Il a été long à la publication ce deuxième numéro ! Normal, tant la première semaine Eurovision de juillet a recelé d’informations intéressantes. Bref, l’essentiel est là : demandez le Petit journal de l’été 2026 !
Au sommaire de ce numéro :
Une soirée Eurovision pour Sanremo

Le nouveau directeur artistique du festival Stefano di Martino a confirmé les rumeurs au Corriere della Sera : pour la toute première fois, une soirée spéciale permettra de désigner le représentant italien à l’Eurovision pendant le Festival de Sanremo.
Cette soirée Eurovision sera organisée au cours de la quatrième soirée, celle du vendredi, qui remplacera donc la nuit des reprises. Cette dernière sera avancée à la troisième soirée du jeudi, les deux premières soirées faisant s’affronter l’ensemble des artistes avec leurs titres originaux. Ainsi, ce nouveau format de sélection italienne s’inscrit dans une volonté de renouvellement de Sanremo, un festival que le jeune directeur souhaite plus international et avec moins de participants. Au cours de cette soirée Eurovision, les artistes pourront mettre en scène leur performance et leur titre comme ils le souhaiteront, avec le concours international en ligne de mire.
Si l’idée semble sur le papier séduisante (surtout vu le nombre de chansons Eurovision compatibles dont l’Italie s’est privée ces dernières années), d’autres se montrent plus perplexes, soulignant l’irrésistible succès italien au concours avec le format de désignation actuel du vainqueur de Sanremo. L’Italie reste en effet sur neuf top 10 consécutifs depuis 2017 et ne l’a quitté qu’à deux reprises depuis son retour en 2011, réussissant même à atteindre le top 5 en 2025 et 2026 avec des chansons sur lesquelles personne n’avait franchement osé miser. Alors, la soirée Eurovision de Sanremo permettra t-elle de poursuivre cette success story italienne ou y mettra t-elle un coup d’arrêt ? À moins qu’elle ne permette en réalité de viser plus haut…
Qui participera ? Qui participera pas ? Qui hésite ?



L’un après l’autre, les télédiffuseurs se positionnent sur l’Eurovision 2027 ou l’Eurovision Junior 2026. Côté adulte, après le retrait des Pays-Bas en 2026, le télédiffuseur néerlandais AVROTROS a déclaré qu’il prendrait position sur sa présence en Bulgarie fin août, début septembre au plus tard. Un porte-parole a déclaré que la participation du Canada n’impacterait pas la décision du télédiffuseur batave, tandis que NPO et AVROTROS sont dans l’attente d’un retour de l’UER avant de se prononcer sur leur participation à l’Eurovision 2027. Sans surprise, la Bosnie-Herzégovine a quant à elle décliné toute participation en 2027, en raison des importantes difficultés rencontrées par le télédiffuseur BHRT.
Côté Junior, Ictimai a annoncé à nos confrères espagnols d’ESC Plus que, tout juste un an après son retour, l’Azerbaïdjan se retire du concours et ne participera donc pas à l’édition 2026 à Ta’Qali. Aucune raison n’a été avancée par les azéris qui, depuis leur première participation à l’Eurovision Junior, n’assurent qu’une présence irrégulière et discontinue au concours, n’ayant participé que cinq fois depuis 2012. Si leur meilleur résultat est la quatrième place de Sona Azizova à Paris en 2021, la jeune Yağmur n’avait atteint que la quinzième place l’année dernière à Tbilissi. Sans doute l’Azerbaïdjan préfère t-il se concentrer sur l’Eurovision adulte, où le pays accumule les fiascos depuis 2023…
Côté Junior toujours, on sait que le Canada ne participera pas, privilégiant sa première participation à l’adulte en 2027. Par contre, la rumeur évoque un éventuel retour de la Bulgarie et du Pays de Galles (le Royaume-Uni ne participant pas, ses nations constitutives peuvent prendre part au concours). La dernière participation bulgare datant de 2021, un éventuel retour constituerait un joli symbole pour le pays vainqueur de l’Eurovision 2026, lui dont la première participation au Junior date de 2007. Le Pays de Galles n’a, quant à lui, participé que deux fois à l’Eurovision Junior à ce jour, en 2018 et en 2019, sans résultat probant.
Martin Green : « Ce sont des conneries »

L’annonce de la participation du Canada à l’Eurovision 2027 n’a pas fait l’unanimité. Si certains saluent l’arrivée d’un nouveau pays et d’une place forte de la scène musicale internationale, d’autres soulèvent un risque de dilution de l’identité européenne du concours et une décision visant à combler les trous dans les caisses de l’UER. Car il semble évident que le retrait de 5 pays de l’Eurovision 2026 ait mis en difficulté l’organisation : à titre de comparaison, le télédiffuseur allemand ARD a versé 507 389 € de droits de participations à l’UER en 2026. Enfin évident… Visiblement pas pour tous.
Dans une interview à Variety, le directeur du concours, Martin Green, a élégamment déclaré que « ce sont des conneries » (sic). Selon lui, l’Eurovision ne connaît pas de difficultés financières suite à ces retraits et, à sa connaissance, aucun nouveau pays serait prêt à se retirer l’année prochaine, le britannique visant même un peu plus de participants. Il a indiqué que, suite au vote de l’Assemblée générale de l’UER de décembre 2025, il n’y aurait pas de nouveau vote en lien avec la participation d’Israël, la majorité des membres s’étant exprimés sur le fait que les télédiffuseurs restaient indépendants des positions de leurs gouvernements.
Martin Green a dévoilé qu’un télévote « reste du monde » serait également mis en place pour Eurovision Asie et que, si des projets de concours similaires pourraient un jour intervenir sur d’autres continents, il souhaite laisser le temps au temps et observer tout d’abord le succès de la version asiatique. À noter que toutes les discussions sur un concours Eurovision exclusivement dédié à un seul pays ont été interrompues à sa prise de poste, estimant que ce n’est pas la format adapté. Il a également indiqué que plusieurs grands projets pourraient intervenir pour l’Eurovision d’ici la fin de l’année 2026.
Belgique : la VRT clarifie sa position vis-à-vis de l’UER

Dans la foulée de l’Eurovision 2026, il avait été annoncé que le télédiffuseur belge néerlandophone VRT réclamerait un vote direct des membres de l’UER sur la participation d’Israël, sous peine de se retirer de l’Eurovision 2027 s’il n’était pas exaucé. Toutefois, l’Assemblée générale de l’organisation, qui s’est déroulée à Prague les 24 et 25 juin derniers, n’a laissé dévoiler aucune demande de la sorte de la part de la VRT.
Le télédiffuseur a récemment mis les points sur les « i ». Sollicitée par notre collègue ESC Hayden, la VRT – via sa porte-parole Yasmine Van Der Borght – a déclaré qu’elle ne ciblait pas uniquement la participation d’Israël, mais critiquait l’approche globale de l’UER. Pour rappel, lors de l’Assemblée générale de décembre 2025, l’UER n’avait pas soumis directement la participation de la KAN au vote de ses membres : elle avait sollicité l’avis de ces derniers sur le changement de règles proposés qui, si validées, n’entraînerait pas de vote sur la participation à l’Eurovision de l’un des télédiffuseurs membres. Ainsi, la VRT réclame à l’avenir des procédures de vote direct (et non un système de vote qui viserait à prendre position sur l’organisation d’un deuxième vote ou non), tout en insistant sur le fait que cette position ne cible pas uniquement le télédiffuseur israélien.
La mise au point faite, le télédiffuseur flamand n’a pas apporté davantage de précisions à ce stade sur sa participation à l’Eurovision 2027, toujours en attente de décision.
Suisse 2026 : Kings Elliott, le premier choix de la SSR SRG ?
C’est la presse helvétique qui a dévoilé cette information, non confirmée par le télédiffuseur SSR SRG. Mais il semblerait que la chanteuse suisso-britannique Kings Elliot aurait pu représenter la Suisse à l’Eurovision 2026 en lieu et place de Veronica Fusaro.
La lauréate du Swiss Music Award de la révélation de l’année en 2025 a dévoilé le 14 mai dernier (jour de la deuxième demi-finale) une vidéo qui a semé le trouble. Il s’agissait d’une performance en live de son titre Born Blue, qu’elle aurait réalisé aux auditions de la sélection interne suisse. Une vidéo depuis supprimée, en commentaire de laquelle la chanteuse avait déclaré qu’elle aurait pu représenter la Suisse avec cette chanson et qu’elle aurait fait le choix de se retirer en raison de la confirmation de la participation d’Israël au concours. Craignant d’être poursuivie en justice, la chanteuse a toutefois estimé que la chanson était « trop bonne » pour ne pas être publiée. Born Blue est depuis disponible en version intégrale.
Selon nos confrères d’ESC Kompakt, sur la base de ces déclarations, Kings Elliot aurait été en réalité le premier choix du télédiffuseur suisse pour l’Eurovision 2026 devant Veronica Fusaro, finalement repêchée suite au retrait de sa collègue. Les autres médias suisses (20 minuten, Watson) sont moins catégoriques sur le sujet et s’interrogent sur l’étape atteinte par la chanteuse dans le processus de sélection. Interrogé, le télédiffuseur SSR SRG s’est refusé à tout commentaire, renvoyant à la confidentialité et à la dimension interne de la sélection. Et vous, pensez-vous que Kings Elliot aurait pu faire mieux que Veronica Fusaro à Vienne ?
Carnet noir : Vlado Janeski n’est plus
La série noire se poursuit pour les eurostars. Premier artiste à avoir représenté la Macédoine du Nord en finale de l’Eurovision, Vlado Janeski est décédé le 28 juin dernier d’une maladie fulgurante. Il était âgé de 66 ans.
Artiste multi-instrumentiste, Vlado Janeski avait démarré sa carrière à l’âge de 16 ans, faisant partie de plusieurs groupes populaires dans le pays en tant que chanteur ou batteur. Il s’était lancé en solo dans les années 90, avec de nombreuses participations à des festivals en Macédoine du Nord, en Ex-Yougoslavie ou encore au Bélarus. Mais c’est sa victoire au Skopje Fest qui l’avait propulsé sur la scène de l’Eurovision 1998 avec la chanson Ne Zori, Zoro. Tout juste un an après la première participation de son pays au concours, il avait décroché la dix-neuvième place à Jérusalem avec 16 points.
Au fil des années, Vlado Janeski s’est imposé comme l’un des principaux noms de la scène musicale nord-macédonienne, avec de nombreux succès à son actif, parmi lesquels Ako ne te sakam, Evergrin, Doma si e doma ou I togash nekoja budala. S’il avait sorti son dernier album en 2006, cela ne l’avait pas empêché d’enchaîner les titres depuis, son ultime single, Prinčipesa, ayant été dévoilé en février dernier. L’artiste aurait dû se produire sur scène le mois prochain, mais la vie en a décidé autrement… L’équipe de l’EAQ adresse ses condoléances à ses proches.
Sinon ?
- Le projet Eurovision 2027 a été adopté par le gouvernement bulgare et laisse déjà transparaître quelques éléments intéressants sur le calendrier. Révélation de la ville hôte le 31 juillet, identité visuelle en décembre, billetterie en janvier et concours mi-mai (finale le 15 ?) : autant d’hypothèses restant à confirmer. Dans l’attente, BNT News aurait spoilé par accident le nom de la ville hôte, qui pourrait donc sans surprise être Sofia.
- Linda Lampenius méfiante. La représentante finlandaise de 2026 a remis en cause les résultats de la 70ème édition dans une interview à Expressen, pointant la deuxième place d’Israël. Elle a évoqué de la triche et conclu qu’elle n’avait aucune confiance dans le système de vote.
- Le milliard d’écoutes pour Tattoo. C’est le cap franchi plus tôt cette semaine par la chanson gagnante de Loreen sur Spotify. De quoi confirmer qu’on tient là l’un des plus grands succès internationaux de l’histoire de l’Eurovision.
- Ils veulent faire l’Eurovision. Suite à sa victoire à Mask Singer face à Carla Lazzari, le chanteur philippin Billy Crawford a déclaré à Télé-Loisirs qu’il serait intéressé pour représenter la France au concours. Du côté de l’Italie, Elettra Lamborghini serait prête à remettre le couvert à Sanremo dans cet objectif, voire à participer au San Marino Song Contest pour défendre les couleurs du voisin.
- En Hongrie, le nouveau gouvernement a décidé de dissoudre le télédiffuseur MTVA, héritage des années Orban, au profit de deux nouveaux médias publics indépendants. Il n’est pas clair si ces deux nouveaux diffuseurs devront solliciter l’adhésion à l’UER ou s’ils agiront en tant que successeurs légaux de la MTVA, ce qui les abstiendrait donc de cette nécessité.
Le titre du week-end
On était très tenté d’aller faire un tour du côté du duo franco-arménien Ladaniva (que vous découvrirez finalement dans la bande-son), mais une autre réalité s’est finalement imposée à nous. Avec l’arrivée du Canada à l’Eurovision, comment aurait-on pu passer à côté du nouveau titre de la reine Céline, Dion de son nom ? Alors qu’elle se prépare activement pour sa résidence évènement à la Plénitude Arena (ex La Défense) à l’automne prochain à Paris (pour laquelle on n’a pas eu de place grrr), découvrez le célinesque Bonjour, pardon, merci.
C’en est déjà fini de ce numéro 3 ! Rendez-vous dimanche prochain, à peu près même heure, avec un allongé, un thé ou un verre de rosé, pour un nouveau tour du Petit journal de l’été.
Crédits couverture : eurovision-quotidien.com – tous droits réservés









Linda Lampenius = mauvaise joueuse et mauvaise perdante ! j’ai toujours trouvé qu’elle avait un sacré melon et là ça confirme ce que je pensais.
Autant pour moi pour Vlado. Pas de faute. Billy Crawford s’est dit jamais deux sans trois. Apres Danse avec les stars et Mask singer, pourquoi pas l’Eurovision?
On connaitra le classement de Tattoo au Top 250 le 31 decembre.
Ycare et Renaud Rebillaud ont compose la chanson de Celine.
Vlado a represente la Macedoine du Nord en 1998.
Par rapport au style de la chanteuse suisse, mes deux morceaux jazz preferes sont Geta Burlacu et surtout l’islandaise qui chantait Sjubidu.