Demandez le Petit Journal, demandez le Petit Journal de l’été ! On profite de ce dernier week-end avant la rentrée pour revenir sur les actus croustillantes de la planète Eurovision.

Au sommaire : une fausse joie du côté de l’Asie, une bonne perdante qui ne faisait pas le poids, la participation d’un pays plus que jamais remise en cause, un présentateur phare et atout charme de l’euromonde qui quitte France Télévisions… et autres infos !

Eurovision Asia : dis-moi oui… mais non

C’est LA rumeur qui a animé la planète Eurovision la semaine passée. Alors que le concours Eurovision Asia se fait attendre depuis 2017 – date de sa première annonce officielle, une lueur d’espoir est venue égayer l’euromonde il y a quelques jours. Le télédiffuseur bhoutanais BBS a effectivement programmé un concours intitulé Druk Dra: Road to Eurovision Asia, dont le présentateur a annoncé qu’il servirait de sélection nationale pour la première édition de l’Eurovision Asia, qui devrait se dérouler à Mumbai en Inde et mettre en compétition 18 pays participants. Mais ce n’est pas tout ! Le télédiffuseur vietnamien HTV7 a quant à lui dédié son créneau du 31 août à 19h30 à un mystérieux programme intitulé tout simplement Eurovision Asia. De quoi donner un crédit sérieux à une confirmation très prochaine de l’arrivée du concours sur le continent asiatique…

… Las ! C’était sans compter sur l’UER, qui s’est empressée de démentir l’information par la voix du directeur du concours de l’Eurovision, l’inénarrable Martin Green. Ce dernier a en effet déclaré à nos confrères du podcast The Euro Trip que, si l’organisme de radio-télévision serait ravi de voir éclore la compétition asiatique, il n’y avait aucun projet ou confirmation officielle de lancement de l’Eurovision Asia à ce jour. Les titulaires des droits sur la marque ont engagé des discussions avec le télédiffuseur bhoutanais, qui s’est empressé de retirer le programme des plateformes digitales. Martin Green a ajouté que l’UER serait ravie de voir se développer de nouvelles versions continentales de l’Eurovision sous une même marque, mais qu’à ce jour, aucun projet n’est en cours de réalisation.

Les cartouches d’Innsbruck

Il n’y a pas eu match (et Netta s’est surtout une fois de plus royalement plantée). Face à la grandissime favorite Vienne, Innsbruck n’a eu d’autre choix que de s’incliner platement dans la course finale à la ville hôte, la capitale viennoise ayant fait l’unanimité au sein du comité de sélection face aux atouts non moins soulignés de sa concurrente tyrolienne. Mais quelles étaient les propositions de cette dernière pour l’accueil de l’Eurovision 2026 ? Le Kronen Zeitung s’est penché sur la question.

La capitale tyrolienne se présentait avec un concept fort et durable, baptisé Together On Top. Elle visait l’organisation d’un événement hyper-centralisé, en mode « ville du quart d’heure » (autrement dit : une majorité des équipements du concours accessibles à moins de 15 minutes à pied), avec notamment l’Eurovision Village sur la Landestheaterplatz. Mais en dépit du splendide paysage alpin et de ses qualités, la candidature de la capitale tyrolienne souffrait avant tout de plusieurs handicaps difficilement surmontables. Avec une capacité d’hébergements inférieure et un accès par transports plus complexe, Innsbruck ne jouait clairement pas dans la même cour que Vienne, d’autant que la majorité des hôtels de la ville se situent à distance du centre. Ajouté à cela l’installation de la Green Room dans une salle annexe éloignée de l’Olympiahalle (lieu d’accueil potentiel du concours) qui aurait forcé participants et délégations à faire le trajet en bus, cela était décidément rédhibitoire pour l’accueil de la 70ème édition.

Maire (ÖVP) d’Innsbruck, Johannes Anzengruber s’est montré bon perdant en félicitant Vienne et en affirmant que la bataille jusqu’au boutiste entre la capitale viennoise et la capitale tyrolienne était un signal fort pour cette dernière, qui a ainsi pu s’offrir une exposition sur la scène internationale et une reconnaissance en tant que ville hôte de grands événements.

La Slovénie sur le point de se retirer ?

Comme vous n’êtes pas sans le savoir (le contraire eut été étonnant à moins de vivre sur les îles Kerguelen), la participation d’Israël à l’Eurovision fait polémique depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, consécutif aux attaques terroristes du 7 octobre 2023. Plusieurs pays participants font ainsi pression sur l’UER dans le but d’entraîner l’éviction du pays de la compétition avec, parmi eux, la Slovénie. En dépit de son poids au sein du concours et de sa petite taille, son télédiffuseur, RTV SLO, est l’un des plus actifs sur la question, au point de remettre en cause sa propre participation à l’Eurovision, comme affirmé par sa directrice générale Ksenija Horvat dans un communiqué officiel daté de mai dernier

L’une de ses anciennes représentantes ne s’est d’ailleurs pas privée de dire ce qu’elle en pensait sur les réseaux sociaux. Ancienne responsable du comité musical du conseil des programmes de RTV SLO, Alenka Gotar (qui avait porté les couleurs du pays à Helsinki en 2007) a déclaré que, bien qu’elle n’ait plus aucun poids décisionnel ou pouvoir d’influence au sein du télédiffuseur, elle est favorable au retrait de la Slovénie en cas de maintien de la présence d’Israël dans la compétition. Surtout, elle a affirmé « [être] presque convaincue à 100% que, en raison de la non-disqualification d’Israël de l’Eurovision, la Slovénie ne participera pas à l’Eurovision. »

Une déclaration suffisante pour semer l’alerte sur la planète Eurovision, alors que Martin Green, directeur du concours, a récemment déclaré qu’une décision sur la participation israélienne serait prise d’ici la fin de l’année selon l’évolution de la situation. Surtout, pour l’heure, le télédiffuseur slovène n’a pas encore statué officiellement sur sa présence à Vienne en mai prochain. Une chose est sûre : quelle que soit le sens de la décision prise par l’UER, elle pourrait bien ne pas être sans conséquence sur la participation de certains pays à l’Eurovision 2026.

Olivier Minne et France 2, c’est (vraiment) fini

On ne pouvait décemment pas publier ce Petit journal sans une allusion à cette information qui, disons-le, nous fend le cœur. Après plus de trente ans de bons et loyaux services sur le service (sic) public, Olivier Minne a officiellement quitté France 2 hier soir avec la diffusion de l’ultime épisode de Fort Boyard qu’il animait depuis vingt-trois ans. Une grande perte pour France Télévisions (qui n’a pas su toujours employer l’un de ses animateurs vedette à bon escient à certaines périodes), mais aussi pour la planète Eurovision, qu’il a su conquérir avec son charme indéniable, son accent british inégalable et une vraie sympathie (que nous avions eu la chance de constater en interview à Nice).

La liste du CV du beau belge est sans doute trop longue pour être évoquée ici, mais on va ici rester focus sur l’Eurovision (en même L’Eurovision au Quotidien…), puisqu’au fil de sa carrière, Olivier Minne s’est imposé comme un membre à part entière de la famille Eurovision France. Porte-parole du jury français en 1992 et 1993, il a ensuite commenté le concours à trois reprises en 1995, 1996 et 1997. Après de trop nombreuses années passées loin de l’euromonde, c’est sur lui que France 2 jette son dévolu pour présenter l’Eurovision Junior en 2021, à l’occasion de la première édition du concours accueillie par la France. Sa prestation aux côtés d’Élodie Gossuin et Carla Lazzari enthousiasme et séduit tellement que c’est à lui que le télédiffuseur a fait de nouveau appel deux ans plus tard pour l’accueil du concours junior à Nice, où il a fait cette fois équipe avec Laury Thilleman et Ophenya.

À celles et ceux qui en rêvaient, c’est le coeur brisé et la mort dans l’âme qu’il faut désormais se rendre à l’évidence : en quittant France Télévisions pour rejoindre M6 (où il animera notamment Le maillon faible), Olivier Minne ne présentera donc probablement pas l’Eurovision le jour où notre pays ramènera (enfin) le concours à la maison. Ô rage, ô tristesse, ô désespoir… P

as de quoi empêcher toutefois et évidemment la rédaction de te souhaiter, cher Olivier, tous nos voeux de réussite dans cette nouvelle aventure !

Sinon ?

  • Le Luxembourg et la Finlande ne feront pas leurs grands débuts à l’Eurovision Junior cette année. L’espoir était pourtant de mise après la diffusion du concours sur RTL Zwee l’année dernière côté Grand-Duché et l’envoi d’une délégation finlandaise à Nice en 2023. Pour la contrée de Käärija et d’Erika Vikman, la question de l’âge de participation (jugé trop jeune par rapport aux standards du télédiffuseur) et les coûts financiers trop élevés ont ainsi refréné les ardeurs d’Yle.
  • The Voice pour la sélection du représentant polonais en 2026 ? Si la TVP n’a pas encore confirmé sa présence à Vienne (qui ne fait guère de doute), le télédiffuseur – habitué à osciller entre sélections interne et nationale – n’a pas encore dévoilé les modalités du choix de son candidat. Une récente vidéo du célèbre télé-crochet sur TikTok intitulée « Qui aimeriez-vous voir sur la scène de l’Eurovision sous les couleurs de la Pologne ? » semble toutefois annoncer la couleur, d’autant qu’est posée la question suivante : « Que se passerait-il si un autre représentant polonais à l’Eurovision se cachait dans ce studio… ? » Quoiqu’il en soit, si TVP décidait de caler sa sélection nationale sur le format The Voice, elle suivrait ainsi le modèle adopté cette année pour l’Eurovision Junior.
  • Des prétendants pour la Turquie à l’Eurovision. Parmi les plus grosses stars de la pop turque du moment, Edis a récemment déclaré en interview que le retrait turc du concours était une erreur et, qu’au-delà des plans de carrière, l’Eurovision pourrait être une source d’inspiration pour les futurs musiciens. Surtout, au-delà de plaider pour le retour du pays, il a déclaré être prêt à en endosser les couleurs. Autre candidate : la star Demet Akalın, habituée aux sommets des charts turcs, est également sur les rangs, à condition toutefois de chanter en turc (rien d’insurmontable en somme).
  • Représentant texan à l’American Song Contest en 2022, Grant Knoche semblerait partant pour représenter les États-Unis à l’Eurovision, mais pas dit qu’on soit chaud à l’idée de voir débarquer le pays au concours…
  • Remember Monday a choisi ses favoris pour le Royaume-Uni 2026 ! Interrogées au micro de Gaydio, Lauren, Holly-Anne et Charlotte aimeraient ainsi voir Susan Boyle (ex finaliste de Britain’s Got Talent), JADE (dont l’un des derniers titres a atteint le top 10 des charts britanniques), Paul Potts (vainqueur de la première saison de Britain’s Got Talent) ou Bimini (finaliste de la deuxième saison Drag Race UK) sur la scène de l’Eurovision. Alors, on en pense quoi ?

La virée en Italie du week-end

Espresso macchiato n’était donc qu’un début pour le truculent Tommy Cash, qui a offert à l’Estonie son meilleur classement à l’Eurovision depuis plus de vingt ans. Le rappeur estonien, déjà peu avare de polémiques et décidément sans tabous, a décidé de poursuivre sur sa lancée italophone avec un nouveau titre cette fois intégralement en langue italienne. Sobrement intitulé OK, le titre résonne une nouvelle fois comme une déclaration d’amour ironique à l’Italie à coups d’espresso, de Donatella et de mortadella, le Dante en moins dans le texte (sinon ce ne serait pas drôle). Écoutez un peu le refrain : « Moi okay, toi okay, nous okay, alors tout le monde est d’accord ? » CQFD. Sinon, vous saviez que Cash serait en train de se chauffer pour Sanremo selon la rumeur ? Vous n’êtes décidément pas prêts…

C’est (déjà) fini pour ce neuvième numéro du Petit Journal de l’été ! Rendez-vous dimanche prochain même heure pour une nouvelle édition.