Il était une fois les débuts officiels du concours : là, l’expression est appropriée car c’était le premier concours de l’Eurovision organisé à Lugano en Suisse avec sept pays participants et deux chansons par pays, ce qui ne se reproduisit jamais plus. La France faisait partie de ces sept pays.
1956
L’année 1956 en France n’est pas très fournie en évènements majeurs, si ce n’est au niveau international, mais là, on va plutôt se focaliser sur des faits nationaux comme la mise en place par le gouvernement d’une troisième semaine de congés payés, la suppression de la 3ᵉ classe dans les trains, l’instauration de la vignette auto ou encore le lancement du premier moulin à café électrique Moulinex. Du côté de la culture et en particulier du cinéma, pour la première fois, c’est un documentaire, « Le Monde du silence » du commandant Cousteau, qui remporte la Palme d’or à Cannes. Sur le plan musical, Lucienne Delyle, Dalida et Tino Rossi, qui se lancent dans l’opérette avec « Méditerranée », tiennent le haut du pavé. Et le sport français, aux Jeux olympiques de Melbourne, voit Alain Mimoun remporter sa première médaille d’or au marathon, qui sera d’ailleurs la dernière à l’heure actuelle pour un Français.
Pour cette toute première édition du concours, la France présente donc deux chansons : Le temps perdu interprété par Mathé Altéry, artiste âgée de 29 ans née à Paris, écrite par Rachel Thoreau, qui a aussi écrit pour Mouloudji et Patachou, et elle a été composée par André Lodge. La deuxième chanson sera interprétée par Dany Dauberson, âgée de 31 ans et née au Creusot, avec le titre Il est là, écrite et composée par Simone Vallauris qui a peu écrit et composé.
Le thème de la première chanson est l’histoire d’un amour perdu avec l’espoir d’un retour, et celui de la deuxième est aussi celui de l’amour, mais d’un amour fou pour un homme, qui, proche ou lointain, est impossible à oublier, dont on ne peut se passer. Les deux chansons passent respectivement en 5ᵉ et 12ᵉ position lors de cette toute première édition, mais comme tout le monde le sait, il n’y a jamais eu de classement fourni pour ce concours : on ne connaît que le vainqueur.
Mathé Altéry a poursuivi sa carrière dans les années 60, puis elle fait des doublages de chansons dans des films musicaux. Elle arrête sa carrière sur scène en 1988 et définitivement en 2000 ; elle a fêté ses 98 ans l’an dernier. Quant à Dany Dauberson, elle fit une carrière honnête jusqu’en 1965 avant un terrible accident de voiture en 1967 qui mettra un terme à sa carrière d’artiste.
Mathé Altéry – Le temps perdu & Dany Dauberson – Il est là
L’avis de Marie : « Chansons très années 50, d’un côté une ballade et de l’autre une chanson plus rythmée. Deux styles également différents en ce qui concerne les voix et les artistes. Néanmoins, ma préférence se porte sur la seconde car j’apprécie la gaieté et l’entrain de la chanson. »
L’avis de Zipo : « Ce sont deux chansons typiques de cette époque, deux chansons d’amour, l’une sous forme de ballade, l’autre beaucoup plus moderne et contemporaine pour l’époque et également deux voix radicalement opposées : celle de Mathé Altéry, très aigüe et haut perchée, et celle de Dany Dauberson, plus grave et plus posée. Vous l’aurez compris, j’ai une nette préférence pour « Il est là », beaucoup plus joyeuse dans sa forme. »
Pour cette année 1956, notre rôle a été plus facile que d’habitude puisque nous n’avons pas pu nous baser sur les résultats réels pour choisir nos deux chansons : ce sont donc deux chansons qui, selon nous, auraient fait honneur à la France pour ce premier concours de l’histoire, La complainte du progrès interprétée par Boris Vian et Julie la Rousse interprétée par René-Louis Lafforgue.
Boris Vian – La complainte du progrès
Marie : « Je connaissais Boris Vian comme écrivain mais je ne le connaissais pas en tant que chanteur. Quelle fut ma surprise quand j’ai découvert cette chanson pour rédiger cet article. Je trouve qu’elle est très drôle, les paroles sont hilarantes. Il aurait mis de l’ambiance au concours. Quel talent ce Boris Vian! »
René-Louis Lafforgue – Julie la Rousse
Zipo : « Très belle chanson à mi-chemin entre une ballade lente et rapide s’apparentant à une valse qui fait son effet à l’écoute essentiellement grâce à la voix grave et veloutée de l’interprète, qui, il faut bien le dire, n’était pas le plus connu de son époque même si cette chanson avait remporté un grand prix. Quoi qu’il en soit, cette chanson aurait apporté une touche musicale différente à ce premier concours qui manquait un peu de diversité, sans toutefois pouvoir affirmer si elle aurait eu une chance de victoire face à Refrain, la chanson gagnante. »
Maintenant, chères lectrices et chers lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous préférez parmi ces quatre propositions : soit une des deux proposées par nos soins, soit une des deux officiellement en compétition.
Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française, que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1956. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.
Crédit photographique : EAQ / Vidéos YouTube









Cher Zipo
Deux chansons, deux commentaires.
Mon prefere etait Freddy Quinn avec la chanson la plus dynamique qui soit dans cette edition.
La chanson de Boris Vian trois ans avant son deces a ete reprise par Bernard Lavilliers.
Rene-Louis Lafforgue est parti dans un accidebt de voiture. Julie la rousse en 1956 et quarante ans plus tard Julie la Loire interpretee par Romain Didier. Rene-Louis a fait l’ibjet d’une chanson
https://youtu.be/8R5BQYg4Vr8?is=tS794PyiU_dGOGZf.
Avec tout le respect dû à la grande et belle carrière de Mathé Altery, je préfère « Il est là ».
Mais à vrai dire, aucune de ces deux chansons n’est impactante.
Même en 1956, le rock arrivant, c’était des propositions trop classiques.
Et puis, il y avait Michèle Arnaud, impériale, et déjà Corry Brokken, remarquable.
Allez, je vote « Julie la rousse », beaucoup plus qualitatif et enthousiasmant !