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            Après deux éditions qui ont vu l’arrivée de plusieurs nouveaux pays participants, redécouvrons aujourd’hui un Concours particulier, puisque c’est celui qui célébrait le début d’une quatrième décennie pour notre compétition musicale préférée. Situé en Irlande, qui établissait ainsi le record d’organisations consécutives (trois) toujours en vigueur vingt-cinq ans plus tard, il allait faire de la salle la première – et la seule à ce jour – à avoir ouvert ses portes au public et aux artistes deux années de rang. Voici donc le…

40ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 13 mai 1995

en direct du Point Theatre de Dublin (Irlande)

présenté par Mary Kennedy

L’organisation du Concours

Après sa troisième victoire de suite l’année précédente, l’Irlande se voit à nouveau confier la charge d’organiser la compétition sur son sol. De nombreuses dents grincent, car le coût d’une telle soirée est évidemment élevé. Toujours prête à venir en aide en cas de problème, la BBC propose à la RTÉ de partager les frais, et de choisir comme ville – hôtesse Belfast, en Irlande du Nord. Soit que le lieu choisi ait déplu au gouvernement irlandais ou que l’offre ait été considérée comme paternaliste, la suggestion est repoussée et le Point Theatre de Dublin est à nouveau désigné pour servir d’écrin à l’édition 1995. Pour montrer à quel point le pays est fier de ses victoires et enthousiaste à l’idée d’être à nouveau le centre d’intérêt de toute l’Europe, l’État met 1000 places en jeu lors d’un tirage spécial de la Loterie Irlandaise. Il demande toutefois à l’UER de le dispenser d’une éventuelle organisation en cas de nouvelle victoire de l’Île d’Émeraude. Heureusement pour lui, il n’aura rien à craindre en ce 13 mai – et pas uniquement parce que son représentant se produit en 2ème position, place maudite s’il en est…

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Belfast, où n’a pas lieu le Concours

Comme prévu, les pays relégués un an plus tôt font leur retour pour cette 40ème édition : Belgique, Danemark, Israël, Slovénie et Turquie – l’Italie et le Luxembourg faisant la sourde oreille. Les sept nations les plus mal classées lors du précédent Concours (Estonie, Finlande, Lituanie, Pays-Bas, Roumanie, Slovaquie et Suisse) sont à leur tour reléguées, ce qui fait descendre à 23 le nombre de candidats à la victoire. Et parmi ces postulants au trophée, bien peu de récidivistes : comme solistes, Arzu Ece (membre du groupe turc Pan en 1989) et le Chypriote Alexandros Panayi (choriste en 1989 et 1991) ; comme choristes, les Islandais Stefán et Eyfi, l’Autrichien Gary Lux et l’Espagnol José María Guzmán (leader du groupe Cadillac en 1986).

Les règles

Le règlement est reconduit à l’identique, puisque les derniers articles intégrés par l’UER semblent faire l’unanimité (moins l’Italie et le Luxembourg… mais les absents ont toujours tort). De la même façon, de nombreux commentateurs sont renommés dans leur fonction : Pat Kenny, Terry Wogan, Ismeta Dervoz-Krvavać ou Jean-Pierre Hautier, rejoints par Olivier Minne pour la France, Ossi Runne et Olli Ahvenlahti pour la radio et la télévision finlandaises, Enzo Guzman pour Malte et le futur candidat Vlado Janevski pour l’Ex-République Yougoslave de Macédoine – qui s’assure ainsi un billet pour une édition à venir.

Olivier Minne se serait marié ! - Médiamass
Olivier Minne

Parmi les porte-parole, chacun reconnaîtra Thierry Beccaro pour le jury français, Daniel Pe’er pour celui d’Israël et la délicieuse Soda pour nos amis belges. Quelques anciens candidats siègent également parmi les votants, comme la Portugaise Anabela, l’Espagnol Alejandro Abad et la Polonaise Edyta Górniak.

AMNESTY STARS A3 DEF DEF
La pétillante Soda

La présentation et l’orchestre

Pour la dernière fois avant 2013, c’est à une seule maîtresse de cérémonie qu’est confiée l’animation de la soirée. Mary Kennedy (née en 1954) a obtenu une maîtrise en Arts au célèbre University College de Dublin, avant d’enseigner l’anglais en France (en Bretagne, plus exactement), puis le gaélique et l’anglais dans son pays natal. Entrée à la RTÉ en 1978 en qualité de voix off, elle présente assez vite les nouvelles télévisées, puis de nombreuses émissions de divertissement. Citons son talk-show Kennedy et le magazine Open House. Devenue une incontournable du diffuseur public, elle commentera les grands événements nationaux, comme la visite de la reine Elisabeth II, les obsèques du président Patrick Hillery ou la prise de fonction d’un de ses successeurs, Michael Higgins.

Mary Kennedy to leave RTE after 40 years - VIP Magazine
Mary Kennedy

Noel Kelehan, à la tête de l’orchestre de la RTÉ, établit un nouveau record : c’est la 5ème fois qu’il dirige les musiciens pour la plus suivie des compétitions musicales européennes. Nul n’a jamais rempli cette mission aussi souvent – et nul ne le fera jamais plus, car les jours de l’orchestre au Concours sont comptés. Regrettablement.

Les chansons candidates

Après le traditionnel Te Deum de Marc-Antoine Charpentier et les habituelles images du pays et de la ville hôtes, public et téléspectateurs peuvent se rappeler leurs meilleurs souvenirs grâce à une vidéo de quatre minutes, qui rappelle les grandes heures du Concours depuis sa création en 1956 (avec quelques absences remarquées, celle de Corinne Hermès, par exemple). Puis, apparaît la scène dessinée par Alan Farquharson, qui avait déjà imaginé celle du 58ème Concours : une flèche géante qui s’avance vers le public, et qui réserve sur ses côtés suffisamment de place pour les choristes et l’orchestre. Enfin, s’avance sous les vivats du public Mary Kennedy, qui ouvre avec beaucoup (trop) de fierté la soirée en gaélique, anglais et français.

1. POLOGNE : Sama par Justyna (née en 1972)

        Paroles : Wojciech Waglewski                       Musique : Wojciech Waglewski & Mateusz Pospieszalski

            Chef d’orchestre : Noel Kelehan                   Sélection : interne

            Tout à la fois aux anges et un peu déçue de sa deuxième place obtenue pour sa première participation l’année précédente, la Pologne décide de persévérer dans son choix d’être représentée par une chanteuse vocalement très performante, mais en faisant des concessions aux sonorités celtiques – qui semblent plaire aux jurys européens, puisqu’ils ont élu l’Irlande trois fois de suite. Le pays d’Edyta Górniak opte pour Justyna Steczkowska, qui possède une voix s’étendant sur quatre octaves, et qui sera accompagnée dans les chœurs par une de ses six sœurs, Magda. Mais je l’ai souvent écrit ici : les recettes éprouvées ne fonctionnent que très rarement, et la pauvre Justyna va en faire l’amère expérience.

2. IRLANDE : Dreamin’ par Eddie Friel (né en 1962)

        Paroles et Musique : Richard Abbott & Barry Woods                                   Chef d’orchestre : Noel Kelehan

            Sélection : 1ère place à Eurosong présenté par Pat Kenny le dimanche 12 mars 1995 à Cork

            Après trois victoires consécutives, on peut comprendre que l’Irlande ne souhaite plus gagner dans l’immédiat, comme le prouve sa demande à l’UER de ne plus avoir à organiser le Concours en cas de nouvelle victoire. Certains ont d’ailleurs vu dans le choix du public de sélectionner Eddie Friel (aux faux airs de Pierre Bachelet) une volonté affichée de réduire au minimum les possibilités de l’emporter. Tout a été reproché au pianiste de Van Morrison : son manque de charisme, l’impression de plagiat que Dreamin’ provoque (on lui trouve de grosses similitudes avec une chanson de Julie Felix), jusqu’au fait qu’il reste assis tout au long de sa prestation. D’autres se moquent gentiment des victoires irlandaises à répétition, comme par exemple dans la série TV Father Ted où l’un des protagonistes est convaincu de pouvoir gagner le Concours avec sa ritournelle My Lovely Horse. Bref, un supplice pour le pauvre Eddie… mais pas pour un de ses choristes, Eamonn Toal, qui défendra les couleurs de son pays en l’an 2000.

3. ALLEMAGNE : Verliebt in dich par Stone & Stone

        Paroles et Musique : Cheyenne Stone            Chef d’orchestre : Herman Weindorf            Sélection : interne

            Un peu soulagé par le podium décroché en 1994, le diffuseur public allemand décide de sélectionner comme l’année précédente ses représentants en interne. C’est cette fois le duo Stone und Stone (divorcé depuis un an, mais toujours actif sur la scène musicale) qui est approché pour porter les couleurs du pays, avec une chanson écrite et composée par la chanteuse elle-même. Là aussi, des sonorités celtiques… et là aussi, une proposition qui ne convainc pratiquement personne. Il semble assez vite évident qu’après la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et les Pays-Bas, l’Allemagne sera le cinquième pays fondateur du Concours à se voir relégué…

4. BOSNIE-HERZÉGOVINE : Dvadeset prvi vijek par Davor Popović (1946-2001) [Étoile au Firmament # 51]

        Paroles : Zlatan Fazlić                       Musique : Zlatan Fazlić & Sinan Alimanović

Chef d’orchestre : Sinan Alimanović                                    

Sélection : 1ère place à Eurosong BiH présenté par Ismeta Krvavać le mercredi 8 mars 1995 à Sarajevo

            Après huit essais infructueux en solo ou avec son groupe Indeksi à la sélection yougoslave de 1967 à 1987 et un nouvel échec à la finale bosniaque deux ans auparavant, Davor Popović est enfin désigné par la télévision publique pour défendre son pays au Concours. Il présente huit chansons à la finale nationale, parmi lesquelles celle que le doyen de la soirée va défendre à Dublin. Un titre qui se démarque clairement de tous ceux entendus jusqu’alors… mais qui ne parvient pas non plus à plaire aux jurys européens, décidément bien difficiles à satisfaire.

5. NORVÈGE : Nocturne par Secret Garden

        Paroles : Petter Skavland                   Musique : Rolf Løvland                       Chef d’orchestre : Geir Langslet

Sélection : 1ère place au Melodi Grand-Prix le dimanche 26 mars 1995 à Oslo

            Après avoir dirigé deux années de suite les musiciens irlandais, le chef d’orchestre norvégien Rolf Løvland ne pouvait que nouer des liens avec certains d’entre eux. C’est ainsi qu’il a sympathisé avec sa Sherry, une violoniste prénommée Fionnuala, qui a décidé de le suivre dans son projet de mettre en place une formation qui interprèterait ses compositions, à mi-chemin entre la musique traditionnelle et la musique populaire. Mais pour se faire connaître dans le monde entier, il faut déjà gagner son billet pour le Concours Eurovision, ce qui est rondement mené. Puis, emporter le Concours lui-même, ce qui est bien plus difficile pour une chanson plutôt instrumentale, qui ne compte en tout et pour tout que 24 mots… Le défi est donc de taille pour la Norvège, qui n’est pas, il faut le reconnaître, le plus efficace des pays à l’Eurovision.

6. RUSSIE : Kolybelnaya dlya vulkana par Philipp Kirkorov (né en 1967)

        Paroles : Ilya Resnik                          Musique : Ilya Bershadskiy                Chef d’orchestre : Michael Finberg

            Sélection : interne

            Ayant réussi à décrocher un Top 10 pour sa première participation un an plus tôt, la Russie cherche à faire mieux encore et sélectionne donc en interne l’un de ses grands espoirs de la chanson. Philipp Kirkorov – qui aligne les récompenses tant dans le pays de son père (Bulgare d’origine arménienne) que dans celui de sa mère (Russe d’ascendance française) – est fortement soutenu par celle qu’il vient de demander en mariage, la diva locale Alla Pugacheva (qui foulera elle aussi la scène du Concours en 1997). Malheureusement, les votants vont moins s’intéresser à la chanson au texte engagé qu’il interprète qu’à la tenue, à la coiffure et au maquillage outranciers qu’il a adoptés. D’où un classement très bas, mais pas totalement injustifié.

7. ISLANDE : Núna par Bo Halldórsson (né en 1951)

        Paroles : Jón Örn Marinósson                                    Musique : Bo Halldórsson & Ed Welch           

Chef d’orchestre : Frank McNamara                         Sélection : interne

            Candidat malchanceux à la sélection islandaise à laquelle il a participé six fois de 1986 à 1992 sans jamais l’emporter, Bo Halldórsson est finalement choisi en interne pour défendre les couleurs nationales avec une chanson qu’il a co-écrite. Reconnaissons que ce n’est que justice, qu’il est un excellent interprète et que sa carrière dans son pays justifiait amplement ce billet pour Dublin. Son titre est peut-être un peu classique, mais il reste très agréable à écouter. Enfin… à mon avis, parce que les jurys ne vont pas du tout être d’accord 🙁

8. AUTRICHE : Die Welt dreht sich verkehrt par Stella Jones (née en 1971)

        Paroles et Musique : Michael Krausz             Chef d’orchestre : Michael Kienzl                 Sélection : interne

            Particulièrement déçue par les médiocres classements enregistrés depuis plusieurs années, l’ÖRF décide de changer son fusil d’épaule et sélectionne en interne une jeune artiste née à Berlin. Fille d’une chanteuse allemande et d’un trompettiste américain, la jolie Stella est clairement influencée par le jazz, mais ce n’est pas ce style qu’elle choisit pour le Concours (où il est en effet assez rare). Une nouvelle proposition qui ne manque pas de charme (la saxophoniste non plus n’en manque pas, et le batteur me fait penser à Jean-Marie du Muppet Show), mais qui peine à marquer durablement. Bref, encore une déception pour l’Autriche.

9. ESPAGNE : Vuelve conmigo par Anabel Condé (née en 1975)

        Paroles et Musique : José María Purón          Chef d’orchestre : Eduardo Leiva                  Sélection : interne

            Que dire de cette proposition espagnole au Concours ? Que la chanson est remarquablement écrite et composée ? Qu’Anabel Condé est l’interprète idéale pour ce genre de titre, avec une voix tout à la fois puissante et excellemment contrôlée ? Que les choristes sont au Top ? Que l’orchestre sublime encore la composition ? Bah… tout ça. Pour moi, l’une des meilleures prestations de toute l’Histoire du Concours, encore au-dessus de celle de la Pologne un an plus tôt.

10. TURQUIE : Sev ! par Arzu Ece (née en 1963)

        Paroles : Zeynep Talu                                    Musique et Chef d’orchestre : Melih Kibar

            Sélection : 1ère place à Şarkı Yarışması le samedi 18 mars 1995 à Ankara

            Enfin gagnante de la finale turque à sa 5ème tentative, l’une des deux chanteuses du mythique groupe Pan se présente à Dublin avec un hymne à l’amour composé par celui qui avait déjà signé Halley en 1986. Les espoirs du pays sont grands, sans compter que la beauté de la sculpturale Arzu Ece et ses qualités vocales (cette note finale :O) ne sont pas négligeables. Mais il faut croire que la Turquie n’a pas encore trouvé le chemin des cœurs des jurys, car le résultat final sera à nouveau très décevant.

11. CROATIE : Nostalgija par Magazin & Lidija (née en 1967)

Paroles : Vjekoslava Huljić                 Musique : Tonči Huljić           Chef d’orchestre : Stipica Kalogjera

Sélection : 1ère place au Dora le dimanche 12 mars 1995 à Opatija

            Formé en 1966, le groupe Magazin a subi de nombreuses transformations avant de réunir les musiciens présents pour cette 40ème édition. Très influencés par la musique traditionnelle de Dalmatie, dont ils sont originaires, ceux-ci rencontrent un succès incontesté depuis des années dans les Balkans. Nulle surprise donc devant leur nette victoire au Dora (qu’ils avaient déjà remporté en 1992 alors que la Croatie n’était pas éligible au Concours), sans compter que l’appel à la cantatrice Lidija Horvat Dunjko relève encore un niveau déjà placé très haut par la fantastique Danijela Martinović. Pour une fois, les jurys européens sont d’accord avec moi : un Top 10 était inévitable et totalement justifié.

12. FRANCE : Il me donne rendez-vous par Nathalie Santamaria (née en 1973)

        Paroles : Didier Barbelivien                Musique : François Bernheim              Chef d’orchestre : Michel Bernholc            Sélection : interne

            Classée parmi les dix premiers sans interruption depuis 1988, la France veut encore performer au Concours. Elle ne fait donc pas dans la demi-mesure, puisqu’elle demande au célèbre Didier Barbelivien (déjà auteur de trois chansons pour le Concours) d’écrire un texte sur une musique composée par François Bernheim (ex-membre des Roche-Martin auprès de Véronique Sanson, et créateur de chansons pour Brigitte Bardot, Les Poppys, Serge Reggiani, Noëlle Cordier, Nicoletta, Julie Piétri ou Patricia Kaas… excusez du peu). Seule l’interprète est inexpérimentée, la jeune Corse d’Ajaccio Nathalie Santamaria (rien à voir avec l’Espagnole de 1993) fait ainsi ses premiers pas sur une scène internationale devant des centaines de millions de téléspectateurs. Et elle va très bien s’en sortir… avec un texte pourtant un peu cucul – la praline.

13. HONGRIE : Új név égy régi ház falán par Csaba Szigeti (né en 1969)

        Paroles : Attila Horváth                     Musique : Ferenc Balázs                     Chef d’orchestre : Miklós Malek

Sélection : interne

            Remarqué un an auparavant lors de sa participation à la sélection nationale hongroise, Csaba Szigeti est choisi en interne par le diffuseur national pour représenter son pays au Concours. Après la tentative croate de 1994 de proposer une ballade italienne en l’absence de nos cousins transalpins, c’est au tour des Magyars d’en présenter une de la même eau. À titre personnel, j’aime beaucoup la première partie de la chanson, où le piano porte avec douceur la voix éraillée de Csaba, mais la montée en puissance ne me plaît guère et la dernière partie de la prestation est assez crispante. Dommage, car le titre aurait pu intégrer mon Top 10 lors d’une édition plus faible.

14. BELGIQUE : La voix est libre par Frédéric Etherlinck (né en 1968)

        Paroles et Musique : Pierre Theunis                                                             Chef d’orchestre : Alec Mansion

            Sélection : 1ère place à la finale belge le lundi 6 mars 1995 à Bruxelles

            Un an après sa relégation, la Belgique rate à mon sens complètement son retour. La chanson est franchement bateau, le texte est particulièrement stupide, l’interprétation est assez désagréable, les choristes et les musiciens (dont les deux compositeurs de J’aime la vie) font très amateurs… Bref, tout cela est assez indigeste, et bien pire que ce que la pauvre Barbara Dex avait proposé deux ans plus tôt. Une nouvelle élimination pour le Plat Pays ne serait pas volée. Yeah Yeah Yeah 🙁

15. ROYAUME-UNI : Love City Groove par Love City Groove

        Paroles et Musique : Tatsiana Mais, Yinka Charles, Jay Williams, Paul Hardy & Stephen Rudden

            Chef d’orchestre : Mike Dixon

Sélection : 1ère place à A Song for Europe présenté par Terry Wogan le vendredi 31 mars 1995 à Londres

            Deuxième groupe de l’Histoire du Concours après Dschingis Khan en 1979 à proposer une chanson éponyme, Love City Groove remporte largement la finale britannique au mois de mars. Le premier rap de la compétition divise public et votants, certains saluant la volonté de présenter quelque chose de différent alors que d’autres relèvent la piètre qualité de l’interprétation. Tout cela demeure toutefois sympathique et ne fait pas de mal à une mouche. D’un autre côté, ce n’est pas très marquant non plus. Je me souviens d’ailleurs avoir pensé à l’époque : « Se mettre à cinq pour écrire une telle chanson, c’est vraiment beaucoup d’énergie pour pas grand chose… »

16. PORTUGAL : Baunilha e chocolate par Tó Cruz (né en 1967)

        Paroles : Rosa Lobato de Faria & António Vitorino de Almeida          Musique : António Vitorino de Almeida

            Chef d’orchestre : Thilo Krassman

Sélection : 1ère place au Festival da Canção co-présenté par Carlos Mendes le mardi 7 mars 1995 à Lisbonne

            Deuxième artiste d’origine cap-verdienne après Sara Tavares à remporter la finale portugaise, Tó Cruz (qui lui, n’a rien à voir avec l’Église de Scientologie) propose une chanson au rythme bien différent des propositions de ses adversaires d’un soir. Tout ici est l’opposé de la contribution belge : la musique est plaisante, les paroles intelligentes, la voix est très maîtrisée… tout ce qu’il faut pour me plaire. Le bas de tableau que le Portugal obtient en fin de soirée est donc à nouveau un pur scandale.

17. CHYPRE : Sti fotia par Alexandros Panayi (né en 1970) 

        Paroles et Musique : Alexandros Panayi                                           Chef d’orchestre : George Theofanous

Sélection : 1ère place à la finale chypriote présentée par Evridiki le mardi 14 mars 1995 à Limassol

            Déjà sur la scène de l’Eurovision à deux reprises en tant que choriste, l’auteur – compositeur – interprète remporte enfin sa sélection nationale à son troisième essai. Il empêche ainsi Michael Hajiyianni (représentant de l’Île d’Aphrodite en 1998) de gagner son billet pour Dublin, malgré les deux titres qu’il présente – et qui finissent tous deux sur le podium 🙁 Sa chanson est typiquement grecque, mais va séduire clairement toute l’Europe puisqu’il va intégrer le Top 10, exploit annonciateur d’autres très bons classements dans un proche avenir…

18. SUÈDE : Se på mej par Jan Johansen (né en 1966) 

        Paroles : Ingela Forsman                                Musique : Håkan Almquist & Bobby Ljunggren

            Chef d’orchestre : Anders Berglund 

Sélection : 1ère place au Melodifestivalen le vendredi 24 février 1995 à Malmö

Fils d’une chanteuse et d’un musicien de jazz, Jan Johansen décroche la victoire à la sélection suédoise d’une courte tête. Le quatuor Arvingarna (7ème de l’ édition de Millstreet) ne parvient même pas en super-finale, et ne peut donc pas défendre à nouveau ses chances sur la scène du Concours. Accompagné des choristes de Carola, le crooner suédois est le favori des bookmakers à son arrivée à Dublin. Et il faut reconnaître que sa prestation est de grande qualité, et la chanson très séduisante. Mais Se på mej, ça ne ressemble pas un peu trop à « C’est paumé » avec l’accent vosgien ?

19. DANEMARK : Fra Mols til Skagen par Aud Wilken (née en 1965)

            Paroles : Lise Cabble              Musique : Lise Cabble & Mette Mathiesen      Chef d’orchestre : Frede Ewert

            Sélection : 1ère place au Dansk Melodi Grand-Prix le samedi 25 mars 1995 à Copenhague

            À l’issue d’un suspense échevelé (les cinq premiers se tiennent en sept points), Aud Wilken sort victorieuse de la finale danoise avec une chanson bien différente de ce qu’elle interprète habituellement. Complice du groupe punk The Overlords et chanteuse attitrée de la formation The Poets, le sosie de Diane Dufresne détonne un peu avec cette composition très acoustique qui laisse la part belle au banjo – une grande première au Concours. Cette originalité va lui être bénéfique, car elle va lui permettre de décrocher le meilleur classement du Danemark depuis son dernier podium de 1989. Un cadeau bien généreux, selon moi. Remarque : Lise Cabble, qui a écrit les paroles et co-signé la musique, est appelée à un grand avenir au CEC.

20. SLOVÉNIE : Prisluhni mi par Darja Švajger (née en 1965)

            Paroles : Primož Peterca         Musique : Primož Peterca & Sašo Fajon          Chef d’orchestre : Jože Privšek

            Sélection : 1ère place à EMA le lundi 27 février 1995 à Ljubljana

Deuxième de la sélection slovène derrière le groupe 1 x Band en 1993, Darja Švajger ne laisse pas passer sa chance deux ans plus tard. Malgré une belle opposition du duo formé par Irena Vrčkovnik et Oto Pestner (membre du groupe Pepel in Kri… ou Ashes and Blood pour le Concours), elle gagne le droit de représenter la plus occidentale des républiques de l’ex-Yougoslavie en Irlande. Comme Jan Johansen (qui chante Regarde-moi), la très belle Slovène (qui interprète Écoute-moi) est en tête des classements des parieurs… mais comme lui, elle devra faire une croix sur la victoire finale. Consolation : 25 ans plus tard, sa chanson est toujours la mieux classée des propositions slovènes.

21. ISRAËL : Amen par Liora (née en 1970)

            Paroles : Hamutal Ben Zeev                Musique : Moshe Datz                        Chef d’orchestre : Gadi Goldman

            Sélection : 1ère place à Kdam Erovizyon le jeudi 9 mars 1995 à Tel Aviv

            Particulièrement blessé par le classement catastrophique de sa proposition en 1993 et sa relégation consécutive, Israël décide de faire très fort pour son grand retour : après Hallelujah, vainqueur en 1979, voici Amen, écrit par celui qui avait signé les paroles de Ole, Ole, sur une musique de Moshe Datz, 3ème à Rome en 1991. Beaucoup de traditionnel, donc, y compris dans la chorégraphie, qui en rappelle tant d’autres. Personnellement, je trouve que le pays avait fait bien mieux avant, et que cette contribution a finalement bien peu d’intérêt. Les jurys n’ont pas partagé ce constat, visiblement.

22. MALTE : Keep me in mind par Mike Spiteri (né en 1955)

            Paroles : Alfred Sant                         Musique et Chef d’orchestre : Ray Agius                 

Sélection : 1ère place au Festival Tal-Kanzunetta Maltija le samedi 4 février 1995 à La Valette

            Nouveaux échecs pour Mary Spiteri, Enzo Guzman et Georgina Abela à la sélection maltaise, remportée à son quatrième essai par Mike Spiteri devant Claudette Pace (représentante de l’archipel méditerranéen cinq ans plus tard). On y remarque également la présence de la jeune Miriam Christine, qui sera plus chanceuse en 1996. En Irlande, le chanteur chauve rappelle William Mangion, tant par son titre que par sa technique vocale – ce qui lui permettra de décrocher un classement équivalent.

23. GRÈCE : Pia prosefhi par Elina Konstantopoulou (née en 1970)

            Paroles : Antonis Pappas                    Musique : Nikos Terzis                        Chef d’orchestre : Haris Andreadis

Sélection : interne

            Après le milieu de tableau obtenu un an plus tôt, le diffuseur grec décide de revenir à ce qui lui a valu un joli mais inattendu Top 10 en 1993. Il demande à l’un des musiciens de Katerina Garbi de composer une chanson du même acabit, qui sera défendue par la jeune mais déjà expérimentée Elina Konstantopoulou. La langue est très belle, la musique crée une atmosphère à la fois prenante et reposante, et l’interprète soumet une prestation vocale parfaite. Mais passer en dernière position après les chansons énergiques d’Israël et de Malte n’a pas aidé la pauvre Elina.

L’entracte

            Les 23 chansons candidates ayant été interprétées, Mary Kennedy salue deux artistes présents dans la salle : la première gagnante irlandaise, Dana, qui fête cette année le 25ème anniversaire de sa victoire, et Johnny Logan, qui célèbre le soir même son propre anniversaire – sans vouloir dire lequel, selon la maîtresse de cérémonie 😛 Ce qui n’empêche pas la salle de lui chanter quelques mesures de Happy Birthday to You. Puis, Mary présente le trophée qui sera remis au vainqueur de la compétition, avant de lancer l’entracte. Pendant que les jurys délibèrent, public et téléspectateurs se laissent bercer par Lumen, une musique composée par le pianiste Michael O’Sullivan et interprétée par l’orchestre de la RTÉ, appuyé par la Chorale des Moines de l’Abbaye de Glenstal et plusieurs solistes, dont Brian Kennedy (futur candidat irlandais au Concours).

Le vote et les résultats

 P L A C ES C O R E  P O L  I R L  A L L  B O S  N O R    R U S  I S L  A U T  E S P  T U R    C R O  F R A    H O N  B E L  U K  P O R  C H Y  S U È  D A N  S L O  I S R    M A L  G R È
PL1815    4 6     1  1      3
IR1444  15153 35 1     1015  4
D231                     1 
BH1914         38       3    
N1148121041 1212 412 10654127 2710612
RU1717    10     6     1      
IC1531 6  23 4   2     68    
A13672   3   64 841052 410 2 7
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TQ1621        2 5  12    317 
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Après avoir été menée pendant le premier tiers des votes, la Norvège prend la tête, qu’elle ne lâche plus. Elle remporte donc une deuxième victoire – faisant ainsi de Rolf Løvland l’un des quelques compositeurs deux fois victorieux. L’Espagne monte sur la deuxième marche du podium, ce qu’elle n’avait plus fait depuis 1979, juste devant la Suède. La France réalise un huitième Top 10 consécutif et le Danemark retrouve les sommets. La Croatie et la Slovénie obtiennent leurs meilleurs classements. A contrario, le spectre de la relégation se dresse pour la Bosnie-Herzégovine, la Belgique, le Portugal, la Hongrie, et surtout l’Allemagne (qui termine dernière pour la première fois depuis plus de vingt ans). Sauf que… Mais non, je garde le suspense pour ceux qui ne sauraient pas 😉

Da Johnny Logan ble vraket av Secret Garden -
Deuxième victoire pour la Norvège

La victoire de la Norvège ne satisfait toutefois pas tout le monde, certains regrettant que la compétition ait été gagnée par une chanson où on ne chante finalement que très peu. Une demande officielle sera faite à l’UER afin qu’elle intègre au règlement un article imposant un minimum de paroles dans une chanson candidate, afin d’éviter un éventuel instrumental intégral. Mais les instances dirigeantes feront la sourde oreille… Anabel Condé sera toutefois bien vengée, car son disque se vendra en Espagne comme des petits pains alors que Nocturne ne sortira même pas en Norvège ! Reconnaissons toutefois que Secret Garden va faire une très belle carrière internationale : l’un de ses titres sera repris par Barbra Streisand sur un de ses albums, et on ne compte plus les versions de You Raise me Up (interprété entre autres par Josh Groban, Johnny Logan, Il Divo, Brian Kennedy, Westlife ou Sissel Kyrkjebø). Même Wong Kar-waï utilisera une de ses compositions dans son film 2046.

Josh Groban – Morceaux et albums : Napster
Josh Groban

Pour l’heure, le collectif irlando-norvégien remonte sur scène pour recevoir son prix des mains de Paul Harrington et Charlie McGettigan, puis réinterprète le titre vainqueur, cette fois dans une version en anglais.

Mon Top 10

            À nouveau un très bon millésime que cette édition 1995, avec un nombre non négligeable de très bonnes chansons, que j’écoute toujours très régulièrement. Quant à la scène, c’est peut-être pour moi la plus belle de toutes, avec ses magnifiques lumières, si originales et si bien dirigées.

  1. ESPAGNE : Vuelve conmigo par Anabel Condé (un incontournable du Concours, un de mes 10 all-time favorites )
  2. CROATIE : Nostalgija par Magazin & Lidija (la musique est sublime, et les voix sont stupéfiantes)
  3. SLOVÉNIE : Prisluhni mi par Darja Švajger (une des grandes divas du Concours… et ce décolleté :O)
  4. SUÈDE : Se på mej par Jan Johansen (le titre idéal pour une soirée aux chandelles… avec Jan ou un autre !)
  5. CHYPRE : Sti fotia par Alexandros Panayi (la musique est envoûtante et Alex est un grand interprète)
  6. NORVÈGE : Nocturne par Secret Garden (parce que la musique est aussi belle que la choriste Gunnhild Tvinnereim)
  7. FRANCE : Il me donne rendez-vous par Nathalie Santamaria (prestation de qualité, mais chanson un peu simplette)
  8. ISLANDE : Núna par Bo Halldórsson (une bonne chanson très bien interprétée par un artiste au métier certain)
  9. PORTUGAL : Baunilha e chocolate par Tó Cruz (joli brin de voix, rythme Gospel et paroles intelligemment écrites)
  10. GRÈCE : Pia prosefhi par Elina Konstantopoulou (l’une des meilleures introductions musicales du Concours)

Lanterne rouge : BELGIQUE : La voix est libre par Frédéric Etherlinck (la seule [très] mauvaise chanson de la soirée)

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 29 août à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Record égalé cette semaine, avec 38 votants – dont trois nouveaux (Nabla, Olivier et John) que nous avons plaisir à compter parmi nous. De nouveau une victoire indiscutable, même si la chanson classée deuxième lui a longtemps tenu la dragée haute. Quatre autres titres se sont disputé un long moment la médaille de bronze, qui a finalement échu à l’un d’entre eux pour très, mais vraiment très peu. Jugez-en vous-mêmes :

23. Bosnie-Herzégovine : Dvadeset prvi vijek par Davor Popović : 9 points de 2 votants (maximum 7 points) – 4 places par rapport au classement officiel

22. Allemagne : Verliebt in dich par Stone & Stone : 17 points de 5 votants (maximum 10 points) + 1 place

21. Islande : Núna par Bo Halldórsson : 18 points de 5 votants (maximum 7 points) – 6 places

20. Russie : Kolybelnaya dlya vulkana par Philipp Kirkorov : 18 points de 6 votants (maximum 5 points) – 3 places

19. Autriche : Die Welt dreht sich verkehrt par Stella Jones : 23 points de 6 votants (maximum 8 points) – 6 places

18. Belgique : La voix est libre par Frédéric Etherlinck : 27 points de 5 votants (maximum 12 points de Pauline) + 2 places

17. Malte : Keep me in mind par Mike Spiteri : 34 points de 10 votants (maximum 7 points) – 7 places

16. Hongrie : Új név égy régi ház falán par Csaba Szigeti : 43 points de 10 votants (maximum 6 points) + 6 places

15. Portugal : Baunilha e chocolate par Tó Cruz : 52 points de 12 votants (maximum 10 points) + 6 places

14. Royaume-Uni : Love City Groove par Love City Groove : 57 points de 11 votants (maximum 12 points de Gaël) – 4 places

13. Turquie : Sev ! par Arzu Ece : 65 points de 16 votants (maximum 8 points) + 3 places

12. Pologne : Sama par Justyna : 68 points de 13 votants (maximum 10 points) + 6 places

11. Israël : Amen par Liora : 74 points de 16 votants (maximum 12 points de Julien et Greg) – 3 places

10. Irlande : Dreamin’ par Eddie Friel : 79 points de 17 votants (maximum 12 points de Phileurophage) + 4 places

9. Chypre : Sti fotia par Alexandros Panayi : 106 points de 24 votants (maximum 12 points de Zipo) score identique

8. Croatie : Nostalgija par Magazin & Lidija : 107 points de 19 votants (maximum 12 points d’Yvonne) – 2 places

7. Slovénie : Prisluhni mi par Darja Švajger : 154 points de 24 votants (maximum 12 points de Kikichouchou et Picasso) score identique

6. Danemark : Fra Mols til Skagen par Aud Wilken : 156 points de 28 votants (maximum 12 points de Philippe, Denez et Jérémie) – 1 place

5. France : Il me donne rendez-vous par Nathalie Santamaria : 159 points de 26 votants (maximum 10 points) – 1 place

4. Suède : Se på mej par Jan Johansen : 193 points de 29 votants (maximum 12 points d’Olivier, Roland et Taron) – 1 place

3. Grèce : Pia prosefhi par Elina Konstantopoulou : 194 points de 31 votants (maximum 12 points de Juju) + 9 places

2. Norvège : Nocturne par Secret Garden : 256 points de 30 votants (maximum 12 points de Valifran, Jean-Michel, RV, Gwendal, Franck, Benoît, Garfieldd, Duncky, PLG, Betty et Augures) – 1 place

1. Espagne : Vuelve conmigo par Anabel Condé : 295 points de 35 votants (maximum 12 points de Gérald, Minsk, Marie, tHEO, Rem, Nabla, Yom, Pascal, Chloé, John et Francis) + 1 place               

            Nous offrons par conséquent une troisième couronne à l’Espagne (après Mocedades en 1973 et Nina en 1989), devant la Norvège et la Grèce – qui monte ainsi pour la première fois sur notre podium. Remarquons la superbe progression d’Elina Konstantopoulou, et les très belles remontées de la Hongrie, du Portugal et de la Pologne. À l’inverse, Malte, Autriche et Islande enregistrent de fortes chutes, et la Bosnie-Herzégovine termine dernière pour la première fois. Alors que l’Allemagne réalise son plus mauvais classement depuis le début des Rétrospectives, Slovénie et Croatie font leur première apparition dans le Top 10 et la France en aligne un 6ème consécutif. Époque faste donc que ces années 90 pour l’Hexagone !

            Voilà pour les résultats de cette édition 1995. Je vous retrouve dès ce soir pour un nouveau vote. En attendant, prenez soin de vous, et bon courage à ceux qui reprennent le boulot demain 😉