Nous n’en sommes qu’à la quatrième édition du concours de l’Eurovision et il a lieu pour la première fois en France après la victoire d’André Claveau l’année précédente, plus précisément à Cannes. L’idéal serait de récidiver avec une deuxième victoire d’affilée, mais finalement, ce sera tout de même une place sur le podium.
1959
Cette année 1959 nous apporte quelques évènements dignes d’intérêt, à commencer par l’inauguration d’un pont à haubans qui va relier pour la première fois la haute et la basse Normandie. Au niveau scolaire, c’est une année importante car la loi sur l’obligation de scolarité jusqu’à 16 ans est promulguée et une autre loi est adoptée en fin d’année concernant le règlement des rapports et du fonctionnement des établissements d’enseignement privé et l’État. Enfin, comment ne pas mentionner le terrible drame à Fréjus causé par une gigantesque vague qui va entraîner la rupture du barrage de Malpasset, provoquant la mort de plus de 400 personnes et des dégâts considérables dans toutes les infrastructures de la ville. Au cinéma, c’est La Vache et le Prisonnier, film franco-italien qui est largement en tête des entrées, mais deux autres films français se classent aux 4ᵉ et 5ᵉ places : Babette s’en va en guerre et Les Liaisons dangereuses 1960. La chanson française se concentre essentiellement sur des artistes comme Dalida, Les Compagnons de la chanson, et aussi Guy Béart. Faisons une petite incursion dans la bande dessinée puisque c’est précisément en 1959 que les personnages d’Astérix et Obélix font leur apparition. Enfin, côté sport français, pas grand-chose à « se mettre sous la dent » si ce n’est la victoire de l’équipe de France de rugby au tournoi des Cinq Nations.
La France choisira pour le concours de l’Eurovision l’artiste et sa chanson lors d’une finale organisée en interne et c’est Jean-Philippe, âgé de 29 ans, qui a eu cet honneur, avec une chanson intitulée Oui, oui, oui, oui. Cette chanson a été écrite par Pierre Cour, qui a déjà œuvré pour le concours en écrivant Tom Pillibi pour Jacqueline Boyer en 1960 et L’amour est bleu pour Vicky Léandros en 1967. Elle a été composée par Hubert Giraud, lui aussi déjà impliqué dans le concours de l’Eurovision en composant les chansons d’André Claveau l’année précédente, et aussi les deux chansons pour Monaco en 1960 et 1961.
Le thème de la chanson est un rêve d’un voyage avec sa bien-aimée en bateau à travers les mers et les océans du monde. Jean-Philippe passera en première position lors de la finale et se classera à la 3ᵉ place à l’issue de cette dernière.
Après avoir représenté la France, Jean-Philippe participera une deuxième fois au concours en représentant cette fois-ci la Suisse en 1962. Ensuite, sa carrière sera brève et dès la fin des années 60, on n’entend plus parler de lui.
Jean-Philippe – Oui, oui, oui, oui
L’avis de Marie : « Une chanson dans la pure tradition de ce que la France a proposé depuis la première année du concours. Il est vrai qu’il n’y avait aucune raison de changer puisque cela fonctionnait mais je trouve que cette chanson est très vite oubliable et qu’il n’y a aucun moment marquant. J’ai beau la réécouter, elle ne m’interpelle pas, mais tant mieux pour la France que les jurys européens de l’époque aient apprécié. »
L’avis de Zipo : « Ce n’est pas une chanson désagréable, mais ce n’est pas non plus une merveille : c’est assez basique même si c’est une chanson assez rythmée pour l’époque. En fait, c’est une chanson que j’oublie facilement et qui était passée « loin de mes radars » et de ce fait, bien que je l’aie réécoutée spécialement pour cette rubrique, je ne sais pas trop quoi en dire si ce n’est que cette troisième place reste pour moi très généreuse. »
Ce bon résultat obtenu au concours nous oblige à rechercher deux chansons qui auraient tenu la route lors de la compétition à Cannes, dans une année où les chansons françaises ne sont pas très nombreuses sur le marché. Néanmoins, nous avons trouvé deux chansons convenables qui auraient pu se substituer à celle de Jean-Philippe : Ne me quitte pas de Jacques Brel et Mon homme est un guignol interprétée par Colette Renard.
Jacques Brel – Ne me quitte pas
Marie : « Vous allez me dire que Jacques Brel est belge, mais j’aurais bien aimé qu’il représente la France à l’Eurovision. C’est un grand monsieur de la chanson française, il fait partie de notre patrimoine musical et cette chanson est extraordinaire par la façon dont il l’interprète. »
Colette Renard – Mon homme est un guignol
Zipo : « Colette Renard est une artiste typique des années 50 et cette chanson en est la parfaite illustration : elle est une excellente interprète qui excelle dans ce type de chansons très parisiennes à tendance cabaret avec des thèmes très concrets exposés très clairement mais sous une forme humoristique voire ironique. J’ai toujours apprécié ce style de chansons et je pense que la France aurait dû, au moins une fois, tenter le pari d’en présenter une au concours durant les années 50 et 60. Je me permets de le faire dans le cadre de cette rubrique et je pense qu’elle n’aurait pas démérité. »
Maintenant, chères lectrices et lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous préférez parmi ces trois propositions : soit une des deux proposées par nos soins, soit tout simplement celle qui a été officiellement en compétition.
Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1959. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.
Crédit photographique : EAQ / Vidéos YouTube







Cette chanson est pour moi l’exemple typique d’une mélodie agréable, entrainante et bien ficelée gâchée par des paroles insipides. De plus, vocalement, on ne peut pas dire que Jean Philippe lui donne une dimension extraordinaire. Alors on va dire que c’est… gentillet, sans plus. Mias pas pire que les anglais Pearl Carr & Teddy Johnson, deuxièmes avec un « Sing, Little Birdie » puéril.
Le vrai gagnant de cette édition 1959 aurait dû être Domenico Modugno et sa chanson « Piove (Ciao, ciao bambina) »…
https://youtu.be/C2kTaODmQpQ?si=C4nWq4uijxZ82Y-_
Quand j’ai vu que Marie proposait « Ne me quitte pas » j’ai tout de suite pensé : » Bah non, pas ça ! ça peut pas le faire !!! » Cette chanson est tellement intense et habitée que je me demande comment – au milieu des comptines et des ritournelles proposées à l’époque – comment J. Brel aurait pu trouver sa place et d’une certaine façon sa légitimité…
C’est pourquoi je vais donner ma voix à Colette Renard, grande dame de la chanson, dont le répertoire souvent léger (en apparence), parfois caustique, aurait pu correspondre avec plus d’aisance avec ce que la légèreté, l’espoir et l’insouciance que le concours semblait vouloir véhiculer à l’époque… Le côté « chanteuse de bar » cadrait très bien avec le Paris d’après-guerre : elle aurait représenté la France avec talent !
J’aurais aimé proposer « Tout l’amour que j’ai pour toi » de Dario Moreno bien que la musique soit l’adaptation de la « Lettre à Elise » de Beethoven. mais quelques recherches m’apprennent que c’est une reprise de « Passion Flower » des Fraternity Brothers…
https://youtu.be/O3Mv4IeMZoE?si=QPAmZAIoQsRBppj4
Je propose donc
1 – « Le marchand de bonheur » des Compagnons de la chanson (sachant qu’il aurait fallu éliminer 3 chanteurs du groupe pour cadrer avec la règle des 6 personnes présentes sur scène). C’est joyeux, mélodieux et entrainant !
https://youtu.be/LwRN_GEYYtc?si=V7EoPznOCkuJJgfH
2 – « Aragon et Castille » par Ginette Garcin. a l’origine c’est une chanson de et par Bobby Lapointe. Mais je me dis que cet électron libre était le Sébastien Tellier des années 50/60…Donc je joue la prudence scénique ! Mais cette chanson à la limite de l’absurde est à mes oreilles un bijou.
https://youtu.be/E_7I5C9XAVE?si=N-FPBj-OOB3VEANh
3 – « Pilou pilou hé » par Gilbert Bécaud. Chanson entrainante et légère qui – me semble-t-il était bien représentative de cette envie toute simple d’insouciance et de rêve propre à ces années-là…
https://youtu.be/N97LVUIv57U?si=vGm0tXvDdL8Jcr2x
Ma préférence va à la chanson des Compagnons de la chanson, « Le marchand de bonheur » car c’est celle que je trouve la plus aboutie, musicalement et vocalement.
– Je suis d’accord : l’Italie devait gagner en 1959.
– Je ne sais pas quel aurait été son classement final; mais il se serait démarqué des autres concurrents, c’est une évidence.
– Je ne vais pas tergiverser : Les Compagnons de la Chanson étaient mon 2ᵉ choix dans notre liste initiale et j’ai finalement opté pour Colette Renard de très peu.
Devenue un tube grâce à Sacha Distel, « Oui, oui, oui, oui » est une chanson charmante.
Sa 3ème place est légèrement surévaluée pour moi mais pas scandaleuse.
J’aurais toutefois adoré que la grande Colette Renard nous représente. Je vote pour elle !
Dois-je le dire ? J’ai toujours trouvé « Ne me quitte pas » tellement plombante…
– Vue le choix limité cette année-là, on peut considérer que la 3e place n’était pas usurpée.
– « Ne me quitte pas » est une ballade atypique qui ne ressemble à aucune autre et elle est chantée par Jacques Brel. Quelqu’un d’autre l’aurait chantée, je n’aurais certainement pas été réceptif.
En 1959, nous avions terminé 3ème à domicile en passant en première position.
J’ ai voté pour Jacques Brel. J’ ai repéré « Milord » d’ Edith Piaf, « le poinçonneur des Lilas » de Serge Gainsbourg, « salade de fruits » de Bourvil, « scoubidou » de Sacha Distel en plus de sa version de la chanson française de l’ eurovision, « le marchand de bonheur » des compagnons de la chanson, « bleu, blanc, blond » de Marcel Amont et « nouvelle vague » de Richard Anthony.
Pauline a mis comme lien la bande originale du film « le chemin des écoliers » avec Bourvil et Alain Delon père et fils. Le rôle de la fille était tenu par Martine Harvet membre du groupe Profil nous ayant représenté en 1980 décédée le 13 janvier 2015 à l’ âge de 67 ans.
– Certaines de ces chansons sont des reprises, alors nous avons pris soin de ne pas les choisir.
— Également beaucoup de chansons cette année-là dont on pourrait croire qu’elles étaient sorties en 1959 et finalement, elles l’avaient été en 58 ou 60.
https://youtu.be/75lFwcGucOA?si=aRj3J52nze-AEczE tel est mon dernier lien. Chanson reprise par mon idole.
Deuxième lien :https://youtu.be/7DrpHBcOxuQ?si=-ZVMwURMMN9LW5wc
– Je réponds ici, sur ce lien en particulier puisque c’est la chanson que je préfère parmi les trois proposées et largement en tête.
Cher ZIPO
Maintenant les chansons de cette année :
Premier lien :https://youtu.be/5pPACqc-Xio?si=wnqz9CAwGbl1ApqD J’ai adoré le film avec Bourvil Alain Delon et Jean Claude Brialy.
Chère Marie
Dernier lien : https://youtu.be/kacJM7IOsfA?si=4QM2l7Gn8QN5x9Di
Chère Marie
Dans le répertoire de Jacques BREL j’aime L’aventure, Le moribond traduit par Terry JACKS en 1974 pour Seasons in the sun Nina SIMONE a repris Ne me quitte pas. Pierre PERRET lui a rendu hommage https://youtu.be/PlXu9JwZbc0?si=BTK5xQvfDhwtBsxj
Enfin en italien : https://youtu.be/jrxy2f4YhCQ?si=UQA5ZW0miSVk-Wes La version française est chantée par Sheila et deux enfants et aussi par Michel SARDOU Aujourd’hui anniversaire de son père Fernand Jean Claude BRIALY Enrico Macias Serge LAMA.
Je vote pour Monsieur Jacques BREL. La chanson de Jean Philippe est d’une telle simplicité et je ne connais pas la chanson de Colette RENARD. Ne me quitte pas écrit pour Madame Suzanne GABRIELLO qui en fait l’a quitté est un classique et on ne peut que vibrer. La chanson de Colette est sympathique. Je l’aime comme une folle et moi j’aime ainsi cette rubrique.
En allemand :https://youtu.be/xqTBlft8gQA?si=exuoK3oAzsflfgA2
Et aussi en etranger ;
En anglais : https://youtu.be/jCbBb-z8BGw?si=IuQGXOL9sC9fXHGq
En dehors des places à classer je mets Andy des Rita Mitsouko. Ils ont de meilleurs titres comme evoqué.
2 https://youtu.be/oQvY-e-cVUU?si=w6GD92Fr8PN06NAa
J’ai répéré cinq chansons ou on dit oui :
1 https://youtu.be/JbTNJyP-Mkk?si=ULS6wcmssFk1Jf-L
Est ce que tu connais cette version ? https://youtu.be/FxG98wCBSqc?si=BF-2ccqiiDwxsENH
– Oui, et d’ailleurs, je la préfère à celle de Jean-Philippe.
Cher Zipo chère Marie
Cette année, naissance de https://youtu.be/UY-QlWEGB68?si=TwTorZss_qkU1nju. Quel bonheur de voir Messieurs Hugues Aufray et Amir d’être décorés de l’Ordre National du mérite. Pour samedi si Anmary est qualifiée est ce que je continue sur le thème de la chanson ou restes tu sur la chanson de Casimir ?
– Je te laisse libre de ton choix : de toute façon, si par hasard, aucune des nouvelles chansons sur le thème me plaît, je garderai Casimir.