Demandez le petit journal, demandez le petit journal ! Vous auriez bien tort de rater ce numéro 16, surtout qu’il s’en est encore passé sur la planète Eurovision à quelques mois des 70 ans du concours.
Regardez un peu le sommaire : l’Eurovision 2026 s’offre un nouveau partenariat, la participation d’Israël encore sur toutes les lèvres, un Dreaming San Marino Song Contest déjà très teinté Eurovision, des polémiques en Pologne… et plein d’autres choses. Bonne lecture !
Un nouveau sponsor pour l’Eurovision 2026 (et un concours pour les ados)

La France a la SNCF, l’Autriche a l’ÖBB (Chemin de fer fédéraux autrichiens) ! Et à l’occasion des 70 ans du concours, l’entreprise ferroviaire publique sera le sponsor national de la mobilité. Autrement dit, ce partenariat permettra de rendre l’Eurovision visible dans tout le pays, puisqu’un train aux couleurs du concours sera mis en circulation dès mi-février, tout en mettant en avant une mobilité respectueuse du climat. Avec sa filiale touristique ÖBB Rail Tours, la société de chemins de fer proposera également des offres combinant transport, hébergement et accès à l’Eurovision. De quoi intéresser les eurofans désireux d’une mobilité douce pour leur voyage destination Vienne même si, côté français, la ligne de nuit Paris-Vienne a fermé le 14 décembre dernier.
Mais ce n’est pas tout ! Pendant qu’on parle sponsors et partenariats, le télédiffuseur autrichien et le gouvernement s’associent quant à eux pour lancer un concours à destination des plus de 14 ans scolarisés dans les établissements secondaires du pays. Intitulé « United By Music » (original, hein ?), le projet invite les ados à proposer des créations originales, des reprises ou de la poésie musicale pour des performances d’une durée d’entre 2 et 5 minutes. Le dépôt des candidatures auprès du Ministère fédéral de l’éducation est ouvert jusqu’au 27 mars. Ensuite, un jury sélectionnera une proposition par land, les neuf heureux lauréats devant se produire lors d’un spectacle. Les trois meilleures prestations auront par la suite l’occasion de se produire sur scène le 12 mai prochain dans le cadre d’un événement organisé juste avant le début du concours.
Quand le Dreaming San Marino Song Contest vire à l’amicale des anciens de l’Eurovision (et des sélections nationales)


Alors que le San Marino Song Contest se déroulera début mars sous un format inédit de trois soirées, les auditions de sa pré-sélection Dreaming San Marino Song Contest battent leur plein, avec plus de 800 candidatures enregistrées au 13 janvier. Depuis plusieurs semaines, les aspirants se succèdent au sein du San Marino Outlet Experience (50 boutiques pour les intéressés) pour tenter de se qualifier pour la Stage & Live Academy, qui permettra de désigner les 40 demi-finalistes de l’aventure. Et une fois n’est pas coutume, on retrouve de nombreux noms connus des eurofans dans la liste des auditionnés, entre les anciens représentants à l’Eurovision et les participants déçus aux sélections nationales d’autres pays.
Ainsi, après sa troisième place au Festivali i Kengës 2025 il y a quelques semaines, Sheila a pris part au casting du Dreaming San Marino Song Contest avec sa chanson de la sélection albanaise, Zemra e Tokës. Elle n’est évidemment pas la seule à participer aux auditions saint-marinaises, puisque sont également au rendez-vous Xannora Xan (Ethnikos Telikos 2025), PolarAce (EMA 2025), Zeleno (auditions de la Selecția națională moldave 2026), ELYSA (plusieurs fois candidate à l’Eesti Laul), Mirud (ex du Festivali i Kengës lui aussi), Luan Durmishi (ex Festivali i Kengës encore) ou encore Energia (sélection britannique 1999 et San Marino Song Contest 2025). Représentante albanaise à l’Eurovision Junior 2023, Viola Gjyzeli – désormais âgée de 16 ans – a elle aussi tenté sa chance, visiblement décidée à franchir le cap du concours adulte pour mieux inscrire ses pas dans ceux de Destiny ou Bzikebi. Marcin Szczurski avait quant à lui envoyé deux contributions à la TVP pour représenter la Pologne à l’Eurovision 2024, mais sa candidature n’avait pas été retenue par le télédiffuseur (qui avait fait sa sélection en interne cette année-là).
Dans cette liste se cachent également des eurostars, puisqu’après avoir représenté la Pologne à l’Eurovision en 2011 (où elle avait terminé à la dernière place de sa demi-finale), Magdalena Tul souhaite désormais endosser le maillot de la Sérénissime ! La polonaise n’en est pas à son coup d’essai pour un autre pays, puisqu’elle avait été recalée aux auditions de Die grosse Entscheidungs Show, la sélection suisse de 2013. Elle n’est pas la seule ex de l’Eurovision à partir à la conquête de Saint-Marin, puisque le duo Maraaya, qui avait représenté la Slovénie en 2015 avec Here For You – et qui ne risque pas d’en porter à nouveau les couleurs cette année en raison du retrait du pays, a également pris part au Dreaming San Marino Song Contest.
Décidément habituée aux opérations recyclage, la SMRTV, télédiffuseur local, ajoutera t-elle les noms d’autres eurostars ou prétendants déçus au line up du San Marino Song Contest ? Dans l’attente, l’appel à contributions reste ouvert jusqu’à ce dimanche. La liste complète des artistes auditionnés est disponible sur le site officiel du Dreaming San Marino Song Contest.
Quand la participation d’Israël s’invite dans les sélections nationales



La participation polémique de l’État hébreu est encore et toujours sur toutes les lèvres. Après que 13 des 16 participants au Festival da Canção aient annoncé refuser de représenter le Portugal à Vienne en cas de victoire – dans la lignée des pressions subies par le télédiffuseur pour l’inciter à se retirer, plusieurs participants aux sélections nationales ont été interrogés à ce sujet, là où une nouvelle eurostar a carrément donné son avis sur la question.
Vainqueur de l’Eurovision 2009, représentant norvégien lors de l’édition 2018 et à nouveau candidat au Melodi Grand Prix cette année, Alexander Rybak a été interrogé au sujet de sa présence en sélection malgré les nombreux appels au boycott. Il a répondu « Si je croyais sincèrement que ne pas participer au MGP contribuerait à la paix au Moyen-Orient, alors bien sûr, je le ferais. Mais je n’en suis pas convaincu. » Du côté de la Finlande voisine, la participation d’Israël au concours est également dans tous les esprits, surtout que le télédiffuseur Yle – qui a confirmé tardivement sa participation – fait aussi l’objet d’appels au boycott. Comme le souligne le journaliste musical Ville Vedenpää, à l’heure où l’UMK s’impose comme un phénomène musical en Finlande et où l’attention est déviée vers la politique, la plupart des participants ont opté pour des réponses prudentes quant à leur volonté de représenter leur pays à Vienne en cas de victoire. Tous déclarent se concentrer avant tout sur la compétition finlandaise avant de penser ensuite à l’Eurovision. Seul Antti Paalanen a officiellement déclaré aller au concours en cas de victoire à l’UMK. En Italie, Levante a déclaré dans le Corriere della sera qu’en cas de victoire à Sanremo, elle n’irait pas à l’Eurovision en raison de la présence d’Israël.
Mais c’est avant tout la déclaration de Satoshi qui a été remarquée le week-end dernier. Dans une publication Instagram depuis supprimée, le tout juste désigné représentant moldave à l’Eurovision 2026 est revenu sur sa victoire à la Selecția națională, déclarant qu’il croit en la vocation du concours à être une plateforme de dialogue inter-culturel et une courroie de transmission de messages nationaux, souhaitant affirmer que la Moldavie est l’Europe. Surtout, il a ajouté condamner le « génocide » (terme utilisé par le chanteur), tout en considérant que participer à un concours dans lequel figure « un pays » ne fait pas de lui un supporter de ce dernier. « Je trouve cela illogique. Si quelqu’un a quelque chose à dire, quelque chose à exprimer, je ne vois pas de plateforme plus appropriée et plus large pour le dire clairement. Je crois que ces déclarations sont faites et non réduites au silence. C’est mon opinion. » Avant de souhaiter bonne chance à l’ensemble des participants et de remercier ses soutiens.
Pendant ce temps, interrogée quant à la polémique sur les résultats du télévote de l’édition 2025, la représentante israélienne Yuval Raphael ne s’est pas privée de réagir : « Quand d’autres pays reçoivent du soutien de leurs voisins ou de leur diaspora, c’est considéré comme de l’amour pour la musique, quand c’est Israël, cela devient subitement suspicieux. »
La sélection polonaise fait polémique !

Les eurofans polonais sont en colère, et le télédiffuseur polonais désappointé. Alors que le pays s’était offert une belle sélection nationale l’année dernière et que Justyna Steczkowska a atteint le top 10 du télévote en finale à Bâle, c’est un casting très majoritairement peuplé d’inconnus au bataillon qu’a dévoilé la TVP pour son Wielki finał polskich kwalifikacji, à l’exception d’Alicja, la représentante polonaise de 2020. Sans compter le retrait de deux finalistes le matin même de l’annonce, parmi lesquels Karolina Czarnecka, en raison de son opposition à la participation israélienne. Choisies parmi 173 contributions reçues, les chansons retenues ont, de surcroît, laissé plusieurs membres du comité de sélection sur leur faim, insatisfaits du niveau global. Pendant ce temps, le groupe Lunaria avait envoyé sa chanson Rzeka, qui rencontre actuellement un très beau succès en Pologne, au dit comité, sans réponse…
Le drama ne s’arrête pas là, puisqu’en lieu et de place de performances en direct, les téléspectateurs polonais auront droit à des prestations pré-enregistrées quelques jours avant la finale, finalement décalée au 7 mars (en lieu et place du 14 février initialement prévu). L’euromonde polonais ne s’est pas privé d’exprimer son mécontentement, pointant les nombreuses incertitudes qui demeurent, la communication chaotique de la TVP et l’opacité sur les changements de règle d’une sélection jugée déconsidérée. Les artistes, de leur côté, se sont retrouvés pris au dépourvu, informés en dernière minute des nouvelles conditions de leur participation et obligés d’organiser eux-mêmes leur propre conférence de presse. L’une des favorites, Basia Giewont, a ainsi témoigné de son embarras face à ce qu’elle juge incorrect et dépourvu de transparence, regrettant l’absence de performances en direct et ajoutant qu’elle aurait interrogé sa participation si elle avait été mise au courant de telles conditions dès le départ.
Face au tollé et afin de renforcer l’attractivité de la sélection, la télévision publique polonaise tente de sauver les meubles et souhaite faire appel à deux wildcards, comme le lui permet le règlement, qu’elle réserverait à des grands noms de la scène musicale locale. Selon la presse nationale, la TVP serait en discussions avec Michał Szpak, représentant polonais à l’Eurovision 2016 (et troisième meilleur résultat historique du pays au concours), et Marcin Maciejczak, ex vainqueur de The Voice Kids qui s’est taillé une place de choix dans l’industrie musicale polonaise ces dernières années. L’eurostar aurait toutefois de telles exigences qu’elles seraient impossibles à satisfaire pour le télédiffuseur et il viendrait juste de décliner pour des raisons politiques et à cause de l’image négative du concours. D’autres anciens représentants polonais au concours auraient également décliné poliment toute participation à la sélection nationale 2026.
Bref : l’incertitude règnera jusqu’au bout du côté de Varsovie !
Sinon ?
- Le Malta Eurovision Song Contest ne réussit décidément pas à Miriana Conte ! La vainqueure de l’édition 2025 (et représentante maltaise à l’Eurovision) s’est retrouvée prise en charge par le corps médical à l’issue de la sélection nationale pour la deuxième année consécutive, cette fois-ci en raison d’un problème de circulation sanguine qui a nécessité de la mettre sous oxygène. Jamais deux sans trois en 2027 ?
- Malte toujours. Le télédiffuseur PBC a dévoilé les chiffres d’audience du MESC. Total ? 185 000 téléspectateurs en demi-finale pour une part d’audience de 85% et 275 000 téléspectateurs en finale pour une part d’audience de 90%. Des chiffres astronomiques en nette hause, sans compter les 160 000 spectateurs à travers le monde qui ont suivi le programme sur la chaîne YouTube de l’Eurovision. Phénomène, phénomène, phénoménal !
- Linda Lampenius et Pete Parkkonen déjà au sommet ! En seulement 7 jours, le violoniste star et le chanteur pop – candidats en duo à l’UMK – ont dépassé le million de vues sur YouTube et atteint la première place des charts Spotify finlandais avec leur chanson Liekinheitin. Un record historique pour une chanson de la sélection finlandaise, qui place pour le moment leur titre très loin devant la concurrence. De quoi les placer en situation de grands favoris à la victoire ? C’est oublier l’appétence des locaux pour les numéros atypiques, qui pourrait les faire par exemple pencher pour un Takatukka (qui compte tout de même quatre fois moins de vues sur YouTube). En attendant, la Finlande est actuellement deuxième des bookmakers de l’Eurovision 2026 derrière Israël (surprise).
- Des noms pour la Roumanie ? Pour son grand retour à l’Eurovision, le pays d’Ovi et Paula Selig nous donne rendez-vous le 4 mars prochain pour sa Selecția națională, dont l’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 2 février et le casting sera révélé dix jours plus tard. Ce qui n’empêche pas la rumeur de courir, puisque plusisuers noms sont déjà évoqués. Parmi eux, ceux d’Andrei Ursu (Eurovision 2022), Ilinca Băcilă (Eurovision 2017), Alejandro, Bella Santiago (Selecția națională 2019), Andreea D (Selecția națională 2023) ou encore Mihai Trăistariu (Eurovision 2006). Info ou intox ? Verdict le 12 février !
Le titre de la semaine
Si, vous aussi, vous êtes tombés sur de mystérieuses stories de Loreen indiquant des repères géographiques partout en Europe à des horaires précis, l’affaire est désormais résolue ! La gagnante légendaire de l’Eurovision 2012 et 2023 a effectivement joué la carte du happening pour annoncer ENFIN la sortie de son nouvel album ! Intitulé Wild Fire, il sera disponible le 27 mars prochain et comptera 13 titres parmi lesquels Is It Love et Tattoo, son eurotube de Liverpool qui, en deux ans et demi, s’est imposé comme l’un des plus gros cartons de l’histoire du concours avec plus de 1,5 milliard de streamings à travers le monde.
Dans l’attente, découvrez le premier extrait original de l’album, Feels Like Heaven, co-écrit par la star australienne Sia et Jesse Shatkin, dans lequel on retrouve les influences électro, dance et pop de l’eurostar, qui traverseront l’album (dont nous parlerons bien évidemment à sa sortie). Anecdote : on apprend par Pure Charts que le titre avait été refusé il y a quelques années par une autre gagnante de l’Eurovision, une certaine Céline Dion, avant d’être retravaillé pour coller à l’identité musicale de Loreen.
Ce n’est d’ailleurs pas la seule actualité de Loreen, puisque la star suédoise était l’invitée du prime de Star Academy hier soir, où elle a chanté Tattoo en duo avec Sarah, demi-finaliste malheureuse. Ce n’est pas la première fois que l’artiste performait devant les caméras du télé-crochet de TF1, puisqu’elle avait déjà chanté le même titre en duo avec Héléna lors de la saison 2023. Ce n’est également pas la première fois que l’on entendait Tattoo durant la saison 2025, puisque Ambre l’avait interprété il y a quelques semaines pour les évaluations. Vous pourrez retrouver le duo entre Sarah et Loreen sur TF1 Plus et les réseaux sociaux de Star Academy. Loreen en a profité également pour interpréter son nouveau titre sur le plateau de la Star Ac dans l’after du prime.
C’est ainsi que s’achève le petit journal, destination Vienne, seizième numéro du nom ! Rendez-vous dimanche prochain pour de nouvelles aventures sur la planète Eurovision.
Crédits image de couverture : eurovision-quotidien.com – tous droits réservés










Alexander Rybak gagne des points auprès de moi. Ça ne changera en rien le fait que je n’aime pas sa chanson présentée au MGP mais au moins, lui n’est pas hypocrite, il est même très lucide et ne tourne pas autour du pot quant à la présence de la KAN à l’Eurovision. Ça change des autres qui font des annonces complaisantes ou vagues pour éviter de se faire cyberharceler par des justiciers sociaux sur les réseaux. C’est compréhensible, mais la clarté et l’honnêteté sont toujours les meilleures options pour moi. Si tu veux aller au concours, dis-le clairement. Si tu ne veux pas, retire-toi comme Ylvis et tant d’autres personnes. Ça ne coûte rien.
Antti Paalanen et surtout Satoshi gagnent également des points auprès de moi. Surtout le Moldave avec sa délaration avec laquelle je ne peux être que d’accord à 100% : « participer à un concours dans lequel figure « un pays » ne fait pas de lui un supporter de ce dernier ». Et il a bien raison. J’espère que d’autres personnes comme lui feront part de leurs opinions. Participer à l’Eurovision aux côtés de la KAN tout en étant contre la politique de son gouvernement est bien compatible. N’en déplaise aux « bien-pensants » très agressifs des réseaux sociaux.
À part ça, c’est assez triste de voir que Maraaya soit obligé de se présenter à Saint-Marin parce la RTVSLO s’est retirée du concours. Je respecte la décision de sa directrice (elle aussi très lucide dans ses propos) mais c’est dommage de rater un retour du duo slovène qui avait été très populaire à Vienne il y a 11 ans 🙁
France 3 n’est pas en reste car dans La boite a secrets, on a vu Patrick Fiori, Natasha St Pier,Madame Monsieur et Lara Fabian a emis un message a Ycare.
J’ai toujours pense que la selection san-marinaise est un fourre-tout.