Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Encore une fois, l’édition du Concours dont je vais vous parler aujourd’hui est restée dans les annales, et pour bien des raisons. Tout d’abord, le pays vainqueur va l’emporter de manière indiscutable, établissant un record très difficile à battre : la chanson gagnante récolte plus de 65 % des voix ! Ensuite, c’est la première fois que la cérémonie est perturbée par l’intrusion d’un homme venu faire passer un message politique. Enfin, à cause d’un incendie qui a dévasté les locaux où la soirée s’est tenue, nulle trace filmée de l’édition 1964 n’a survécu aux flammes, faisant de ce Concours le deuxième (et dernier) après celui de 1956 à ne pas pouvoir être visionné dans son intégralité.  Voici donc le…

9ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 21 mars 1964

en direct du Tivolis Koncertsal à Copenhague (Danemark)

présenté par Lotte Wæver

L’organisation du Concours

Malgré les réclamations déposées par la délégation suisse mécontente des conditions dans lesquelles les votes ont été révélés lors du Concours 1963, l’UER décide que le gagnant est bien le Danemark. C’est donc à la DR qu’est confié le soin d’organiser et de diffuser l’édition suivante. La soirée a lieu à Copenhague, au Tivolis Koncertsal, lequel est situé dans les Jardins de Tivoli, le deuxième parc d’attraction de l’histoire puisqu’il a été ouvert le 15 août 1843.

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Le Tivolis Koncertsal de Copenhague

Étaient originellement candidats les mêmes pays que lors des trois éditions précédentes. Mais à cause d’un mouvement de grève lancé par les syndicats de musiciens suédois, Stockholm décide de se retirer – imitant en cela, et pour les mêmes raisons, le Royaume-Uni en 1958. Le Portugal s’empresse de prendre sa place, inaugurant de ce fait une habitude persistante de ne pas concourir en même temps que la Suède (pour les curieux, il faudra attendre quelques mois une explication à cette phrase…). C’est donc le même effectif que l’année précédente qui concourt : 16 pays.

Anita Traversi, représentante suisse en 1960, est la seule candidate à faire son retour. Mais trois autres interprètes vont fouler pour la première fois la scène de l’Eurovision en 1964 avec plus ou moins de bonheur, avant d’y revenir quelques années plus tard. De plus, on assiste à la première prestation d’une chanteuse bulgare… alors que son pays de naissance ne fera son entrée au Concours qu’en 2005. Alors ? Bah lisez ci-dessous !

La présentation et l’orchestre

Pour présenter le Concours, le diffuseur danois fait appel à Lotte Wæver, une jeune speakerine née en 1942. Après avoir travaillé pour la DR jusqu’en 1971, Lotte se réorientera vers l’enseignement, apparaissant cependant au cinéma à plusieurs occasions.

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Lotte Wæver

Pour sa part, l’orchestre de 42 musiciens est dirigé par Kai Mortensen (1908-1989), chef d’orchestre présent à toutes les éditions du Concours depuis 1957. Celle de 1964 allait toutefois être la dernière à laquelle il devait prendre part.

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Kai Mortensen

Les chansons candidates

            Le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier interprété par l’orchestre de la DR est immédiatement suivi d’un morceau joué par la fanfare de la Garde Royale danoise, dont les membres sont en tenues militaires et coiffés de hauts chapeaux rappelant ceux des Horse Guards britanniques. Puis, sous les trompettes qui annoncent son arrivée, se présente Lotte Wæver, qui s’exprime en danois, en anglais et en français.

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La Garde Royale danoise

1. LUXEMBOURG : Dès que le printemps revient par Hugues Aufray (né en 1929)

        Paroles : Jacques Plante         Musique : Hugues Aufray                   Chef d’orchestre : Jacques Denjean

            Sélection : interne

            Le jeune chanteur amateur de musique folk et de blues s’est fait remarquer quelques années plus tôt par Eddie Barclay, qui lui fait enregistrer son premier disque en 1959. Comme pour Françoise Hardy et Nana Mouskouri l’année précédente, le Concours sera un authentique tremplin pour lui puisqu’à l’issue de l’édition 1964, il ne quittera plus les sommets des charts pendant de nombreuses années, signant des chansons devenues aujourd’hui des classiques.

2. PAYS-BAS : Jij bent mijn leven par Anneke Grönloh (1942-2018)

        Paroles : René De Vos         Musique : Ted Powder                                    Chef d’orchestre : Dolf van der Linden

Sélection : 1° place à Nationaal Songfestival le lundi 24 février 1964 à Utrecht

La jeune fille choisie par le diffuseur néerlandais pour représenter les Pays-Bas est la première à ne pas être née en métropole puisqu’elle a vu le jour aux Célèbes (dans l’actuelle Indonésie), à l’époque dans les Indes Orientales. D’autres artistes originaires de l’ancien empire colonial hollandais suivront plus tard son exemple. Pour l’heure, elle remporte son billet pour Copenhague lors d’une sélection nationale où elle est la seule candidate et où elle interprète trois titres.

3. NORVÈGE : Spiral par Arne Bendiksen (1926-2009) [Étoile au Firmament # 82]

        Paroles : Egil Hagen               Musique : Sigurd Jansen                    Chef d’orchestre : Karsten Andersen

Sélection : 1° place au Melodi Grand-Prix le samedi 15 février 1964 à Oslo

            Comme de coutume, chaque chanson candidate au Melodi Grand-Prix est interprétée par deux artistes. Arne Bendiksen est préféré par les jurys pour présenter à Copenhague le titre gagnant, Spiral. Inger Jacobsen (représentante norvégienne en 1962) termine aux deux dernières places, derrière Wencke Myhre et Odd Børre (futurs candidats à Londres en 1968, pour l’Allemagne et la Norvège).

4. DANEMARK : Sangen om dig  par Bjørn Tidmand (né en 1940)

        Paroles : Mogens Dam             Musique : Aksel V. Rasmussen             Chef d’orchestre : Kai Mortensen     

Sélection : 1° place au Dansk Melodi Grand-Prix le samedi 15 février 1964 à Copenhague

            La valse qu’interprète le jeune Bjørn Tidmand a été composée par celui qui avait déjà signé Angelique en 1961… et ça s’entend. Elle gagne largement sa sélection nationale, récoltant près de la moitié des voix exprimées par le public. Dario Campeotto ne finit que 3° avec son nouveau titre Shangri-la (homonyme du titre néerlandais de 1988). Gustav Winckler et Raquel Rastenni (candidats danois en 1957 et 1958) sont nettement battus.

5. FINLANDE : Laiskotellen par Lasse Mårtenson (1934-2016)

        Paroles : Sauvo Puhtila           Musique : Lasse Mårtenson                Chef d’orchestre : George de Godzinsky

            Sélection : 1° place à Euroviisut le samedi 15 février 1964 à Helsinki

            La chanson composée par Lasse Mårtenson lui-même sur un texte de Sauvo Puhtila (auteur de Valoa ikkunassa en 1961) remporte haut-la-main sa sélection nationale. La gagnante de l’année précédente, Irmeli Mäkelä, repart à nouveau les mains vides alors que Lasse prend sa revanche après sa deuxième place à l’Euroviisut 1963.

6. AUTRICHE : Warum nur, warum ? par Udo Jürgens (1934-2014)

        Paroles et Musique : Udo Jürgens                                                    Chef d’orchestre : Johannes Fehring

            Sélection : interne

           Comme plusieurs autres artistes après lui, l’auteur – compositeur – interprète autrichien devra attendre un peu avant de monter sur la plus haute marche du podium. Pour l’heure, il se fait remarquer avec une jolie ballade romantique (style qui fera sa notoriété) qu’il interprète au piano. Il est le premier à le faire depuis 1956.

7. FRANCE : Le chant de Mallory par Rachel (née en 1942)

        Paroles : Pierre Cour              Musique : André Popp                       Chef d’orchestre : Franck Pourcel

            Sélection : interne

             Parmi les 49 chansons reçues par l’ORTF, un jury d’experts choisit Le chant de Mallory, écrite et composée par le duo qui avait signé Tom Pillibi. Le moins que l’on puisse dire est que les talentueux Cour et Popp n’ont pas exploité le filon qui leur avait pourtant réussi, ce qui est extrêmement louable. Parmi les artistes recalés par le jury : Hugues Aufray, choisi par le Luxembourg comme représentant, et Marjorie Noël, candidate pour Monaco l’année suivante.

8. ROYAUME-UNI : I love the little things par Matt Monro (1930-1985) [Étoile au Firmament # 11]

        Paroles et Musique : Tony Hatch                                                      Chef d’orchestre : Harry Rabinowitz

Sélection : 1° place à A Song for Europe le vendredi 7 février 1964 à Londres

            Le crooner britannique – que beaucoup comparent à Frank Sinatra – est choisi par la BBC pour représenter son pays. Lors de la finale nationale, il interprète six titres. Le troisième, I love the little things (écrit par celui qui a commis le célèbre Downtown de Petula Clark), remporte le double de voix de la chanson arrivée deuxième, et va dignement représenter le Royaume-Uni à Copenhague.

9. ALLEMAGNE : Man gewöhnt sich so schnell an das Schöne par Nora Nova (née en 1938) 

        Paroles : Niels Nobach           Musique : Rudi von der Dovenmühle    Chef d’orchestre : Willy Berking

            Sélection : 1° place à Ein Lied für Kopenhagen le samedi 11 janvier 1964 à Francfort-sur-le-Main

            Opposée à cinq autres artistes en finale nationale, la première Bulgare à avoir participé au Concours va défendre les chances allemandes au Danemark. Elle établit à cette occasion un record toujours inégalé : celui du titre de chanson candidate le plus long – 34 lettres. Oui, ça n’a aucun intérêt, cette stat’, mais je le dis quand même !

10. MONACO : Où sont-elles passées ? par Romuald (né en 1941)

        Paroles : Pierre Barouh                      Musique : Francis Lai             Chef d’orchestre : Michel Colombier

            Sélection : interne

           Romuald est le deuxième artiste de la soirée après Rachel à se présenter sous son seul prénom. Mais l’heure n’est pas encore venue de voir triompher un interprète sans patronyme. Massiel, Salomé, Lulu, Dana, Séverine, Nicole et autres Carola ou Ruslana sauront les venger en leur temps. Pour l’heure, Monaco affiche à nouveau ses ambitions avec cette chanson écrite par Pierre Barouh et Francis Lai, qui signeront deux ans plus tard la BO d’Un homme et une femme de Claude Lelouch. On sent déjà ici la patte du formidable compositeur avec lequel je partage mon prénom.

11. PORTUGAL : Oração par António Calvário (né en 1938)

        Paroles : Francisco Nicholson & Rogério Bracinha                    Musique : João Nobre                       

Chef d’orchestre : Kai Mortensen

            Sélection : 1° place au Festival da Canção Portuguesa le dimanche 2 février 1964 à Lisbonne

            La première des deux chansons qu’António Calvário interprète à la sélection nationale bat nettement les autres titres candidats, en particulier ceux présentés par Simone De Oliveira et Madalena Iglésias (représentantes de leur pays aux deux éditions suivantes). En revanche, cette prière portugaise n’est pas exaucée à Copenhague. 43 ans plus tard, une autre prière, mais en serbe celle-là, aura un destin bien plus brillant.

12. ITALIE : Non ho l’età par Gigliola Cinquetti (née en 1947)

        Paroles : Mario Panzeri                      Musique : Nicola Salerno        Chef d’orchestre : Gianfranco Monaldi           

Sélection : 1° place au Festival de la Chanson Italienne de San Remo le samedi 1er février 1964

            Lors du célèbre festival italien, la toute jeune Gigliola (elle vient d’avoir 16 ans il y a à peine deux mois) ne fait qu’une bouchée de ses adversaires, et non des moindres : Domenico Modugno, Claudio Villa, Frida Boccara, Patricia Carli, Bobby Solo, Paul Anka et Ben E. King ! ! ! Dis-moi qui tu bats, je te dirai ce que tu vaux… Au Danemark, la réaction du public face à la benjamine de la soirée est sans commune mesure : elle est ovationnée à un point tel qu’elle est obligée de revenir saluer le public avant que le candidat suivant ne puisse lui succéder ! Bref, les spectateurs n’ont aucun doute sur l’issue des votes.

13. YOUGOSLAVIE : Život je sklopio krug par Sabahudin Kurt (1935-2018)

        Paroles : Stevan Raičković                 Musique : Srđan Matijević     Chef d’orchestre : Radivoj Spasić

            Sélection : 1° place à Pjesma Eurovizije le mercredi 5 février 1964 à Trbovlje

            À l’issue de la soirée de sélection qui se tenait en Slovénie, deux chansons arrivent ex-aequo à la première place. Celle de Sabahudin Kurt, parce qu’elle a obtenu davantage de notes maximales des jurys, est déclarée gagnante. Lola Novaković, candidate yougoslave deux ans plus tôt, est pour sa part largement battue.

14. SUISSE : I miei pensieri par Anita Traversi (1937-1991) [Étoile au Firmament # 22]

        Paroles : Sanzio Chiesa                      Musique : Giovanni Pelli          Chef d’orchestre : Fernando Paggi

            Sélection : 1° place à la finale suisse

            Après ses deux échecs en 1961 et 1963, Anita Traversi gagne à nouveau le droit de représenter son pays au Concours. L’objectif est de venger l’honneur de la Suisse, à qui la victoire a été refusée l’année précédente – affront que le pays n’a toujours pas digéré. Malheureusement, le camouflet sera encore plus grand en fin de soirée…

            Alors que le public s’apprête à assister à la prestation suivante, un inconnu s’introduit sur scène. Il y déploie une bannière où on peut lire : ‘’Boycottez Franco et Salazar’’ (les deux dictateurs à la tête de l’Espagne et du Portugal). C’est la première fois que la politique apparaît à l’Eurovision de manière aussi visible… et le geste va marquer de manière durable malgré la décision du diffuseur de ne montrer à l’écran que le tableau de votes et d’évacuer l’intrus manu militari.

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Première intrusion
sur la scène du Concours

15. BELGIQUE : Près de ma rivière par Robert Cogoi (né en 1939)

        Paroles et Musique : Robert Cogoi                 Chef d’orchestre : Henri Segers                   Sélection : interne

            Le cinquième chanteur belge à représenter son pays (qui visiblement ne fait pas confiance à ses artistes féminines…) est le deuxième auteur – compositeur – interprète de la soirée après Udo Jürgens. Comme son adversaire, il va se tailler un joli succès – mérité – auprès du public, à défaut de retenir l’attention des jurys.

16. ESPAGNE : Caracola par Nelly, Tim (nés en 1941 et 1936) & Tony (1940-2005) [Étoile au Firmament # 66]

        Paroles et Musique : Fina de Calderón           Chef d’orchestre : Rafael de Ibarbia Serra Sélection : interne

            Le règlement n’autorisant pas les groupes à se présenter, le trio uruguayen d’origine italienne Los TNT se transforme donc pour l’occasion en une soliste (Nelly) accompagnée de ses deux choristes (Tim & Tony). Les premiers candidats issus du continent américain ne marquent toutefois pas les jurys, malgré leur passage en dernière position et l’utilisation du seul accessoire de la soirée : un énorme coquillage. Il faut dire aussi qu’on ne leur a pas permis d’interpréter une chanson de leur propre composition et qu’ils ne croient guère en celle qu’on leur a imposée.

L’entracte

            Durant l’entracte qui doit laisser le temps aux jurys nationaux de décider de leurs votes, un numéro de danse classique est présenté au public et aux téléspectateurs. Cette pantomime, dans laquelle les danseurs étoiles Niels Kehlet et Solveig Östergaard jouent les rôles principaux d’Arlequin et de Colombine, a été créée par Niels Bjørn Larsen, alors directeur du Ballet Royal danois. La musique, elle, est à des années – lumières de ce que le Concours a présenté juste avant pendant une heure.

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Niels Bjørn Larsen

Le vote et les résultats

            Le nouveau système de votes mis en place en 1963 n’ayant pas plus convaincu que le précédent (quatre des seize pays concurrents ayant à nouveau décroché un score vierge), il est décidé que chacun des 10 (et non plus 15) membres de chaque jury national devra attribuer trois points à ses trois chansons favorites. Après le décompte, le président de chaque jury devait donner 5 points au pays arrivé premier, 3 points au deuxième et 1 point au troisième. Si seuls deux pays recevaient des points des jurés, il était prévu que 6 points soient donnés au premier et 3 au deuxième. Si un seul pays recevait des points des jurés, alors il engrangerait les 9 points disponibles. Vous êtes perdus ? Normal, moi-même j’ai dû m’y relire à plusieurs fois pour être sûr d’avoir bien saisi. Bref, c’est un total de 144 points qui est à distribuer.

  P L A C E S C O R E   L U X   N E D   N O R   D A N   F I N     A U T   F R A       U K     A L L   M O N   P O R     I T A     Y O U     S U I     B E L   E S P  
LUX 4 14   3         3   5     3        
NED 10 2       1       1                
NOR 8 6       5 1                      
DAN 9 4     1                         3
FIN 7 9     3 3       3                
AUT 6 11                       5     1 5
FRA 4 14 1         3       5 3   1     1
UK 2 17   1 5   3 1 1   1         5    
ALL 13 0                                
MON 3 15 3           5           3 1 3  
POR 13 0                                
ITA 1 49 5 5     5 5   5 3 3 5   5 3 5  
YOU 13 0                                
SUI 13 0                                
BEL 10 2                   1 1          
ESP 12 1                       1        

Le tout nouveau superviseur général, Miroslav Vilček (nommé afin d’éviter tout problème lors de la session de votes), déclare les votes terminés et réguliers, et permet à Lotte Wæver de déclarer que l’Italie remporte le Concours, avec trois fois plus de points que le pays classé deuxième. C’est un double exploit pour le pays de Gigliola Cinquetti, qui devient la plus jeune gagnante de la compétition à ce jour. Il faudra attendre 1986 pour qu’une participante encore plus jeune ne monte sur la première marche du podium. Exploit également pour le Royaume-Uni qui décroche une médaille d’argent pour la 4° fois en sept participations. Le podium est complété par Monaco, immédiatement suivi par la France et le Luxembourg – soit trois titres interprétés dans la langue de Molière. Même sans gagner, le français est toujours très présent.

Lors de la présentation des votes, on s’aperçoit aisément que les votes de voisinage font leur œuvre. Alors que France et Monaco s’échangent leurs cinq points, les trois jurys scandinaves (Norvège, Danemark et Finlande) s’attribuent à la suite la plus grande partie de leur score final. Le public préfère réagir par le rire, mais il est certain qu’un tel comportement doit en énerver plus d’un.

Enfin, malgré un nouveau système de vote, on trouve pour la 3° année consécutive quatre pays en queue de classement sans aucun point : l’Allemagne, la Suisse, la Yougoslavie et le Portugal – qui devient ainsi le 3° pays à terminer dernier à sa première participation (après l’Autriche en 1957 et Monaco en 1959).

De retour sur scène avec l’auteur et le compositeur de la chanson gagnante, Gigliola Cinquetti suit donc la tradition désormais bien installée, et réinterprète Non ho l’età.

Mon Top 10

  1. ITALIE : Non ho l’età par Gigliola Cinquetti
  2. ROYAUME-UNI : I love the little things par Matt Monro
  3. LUXEMBOURG : Dès que le printemps revient par Hugues Aufray
  4. FRANCE : Le chant de Mallory par Rachel
  5. BELGIQUE : Près de ma rivière par Robert Cogoi
  6. PAYS-BAS : Jij bent mijn leven par Anneke Grönloh
  7. SUISSE : I miei pensieri par Anita Traversi
  8. AUTRICHE : Warum nur ,warum ? par Udo Jürgens
  9. ALLEMAGNE : Man gewöhnt sich so schnell an das Schöne par Nora Nova
  10. PORTUGAL : Oração par António Calvário

Lanterne rouge : FINLANDE : Laiskotellen par Lasse Martenson

            Voilà pour mon Top 10 personnel… et pour mon bon dernier 😛 J’attends vos classements avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 31 août à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Nous avons été 22 cette semaine à nous prononcer sur qui devait remporter l’édition 1964 du Concours. Le suspense n’a pas été très grand, car pour 17 d’entre nous, le gagnant était le même. Pour quatre autres votants, la chanson plébiscitée était sur le podium. Seul Sakis l’a placée en fin de Top 10. La deuxième place a été assez vite attribuée également, mais les trois suivantes ont été très disputées.

16. Yougoslavie : Život je sklopio krug par Sabahudin Kurt : 26 points de 5 votants (maximum 12 points de Juju) – 3 places par rapport à Copenhague, mais toujours dernière. C’est la 2° fois en quatre éditions que vous placez le pays bon dernier.

15. Suisse : I miei pensieri par Anita Traversi : 29 points de 8 votants (maximum 8 points) – 2 places mais pas dernière

14. Danemark : Sanger om dig par Bjørn Tidmand : 29 points de 10 votants (maximum 5 points) – 5 places

13. Norvège : Spiral par Arne Bendiksen : 36 points de 8 votants (maximum 10 points) – 5 places

12. Finlande : Laiskotellen par Lasse Mårtenson : 42 points de 13 votants (maximum 7 points) – 5 places

11. Espagne : Caracola par Nelly, Tim & Tony : 48 points de 10 votants (maximum 10 points) + 1 place

10. Allemagne : Man gewöhnt sich so schnell an das Schöne par Nora Nova : 58 points de 12 votants (maximum 8 points) + 3 places

9. Monaco : Où sont-elles passées? par Romuald : 64 points de 13 votants (maximumn 8 points) – 6 places ! ! !

8. Belgique : Près de ma rivière par Robert Cogoi : 64 points de 14 votants (maximum 8 points) + 2 places

7. Portugal : Oração par António Calvário : 74 points de 15 votants (maximum 10 points) + 6 places ! ! !

6. Autriche : Warum nur, warum? par Udo Jürgens : 96 points de 16 votants (maximum 12 points de Phileurophage) score identique

5. Pays-Bas : Jij bent mijn leven par Anneke Grönloh : 106 points de 17 votants (maximum 12 points de Sakis et Gaël) + 5 places

4. France : Le chant de Mallory par Rachel : 107 points de 18 votants (maximum 10 points) score identique

3. Royaume-Uni : I love the little things par Matt Monro : 108 points de 20 votants (maximum 10 points) – 1 place

2. Luxembourg : Dès que le printemps revient par Hugues Aufray : 146 points de 19 votants (maximum 12 points de Pauline) + 2 places

  1. Italie : Non ho l’età par Gigliola Cinquetti : 243 points (nouveau record pour nos Rétrospectives) des 22 votants (maximum 12 points de Jérémie, RV, Betty, Arnaud, Yom, Yvonne, Pauly, Florian, Taron, Duncky, Denez, Pascal, Zipo, Garfieldd, Rem_Coconuts, Augures et Francis… ouf) score identique

Comme vous le voyez, à part pour l’Italie qui gagne aussi nettement ici qu’en 1964, nous avons été en total désaccord avec les jurés de l’époque : il y a des écarts de places très importants. Comme dit plus haut, la 3° place s’est jouée dans un mouchoir de poche entre le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas, qui se tiennent en deux points.

Félicitons donc Yvonne, qui a été la seule à trouver notre podium final ! ! !

Voilà pour aujourd’hui, merci pour votre participation active… et à tout de suite pour 1965 😉