Nous fêtons les dix ans d’existence du concours et ça a lieu en Italie pour la première fois, à Naples pour être précis. Durant ces dix années, la France a fait preuve d’une constance remarquable dans les résultats en étant en permanence dans le Top 5 et en gagnant trois fois la compétition. Cette année ne dérogera pas à cette règle en obtenant une place sur le podium.

1965 ne présente pas d’événements vraiment marquants mais quelques faits importants, notamment la réélection du général de Gaulle à la présidence de la République. On peut aussi citer le premier lancement réussi d’une fusée française et de sa capsule mise en orbite, ce qui fait de la France, la troisième puissance spatiale du monde, l’ouverture du tunnel du Mont-Blanc qui relie la France à l’Italie et une loi qui autorise les femmes à exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. Au cinéma, c’est le film Le Corniaud qui a tout écrasé sur son passage en se classant à la première place des entrées en salle, un film conjointement produit par la France et l’Italie. La télévision présente pour la première le jeu « Le mot le plus long » et du côté de la chanson française, beaucoup d’interprètes de l’époque ont sorti des chansons qui devinrent des tubes et parmi ceux-ci, France Gall (par ailleurs vainqueure de l’Eurovision avec Poupée de cire, poupée de son pour le Luxembourg), Sheila, Christophe, Hervé Vilard, Johnny Hallyday et Enrico Macias. Enfin le sport français se révèle être pauvre en performances, alors on se contentera de la 2ᵉ place de Raymond Poulidor au Tour de France,

Pour le concours de l’Eurovision, c’est en interne que la France sélectionne le candidat et sa chanson, et c’est Guy Mardel, né à Oran (Algérie française) et alors âgé de 28 ans, qui aura l’honneur de défendre les couleurs françaises avec le titre N’avoue jamais. C’est lui-même qui composa la chanson et elle a été écrite par Françoise Dorin, qui a écrit des chansons pour de nombreux artistes sans avoir d’artistes attitrés, mais elle a aussi et surtout été écrivaine avec environ 25 romans à son actif et comédienne au théâtre et y a également été dramaturge dans environ 18 pièces de théâtre.

Le thème de la chanson est un « mode d’emploi » destiné aux jeunes hommes afin qu’ils ne déclarent pas leur amour à leur bien-aimée de façon trop directe mais en étant plus subtils et moins démonstratifs, autrement dit avec plus de tact. N’avoue jamais passera en 11ᵉ position lors de la finale et obtiendra la 3ᵉ place à l’issue de celle-ci, un 6ᵉ podium en dix ans de participation.

Après sa participation au concours, il sortira quelques chansons en single et un deuxième album, mais ce fut une carrière en dents de scie, et à partir de 1986, il se produit lors de concerts et dans un restaurant-spectacle à Paris, le Chorus-Café.

L’avis de Marie : « C’est une très jolie chanson qui mérite largement sa troisième place au concours. Néanmoins ma déception, cette année-là, est que Poupée de cire, poupée de son aurait dû représenter la France et non le Luxembourg, mais la délégation française de l’époque préférait les chansons françaises classiques et les ballades à voix et avait déjà choisi en interne Guy Mardel. La Télévision luxembourgeoise, habituée à piocher dans le panorama musical français, a été plus maligne et a vu de suite le fort potentiel de France Gall et de la chanson. Voilà ! »

L’avis de Zipo : « C’est une ballade mais pas désagréable car la musique est très présente et porte intégralement la chanson ainsi que le refrain très appuyé. Vocalement, il n’y a rien à reprocher à l’interprète, à son aise et très impliqué dans sa prestation. Ça aurait pu être encore plus puissant, mais ça reste une belle proposition que j’ai toujours appréciée car c’est une ballade loin d’être aussi classique qu’elle n’en a l’air. Ce n’est ni une chanson figée ni triste comme bien souvent la plupart des ballades, une troisième place non usurpée. »

Après une très belle troisième place ramenée par Guy Mardel, il ne va pas être facile de trouver deux chansons ayant la lourde tâche de faire aussi bien. Vraiment pas facile à sélectionner, mais nous allons nous lancer dans cette entreprise risquée en proposant les deux chansons suivantes : Le ciel, le soleil et la mer de François Deguelt et Les marionnettes interprétée par Christophe.

Marie : « Impossible de battre Poupée de cire, poupée de son cette année-là et égaler Guy Mardel me semble possible mais difficile, alors mon choix s’est porté sur Le ciel, le soleil et la mer, qui est une chanson très agréable à écouter et qui fait rêver de vacances. La voix de François Deguelt est très belle, grave et profonde. Elle aurait très bien représenté la France cette année-là, surtout en mai à l’aube de l’été. »

Zipo : « Voici une chanson phare de cette année 1965 interprétée par un chanteur à la voix très caractéristique, assez aigue, beaucoup moins accentuée dans cette chanson. C’est d’ailleurs pour ce point en particulier que j’ai choisi cette chanson car elle était très différente du répertoire habituel du chanteur, et là, il avait réussi à démontrer qu’il pouvait avoir des chansons un peu plus joyeuses et moins formelles avec en plus une tessiture de voix plus douce. Avec tous ces éléments concordants et plus conformes à ce qu’on attend au concours, cette chanson aurait pu très certainement se hisser au minimum à la 3ᵉ place également, j’en suis convaincu. »

Maintenant, chères lectrices et lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous préférez parmi ces trois propositions : soit une des deux proposées par nos soins, soit tout simplement celle qui a été officiellement en compétition.

Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française, que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1965. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.

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