan mérite le top 10 qu’il a toujours obtenu, mais pas toujours mérité, depuis sa première participation.  Dilara porte une robe rouge magnifique et je trouve qu’il émane de cette chanteuse une élégance naturelle. La trapéziste n’était pas forcément nécessaire, mais ce petit accessoire fait moins cheap que la balance russe se transformant en soleil par les bras musclés d’un chanteur portugais.

On pourrait faire une thèse sur l’Ukraine cette année. On pourrait la baptiser : « l’Ukraine à l’Eurovision ou l’art de faire oublier une chanson banale par un visuel digne du grand cabaret de Sébastien ». Parce que c’est justement ça l’Ukraine. On nous met un mec super beau dans une roue de hamster, on lui fait faire des trucs super durs, ça nous émoustille les yeux et ça nous fait oublier le Tick-Tock qui devrait pourtant être une priorité vu qu’il s’agit d’un concours de chanson. Tout le monde a été impressionné par la démonstration ukrainienne. Moi je dis : une soupe, même bien assaisonnée, ça reste une soupe. Politiquement parlant, l’Ukraine a des chances de gagner l’Eurovision. Musicalement parlant, c’est autre chose. Mais de toute façon, impossible de ne pas voir Mariya et la roue de hamster terminer dans le Top 10 samedi prochain.

Bon, on retire la roue, et à la place du super beau mec bien foutu, on a une danseuse jouant le rôle de la maman d’Axel. C’est moins glamour, ça c’est sûr. Mais force est de constater que notre ami belge est vocalement très bon et que cette fois, c’est bien sur la chanson qu’on se focalise, et non pas sur l’épluchure. Rien que pour ça, je mettrai déjà Axel Hirsoux bien au dessus de certaines contributions de cette année.

Tout est dramatique dans la contribution moldave. De la voix grave de Cristina, au danseurs à jupettes jaunes, en passant par le décor tortueux, on en vient à se demander si l’enfer ressemble à ça ! Bon, on va positiver sur la voix sans fausse note de l’artiste et sa forte présence sur scène.

Non, finalement, l’enfer, c’est peut-être ce ridicule coquillage qui gâche la vue du superbe décor que la télévision danoise a mis en place. En le voyant, on n’a qu’une envie, c’est qu’il se referme définitivement sur “la perle” qui se trouve à l’intérieur, engloutissant par la même occasion les choristes ringards qui battent la mesure avec leur coude, comme on le faisait en 1978. Mais bon, le coquillage reste ouvert sur une Valentina qui vocalement se débrouille bien. Au bout de la troisième année consécutive, c’était la moindre des choses. Définitivement, Saint-Marin est en concurrence avec la Russie pour gagner le Grand Prix Eurovision de l’accessoire le plus moche. C’est la seule chose que Saint-Marin risque de gagner cette année.

portugal repet2Ce qui est formidable avec le Portugal, c’est que dans chacune des contributions de ce pays, il y a toujours une signature qui permet de savoir précisément que c’est le Portugal qui chante : le type de chanson, la langue et aussi le décor souvent empreint de vert et de rouge. Cette année, toutes ces caractéristiques sont réunis. Suzy, robe moulante noire pailletée d’argent, cheveux au vent et rouge à lèvres peu discret, semble à l’aise sur scène. Vocalement, il y a mieux dans cette Eurovision. C’est même assez faible de ce côté là. Sinon, on s’amuse bien sur scène, les tambours-danseurs sont mignons, les choristes danseuses sont sympas. Mais bon, l’histoire de la soupe assaisonnée, je l’ai déjà servi.

Après s’être bien amusés, on revient avec une chanson “pour les grands”, celle des Pays-Bas. Ambiance black and white pour les Common Linnets, avec de très jolis tableaux, où l’on peut voir notamment des oiseaux (hommage à Anouk ?). On a dit de cette chanson qu’elle n’était pas construite pour l’Eurovision, qu’elle était assez répétitive etc. Mais bon sang que ça fait du bien d’écouter quelque chose d’aussi pro ! Car pros, nos deux amis le sont. Sérieux, l’Eurovision mérite une chanson comme celle-là dans sa finale.

Bon, si la chanson du Monténégro parlait d’une petite fille qui rêvait de devenir championne olympique de patinage artistique, on comprendrait mieux le scénario. Mais ce n’est pas le cas, et on ne comprend pas ce que fait cette jeune fille en patin sur la scène de Copenhague. Affublée d’une robe à volants, elle est la touche kitsch dont cette chanson se serait bien passée. Niveau vocal, Sergej est un pro de chez pro. Nous avons un bon chanteur, une chanson pas mauvaise du tout… et pourtant j’ai toujours cette sensation bizarre qu’il manque quelque chose pour en faire une grande et belle ballade ethnique. J’espère tout de même la voir en finale.

On termine le marathon d’aujourd’hui avec la Hongrie. Pour moi, incontestablement, Kallay-Saunders est plus que jamais candidat à la victoire. Il lui a fallut cependant deux exécutions pour être vraiment à l’aise sur scène. L’ensemble est très bon. Le décor est une ville by night et à la fin de la chanson, nous avons droit à une explosion de feu. Et la chanson est un hit potentiel. Que demander de plus ?…

Voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Demain, on remet le couvert, on vous servira quelques soupes assaisonnées à n’en pas douter, mais aussi d’autres très bons petits plats.

Grâce à la playlist d’eurovision.tv, vous avez de quoi passer une bonne soirée et vous faire votre propre opinion de cette première demi-finale.