L’information est tombée à l’instant : après une édition d’absence, NPO a officialisé la présence des Pays-Bas à Burgas en mai prochain.
Il n’a fallu qu’un mois au pays, après l’annonce fin août du retrait confirmé d’AVROTROS pour la deuxième édition consécutive. Alors qu’il y a encore quelques semaines, les uns et les autres titraient à grands renforts de « Les Pays-Bas boycottent à nouveau l’Eurovision », il n’en sera finalement rien, puisque nos amis bataves seront bel et bien présents à Burgas pour l’Eurovision 2027. Moralité : il vaut mieux parfois tourner sept fois son stylo sur le papier avant d’écrire…
Les Pays-Bas deviennent ainsi le premier pays en retrait de l’édition 2026 à confirmer leur retour à l’Eurovision, après l’annonce de l’absence de l’Irlande pour la deuxième année consécutive et l’appel du directeur général de la RTVE à voter en faveur d’un nouveau retrait de l’Espagne (qui dépend toutefois du vote du Conseil d’administration du télédiffuseur).
Pourquoi cette décision ?
Avant qu’il ne devienne aujourd’hui réalité, la rumeur d’un retour des Pays-Bas en 2027 circulait avec insistance ces derniers jours dans la presse néerlandaise. Il faut dire que le retrait d’AVROTROS a été loin de faire l’unanimité parmi les acteurs de l’Eurovision sur place, entre les pro-retrait (Douwe Bob, Jeangu Macrooy), ceux qui ont exprimé un vif désaccord (Cornald Maas) et les plus mesurés (Ilse DeLange, Duncan Laurence). Dans le même temps, un sondage continuait à montrer le net soutien de la population néerlandaise à la poursuite du retrait des Pays-Bas de l’Eurovision.
Assez vite après le retrait d’AVROTROS, les médias néerlandais ont évoqué l’envie de retour de NPO, évoquant la perspective de la belle audience généralement réalisée par le concours dans le pays et des revenus publicitaires associés. Ce ne sont évidemment pas les arguments aujourd’hui avancés par le groupement de télédiffuseurs pour justifier son retour. Suite au retrait d’AVROTROS, NPO et l’UER ont en effet engagé des discussions quant à la question de la participation néerlandaise à l’Eurovision 2027. Là où AVROTROS faisait de la participation d’Israël et de la tragédie à Gaza deux points de blocage insurmontables, NPO reconnaît aujourd’hui les changements de règles importants annoncés par l’UER. À travers sa présence à Burgas en mai prochain, le groupement acte ainsi la nécessité de remettre le principe originel de l’Eurovision au cœur de l’évènement.
« Nous comprenons que la participation au Concours Eurovision de la chanson suscite des sentiments mitigés aux Pays-Bas. Nous avons expressément demandé à l’UER de remettre le caractère fédérateur du concours au cœur de l’événement, en reconnaissance d’une période marquée par les troubles géopolitiques, la guerre et la polarisation. Le Concours Eurovision de la chanson a été créé à l’origine pour rassembler les peuples d’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Nous cherchons aujourd’hui à renouer avec ce lien, en restant attentifs à ce qui se passe dans le monde et en donnant une place au débat à ce sujet. Afin de contribuer à définir et à promouvoir cette orientation, nous souhaitons, en tant que radiodiffuseur public néerlandais, faire à nouveau partie du Concours Eurovision de la chanson. C’est ainsi que nous pourrons véritablement promouvoir ensemble le slogan « United by Music ». »
Jet de Ranitz, présidente du Conseil d’administration de la NPO
« Il est important qu’en tant que chaîne publique, nous continuions à prendre part à cet événement européen fédérateur, en particulier en cette période, un événement qui souhaite évoluer de manière significative vers un format mieux adapté à l’époque dans laquelle nous vivons. Cela signifie également que nous répondons aux attentes de centaines de milliers de fans néerlandais de l’Eurovision, et c’est finalement pour cela que nous existons en tant que chaîne publique. »
Jurre Bosman, directeur des médias de la NPO
La réaction d’AVROTROS n’a pas tardé : « Il y a quatre semaines, nous avons fait nos adieux à l’Eurovision et nous avons procédé à une évaluation éthique minutieuse de cette question, conformément à nos normes et à nos valeurs. Il est désormais temps que les autres chaînes publiques procèdent à leur propre évaluation. » Ambiance, ambiance.
Un partage des tâches au sein de NPO
Après le retrait d’AVROTROS, l’enjeu principal pour NPO était de trouver un télédiffuseur souhaitant prendre le relais parmi la dizaine constituant le groupement. Après avoir essuyé plusieurs refus, deux options semblaient tenir la corde : une collaboration entre NOS et NTR (comme pour la diffusion de l’Eurovision 2026) ou un partenariat public-privé avec la société de production Talpa Network, du grand manitou de la télé-réalité John de Mol. C’est finalement pour un autre style de partenariat qu’a opté la NPO.
Si, dix-sept ans après avoir abandonné l’Eurovision au télédiffuseur AVROTROS, NOS revient dans le jeu du concours, il ne sera pas seul aux manettes cette fois. Ainsi, à partir de 2027, la participation à l’Eurovision et la couverture de l’évènement seront désormais traitées de façon séparée. En clair :
- La couverture médiatique du concours (avant-programme, reportage, commentaires des demi-finales et de la finale) sera à nouveau assurée par NOS (qui avait déjà assumé cette charge aux côtés de NTR en 2026). Il en garantira un traitement indépendant et impartial, en conformité avec la mission de couverture des évènements internationaux inscrite dans la loi néerlandaise (qui avait d’ailleurs suscité une discussion à la Chambre des représentants s’agissant de la question de l’Eurovision).
- La candidature néerlandaise sera quant à elle un projet collectif coordonné par la NPO (à l’instar d’évènements comme 3FM Serious Request ou le Top 2000 de NPO Radio 2). La sélection et l’accompagnement du représentant néerlandais à l’Eurovision 2027 seront assurés par une équipe indépendante, qui prendra le plus appui possible sur l’expertise déjà existante au sein de la télévision publique batave.
La réaction de Martin Green
« Nous sommes ravis d’accueillir à nouveau les Pays-Bas au Concours Eurovision de la chanson en 2027.
Nous apprécions les échanges constructifs que nous avons eus avec la NPO et nous nous réjouissons de travailler ensemble pour renforcer le Concours en tant qu’espace reflétant véritablement l’esprit de « United by Music ».
Les Pays-Bas ont participé au tout premier Concours Eurovision de la chanson en 1956. Sa raison d’être d’origine reste aujourd’hui plus pertinente que jamais. Dans un monde de plus en plus divisé, le Concours Eurovision de la chanson offre un espace unique où les personnes et les pays peuvent se rassembler grâce à la musique, partager une expérience commune et tisser des liens.
Dans cette optique, nous sommes très heureux que les Pays-Bas rejoignent à nouveau la famille de l’Eurovision sur la scène de Burgas en mai prochain. »
Les Pays-Bas ont-ils encouragé le voisin belge ?
Peu après l’officialisation du retour des Pays-Bas à l’Eurovision 2027, le télédiffuseur belge néerlandophone VRT a lui aussi confirmé sa participation et donc logiquement la présence de la Belgique à Burgas. Il semblerait que ce dernier se soit coordonné avec le voisin néerlandais, puisqu’il déclare avoir posé des questions sur l’avenir de l’Eurovision avec plusieurs télédiffuseurs, dont NPO. La VRT reconnaît aujourd’hui les efforts réalisés par l’UER s’agissant des règles de participation, des règles de vote et de jugement, ainsi que sur le sponsorship et l’organisation du concours. Pour elle, l’UER considère désormais sérieusement les problématiques soulevées par les télédiffuseurs et semble réellement travailler à l’avenir de l’Eurovision. Ainsi, sa participation à l’Eurovision résonne comme un engagement à continuer à construire ensemble un concours crédible, unificateur et orienté vers l’avenir.
Dans un communiqué, le PDG de la VRT, Frederik Delaplace, déclare comprendre les émotions et les opinions divergentes que suscite l’Eurovision. Insistant sur le fait qu’elle n’est ni une approbation, ni un acte de normalisation de la tragédie à Gaza, la participation du télédiffuseur belge néerlandophone à Burgas répond au fait que l’UER n’élude plus le débat face aux problématiques sociétales et géopolitiques complexes. En répondant présente à l’Eurovision 2027, la VRT souhaite poursuivre le travail de restauration de ce pour quoi le concours existe, sans éviter le débat et dans le souci du dialogue avec chacun. Elle est aujourd’hui persuadée que l’Eurovision retrouvera tout son sens pour celles et ceux qui souffrent actuellement de la guerre et de la violence.
On peut désormais le dire : Welkom terug, Nederland! et restez connectés pour suivre les actualités de la Belgique et des Pays-Bas à l’Eurovision 2027.
Crédits : UER









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