À l’heure de tourner la page de l’année 2025, la rédaction de L’Eurovision au Quotidien vous livre son top 10 des eurotubes qui l’ont marquée durant l’année écoulée.
Force est de constater de mon côté qu’on a connu bataille plus rutilante à l’heure de faire le bilan eurovisionesque de l’année 2025. Pire : pour la première fois depuis longtemps, j’ai dû chercher les titres à même de boucler mon top 10 là où, d’ordinaire, ça se bouscule au portillon et 15 me viennent spontanément en tête. On l’avait annoncé tôt dans la saison et le mois de mai nous l’a confirmé : Bâle ne restera pas dans les annales pour ses qualités musicales intrinsèques (ce n’est d’ailleurs pas pour rien que peu de titres de l’édition continuent en réalité de tourner sur mes playlists). Loin de moi toutefois l’idée de vouloir noircir le tableau à l’excès car, bien sûr, il restera quand même de belles choses de cette année Eurovision 2025, même si au-delà la musique, j’ai beau chercher je ne trouve pas. Bref, l’euromonde nous a clairement habitués à mieux au niveau du son, mais mention spéciale à deux propositions singulières qui échouent aux portes du top 10 : Tautumeitas pour la Lettonie et Katarsis pour la Lituanie. Continuez sur cette voie les amis baltes, je kiffe. Mention spéciale Junior également à Martina crv avec son pop country Beyond The Stars qui nous a propulsés dans les étoiles, pour un premier top 10 historique ultra mérité pour Saint-Marin. Et un podium au télévote qui plus est, comme quoi, tout est possible même quand on est un micro-État.
Si vous notez l’absence de Louane dans ce top 10, c’est tout simplement parce que je n’y placerai pas la France au nom de simples motifs patriotiques qui me semblent malvenus. Surtout, au-delà de la très belle prestation d’une grande artiste que j’ai été heureux de voir nous représenter à Bâle, je pense depuis le début que ce n’était pas la bonne chanson pour l’Eurovision, et je persiste et signe aujourd’hui.
Ah oui, et dernière mention spéciale à Miriana Conte, parce que Serving KANT (poum poum poum sur le gym ball).
Alors, prêts à découvrir mon top 10 de l’année 2025 ?
10- Melody – Esa diva (Espagne)
L’eurodiva Melody est un concentré d’euroclichés à elle toute seule, tout comme son Esa diva est l’archétype de ce qui se faisait à l’Eurovision dans les années 2000, voire 2010 à la rigueur (mais vraiment pour être sympa). Il n’empêche : quand bien même la prestation de l’Espagne était d’un kitsch et d’un ringard assez innommables (oui, j’avais pronostiqué la 24ème place et j’en suis fier), Esa divaest mon plaisir coupable imbattable de l’année, à tel point qu’il atteint la pôle position de mon Wrapped Spotify 2025 – et que j’ai été à deux doigts de la performer à la pré party des Eurofans français en avril dernier. Pas étonnant lorsqu’on pense objectivement à la diva qui sommeille en moi…
9- Made in Switzerland – Sandra Studer et Hazel Brugger
Il y eut Love, Love, Peace, Peace, référence absolue et indépassable en matière d’interval act, iconique tableau signé Petra et Måns en 2016. Il y eut depuis quelques autres tentatives, pour la plupart tombées aux oubliettes. Mais il y a désormais Made in Switzerland, inscrit dans la légende de l’Eurovision au moment même où Sandra Studer et Hazel Brugger l’ont performé sur la scène de la Halle Saint-Jacques. À tel point qu’on s’est même demandé si on ne tenait pas la l’une des meilleures prestations de la demi-finale 1, c’est dire ! Tous les ingrédients du succès étaient là : retour de l’Eurovision à ses sources suisses, histoire du pays, références culturelles locales (Guillaume Tell, cellophane, secret bancaire…), mais également une déclaration d’amour au concours unique en son genre et très mordante qui n’a pas du déplaire à l’invitée du tableau, alias Petra Mede. Outre les multiples références à un certain Roger FederEAR (légende sportive bâloise), le moment le plus savoureux fut une phrase prononcée non sans ironie et en pleine phase avec l’actualité du concours : « The Swiss Eurovision is non-political, strictly neutral, doesn’t matter if you’re good or brutal. » On appelle cela une belle pique, sur laquelle on vous laisse méditer, surtout à l’aune de la décision récemment prise par l’UER et de ses coulisses, qui ont de quoi interroger sur le fameux « non political, strictly neutral »…
8- Claude – C’est la vie (Pays-Bas)
L’univers musical avait d’emblée de quoi séduire, la promesse du français aussi. Et c’est ainsi que la magie C’est la vie opéra. Stromae n’aurait probablement pas craché sur ce titre pop qui convie à la fois l’essence traditionnelle de la variété et l’actualité de l’urbain par un tout extrêmement accrocheur, rythmé et entêtant. Au-delà de la très belle musicalité de l’ensemble, le charisme solaire de Claude n’est pas étranger au coup de cœur, qui aurait pu toutefois bénéficier d’une scénographie plus colorée et lumineuse susceptible de davantage accrocher le télévote.
7- Lou Deleuze – Ce monde (France Junior)
Je n’ai pas pour habitude de glisser trop de titres du Junior dans mon top 10 annuel, sauf édition de haut niveau ou chansons des plus marquantes. Lou Deleuze ne pouvait donc pas échapper à l’un des dix spots, tant l’histoire est exceptionnelle. Entrée en favorite dans l’arène du hall de gymnastique de Tbilissi, Lou est sortie de la capitale géorgienne en reine de l’Europe, sans qu’il n’y ait eu trop de match de surcroît. Interprétation magistrale d’une maturité sans commune mesure, belle balade à la française qui changeait de nos standards junior, tableau focus sur le visage de Lou et d’une sobriété déroutante et risquée pour le Junior (accessoirement copié-collé sur Voilà de Pravi, que la rumeur dit furieuse d’une telle usurpation)… On n’y croyait pas, mais tous les ingrédients étaient réunis pour faire du samedi 13 décembre une nuit magique à la georgienne.
6- JJ – Wasted Love (Autriche)
Vu le niveau général de l’année, un top 10 sans le vainqueur de l’édition 2025 était juste inenvisageable, fut-ce pour des raisons objectives d’oreille musicale. Wasted Love ne s’inscrira peut-être pas dans la légende des titres vainqueurs du concours, mais c’est un véritable moment de grâce qui nous a été offert sur la scène de la Halle Saint-Jacques. JJ a touché les étoiles de sa voix céleste et il m’a collé les frissons, dans la salle comme à la télévision. Quelle performance contre vents et marées ! Surtout avec un titre aussi exigeant et une véritable proposition de mise en scène pas des plus accessibles au grand public, mais qui a permis à l’Autriche de conquérir une troisième victoire logique et méritée (et de faire barrage à une potentielle victoire politique qui aurait été à vomir).
5- Abor & Tynna – Baller (Allemagne)
Alors celle-là, je ne l’avais pas vu venir dans mon top 10, tant je n’avais pas du tout suivi la sélection allemande, d’une part et tant les capacités vocales en live de Tynna étaient, disons, assez limitées, d’autre part… Mais ça, c’était sans compter sur le pouvoir de Baller, banger electro- pop hyper efficace et parfaitement rythmé pour des soirées clubbing à l’allemande. Pas surprenant qu’une partie de la scène ait reposé sur un effet soirée/fumée jamais vu sur la scène de l’Eurovision. Avec un meilleur live vocal, le duo aurait mérité mieux qu’une 15ème place déjà très bien payée par rapport aux standards allemands habituels. Mais au-delà d’un classement, le frère et la sœur nous ont surtout offert l’un des principaux eurotubes de la saison 2025.
4- KAJ – Bara Bada Bastu (Suède)
Première réaction : mais qui sont ces trois urluberlus tout droit débarques de Finlande avec leur sauna et leur danse de la pluie ? Deuxième réaction : ça a l’air folklo et il y a un accordéon, c’est profondément barjot, mais il y a un truc. Troisième réaction : BARA BADA BASTU BASTU ! Ou comment la Suède a ENFIN réussi à sortir de sa zone de confort en célébrant un hymne au sauna réduit à quatre phrases et à de l’humour absurde. Surtout au détriment du grand favori (violent et toxique) Måns Zelmerlöw avec sa pop fainéante et aseptisée ! Pas étonnant que le trio finnois suédophone ait explosé tous les records dans les charts suédois et eu d’avantage de soutien en Finlande que l’eurodiva Vikman elle-même. Plus étonnant que le télévote ait été réduit à 195 points… Enfin, étonnant : lol.
3- Erika Vikman – Ich Komme (Finlande)
« La femme la plus dingue de Finlande » enfin sur la scène de l’Eurovision, l’événement était tellement attendu et excitant qu’il en devenait immanquable. Autant dire qu’on n’a pas été déçu du voyage et qu’on n’en espérait pas moins venant de la reine Erika, qui s’est livrée à une prestation tout en finesse… ou plutôt plus outrancière que jamais ! En même temps, comment aurait-il pu en être autrement lorsqu’on part sur du Ich komme (« je viens » et « je jouis » en allemand). Oui, l’eurofan qui n’attendait que ça a eu droit à sa dose de show explicite, ou trois minutes durant lesquelles le sexe n’était même pas une allusion, jusqu’au jet pyrotechnique final venu d’un micro géant suspendu dans le ciel… On vous fait un dessin ? Sans parler de l’iconique séquence de la fondue… Bref, ICH KOMME ! ICH KOMME !
2- Zoë Më – Voyage (Suisse)
Dès la première écoute, j’embarquais dans le Voyage de Zoë Më comme on embarque dans un train à destination du pays des merveilles. Car, plus qu’une chanson, c’est un bijou que nous a dévoilé la suissesse dans son écrit, un moment de grâce comme l’Eurovision en a trop rarement eu sur sa scène. À l’heure où la plus grande compétition musicale du monde est connue pour ses feux et ses artifices, Zoë Më a choisi la poésie, l’intime, le tête-à-tête avec le public, dans une scénographie du sublime, tel un conte de cinéma jamais vu au concours. Romanesque, le choix était surtout audacieux de sa par sa radicalité, à l’image de cette ballade/valse contemporaine en français. Les jurys ont apprécié, le public est resté hermétique, ayant préféré un gobelet d’espresso macchiato. Quant à moi, Voyage m’a poursuivi tout au long de la saison et, maintenant que la magie a opéré sur scène, il continue de me hanter depuis, sa douceur tournante en boucle dans ma tête. Sans oublier Zoë, discrète et sensible artiste entrée dans la lumière grâce à l’Eurovision et qui tourne désormais en boucle sur ma plateforme de streaming préférée.
1- Shkodra Elektronike – Zjerm (Albanie)
Êtes-vous surpris si vous me connaissez ? Évidemment que non. C’est donc en tout logique que, pour la première fois de mon histoire eurovisionesque personnelle, l’Albanie se glisse en tête de mon top annuel. Une pôle position que Shkodra Elektronike n’a pas quitté depuis le début de la saison 2025, tant le feu sacré de Zjerm m’a ensorcelé dès la première écoute et ne me lâche plus depuis. Oui, le mix entre sonorités ethniques/traditionnelles et teinte électro contemporaine avait tout pour me séduire d’emblée. Mais Zjerm est allé au-delà de ça, tant l’ensemble bénéficie d’un supplément d’âme unique, d’une authenticité et d’une vérité, là où Beatriçe et Kolë jouent une partition d’une harmonie unique, entre chaleur lumineuse et froideur de marbre. Zjerm est accrocheur, Zjerm est divinement rythmé, Zjerm est graphique et haut en couleurs, Zjerm est envoûtant à l’extrême, à tel point que même les plus hermétiques initiaux ont fini par craquer et céder à l’attrait du feu albanais, que le public a eu le bon goût de célébrer au télévote. Bref, c’était l’Albanie 2025 et puisse le pays nous envoyer des milliers de Zjerm à l’avenir.
C’était donc le top 10 de Rémi ! Bon week-end à toutes et tous.
Crédits image : eurovision-quotidien.com (tous droits réservés)









A propos de représentante française, je viens d’apprendre avec une immense tristesse le décès de Fanny BIASCAMANO le
27 décembre à l’âge de 46 ans. Elle avait représenté la France en 1997.
RIP FANNY.
Je viens de le lire. Quand Lolotte avait publié son top 10 la semaine dernière, on en avait parlé mais on ne s’ attendait pas à son décès dans les 3 jours. Elle avait le même âge que ma soeur.
J’ ai lu qu’ elle avait des origines italiennes et espagnoles, 2 pays bien classés la même année respectivement 4ème et 6ème avec chacun 1 12, la France en a eu 3 pour une 7ème places. 2 ans auparavant, nous étions 4ème (3 places de mieux) mais un score moins élevé et aucun 12.
Vos goûts sont très discutables. Osez critiquer la qualité musicale du concours de cette année avec raison pour en mettre les pires exemples. C’est risible. Il ne manquait plus que l’Estonie et vous aviez le summum.
Les goûts de tout un chacun ne sont pas discutables !
Personne n’a le monopole du « bon » goût !
Ce qui est risible c’est justement les gens qui disent avoir « bon » goût, et ces gens ont souvent un ego surdimensionné …
Paul Oscar en 1997 pour l’Island et Erika Vickman pour la Finlande cette année ont marqué l’Eurovision avec un bon égotisme à la différence de certains interprètes qui confondent l’érotisme avec l’erotismr de bas étage. À comme je regrette que qdesriny n’ai pas représenté Malte cette année à la place de la chanteuse choisie !
Destiny a de la classe !
Je te remercie de citer Monsieur Roger Federer qui a l’honneur d’avoir une chanson pour lui : Le geste de Federer de Monsieur Serge Lama.
Esa diva me permet de rendre hommage non pas a une diva mais a l’iconique Madame Brigitte Bardot.
Je suis curieuse de connaitre l’interval act autrichien. Sera t’il a la hauteur du numero suisse?
Tierce presque feminin.
Alis fera t’il aussi bien que ses predecesseurs?
Reponse en mai. J’espere que tu trouveras plus de plaisir, meme si j’ai renonce d’aller a Vienne.
Pour moi, il y a la France de l’ eurovision junior, les Pays-Bas (il a terminé 5ème coté jurys sans marqué un 12, je l’ ai classé 2ème à sa demi-finale), l’ Autriche et la Suisse (la langue française était à l’ honneur coté jurys puisqu’ elle occupe les 2ème, 3ème et 5ème places). Je trouve dommage que tu n’ ais pas classé Louane.