Prenons la direction du Royaume-Uni où se déroule le concours en cette année 1998. Évidemment, la France a fait le déplacement, et après une très belle septième place l’année précédente, elle espère faire mieux, mais les étoiles n’étaient apparemment pas alignées pour que ce rêve se réalise.

Cette année 1998 n’est pas très riche en évènements en France, mais pas non plus « vide » totalement : citons par exemple une des mesures les plus importantes annoncées par le gouvernement Jospin, la mise en place de la durée de travail limitée à 35 h par semaine. Nous pouvons aussi évoquer le procès de Maurice Papon, condamné à 10 ans de réclusion criminelle pour crimes contre l’humanité suite à son rôle déterminant lors des déportations pendant la Seconde Guerre mondiale. Et dans un domaine totalement différent, la mise sur le marché du Viagra, pilule miracle contre les problèmes érectiles. Au box-office, même si le film américain Titanic a tout écrasé sur son passage, le film français Le dîner de cons s’empare de la deuxième place avec un peu plus d’un million d’entrées dans les salles obscures. Côté chansons françaises, c’est une année faste car plusieurs albums d’artistes francophones obtiennent un disque de diamant : ceux de Céline Dion, Manau et la comédie musicale, Notre-Dame de Paris. Enfin le sport français est très fier de la victoire de son équipe de football lors de la Coupe du monde organisée sur son sol, la première victoire de son histoire.

Pendant ce temps, le concours de l’Eurovision suit son cours et la France a sélectionné en interne une jeune artiste, Marie-Line, née à St-Raphaël, avec le titre Où aller, écrit par elle-même et composé en collaboration avec trois autres auteurs-compositeurs : Jean-Philippe Dary, Moïse Crespy et Micael Sene.

Le thème de la chanson est essentiellement consacré à l’errance liée à la solitude et au fait qu’on n’est pas bien et qu’on a personne à qui parler. Où aller passera en 3ᵉ position lors de la finale et elle se classera à l’avant-dernière place du concours, la 24ᵉ.

Marie-Line ne fera pas une grande carrière à la suite de cette participation : elle participera à l’écriture de quelques bandes originales de films.

L’avis de Marie : « Ce n’est pas une mauvaise chanson où l’on s’ennuie complètement, mais elle n’a rien d’impactant et de moment marquant qui puisse retenir l’attention. La mélodie est plutôt linéaire et la voix n’est pas remarquable. Bref, une proposition sans intérêt pour une compétition européenne. Ce mauvais résultat n’est pas surprenant et voire même plutôt logique. »

L’avis de Zipo : « Le style de la chanson changeait de d’habitude et c’était, à priori, une bonne idée de la présenter au concours. Malheureusement, il aurait fallu une chanson et une interprète beaucoup plus puissantes car là, c’était faible à tous les niveaux, très monotone et beaucoup trop répétitif à tel point que ça devenait lassant à l’écoute. En fait, il manquait trop d’éléments pour en faire une chanson incontournable et compétitive, et personnellement, cette avant-dernière place ne m’a pas surpris. »

Après une telle déconvenue, en apparence, il paraît évident de trouver deux chansons qui auraient largement fait mieux à Birmingham sans l’ombre d’un doute, même si rien n’est écrit d’avance, surtout en matière d’Eurovision. Voici nos deux propositions qui nous ont semblé pertinentes : La tribu de Dana interprétée par Manau et Lola interprétée par Allan Theo.

Marie : « Voici une chanson bien plus percutante et moderne pour 1998 dont le refrain reprend une chanson traditionnelle bretonne. Je ne sais pas quel accueil cette chanson aurait pu avoir au concours, en tout cas, elle ne serait pas passée inaperçue. Puis, c’était l’occasion parfaite pour la France de présenter du rap celtique au concours pour la première fois. De temps en temps, il faut innover et ne pas présenter toujours les mêmes styles musicaux. »

Zipo : « Impossible de passer à côté de cette chanson et de cet artiste qui avait été une révélation pour mes oreilles avec son premier tube Emmenez-moi. Ce titre est à mon avis supérieur à ce dernier, notamment vocalement, où Allan Théo montre toute l’étendue de son talent dans une chanson à la fois douce et dansante, avec une mélodie absolument féérique. Vous l’aurez compris, c’est une chanson que j’affectionne particulièrement et j’aurais misé des centaines de francs sur elle pour une excellente place en finale. »

Maintenant, chères lectrices et chers lecteurs, vous allez entrer en jeu : vous allez voter pour la chanson que vous préférez parmi ces trois propositions : soit une des deux proposées par nos soins, soit tout simplement celle qui a été officiellement en compétition.

Pour terminer, nous vous donnons la parole pour, à votre tour, proposer la chanson française, que vous auriez aimée voir et entendre lors de ce concours 1998. Exprimez-vous dans les commentaires : nous avons hâte de découvrir vos propositions.

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