Il aura fallu 33 ans pour que le concours retourne en Suisse, plus précisément à Lausanne après la victoire de Céline Dion. Le déplacement aura été très court pour la France : cette décennie aura été moyenne pour la France, ni très bonne, ni très mauvaise, excepté un podium en 1981. En cette dernière année de la décennie 80, ce sera une nouvelle fois un résultat honorable mais pas de nouveau podium.

Quelques nouveautés en France en cette année 1989 et en premier lieu, l’inauguration de la Pyramide du Louvre à Paris, un monument qui fait jaser et qui crée la polémique. C’est aussi l’année où un grand défilé est organisé sur les Champs-Élysées à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française ; on peut aussi souligner la mise en place effective de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) et une autre inauguration, celle de la Grande Arche à la Défense à l’ouest de Paris. Le septième art a été très discret car le premier film français en nombre d’entrées n’est classé qu’en 11ᵉ position avec légèrement plus de deux millions d’entrées et il s’agit de Trop belle pour toi. C’est le contraire dans le monde de la chanson française : quatre artistes ont obtenu un disque de diamant avec leur album, Francis Cabrel, Patrick Bruel, François Feldman et un autre artiste francophone, Roch Voisine. Enfin, le sport français n’a pas brillé : citons le troisième titre de Formule 1 pour Alain Prost.

Pour le concours de l’Eurovision, la France va choisir en interne une très jeune interprète belge, Nathalie Pâque, née à Rocourt près de Liège, qui allait fêter ses 12 ans cinq jours après le concours, ce qui fera d’elle la plus jeune interprète du concours pour le pays. Le titre de sa chanson s’intitule J’ai volé la vie, écrite par Sylvain Lebel, auteur-compositeur mais aussi éditeur d’ouvrages sur la gastronomie. Il a écrit le tube Les bêtises pour Sabine Paturel. La chanson a été composée par un duo comprenant Guy Matteoni, auteur-compositeur, interprète et accordéoniste ayant beaucoup collaboré avec Pierre Bachelet, et Roger Candy, lui aussi auteur-compositeur qui a participé activement à l’aventure du Big Bazar avec Michel Fugain.

La participation de Nathalie Pâque à un si jeune âge au concours a été controversée et cela aboutira à mettre en place un âge minimum requis pour participer à l’Eurovision, il sera de 16 ans. J’ai volé la vie est passée en 15ᵉ position le soir de la finale et elle terminera 8ᵉ du classement, deux places de mieux que Gérard Lenorman l’année précédente.

Nathalie Pâque poursuivra sa carrière avec trois albums sortis après sa participation au concours. Elle participera également à des comédies musicales ainsi qu’à des pièces de théâtre avant d’intégrer le Parc Astérix, d’abord comme chanteuse et ensuite comme metteuse en scène du spectacle.

L’avis de Marie : « Je tire mon chapeau à Nathalie Pâque car participer au concours Eurovision aussi jeune et avoir assuré comme elle l’a fait, ce n’est pas évident du tout. Nul doute qu’elle aurait gagné le junior s’il avait existé à l’époque car pour pratiquement 12 ans à l’époque, on ne peut qu’applaudir sa performance. Concernant la chanson, elle n’est pas mal du tout, elle aurait mieux correspondu à une artiste plus âgée pour donner plus de texture et une dimension plus adulte. Mais je dis bravo, elle a défendu son titre avec conviction et l’innocence de son âge. »

L’avis de Zipo : « C’est une jolie chanson mais je n’ai pas du tout accroché. C’est tout un ensemble qui compose cette chanson qui ne m’inspire pas (interprétation, musique, refrain) et qui me laisse assez indifférent. Après, malgré les défauts de cette chanson, étant donné la faiblesse de ce concours 1989, j’estime que cette 8ᵉ place n’est pas usurpée : il y avait tellement pire… »

Cette année 1989 a été riche de très bonnes chansons en France ; nous avions donc beaucoup de choix pour en trouver deux qui répondent à l’objectif suivant, se classer au-dessus de la 8ᵉ place du concours. Voici nos deux chansons qui auraient eu cette mission : Aimons-nous vivants interprétée par François Valéry et Joue pas interprétée par François Feldman et Joniece Jamison.

Marie : « J’ai choisi pour cette année 1989 une chanson entraînante et dansante qui est l’un des plus gros succès de François Valéry et de cette année-là. Cette chanson est née d’un moment triste vécu par l’artiste car il assistait aux obsèques d’un de ses amis proches. Il a été inspiré et a composé Aimons-nous vivants. Le message qu’il a souhaité faire passer à travers cette chanson réside dans le titre de la chanson. Il est clair et explicite et il aurait envoyé à l’Europe un joli message. »

Zipo : « Voilà une chanson comme je les aime, dynamique, énergique ; bref, qui fait bouger en cadence. Et bien que j’aime le répertoire de François Feldman, cette chanson ne ressemble pas du tout à son style habituel et le fait que ce soit un duo est un plus décisif d’autant plus que la jeune femme est absolument parfaite et complémentaire. L’un sans l’autre et la chanson n’aurait pas du tout eu la même « saveur ». La France aurait eu de l’audace si elle avait concouru à Lausanne avec ce titre, mais avec des si, on refait l’essence même du concours… »

Maintenant, chères lectrices et lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous préférez parmi ces trois propositions : soit une des deux proposées par nos soins, soit tout simplement celle qui a été officiellement en compétition.

Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1989. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.

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