Pour la troisième fois, le concours de l’Eurovision a lieu en Irlande, plus précisément à Dublin, après la deuxième victoire historique de Johnny Logan. La France se présente après trois années assez moyennes sans être catastrophiques avec un chanteur très confirmé, mais le résultat final n’aura pas été à la hauteur.

Quelques évènements marquants vont jalonner l’année 1988 en France : par exemple, la réélection du président François Mitterrand, la libération des otages détenus au Liban depuis plus de trois ans, la création du RMI (revenu minimum d’insertion), l’inauguration du pont payant de l’île de Ré et le drame à la gare de Lyon à Paris avec deux trains qui se percutent et faisant 56 morts. Au cinéma, ce sont deux films en partie français qui ont été au sommet au niveau des entrées, Le Grand bleu et L’Ours ; concernant la musique, deux albums français ont réussi à obtenir un disque de diamant, celui de Mylène Farmer (Ainsi soit-je) et celui de Patricia Kaas (Mademoiselle chante). Enfin, le sport français se distingue aux Jeux olympiques d’été à Séoul avec seize médailles gagnées, dont six en or.

Pour le concours de l’Eurovision, la France a recours à une sélection interne et c’est Gérard Lenorman, un artiste confirmé et très apprécié, qui a été choisi pour aller à Dublin, avec une chanson dont le titre est Chanteur de charme. Elle a été écrite et composée par lui-même avec la collaboration de Claude Lemesle, auteurs d’innombrables succès pour des chanteurs français de renom comme Isabelle Aubret, Mireille Mathieu, Serge Reggiani, Michel Sardou et bien d’autres.

Le thème de la chanson a un lien direct avec son titre puisque les paroles évoquent ce que veulent entendre les romantiques de la part d’un « chanteur de charme ». Gérard Lenorman passera en 19ᵉ position lors de la finale et il finira à une modeste 10ᵉ place, tout de même meilleure que les deux années précédentes.

Après le concours, sa carrière continuera avec la sortie de quatre nouveaux albums et il fera de nombreux concerts sans pour autant retrouver l’intégralité du succès qu’il avait acquis avant sa participation au concours.

L’avis de Marie : « Gérard Lenorman est un grand interprète et il a fait partie pendant de longues années du panorama musical français, mais même si on est un artiste confirmé, on ne peut pas aller avec une chanson somme toute banale au concours Eurovision. Gérard Lenorman a participé mais n’a pas concouru. Chanteur de charme était déjà une chanson trop classique pour l’époque, impossible de briller dans un concours qui réunissait la même année Céline Dion et Lara Fabian. »

L’avis de Zipo : « C’est la chanson par excellence qui passe totalement inaperçue malgré la qualité du chant. Tout Gérard Lenorman qu’il soit, cette chanson était beaucoup trop classique, voire un peu vieillotte. Il manquait de la passion, un peu d’énergie et un zeste de surprise pour pouvoir être embarqué, ce qui n’a pas du tout été mon cas. Étant donné les tubes auxquels il nous avait habitués, cette chanson douce et romantique sans prise de risque restera une grosse déception ».

Comme il vient d’être dit, avec un artiste tel que Gérard Lenorman, on aurait pu imaginer un classement flatteur : or, ce ne fut pas du tout le cas et par conséquent, trouver deux chansons qui auraient pu faire nettement mieux semblait une évidence, mais finalement, pas tant que ça. Voici nos deux propositions mais sans optimisme démesuré : John interprété par Desireless et Aviateur interprété par Véronique Jannot.

Marie : « C’est sûr, John ne ressemble en rien à la chanson représentant la France au concours, elle est résolument plus moderne. De plus, c’était le style de musique (pop new-wave) qui avait le vent en poupe en France dans les années 80. Les paroles de la chanson sont marquantes, le prénom John est un terme américain pour désigner une personne inconnue ou anonyme. C’est ainsi que Desireless rend hommage à ceux qui sont tombés au combat. En plus d’être entraînante, c’est une chanson pleine de sens. »

Zipo : « Il y avait plusieurs choix possibles pour cette année 1988 et j’ai finalement opté pour une chanson, sans doute pas la plus attendue, mais je souhaitais donner la chance à ce style-là, où la musique guide la voix plutôt que l’inverse. Une chanson douce qui fait plus dans la ritournelle, mais le thème est rare dans les compositions musicales, parler des aviateurs et de la fascination qu’ils peuvent engendrer. Accessoirement, je suis un admirateur des chansons écrites et composées par le duo Souchon/Voulzy et celle-ci en est une des plus typiques. »

Maintenant, chères lectrices et lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous préférez parmi ces trois propositions : soit une des deux proposées par nos soins, soit tout simplement celle qui a été officiellement en compétition.

Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française, que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1988. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.

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