Alors que les répétitions ont démarré hier sur la scène du Wiener Stadthalle, la rédaction continue de rencontrer les candidats de l’Eurovision 2026. Aujourd’hui, c’est la représentante luxembourgeoise, Eva Marija, qu’on retrouve en interview !
C’était l’une des favorites du Luxembourg Song Contest et elle n’a pas fait mentir les pronostics, puisqu’elle a remporté haut la main la sélection nationale du Grand-Duché en janvier dernier. Du haut de ses vingt ans, Eva Marija – née à Luxembourg et d’origine slovène – participe à l’Eurovision 2026 avec la chanson Mother Nature, co-écrite et composée par Eva Marija, Maria Broberg, Thomas Stengaard et Julie Aagaard. Elle tentera de séduire l’Europe au son d’un rythme pop-folk doux et poétique, qui n’est pas sans évoquer Birdy dans le style. À noter que c’est d’ailleurs la première fois que le Luxembourg chantera intégralement en anglais depuis son retour en 2024 et dans son histoire au concours tout court !
Après Tali (2024) et Laura Thorn (2025), Eva Marija offrira t-elle une troisième finale consécutive à son pays sur la scène de l’Eurovision 2026 ? Dans l’attente, la jeune artiste s’est livrée à Rémi sur ses impressions du moment, dans une interview qui mélange le français et l’anglais ! À découvrir ci-dessous en vidéo (sur notre chaîne YouTube) et à l’écrit.
L’Eurovision au Quotidien – Comment te présenterais-tu aux français qui ne te connaissent pas forcément ?
Eva Marija – Salut tout le monde ! Je m’appelle Eva Maria et je représente le Luxembourg cette année à l’Eurovision avec ma chanson Mother Nature.
Pourquoi as-tu décidé de participer au Luxembourg Song Contest ?
Je ne suis peut-être pas une artiste professionnelle mais, depuis petite, la musique est quelque chose que j’aime vraiment beaucoup. C’est désormais une partie de moi. J’aime écrire des chansons et je pense que la scène est un espace où je peux être totalement moi, où je n’ai pas de peur. Je peux y exprimer mes émotions et c’est parfois plus facile de la faire avec une chanson plutôt que de parler. Voilà la première raison de ma participation. La deuxième, c’est que le Luxembourg est peut-être un petit pays, mais il y a vraiment de très bons talents. (Elle passe à l’anglais) La scène musicale luxembourgeoise est très cool, mais c’est bien qu’on puisse montrer notre talent et présenter notre chanson sur une plateforme internationale. J’ai pensé que je pouvais essayer et que je verrais si ça allait marcher. Si on n’essaie pas, on ne sait pas ce qu’on va pouvoir faire. Et ça a marché !
L’Eurovision, c’est un programme que tu regardes d’habitude ? Quels sont tes meilleurs souvenirs du concours ?
J’ai beaucoup de chansons préférées, mais celle qui m’a inspiré le plus, c’est la chanson d’Alexander Rybak en 2009, lorsqu’il a gagné pour Norvège. J’avais trois ans, j’étais vraiment petite, mais j’étais tombée amoureuses de lui. Je trouvais ça chouette qu’il puisse chanter et jouer du violon en même temps, et je voulais faire la même chose. J’ai donc demandé à mes parents si je pouvais jouer du violon et c’est à ce moment-là que je suis tombée amoureuse de la musique et que j’ai voulu en faire. Cela me fait d’ailleurs quelque chose de spécial de faire partie de cet univers avec mon violon et ma voix, que je puisse faire les deux en même temps avec ma chanson et mon son.
À Vienne, tu vas interpréter la chanson Mother Nature. Comment a été créée cette chanson ?
Elle a été écrite lors d’un camp d’écriture à la Rockhal. C’est d’ailleurs là que s’est déroulé le Luxembourg Song Contest. Un camp d’écriture, ce sont quelques jours consacrés à l’écriture durant lesquels on rencontre une nouvelle équipe chaque jour. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Julie Aagaard, Thomas Stengaard et Maria Broberg, les co-auteurs de Mother Nature. Il y a eu une véritable synergie entre nous. Ce camp d’écriture était destiné à l’Eurovision : chaque jour, on écrit une nouvelle chanson qui pourrait potentiellement être utilisée pour l’Eurovision. Je me souviens juste de les avoir rencontrés et cela m’a semblé si spécial. L’ambiance et l’énergie étaient étaient si particulières. J’avais juste l’impression de pouvoir m’ouvrir sur ce que je ressentais à ce moment-là. Il se passait beaucoup de choses folles dans ma vie personnelle et dans ma vie d’artiste. Le simple fait de pouvoir potentiellement participer à l’Eurovision était assez fou. Je me souviens juste de leur avoir dit que, pour moi, c’était vraiment important de garder les pieds sur terre à ce moment-là et de rester fidèle à qui je suis. C’est vraiment le thème central de la chanson. Bien sûr, elle parle de la nature, ce qui, je pense, est un excellent élément en lien avec le message de la chanson. La nature est vraiment présente partout où nous allons. Chaque pays, chaque culture a sa nature, et c’est ce qui nous unit, en fait. C’est aussi un endroit où l’on peut toujours se rendre pour se recentrer, et qu’il ne faut pas oublier. Il y a quelque chose dans les feuilles et les arbres qui nous aide à garder les pieds sur terre. C’est aussi un endroit où j’aime me rendre personnellement chaque fois que j’ai envie de réfléchir à la vie.
Comme tu le soulignes, la chanson est un hymne à la nature. En ce moment, on parle énormément des questions environnementales, de la préservation et de la protection de la planète. Est-tu sensible à ces thèmes ? Les prends-tu en compte dans ta vie quotidienne ?
Bien sûr. Je pense que c’est non seulement un sujet d’actualité, mais que cela fait plusieurs années qu’il dure. J’attire l’attention sur le fait que nous n’avons qu’une seule planète. Bien sûr, il y a une galaxie de planètes, mais nous n’avons qu’une planète où nous, les êtres humains vivons, et il est important d’en prendre soin. On ne peut pas vivre sans elle. La nature et la Terre forment le coeur de notre écosystème. Quand j’ai écrit la chanson, j’y ai également pensé de manière très métaphorique. Peu importe où l’on se rend physiquement, la nature est toujours une chose sur laquelle on peut compter tant qu’on en prend soin, qu’on en est conscient et qu’on ne la détruit pas. Je ne veux pas voir une ville sans arbre et sans herbe. J’espère que cela ira et qu’on en prendra soin.
Était-ce naturel pour toi de te diriger vers ce style musical pour l’Eurovision ?
Cela s’est fait naturellement pendant le processus d’écriture, quand on l’a composée. Tout d’abord, j’adore le folklore et je trouve que cette chanson comporte plein d’éléments de folklore vraiment sympas. Je ne suis pas dans l’industrie musicale depuis très longtemps et, avant Mother Nature, j’écrivais plutôt des chansons pour le plaisir. J’expérimentais, je cherchais mon style et je pense que Mother Nature a vraiment mis en lumière le fait que je voulais écrire quelque chose dans ce style. J’aime ce genre de pop folk teintée d’une touche moderne, où il y a aussi les éléments folkloriques du violon. je tenais vraiment à ce que mon violon fasse partie de l’ensemble. Quand je suis entrée dans le camp, j’étais ouverte à l’expérimentation et à essayer de nouvelles choses, mais le violon devait absolument en faire partie. J’ai réalité que, pour l’avenir, j’aimerais vraiment le garder. En plus, je trouve qu’il va bien avec la chanson, qui parle aussi du fait de rester connecté à ses racines. Or, le violon fait partie de mes racines.
Le violon occupe une place importante dans la chanson. Comment décrirais-tu la relation que tu entretiens avec ton violon dans ta musique et dans ta vie ?
C’est mon premier instrument. Je joue du violon depuis presque toujours. J’ai vingt ans aujourd’hui et j’ai commencé à en jouer à l’âge de trois ans. Il m’a donc vraiment accompagné à travers différentes étapes jusqu’à présent et j’espère que cela continuera. Je pense qu’il forme une partie de moi et le fait de l’emporter avec moi sur la scène de l’Eurovision m’apporte beaucoup de sérénité. J’ai l’impression que, quand il est avec moi, je me sens beaucoup plus calme et ancrée. C’est comme mon refuge. Il réunit aussi mes deux cultures. J’ai commencé à jouer du violon ici, au Luxembourg. C’est ici que j’ai suivi toute ma formation de violoniste. J’y ai assisté à mon premier concert de violon, j’y ai passé mon premier examen et j’y ai donné mon premier récital. Pareil pour le chant, avec mes propres chansons. J’ai donné mes premiers concerts ici. Ce violon est mon premier de taille normale, je l’ai eu quand j’avais douze ans. Il a été fabriqué par un luthier slovène et mes parents sont slovènes. J’ai donc l’impression que c’est une bonne façon d’emporter avec moi mes deux cultures sur scène.
Peux-tu nous en dire davantage sur la scénographie que tu proposeras à Vienne ?
Je ne peux pas trop en dire. Ce sera une ambiance similaire à celle qu’on avait lors de la finale nationale, mais en mieux et en plus intense pour une scène plus grande. Cela fait quelques mois déjà depuis janvier, Mother Nature a évolué et grandi, et j’ai grandi en tant que personne. On voulait que cela se reflète dans la mise en scène. Je n’aurai pas de danseurs : mon violon est mon danseur. Mais il y aura des effets spéciaux sympas.
Tu t’envoles pour Vienne ce dimanche. Quel est ton état d’esprit à quelques jours du départ ? (L’interview a été réalisée le 29 avril, NDLR)
Je suis enthousiaste. Je suis heureuse. Je dois avouer que je me sens un peu fatiguée, la semaine dernière a été bien remplie. Je suis donc prête à profiter de mes deux jours de repos avant de partir pour Vienne, c’est-à-dire vendredi et samedi, juste pour recharger mes batteries. En ce qui concerne ma chorégraphie et mes répétitions, je pense que tout est bien ancré dans mon esprit. Il ne reste plus qu’à mettre tout ça en place et à tout assembler sur la grande scène, avec les effets visuels aussi. On verra bien.
As-tu des attentes par rapport à ton aventure à l’Eurovision ?
Bonne question. Je pense que c’est important pour moi. Je sais ce qui relève de mon contrôle : c’est d’être bien préparée. Mais ce que j’aimerais surtout retenir de tout cela, c’est que je peux être moi-même, être authentique et vraiment moi-même à 100 %, à savoir la personne aimante que je suis. Que je peux chanter et jouer avec mon cœur, et créer un lien avec le public. Si j’y parviens, c’est une victoire pour moi. Le reste, ce qui concerne les votes, cela ne dépend pas de moi. Je ne peux pas décider de ce que les gens ressentiront ce soir-là. Mais j’espère que si quelqu’un peut retenir quelque chose de ma prestation, c’est qu’il se sente un peu plus léger, un peu plus optimiste et qu’il continue de croire qu’il y a des artistes et des musiciens qui portent cette lumière positive.
Je suppose que tu as écouté les chansons en lice pour l’Eurovision 2026. As-tu des favorites et quelles sont-elles ?
Je n’ai pas vraiment de chanson préférée. Je dirais que chaque chanson de cette année a sa propre vie et que toutes apportent quelque chose de spécial. Il y en a plusieurs que j’aime vraiment beaucoup. Mais je pense que celle qui me touche le plus, peut-être à cause des instruments, c’est celle Liekinheitin pour la Finlande. Je trouve ça cool qu’une autre violoniste fasse partie de ce projet, surtout parce que nous apportons toutes les deux notre propre ambiance et notre propre énergie. Je m’oriente davantage vers une ambiance folk féérique, tandis qu’elle apporte une touche plus dramatique, et je suis tellement heureuse que les gens puissent voir cette année que les violons sont variés. J’aurais encore beaucoup à dire, mais je pense que je vais opter pour celle-ci à cause du violon.
Nous retrouverons la représentante luxembourgeoise, Eva Marija, lors de la demi-finale 2 le jeudi 14 mai. Elle y chantera Mother Nature en 4ème position, entre la Roumanie et la Tchéquie. Amis et voisins français, notez que vous pourrez voter dans cette demi-finale !
Un grand merci à Eva pour nous avoir accordé cette interview à quelques jours de son départ pour Vienne et à Jeff Spielmann, directeur des programmes de RTL Luxembourg et responsable médias pour la délégation luxembourgeoise à l’Eurovision.
Crédits image : UER









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